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Description

L’olivier dans l’Hérault aux XVIe et XVIIe siècles

L’histoire de l’olivier, notamment celle des fluctuations de l’oliveraie, paraît assez bien connue à toutes les époques et à toutes les échelles provinciale, régionale ou microlocale. Les synthèses récentes ou moins récentes sur le Narbonnais ou le val d’Hérault pointent cependant un manque pour l’actuel département de l’Hérault, que cette contribution est loin de combler.

Il semble en effet difficile d’écrire une histoire définitive de l’oliveraie héraultaise aux premiers siècles de l’Ancien Régime. On peut toutefois en esquisser les grands traits chronologiques et géographiques. Dresser un état de la question et poser des jalons historiques semblent les deux étapes fondamentales à franchir pour commencer de répondre à une interrogation ouverte à tous les chercheurs de bonne volonté : que sait-on réellement de l’oliveraie héraultaise aux XVIe et XVIIe siècles ? À vrai dire, bien moins qu’on ne l’imagine ou qu’on ne peut le lire un peu partout… Les pages à venir s’apparentent donc plus à un court essai de géographie historique qu’à une étude des pratiques agricoles, agronomiques et ethno-sociologiques anciennes, par ailleurs bien renseignées dans l’aire nord-méditerranéenne. Il est aujourd’hui devenu urgent, dans un département où l’urbanisation ne cesse de s’accélérer, d’écrire l’histoire d’un arbre qui effectue peu à peu une translation paysagère sous le double effet de la multiplication des lotissements dans la plaine et de l’embroussaillement de l’arrière-pays même si l’oléiculture redevient une activité attractive, qui a amené la plantation d’environ 100 000 oliviers depuis 1995.

Un immense vivier documentaire

Toute la documentation indispensable pour écrire l’histoire de l’oliveraie héraultaise est conservée aux archives départementales de l’Hérault. Elle est tellement vaste qu’il s’agit de choisir sur quelles sources faire porter l’effort de dépouillement, encore très limité.

Les compoix

La première source à laquelle vont puiser d’ordinaire les ruralistes languedociens sont les compoix. Depuis les travaux fondateurs d’Albert Soboul et Emmanuel Le Roy Ladurie, on sait toute l’importance de ces vieux cadastres pour reconstituer les masses culturales et les fortunes foncières anciennes. Un colloque récent a d’ailleurs fait le point sur les utilisations possibles de ces registres à partir d’exemples concrets et variés.

Mais les compoix posent deux grands problèmes aux chercheurs. Ils sont d’abord très nombreux et se comptent par centaines dans les rayonnages des dépôts d’archives. Au diocèse civil de Béziers, sans même compter ceux du chef-lieu, on en conserve aujourd’hui plus de 160 pour 102 communautés, environ 200 pour 108 communautés au diocèse de Montpellier. La répartition des documents est très inégale selon les siècles, même en débordant du département de l’Hérault pour les diocèses d’Agde, Alès, Béziers, Lodève, Mende, Montpellier et Nîmes, sur environ 800 compoix actuellement connus et/ou conservés, 162 appartiennent au XVIe siècle, 419 au XVIIe et 175 au XVIIIe. On constate donc que l’oliveraie, solidement connue au XVIIIe siècle, pourrait l’être aussi bien pour le XVIe et infiniment plus pour le XVIIe siècle.

Deux diocèses « héraultais » se prêtent d’ailleurs très bien aux recherches sur les masses culturales, sur l’oliveraie en particulier : Maguelone et Lodève. Dans les deux circonscriptions en effet, vers 1520 pour la première, vers 1630 pour la seconde, un document très précieux et original fut réalisé : un compoix diocésain. Afin de fixer le revenu imposable de chacune des communautés de ces deux diocèses, de grandes enquêtes de terrain furent menées, arpentage à l’appui, afin de déterminer la quote-part de chaque communauté à la taille royale. La recherche générale du diocèse de Maguelone débuta ainsi vers 1520, pour être validée en 1525. La recherche donna lieu à la rédaction d’un véritable compoix par village ou ville (appelé manifest), dont les données, très détaillées, furent synthétisées dans un compoix diocésain hélas incomplet (appelé thalamus). Les documents attendent sur des étagères un dépouillement qui donnerait un instantané de la place de l’olivier dans la partie orientale de l’Hérault, de la mer et des étangs jusqu’au pied des Cévennes. Une enquête de même nature eut lieu dans le diocèse de Lodève entre 1627 et 1633 qui demanderait un traitement historique approfondi, facilité ici par des résultats synthétiques à peu près complets. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2009

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Bruno JAUDON

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf