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2.00

Description

Louis Feuillade et Georges Rouquier. Filmer les vendanges en Pays de Lunel

Innocence et plaisir (Vendémiaire, Gaumont).

Innocence et plaisir
(Vendémiaire, Gaumont).

Ils ont tous deux été lunellois, Feuillade né à Lunel, place de la République où se situait la maison familiale, Rouquier, né à Lunel-Viel, habita souvent 300 mètres plus loin, rue Lakanal, côté rue du Tapis Vert, dans la maison de l’oncle Altier. Louis a fréquenté le petit séminaire et les Lazaristes, avant de passer son bac, Georges la communale avant le « certif ». Louis s’est lié un temps avec les Félibres par l’intermédiaire de son ami Paul-Henri Moulinier, le Félibre de Marsillargues, tandis que Georges les écoutait réciter leurs poèmes, au bord du Vidourle, non loin du pont d’Ambrussum. C’était le lieu privilégié des repas sur l’herbe de la famille Altier qui s’y rendait sur la charrette familiale tirée par une jument. Tous deux, naturellement initiés à la bouvine dans la capitale de la petite Camargue, furent davantage attirés par les corridas dont la passion se révéla à Nîmes.

Feuillade découvrit le cinéma à l’âge de 32 ans et en devint, « insolemment » par la rapidité de son ascension dans le métier, l’un des maîtres. Rouquier en fut d’abord un spectateur assidu et émerveillé dès l’âge de 8 ans avant d’en être humblement l’artisan à l’âge de 32 ans. Le destin, à tous deux, les amena à croiser la Première Guerre Mondiale. Louis fut fervent patriote. Sous-officier de réserve, mobilisé à 42 ans en 1915, il fut volontaire pour convoyer du matériel au front mais fut épargné par le conflit en raison d’ennuis de santé. C’est surtout au cinéma qu’il mit en œuvre ses convictions monarchistes, catholiques et nationalistes et fit la guerre avec ses drames patriotiques dont Vendémiaire, tourné à Lunel. Quant à Georges, il aperçut son père Albert en août 1914 tourner le coin de la rue Dessalle-Possel, où se tenaient l’épicerie et la maison familiales à Montpellier. Ce fut la dernière fois, il avait 5 ans. La guerre lui a volé son père et a pris la jeunesse de sa mère qu’il a vu beaucoup pleurer quand la sinistre lettre porteuse de la terrible nouvelle est arrivée, puis le jour de l’armistice et enfin à Chattancourt devant la tombe du présumé Rouquier Albert, caporal au 61e régiment d’infanterie. Georges ne sera jamais patriote.

En septembre 1918, Feuillade a intégré son équipe de techniciens et comédiens aux vendangeurs d’un domaine de Lunel. Consacré par la série des Vampires, au sommet de son art, il tourne Vendémiaire qui mêle ses convictions nationalistes à l’amour de sa terre natale. À peu de distance, le petit Georges, souvent placé chez son frère par sa mère, vendange à 9 ans, dans les vignes de l’oncle Louis Altier, car il faut bien payer la nourriture. Ces vendanges de la pauvreté et de l’enfance hanteront toute sa vie de créateur. […]

L'ouvrier dresse le fût (Le Tonnelier, Les Documents Cinématographiques)
L'ouvrier dresse le fût (Le Tonnelier, Les Documents Cinématographiques)

Informations complémentaires

Année de publication

2011

Nombre de pages

21

Auteur(s)

Michel PERIER

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf