La culture de l’olivier au Moyen-âge dans l’Hérault
Considérée comme emblématique du pourtour méditerranéen, la culture de l’olivier conserve de larges parts d’ombre. Pour les régions languedociennes, la modestie des travaux d’histoire relatifs à l’olivier justifie ce dossier d’Études héraultaises. La période médiévale n’échappe pas à ce constat. Aussi, ces quelques pages visent à faire le point sur les informations collectées jusqu’à présent dans le cadre géographique du département de l’Hérault. Par ailleurs, nous mettrons en valeur l’intérêt des données conservées dans les compoix médiévaux, propos qui est évidemment commun à l’époque moderne 2. Ce bilan ouvert n’est pas un exercice formel : il permet aussi une mise en perspective. En effet, l’attention s’est jusqu’ici principalement portée sur la Provence médiévale, considérée comme plus représentative de cette culture 3. L’Hérault, comme l’ensemble du Languedoc méditerranéen, est resté longtemps en marge 4. Si les archives écrites restent par conséquent largement inexploitées, le renouvellement viendra aussi de l’archéologie, en particulier de l’archéobotanique, qui propose aujourd’hui de nouvelles approches et de nouveaux résultats 5.
Seront abordés successivement plusieurs points : la chronologie de l’oléiculture, les formes de culture, l’impact de l’olivier sur les terroirs agraires, sa place dans l’économie, tant seigneuriale que paysanne. Encore une fois, les quelques réponses qui seront apportées ne devront pas masquer les nombreuses lacunes, qui s’expliquent par les faiblesses de certaines sources, et certainement plus encore des recherches. Une place particulière sera accordée, cela a été dit, aux compoix 6. Les compoix médiévaux de l’Aude et de l’Hérault ont fait l’objet de notre part d’une enquête sur l’espace et le paysage rural 7. Le corpus et la base de données constitués à cette occasion forment le socle de cette approche spécifique. Pour l’Hérault, 36 compoix et estimes antérieurs à 1500, représentant 15 communautés rurales et urbaines, ont été pris en compte 8.
Une culture secondaire, mais partout présente
L’olivier est-il une composante du paysage rural médiéval héraultais ? La question peut sembler futile ou hors de propos, tellement l’arbre à huile est une composante majeure et symbolique des campagnes méditerranéennes depuis l’époque moderne. Elle l’est moins, au regard de certaines affirmations, comme celles de G. (omet, déclarant que « la Provence médiévale n’est […] pas une terre d’oliviers » 9 et de G. Larguier situant l’accroissement significatif en Narbonnais autour des années 1450 10. E. Le Roy Ladurie le place au début du XVIe siècle dans la vallée de l’Hérault 11. Enfin, à Montpellier, les olivettes, absentes des compoix de 1380, font une apparition – modeste – dans les premières décennies du XVe siècle 12.
Ainsi, l’oléiculture serait le fruit d’une phase agricole spéculative enclenchée au XVe siècle. Si la documentation témoigne alors incontestablement d’une présence plus forte, ce constat est insuffisant. Au contraire, il faut envisager une activité pleinement médiévale, comme il est possible de le remarquer, déjà, en lisant les travaux publiés. Les sources écrites, tout d’abord, sont loin d’être univoques. En Biterrois, M. Bourin relève aux XIIe-XIIIe siècles une zone plus oléicole sur les pentes des pechs et des causses qu’en plaine. En 1307, les réglementations de police agraire de Pézenas protègent les olivettes de la dépaissance commune. Elles sont par conséquent suffisamment importantes, au moins qualitativement, pour justifier l’attention de la communauté 13. En 1382, le compoix de Montady, à l’ouest de Béziers, recense même plus d’olivettes que de vignes 14.
Les recherches dans les cartulaires et les recueils de chartes permettent de recenser des olivettes au XIIe siècle, ou même au XIe, dans la plaine languedocienne 15. Ainsi, une corvée d’olivigarium au profit du monastère de Gellone (1131-1134) et un personnel d’olivadors au service de celui d’Aniane (1181-1188) montrent que cette culture fait alors partie des grands domaines monastiques de la moyenne vallée de I’Hérault 16. Elle est assez importante pour justifier l’emploi d’une main d’œuvre et la création d’une redevance spécifique. Par ailleurs, les analyses paléobotaniques attestent la présence d’oliviers cultivés en amont de l’an mil, dès le IXe siècle, en particulier à Lunel-Viel, Mauguio et Marsillargues 17.
Certes, les informations et les données collectées qui viennent d’être évoquées sont fragmentées, éparses et ne permettent pas d’évaluer l’importance réelle de l’oléiculture héraultaise médiévale. Rien n’indique qu’elle soit massive, en quelque lieu que ce soit. Pour autant, plutôt que d’absence ou de présence de l’olivier cultivé au cours du millénaire médiéval, il faut plutôt raisonner en termes de continuité et d’évolution. Si le XVe siècle apparaît comme une période charnière et se rattacher à une phase plus « moderne » que « médiévale », les siècles antérieurs ne peuvent se réduire à une longue éclipse avec une activité résiduelle. L’olivier est bien un attribut du paysage médiéval héraultais. En fait, ce qui rend l’interprétation complexe, c’est le biais des mentions textuelles. Elles se focalisent sur les olivettes, c’est-à-dire de parcelles dévouées aux oliviers, et semblent occulter largement une autre pratique, le complant. Toutes ces interrogations peuvent être mieux abordées par la documentation fiscale de la fin du Moyen Âge.
L'oléiculture dans les compoix héraultais
Les compoix et les terriers permettent de proposer quelques données quantitatives, avec toute la prudence qu’exige la nature des sources et la difficulté de les traiter statistiquement. Ainsi, une partie des cultures échappe à l’allivrement des compoix, les biens nobles, ou au cens, les réserves seigneuriales. Comme l’olivette semble prisée par les élites rurales et urbaines, il est probable que les résultats accessibles sous-estiment la réalité. Par ailleurs, l’importance des plantations dans les complants est difficile à mesurer. Le détail des cultures sur une même parcelle n’est pas systématiquement précisé et, lorsqu’il l’est, les indications sommaires ne permettent pas, le plus souvent, de déterminer la place occupée par les oliviers. Enfin, la consultation des travaux de recherche doit être menée avec attention, tant les modalités des calculs dont ils produisent les résultats sont parfois insuffisamment explicitées. Pour autant, il n’a pas semblé vain de comparer les chiffres de quelques approches monographiques relatives à Gignac, La Livinière, Lodève, Lunel et Montpellier 18. Il en résulte que les 10 % des biens agraires déclarés en olivier ne sont dépassés qu’à Gignac (19 % dans le compoix de 1462) et à La Livinière (22-27 % des terriers du milieu du XVe s.). Le corpus est certes trop réduit pour généraliser ces chiffres peu homogènes.
Les estimes et compoix offrent une base plus large (figure 1) 19. La moyenne des olivettes et des parcelles complantées d’oliviers s’élève à 8,9 % des biens agraires déclarés, avec un échelonnement large et régulier de 0 à 27,9 %. Dans plus des 4/5e (87 %) des documents, les oliviers ne dépassent pas les 14 %. Chronologiquement, l’évolution n’est pas univoque, visible dans chaque cas, mais s’avère pourtant bien réelle. Jusqu’aux années 1450, la moyenne est de 5 %, alors qu’elle gravite autour de 11 % à partir de 1460. Sans que la progression soit exceptionnelle, elle représente un doublement des parcelles 20.
Par conséquent, les monographies et l’analyse statistique se recoupent relativement bien. Culture minoritaire – toujours inférieure au tiers des parcelles, très souvent au dixième – la présence des parcelles d’oliviers s’accroît, avec une inflexion plus nette après 1460. La comparaison des séries d’une même communauté permet de mettre en valeur des modèles variés qui nuancent ces résultats généraux. La croissance est effectivement sensible à Agde et à Vendres. Dans le premier cas, le pourcentage passe de 6,7 à 11,6 entre 1457 et 1490; dans le second, de 4,8 à 10,5 entre 1384 et 1460. Un autre modèle est incarné par Montpellier et Lodève celui d’une apparente stagnation. Entre 1380 et 1480 pour l’un, 1401 et 1444 pour l’autre, les chiffres restent entre 4 et 7 %. Un niveau faible, par conséquent, qui laisse entendre que le XVe siècle n’est pas toujours le tournant essentiel souvent décrit.
Quel espace couvre l’oléiculture ? Là encore, les com-poix sont sollicités (fig. 1). Département méditerranéen, l’Hérault accueille largement l’olivier. Tous les registres mentionnent des parcelles qui lui sont dédiées 21. Cette répartition est conforme à l’actuelle distribution géographique, à savoir les plaines et les piémonts, en laissant de côté les régions de relief trop marqué. Une seule restriction à ce constat l’absence de documents fiscaux pour ces milieux plus élevés du nord et de l’ouest du département, le rebord du Massif central, ne permet pas de vérifier pleinement cette séparation nette. Les terriers devraient être étudiés pour lever cette hypothèque. L’autre observation porte sur l’importance de l’olivier dans le système agraire. La moyenne vallée de l’Hérault et le Biterrois donnent des résultats plus élevés 22, au contraire des espaces plus proches du littoral, comme Lunel, Agde ou Vendres. Il faut vraisemblablement invoquer le milieu physique. Les zones de collines, terroir privilégié de l’olivier, drainent plus facilement les plantations que les plaines littorales.
Les pratiques culturales : complants et olivettes dans l'agrosystème médiéval
Le complantage d’oliviers avec d’autres cultures est sans cesse mentionné dans les sources écrites médiévales. En effet, c’est une pratique souple, accessible à tous puisqu’elle évite de spécialiser une surface pour une production qui demande d’attendre une dizaine d’années après la plantation. En plein champ, céréales et vignes reçoivent des oliviers, de même que les jardins et les ferragines proches des villages 23. En général, les parcelles complantées ne bénéficient guère de descriptions précises, à de rares exceptions près, comme à Montpellier, où les compoix signalent des oliviers entourant des vignes 24 ou à La Livinière, avec des arbres plantés isolément dans les jardins et les ferragines 25. Pour les olivettes, les descriptions manquent aussi, même si leur clôture est Citée, comme au Pouget 26.
L’exemple du Pouget est d’ailleurs intéressant. Souvent qualifié de culture de terre sèche, l’olivier n’est pas exclu des zones humides. Au Pouget, des olivettes sont plantées dans un ancien étang drainé au XIIIe siècle et exploitées avec diverses cultures et de nombreux prés. Parmi les olivettes, deux jouxtent en 1400 un vallat, un fossé pouvant drainer et irriguer, désigné par l’expression de vallatum magne olivete 27. Le rapprochement avec les recherches paléobotaniques s’impose ici. À Lunel-Viel, les analyses indiquent qu’une partie des oliviers cultivés sont irrigués aux IXe – déb. XIe siècles 28. D’autres résultats, hors de l’Hérault, vont dans le sens d’une culture irriguée à partir du XIIe siècle. Par conséquent, il est tentant de faire le lien avec la dépression du Pouget qui pourrait aussi témoigner de cette technique agraire qui reste encore à mieux connaître.
L’olivier est-il uniquement une culture « aristocratique », selon l’expression de G. Larguier ? À Narbonne, le complantage est peu marqué avant le XVe siècle et l’essor des olivettes au XVe siècle se manifeste surtout chez les exploitants les plus aisés, se livrant à une activité spéculative 29. Une telle étude n’a pas été menée dans le département de l’Hérault. Pour autant, l’existence d’une culture spéculative ne fait aucun doute. À Pézenas, M. Bourin dessine aussi le tableau d’une culture pratiquée par les notables du consulat. La réglementation de 1307, interdisant la dépaissance dans les olivettes, comme dans les prés (cf. supra), est un soutien aux cultures intensives et à l’individualisme agraire au profit de l’oligarchie municipale qui promulgue cette disposition. Par ailleurs, l’existence d’une oléiculture spéculative seigneuriale ne fait guère de doute. La « grande olivette » de 18 séterées du seigneur de l’Estang au Pouget (cf. supra) appartient à cette catégorie. De même, à Pézenas encore, en 1344, les hospitaliers de Jérusalem possèdent une grange dite de Lestang. Là, ils exploitent une condamine appelée « L’olivette », sans pour autant que la culture elle-même soit explicitement mentionnée 30. Une enquête systématique ne manquerait pas d’enrichir ces données.
Il n’en reste pas moins que les registres d’estimes et les compoix dessinent les contours d’une activité largement répandue dans le monde rural. Ce qui change, c’est l’importance de l’activité tout un chacun complante, quelques-uns détiennent des olivettes de grande superficie. Paysans, notables et seigneurs : l’olivier fait bien partie de l’univers languedocien médiéval, dans l’Hérault comme dans les départements voisins. La documentation en livre un autre éclairage par l’intermédiaire des redevances seigneuriales et des allivrements. Là aussi, la recherche doit encore avancer pour livrer des résultats réellement significatifs. Les sources fiscales, toujours elles, livrent quelques informations intéressantes. Lorsque le cens seigneurial pesant sur le bien imposé est indiqué, les quantités d’huile demandées semblent proportionnelles à la présence de la culture sur les terroirs. Ainsi, à Lunel et à Lodève, peu d’oliviers et peu de redevances en huile 31.
Par contre, le niveau d’imposition par les communautés d’habitants montre la valeur élevée de l’oléiculture. À Montpellier, l’olivier est un peu plus imposé plus que les autres cultures, dans des proportions variables, mais proches, selon les années 32. Dans le compoix de Montady de 1382, les biens agraires sont estimés selon un ratio de 5 sous par séterée, sauf la vigne et l’olivette dont le ratio est double, soit 10 sous. Il faudrait multiplier de telles études, mais il paraît clair que la valeur de l’olivier se situe au premier rang et constitue donc une ressource fiscale notable, ce qui va dans le sens de sa dimension spéculative. Dans ce dossier, il faut aussi verser le cas Saint-Guilhem-le-Désert. En 1384, les syndics lèvent temporairement une taille en nature sur l’huile d’olive pour résoudre leurs difficultés financières. Il faut certainement y voir une reconnaissance de la valeur de la production oléicole, notable, en effet, dans la moyenne vallée de l’Hérault (cf. supra) 33.
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À l’image de l’ensemble du monde méditerranéen, l’Hérault compte l’olivier parmi les éléments marquants du paysage rural médiéval. Même si les connaissances à notre disposition restent modestes, il est clair que les olivettes qui se multiplient à la fin du XVe siècle ne surgissent pas de nulle part. Le substrat est là, dans les champs et les vignes complantées, dans les jardins et les olivettes citées à toutes époques. Les études restent trop réduites et marginales pour complètement appréhender cette place de l’olivier, mais les données en notre possession invitent à revaloriser son rôle. Même si les quelques statistiques qui ont été produites montrent qu’il ne dépasse pas souvent les 10 % des biens agraires des exploitants, l’arbre à huile permet une activité double : vivrière pour la plupart, spéculative pour quelques-uns, dont les seigneurs. Emblème de la civilisation méditerranéenne, l’olivier est effectivement une composante significative de l’agriculture héraultaise médiévale. Il reste encore beaucoup à apprendre, des techniques d’exploitation à la production de l’huile, à sa consommation et à sa commercialisation. Un paradoxe qui illustre le décalage entre la représentation et la connaissance réelle.
Notes
1. Une étude à l’échelle du Languedoc est publiée dans les actes du colloque L’olivier et l’identité des pays de l’Europe méditerranéenne : de l’arbre à l’huile. Terroir, paysage, économie, représentation et devenir de la fin du Moyen Âge à nos jours, organisé par le Centre d’Histoire Moderne et Contemporaine de l’Europe Méditerranéenne et de ses Périphéries, Université Paul Valéry-Montpellier III, qui s’est tenu à Montpellier les 17 et 18 mars 2006 (à paraître).
2. La contribution de B. Jaudon sur les XVIe et XVIIe siècles dans ce numéro est là pour le démontrer.
3. Comet (Georges), « Le vin et l’huile en Provence médiévale, essai de bilan », La production du vin et de l’huile en Méditerranée. Actes du symposium d’Aix-en-Provence-Toulon, 20-22 novembre 1991, Bulletin de correspondance hellénique, supplément XXVI, 1993, École Française d’Athènes, p. 343-358 Stouff (Louis), Ravitaillement et alimentation en Provence aux XIVe et XVe siècles, École pratique des hautes études, Paris, 1970 ; « L’olivier et l’huile d’olive en Provence aux derniers siècles du Moyen Âge », Provence Historique, 152, 1988, p. 181-191.
4. En l’absence d’études spécifiques, il faut glaner les informations parsemées dans les études locales ou régionales, tout particulièrement les pages de Monique Bourin-Derruau pour le Biterrois : Villages médiévaux en Bas-Languedoc : genèse d’une sociabilité (Xe-XIVe siècle), L’Harmattan, Paris, 1987, 2 vol., en particulier, t. I, p. 16 et t. II, p. 20, 242 et 313.
5. Les données les plus récentes sont réunies dans un dossier spécial d’Archéologie du Midi Médiéval sur la fructiculture (t. 23-24, 2005-2006, p. 3-206).
6. Ce terme est employé de manière générique, parce qu’il est aujourd’hui le plus couramment utilisé. Pour autant, fiscalement, il s’agit d’estimes de nature déclarative.
7. Abbé (Jean-Loup), « Fiscalité et espace agraire au Moyen Âge : le miroir des estimes et des compoix languedociens (Aude, Hérault, XIVe-XVe siècles) », Rigaudière (A.) (dir.), De l’estime au cadastre en Europe. Le Moyen Âge. Colloque des 11, 12 et 13 juin 2003, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, Paris, 2006, coll. Histoire économique et financière de la France, p. 501-521.
8. Au corpus initial (35) dont la liste figure en annexe de la publication citée en référence dans la note précédente, s’ajoute le compoix de La Livinière (Hérault) de 1461 (Arch. dép. de l’Hérault, 141 EDT 6, microfilmé). Voir aussi la fig. 1 de cet article.
9. « L’oléiculture méridionale au temps d’Olivier de Serres », Bermont (A.) (éd.), Autour d’Olivier de Serres pratiques agricoles et pensée agronomique, du Néolithique aux enjeux actuels. Actes du colloque international tenu au Pradel les 27, 28 et 29 septembre 2000, Association d’Histoire des Sociétés Rurales, Rennes, 2002, p. 353-358, citation p. 353.
10. Larguier (Gilbert), Le drap et le grain en Languedoc. Narbonne et Narbonnais 1300-1789, Presses Universitaires de Perpignan, Perpignan, 1996, 3 t., t. I, p. 219-221 : « Un nouveau venu : l’olivier aristocratique ».
11. Le Roy Ladurie (Emmanuel), Les paysans de Languedoc, SEVPEN, Paris, 1996, t. I, p. 200. Comme pour G. Larguier, les compoix sont la source principale d’information, en l’occurrence ceux de Gignac.
12. Reboul (Caroline), Le paysage périurbain de Montpellier d’après les compoix de 1380 à 1450, mémoire de maîtrise d’histoire, Université Paul Valéry-Montpellier III, 2003, p. 68-69.
13. Bourin-Derruau (Monique), Villages médiévaux en Bas-Languedoc : genèse d’une sociabilité (Xe-XIVe siècle)…, t. II, p. 253 et 313.
14. Arch. dép. de l’Hérault, G 588. 34 olivettes (oliveda), soit 14,6 % des biens agraires (233 en tout), contre 12 % pour la vigne.
15. Voir en particulier : Durand(Aline), Les paysages médiévaux du Languedoc (Xe-XIIe siècles), Presses Universitaires du Mirail, Toulouse, 2003 (1re éd.1998), coll. Tempus, p. 336-346.
16. Bourin-Derruau (Monique), Villages médiévaux en Bas-Languedoc : genèse d’une sociabilité (Xe-XIVe siècle)…, t. II, p. 21 et Durand (Aline), Les paysages médiévaux du Languedoc…, p. 342 et 345.
17. Sondages polliniques à Marsillargues (VIIIe-IXe s.), analyses anthracologiques à Mauguio (Xe-XIe s.) et à Lunel-Viel (IXe début XIe s.). Voir : Durand (Aline), Leveau (Philippe), « Les agricultures dans la France méditerranéenne et le peuplement des campagnes à la fin de l’Antiquité et durant le haut Moyen Âge : l’apport des travaux archéologiques et des sciences de l’environnement durant les vingt dernières années (1980-2000) », publication en ligne par l’Université de Laval (Canada) :
http://www.chaire-rome.hst.ulaval.ca/revue.htm, 2005, p. 29-32 ; Durand (Aime), Terral (Jean-Frédéric), « Regarder autrement le charbon de bois archéologique : l’exemple de l’irrigation des plantations d’oliviers en France méridionale et en Catalogne (IXe-XVe siècle) », Archéologie du Midi Médiéval, t. 23-24, 2005-2006, p. 75-92.
18. Demaille (Emmanuelle), Paysage et société rurale dans la moyenne vallée de l’Hérault. La gestion de l’espace urbain et rural à Lodève d’après le compoix de 1401, mémoire de maîtrise d’histoire, Université Paul Valéry-Montpellier III, 1997, t. II, p. 34 ; Escoffier (Marie-Laure), Un terroir minervois au bas Moyen Âge : La Livinière (1378-1461), mémoire de maîtrise d’histoire, Université de Toulouse II-Le Mirail, 1989, p. 69-70 Le Roy Ladurie (Emmanuel), Les paysans de Languedoc…, p. 200 ; Reboul (Caroline), Le paysage périurbain de Montpellier d’après les compoix de 1380 à 1450..., p. 83; Scripiec (Émilie), L’organisation du paysage autour de Lunel d’après le compoix de la fin du XIVe siècle (v. 1394), mémoire de maîtrise d’histoire, Université Paul Valéry-Montpellier III, 2004, p. 88.
19. 15 communautés et 36 documents (cf. supra). Au cours de l’enquête réalisée dans la publication mentionnée plus haut, la totalité du contenu des documents n’a évidemment pas été saisie. Un échantillon d’une quarantaine ou d’une cinquantaine de biens déclarés a été retenu au minimum pour chaque registre, quantité qui, par expérimentation, paraît probante d’un point de vue statistique.
20. Les calculs, excluant les documents non datés précisément, relèvent 18 documents antérieurs à 1460, avec une moyenne de 5,7 % et 13 à partir de 1460, soit 11,3 %.
21. À une seule exception près, celle de Béziers en 1398, selon l’échantillon du document retenu pour notre enquête.
22. Le pourcentage le plus élevé de tout le corpus est à Aniane avec près de 28 %.
23. Il faut se garder pourtant de toute vision simplificatrice. M. Bourin constate que les arbres sont rares dans les jardins des villages du Biterrois au XIIe siècle : Villages médiévaux en Bas-Languedoc : genèse d’une sociabilité (Xe-XIVe siècle)…, t. I, p. 165.
24. Deux cas d’oliviers entourant des vignes à Montpellier Reboul (Caroline), Le paysage périurbain de Montpellier d’après les compoix de 1380 à 1450..., p. 72.
25. ort et uno olieu, ferracgo et uno olieu à La Livinière : Escoffier (Marie-Laure), Un terroir minervois au bas Moyen Âge : La Livinière (1378-1461.)…, p. 56.
26. Une reconnaissance de 1433 porte sur une oliveta vulcariter nuncupatam lo claus (Arch. dép. de l’Hérault, 1 E 1465).
27. Arch. dép. de l’Hérault, 1 E 1465 et 1480 (seigneurie du Pouget). Voir : Abbé (Jean-Loup), Jaudon (Bruno), « Enjeux et gestion des milieux humides. Les étangs asséchés de la vallée de l’Hérault au cours du dernier millénaire », Abbé (J.-L.), Ferrières (M.) (dir.), Étangs et marais. Les sociétés méridionales et les milieux humides, de la Protohistoire au XIXe siècle, Annales du Midi, t. 119, n° 257, 2007, p. 27-40.
28. Durand (Aline), Terral (Jean-Frédéric), « Regarder autrement le charbon de bois archéologique : l’exemple de l’irrigation des plantations d’oliviers en France méridionale et en Catalogne (IXe-XVe siècle) »…
29. Larguier (Gilbert), Le drap et le grain…, t. I, p. 219-221.
30. condaminam ipsius grangie vocatam la oliveda : Arch. mun. de Pézenas, 12, 1, 14 (délimitation d’un espace de dépaissance).
31. Dans les deux cas, elles sont inférieures à 1 % du total des redevances indiquées. Scripiec (Émilie), L’organisation du paysage autour de Lunel d’après le compoix de la fin du XIVe siècle v. 1394…, p. 89 ; Demaille (Emmanuelle), Paysage et société rurale dans la moyenne vallée de l’Hérault…, t. I, p. 149.
32. En 1404, le champ céréalier est imposé en moyenne 2,5 livres/cartayrade, la vigne, 2,3 et l’olivier, 2,6 ; en 1416-1417, les valeurs sont respectivement : 2,6, 2,5 et 3 ; en 1429 : 2,6, 2,3 et 2,8. Rebout (Caroline), Le paysage périurbain de Montpellier d’après les compoix de 1380 à 1450…, p. 8.
33. Abbé (Jean-Loup), Challet (Vincent), « Du territoire à la viguerie : espaces construits et espaces vécus à Saint-Guilhem-le-Désert à la fin du Moyen Âge », Annales du Midi, t. 119, n° 260, 2007, p. 509-532.
