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Description

L’olivier en occitan

Dire que l’olivier et la langue occitane sont indissociables est un truisme qu’il est cependant bon de rappeler. En effet, l’olivier a été dit, chanté ou cultivé en occitan avant de l’être en français, héritage gréco-latin oblige. Il n’est que d’étudier les noms des variétés, qui sont tous des noms occitans, plus ou moins bien traduits ensuite en français. Nous analyserons donc ces liens linguistiques et culturels dans trois domaines : celui du lexique spécifique à l’arbre et sa culture, celui de la perception de l’arbre à travers dictons et usages, et celui de son évocation dans la littérature, chez les écrivains héraultais. Nous conclurons par l’analyse de certains usages contemporains qui tournent le dos à sa fonction antique et sacrée.

Le lexique de l’olivier

L’olivier en occitan mériterait à lui seul un dictionnaire. Les variétés d’olives sont fort nombreuses, tellement nombreuses qu’elles avaient découragé l’auteur héraultais du Traité de l’Olivier (1784) : « … espèces d’olives dont je vais entreprendre la longue pénible énumération. Je dis pénible, parce que cette nomenclature triviale n’a été faite encore par personne, par la difficulté qu’il y a à rassembler, à accorder entr’eux les noms vulgaires et variables imposés à une même espèce, lesquels changent souvent d’un canton à l’autre… (…) Vu le grand nombre la différence des noms vulgaires, j’ai cru devoir borner la nomenclature insipide, qui ne pourroit être d’ailleurs d’une si grande utilité qu’on a paru se l’imaginer. »

Nous ne partageons évidemment pas le jugement sur l’insipidité et l’inutilité de la chose, même s’il est effectivement difficile d’établir les correspondances entre des noms différents désignant pourtant la même variété d’olives. Nous trouvons au contraire une poésie indéniable à cette litanie et entre autre à la collection donnée par O. de Serres, noms occitans transcrits en français : boutignan, bequerut, daurade, verdale, pommaux, sauzin, d’Espaugne, rouvière, glandaux, royale, gentile, coliaux, longuete, negraux, boubaux, sallierne, morengue.

Il mélange toutefois noms d’olives et noms d’oliviers, ce que font de nombreux auteurs, y compris contemporains, qui affectent aux variétés d’olives des adjectifs qui qualifient en fait l’olivier (ametlau, vernissenc, verdau, aglandau, botinhan, …). On reconstituera aisément les couples olivier (adjectif au masculin)/olive (adjectif au féminin) : ametlau/ametlenca, verdau/verdala, roget/rogeta, redonau/redonala, pigau/pigala, argentau/argentala, aglandau/aglandala, corniau/corniala, calhet/calheta, tripard/triparda, marselhés/marselhesa, botinhan/bo-tinhana, morescaud/morescauda, galinenc/galinenca, vernissenc/vernissenca, etc. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2009

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Josiane UBAUD

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf