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Description

Le rugby à XIII héraultais : de la résistance à la reconnaissance

Le rugby à XIII : une stratégie de rupture

Le rugby à XIII n’a jamais occupé une place prépondérante dans le département de l’Hérault, contrairement à son voisin audois, qui peut à bon droit faire figure de place forte des Treizïstes. Mais l’histoire héraultaise du « Treize », pour marginale qu’elle soit, est intéressante rapportée à celle du cousin quinziste. La guerre des deux Rugbys sur laquelle l’histoire officielle se montre volontiers amnésique, illustre la violence rendue possible entre sports directement concurrents. Certes, l’Hérault ne fut pas le théâtre privilégié de ce conflit (bien plus visible dans l’Aude et surtout le Roussillon), mais les épisodes majeurs que connut le département peuvent nourrir une réflexion sur la complexité de l’espace des sports dans des situations de concurrence conflictuelle.

Il convient dans un premier temps de replacer l’histoire héraultaise du rugby à XIII dans un contexte plus général, et de préciser les bases du conflit entre les deux rugbys.

Un sport se définit en premier lieu par ses règles qui permettent d’en définir l’enjeu et les modalités du jeu. Par rapport aux règles du XV, la disparition des deux « troisième ligne aile » ouvre un espace d’action plus large aux attaquants des lignes arrière. C’est aussi la règle du tenu qui fait qu’un joueur plaqué au sol en possession de la balle, n’est plus obligé de la libérer. Le ballon est alors remis en jeu par un tenu. Cette modification par rapport au rugby à XV permet à l’équipe en possession du ballon de poursuivre son offensive et contribue ainsi à la rapidité du jeu. Une autre modification importante doit être relevée : c’est celle de la remise en jeu du ballon sorti en touche. Une mêlée est organisée à cet effet. Le jeu à 13 joueurs est plus aéré, il laisse plus d’espace dans le champ d’action, il est plus rapide. Dans l’absolu, le XIII a simplifié les règles du rugby à XV, ce qui le rend plus aisément compréhensible par les spectateurs – et même par les joueurs – et surtout plus spectaculaire puisqu’il privilégie le mouvement aux dépens des phases statiques de la mêlée et de la touche caractéristiques du XV.

Le contexte de l’apparition de ce jeu treiziste permet de retenir des éléments qui ont joué un rôle déterminant. En premier lieu, la création du rugby à XIII en Angleterre dès la fin du XIXe siècle est la conséquence d’un conflit ayant opposé les joueurs du Nord du pays, ouvriers des zones industrielles, aux dirigeants de la Rugby Union (la Fédération anglaise de Rugby à XV) à propos de revendications financières : les joueurs du Nord réclamaient un « manque à gagner » pour les dédommager des sacrifices consentis dans l’exercice du jeu. Les dirigeants de la Rugby Union, représentants des classes dirigeantes issues des Public Schools, et attachées à un amateurisme strict, refusèrent de satisfaire à ces revendications, ce qui provoqua en 1895 la scission des Comités régionaux du Nord. L’évolution conduisit progressivement à distinguer le jeu des sécessionnistes du rugby orthodoxe, avec le passage à 13 joueurs en 1906, et la création d’une Rugby League professionnelle en 1922. Ce qu’il faut retenir de cette histoire des origines britanniques, c’est un conflit social (autour du statut des joueurs) débouchant sur un nouveau sport qui, du fait des contraintes économiques nouvelles (assurer des rentrées d’argent suffisantes pour défrayer puis rémunérer les joueurs) a dû se rendre plus spectaculaire et plus attractif auprès du public. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

9

Auteur(s)

Germain BARCELO

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf