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2.00

Description

Saint-Christol terroir d’exception entre tradition et modernité

Languedoc, terre de contraste, d’un côté on survit
dans la tradition, l’archaïsme, la pléthore ; d’un
autre on vit de mieux en mieux de la transgression,
de l’innovation, de la sélection, de l’audace.

(B. Pivot, Dictionnaire amoureux du vin,
Plon, 2006, p. 258)

Situé entre Montpellier et Nîmes, dans le département de l’Hérault mais en limite du département du Gard, le village de Saint-Christol, « village vigneron » par excellence, s’identifie depuis des siècles par la notoriété de ses vins. Comment expliquer ce phénomène ? Comment comprendre la pérennité de ce cru dans un ensemble géographique en mutation ? Depuis la fin du XXe siècle, la région Languedoc-Roussillon perd 10 à 15 000 hectares de vignes par an. De 2000 à 2007, la superficie viticole de cette région a baissé de 10%. Tout en réduisant son emprise, le vignoble languedocien a amorcé une restructuration en profondeur. Deux stratégies émergent : la première repose sur le regroupement de caves coopératives permettant à des vins de consommation courante des gains de productivité avec une orientation vers l’agro-alimentaire et la grande distribution ; la seconde, fortement identifiée à un territoire, vise à produire des vins à valeur ajoutée, ceux que l’on va choisir au caveau ou déguster dans les bars à vins. Le vignoble de Saint-Christol fort de son histoire, de son terroir et de ses traditions a opté pour cette seconde approche. Comment cette option y est-elle mise en oeuvre et vécue ? La tradition survit-elle à la modernité ? Les valeurs portées par des générations de vignerons sont-elles toujours d’actualité ? La dimension patrimoniale culturelle de ce vignoble est-elle suffisamment médiatisée ?

À travers ces questions et par-delà l’exemple singulier du terroir local, se pose toute la problématique de la mutation du vignoble languedocien dont cette étude entend éclairer les aspects les plus concrets.

1. LE LANGAGE DU TERROIR

« Peu de mots évoquent autant d’images que celui de terroir. Pour chacun, il est synonyme d’art de vivre, de qualité et d’authenticité, avec un désir en matière de typicité de plus en plus impérieux de la part des consommateurs. »
(Christian Asselin).

Ne dit-on pas qu’il faut « faire parler le terroir » ? Le terroir de Saint-Christol s’exprime depuis des siècles, surtout sur les coteaux au Nord, à l’Est et à l’Ouest du village, occupant les deux tiers de son territoire. Là, hissé sur l’une des premières marches des garrigues, avec les Cévennes en ligne de mire, le vignoble surplombe le golfe du Lion. Ce fut jadis la partie la plus pauvre du territoire. On y a longtemps côtoyé les moutons venus paître sur les garrigues.

En 1776, l’Histoire naturelle de la province de Languedoc de Gensanne donne une image des conditions agricoles sous l’ancien régime : « la plaine qui est comprise entre cette dernière ville (Montpellier) Mauguio et Lunel, forme un pays admirable : elle consiste en excellentes terres labourables entremêlées de vignobles plus ou moins garnis d’oliviers, de quelques mûriers et autres arbres fruitiers. En remontant depuis Lunel vers Saint-Christol et Restinclières, on est tout étonné d’y trouver un terroir totalement différent. On ne voit plus dans les cantons que les cailloutages, quelques mauvaises terres labourables et des vignobles passables, mais beaucoup de garrigues… »

C’est là que les Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, devenus plus tard Chevaliers de Malte, s’implantèrent au Moyen Âge. Ils y établirent au XIIesup> siècle un hospital pour accueillir pèlerins et autres voyageurs. Comme tous les ordres monastiques, les frères hospitaliers bénéficièrent de dons pieux et de legs, principalement des biens fonciers parmi lesquels figuraient… des vignes L’existence de la vigne est mentionnée dans la paroisse Saint-Michel-de-Bruguière, actuel Mas de la Bruyère sur la commune de Saint-Christol, en octobre 1195 dans un acte de vente passé entre les Bonnafous de Castries et le commandeur de la Maison du Temple de Montpellier (Nourrit 1987, 423). […]

Informations complémentaires

Année de publication

2011

Nombre de pages

9

Auteur(s)

Jacques SAUVAIRE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf