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Description

L’abbé Gérard Alzieu, prêtre érudit du diocèse de Montpellier au XXe siècle

* Docteur en Histoire, professeur d’histoire au lycée Clemenceau à Montpellier

Le père Gérard Alzieu, une figure discrète mais éminente du diocèse de Montpellier, a été pendant trente ans curé de Saint-Guilhem-le-Désert, recteur de l’abbatiale, et pendant une période tout aussi longue, archiviste de l’évêché. Il est décédé brusquement dans la soirée du 16 mai 2009. Pris d’un grave malaise alors qu’il célébrait la messe chez les Petites sœurs des pauvres où, sa retraite prise, il s’était retiré, au moment précis où il s’apprêtait à donner l’homélie commentant le passage de l’évangile selon saint Jean qu’il venait de lire, il s’est effondré et a été immédiatement hospitalisé au CHU Saint-Éloi Guy de Chauliac, où il est décédé alors qu’il était près de minuit. Être visité par la mort en célébrant l’Eucharistie, n’est-ce pas pour tout prêtre un signe, une grâce, une Espérance ? Lors des obsèques célébrées en l’église de l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert en présence d’une trentaine de prêtres, l’archevêque de Montpellier, Mgr Guy Thomazeau, a su trouver les mots justes pour évoquer la physionomie, la vie et l’œuvre de Gérard Alzieu, sans en épuiser cependant tout le mystère :

« Il fallait approcher avec délicatesse ce frère prêtre si réservé. Apprivoiser un homme qui devait souffrir de sa réserve qui limitait l’expression de sa délicatesse de coeur qu’il compensait par sa prévenance. Il fallait comme deviner cet homme qui était la vivante encyclopédie de l’histoire religieuse du diocèse. Il faisait autorité auprès du monde culturel du département, de la ville de Montpellier, qui reconnaissaient son immense compétence. Il a, avec courage, veillé à la sauvegarde de la mémoire religieuse du diocèse, en surmontant le traumatisme de la fermeture du Centre Saint-Guilhem, puis du départ de la rue Lallemand. Grâce à lui, ce patrimoine n’a pas été dilapidé. La parole de Dieu qu’il a choisie comme ultime message manifeste combien il s’est nourri particulièrement de saint Jean, tant ses Épîtres que son Évangile. Sans doute devait-il avoir beaucoup prié, médité, prêché sur cette page de la passion dans l’Évangile de Jean, avec Marie au pied de la croix ».

Gérard Alzieu repose dans le petit cimetière du village, auprès de son prédécesseur, l’abbé Léon Cassan (1865-1905), comme lui curé de Saint-Guilhem et archiviste du diocèse de Montpellier. Il s’inscrit dans la lignée des prêtres érudits héraultais des XIXe et XXe siècles, comme les pères Azéma, Bougette, Cassan et d’autres encore, qui se sont penchés comme lui sur les archives et les cartulaires et ont fouillé le passé des abbayes, églises et cathédrales. Des hommages lui ont été rendus dans deux revues, le Bulletin de la Société archéologique et historique des hauts cantons de l’Hérault et Études héraultaises, hommages qui mettaient l’accent sur ses activités les plus connues. Il a paru intéressant de compléter les informations le concernant et de préciser ses liens avec le département de l’Hérault qui ne l’avait pas vu naître. Gérard Alzieu est en effet né à Paris le 6 septembre 1927. Les registres d’état civil de la mairie du 10ème arrondissement indiquent qu’il est fils de Léon René Alzieu (dit Yvan dans sa famille) et de Jeanne Marcelle Blayac. Mais cette naissance à Paris n’est due qu’aux circonstances, son père météorologiste y étant alors en poste avant de partir pour le Maroc. Le futur abbé est en fait un pur languedocien, sa famille étant implantée depuis des lustres dans ces hauts cantons de l’Hérault dont il se fera par la suite l’historien en étudiant la totalité de ses églises et paroisses. C’est au petit village de Carlencas, à Bédarieux et pour finir à Lamalou-les-Bains, qu’il convient de rechercher les traces de ses ancêtres afin de mieux comprendre ce qu’il a été. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2014

Nombre de pages

11

Auteur(s)

Didier PORCER

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf