Contribution à une histoire du sport héraultais
Contribution à une histoire du sport héraultais
* Inspecteur Principal de la Jeunesse et des Sports.
Directeur Départemental de l’Hérault de septembre 1991 à novembre 1998
Après avoir exercé en Charente-Maritime dans les années 70 puis à la tête de l’UCPA 1 au début des années 80, premier Directeur du CREPS de la Réunion, créé et construit à partir de 1985, mes premières années montpelliéraines me conduisent à la tête de la DDJS, dont je serai le dernier directeur, participant in fine à la recomposition-fusion avec la DRJS proche. Après une longue mission de près d’une décennie en Martinique, en tant que Directeur de la Jeunesse et des Sports, je dirige désormais le CREPS de Montpellier et de Font-Romeu depuis 2007.
Ces années 90 ont vu l’émergence de puissantes structures décentralisées :
- L’Office Départemental des Sports de l’Hérault, émanation du Conseil Général, outil logistique imposant et innovant de partenariat avec les comités sportifs, d’une puissance financière et en ressources humaines unique en France.
- Une politique municipale montpelliéraine ambitieuse, étendue ensuite au District, traitant tant de l’élite (Clubs très nombreux en Division Nationale et création de Centres de Formation) que de la masse (opération « Place aux Sports » dans tous les quartiers).
- La Région menait de son côté une politique événementielle, traduite par l’organisation des controversés Jeux Méditerranéens.
La DDJS disposait encore de moyens humains significatifs (33 personnes, dont 22 conseillers de catégorie A) et de soutiens financiers extrabudgétaires issus du CNDS 2.
La formalisation conventionnelle de partenariats avec les collectivités territoriales s’est avérée difficile malgré les excellentes relations, extrêmement amicales, qui nous liaient dans l’action.
Pour autant que je me souvienne, les priorités que j’avais voulu insuffler à cette Direction consistaient principalement en :
- Une dynamisation résolue de la problématique « Emploi-Formation » dans le Sport et l’Animation.
- Une association Profession Sport AE 34 venait d’être créée par mon prédécesseur, décédé subitement d’une chute de vélo : je me suis investi dans le soutien et le développement de cette structure innovante, traitant des emplois parcellisés et précaires. Cette association, au statut d’association intermédiaire, est devenue la plus importante de France, quantitativement et qualitativement, a essaimé dans la Région, créant un groupement régional des associations Profession Sport (Graps). Le président de l’Hérault est devenu à cette époque président de l’Union Nationale. La surface et la diversification de cette structure éminemment performante aujourd’hui nous récompensent des efforts, pas toujours compris, consentis il y a 20 ans.
- Le développement d’actions de formation aux métiers du sport, en proximité et en complémentarité avec le CREPS, notamment pour plusieurs générations de joueurs professionnels de haut niveau et dans les arrondissements éloignés de Montpellier. Le soutien du mouvement sportif en matière de formation de dirigeants constitue une priorité reconnue de la DDJS.
- Une politique éducative territoriale très structurée, à partir des Contrats d’Aménagement des Temps de l’Enfant (CATE), succédant aux Contrats Bleus, puis des contrats d’Aménagement des Rythmes de Vie de l’enfant et du jeune (ARVEJ), contrats de Ville Enfants Jeunes, signés avec les communes et offrant une multitude d’initiations aux activités sportives ou culturelles à des dizaines de milliers d’enfants et d’adolescents.
La programmation des équipements sportifs ne relève déjà plus de l’État mais des Collectivités territoriales. Cependant des équipements sportifs de proximité de type « agorespace » pour les quartiers et des équipements particuliers avec financement du FNDS, donnent à la DDJS vocation, outre l’aide technique, à influer sur la nature des aménagements, notamment au titre des pratiques non compétitives.
Les activités physiques et sportives de pleine nature restent, grâce à la compétence des Conseillers de la DDJS, le terrain d’expression d’une politique de développement avant-gardiste devant composer avec bien des conservatismes.
Les CPEF, Centres Permanents d’Entraînement et de Formation, succédant aux « Sections sport-études » bénéficient de l’intervention des cadres de la DDJS.
La médecine du sport, l’accès à la citoyenneté des jeunes, la lutte contre les violences et l’insécurité dans les stades ont également été des thèmes de travail récurrents, ainsi que l’éthique sportive au titre de laquelle je passais pour un « intégriste« , reproche ou compliment que je ne renie pas.
La fusion-recomposition avec la DRJS a dilué certains volontarismes. Je suis parti à temps pour d’autres horizons.
Notes
1. Union nationale des Centres Sportifs de Plein Air, union d’associations créée en 1965, qui gère des centres de vacances en France et à l’étranger.
2. Le Centre National de Développement du Sport, créé en 2006, succède au Fonds NDS, avec la triple mission d’aide aux associations sportives (« sport pour tous »), de subvention aux équipements sportifs, et de promotion internationale du sport français.
