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Description

Quand La ville rencontre La vigne : Le Lunellois

En zone périurbaine ou dans les espaces à forte influence urbaine la question de la gestion, de la planification ou encore de la préservation des espaces agricoles se pose de manière cruciale (Donadieu 1998 ; Fleury et al. 2004 ; Sabatier 2007). En effet, la forte concurrence entre les usages du foncier se fait sentir. Dans ces zones se développent des problèmes d’attente foncière entraînant un abandon des terres suivi d’un enfrichement, forme de dégradation des paysages qui peut poser problème en termes de risque naturel, notamment les incendies et les inondations en zones méditerranéennes (Jarrige 2004).

Une gestion en terme de politique publique de ces espaces devient alors incontournable afin de maintenir la cohésion et l’équilibre des différents usages. Entre urbanisation, « sanctuarisation » et « laisser-faire » les choix qui s’offrent sont multiples. Les documents de planification urbaine (PLU à l’échelle communale, SCoT à l’échelle intercommunale) deviennent les moyens de définir une politique de gestion du foncier (Poulot 2008). Mais, souvent, la matérialisation de ces politiques ne s’arrête pas là. On constate, en zone périurbaine et ailleurs, la multiplication d’initiatives, de projets plus ou moins portés par les collectivités territoriales qui participent à la gestion des espaces et, notamment, des espaces agricoles. Cet article propose de décrire les choix politiques en lien avec les dynamiques démographiques et agricoles d’un territoire de l’Est de l’Hérault : la communauté de communes du Pays de Lunel. Celle-ci se trouve sous la double influence urbaine de Nîmes et de Montpellier. Son activité économique reste marquée, comme l’ensemble du département, par une puissante tradition viticole

Comment les élus de cette communauté de communes gèrent-ils leurs espaces agricoles dans un tel contexte et comment les populations locales s’approprient-elles ces territoires périurbains et vivent-elles leur mutation ? Pour répondre à ces questions nous analyserons d’abord les dynamiques agricoles sur l’ensemble de la communauté de communes afin d’en saisir l’hétérogénéité puis nous nous focaliserons sur deux communes spécifiques aux trajectoires opposées : Saint-Christol, une commune encore viticole qui résiste à l’urbanisation, et Saint-Just, une commune où la viticulture a quasiment disparu. Grâce à la photo-interprétation et aux données statistiques de l’INSEE nous pourrons retracer l’évolution de ces deux communes et les resituer dans les dynamiques de la communauté de communes. Cette analyse nous permettra, dans une dernière partie, de voir en quoi les initiatives qui naissent dans ces communes reflètent ces profonds changements tant des points de vue agricole, social qu’institutionnel.

1. DYNAMIQUES ET MUTATIONS L’AGRICULTURE PÉRIURBAINE : Cas DU LUNELLOIS

La problématique de l'agriculture périurbaine

L’agriculture périurbaine est multifonctionnelle (Aumand et al. 2006). Elle n’est pas seulement une activité productive mais sert aussi de réserve foncière pour l’urbanisation, elle participe au maintien de paysages « verts » autour des villes (trame verte promue dans le Grenelle de l’environnement), offre un réservoir de loisirs de plein air pour les urbains (Le Caro et al. 2007) ou encore contribue à la maîtrise du risque naturel en limitant l’artificialisation, facteur d’inondation, ou l’enfrichement, facteur d’incendie. Ces multiples fonctions peuvent entrer en concurrence, notamment lorsque l’urbanisation de terres agricoles s’avère incompatible avec le maintien des paysages agricoles ou des loisirs de plein air. Il est donc très difficile de les planifier et cette planification passe obligatoirement par l’élaboration d’un projet politique plus ou moins conscientisé. En l’absence de projet clairement défini, le plus souvent, les espaces agricoles périurbains se transforment en réserve foncière pour l’urbanisation. L’attente foncière se généralise avec ses conséquences : enfrichement, abandon de l’agriculture, dégradation des paysages… À l’inverse, certaines communes ou communautés de communes tentent de promouvoir un projet politique visant à maintenir les espaces agricoles. Ce projet passe essentiellement par les documents de planification (PLU, Plan Local d’Urbanisme et SCoT, Schéma de Cohérence Territoriale) qui ont pour fonction de limiter les espaces à urbaniser en valorisant la concentration du bâti afin de maintenir les espaces agricoles. Ce type de politique ne va pas sans poser de problèmes, notamment en ce qui concerne le bâti agricole – les permis de construire sont de plus en plus difficile à obtenir (Soulard et al. 2006), même pour les agriculteurs – ou encore en termes d’équité entre agriculteurs face à la rente foncière, qui représente pour beaucoup le seul moyen de maintenir leur activité… […]

Informations complémentaires

Année de publication

2011

Nombre de pages

13

Auteur(s)

Michel PERIER

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf