La gymnastique artistique aux agrès et le Cercle d’Éducation Physique

* Professeur agrégé EPS, Président du CEP Montpellier GYM

Comme tous les sports, la gymnastique artistique a énormément évolué si on se rapporte à ce qu’elle était au début du XXe siècle 1. Nous verrons plus tard les raisons de cette évolution.

Le 3 février 1869, un décret signé par Napoléon III introduisit l’enseignement de la gymnastique dans les écoles. Au début du vingtième siècle la gymnastique était perçue comme un sport proche de l’éducation physique, ayant pour but d’éduquer les enfants. Le matériel et les exercices n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. Il n’est qu’à regarder les programmes de gymnastique des premiers Jeux Olympiques d’Athènes pour en avoir une idée plus précise. Ce n’est qu’aux J.O. d’Anvers en 1924 que les gymnastes, en individuels et en équipes, s’affrontèrent sur les agrès.

Les fédérations nationales, masculines et féminines, existaient séparément, et c’était surtout au niveau régional que se fédéraient les clubs proches, pour organiser des concours où se mêlaient différentes disciplines : un gymnaste pouvait obtenir une récompense en gymnastique et une en saut en hauteur. Les concours permettaient le rassemblement de centaines d’enfants et d’adultes (10 à 15 mille lors de grandes manifestations nationales) qui allaient, selon leur âge, s’engager dans un parcours mis en place dans un stade, offrant divers agrès et autres appareils.

Le Cercle d’Éducation Physique et la gymnastique héraultaise

C’est au travers de l’activité des clubs qu’il faut se situer. Nous allons parcourir celle du Cercle d’Éducation Physique né en 1921 à Montpellier, devenu en 1996 le CEP Montpellier Gym. Nous avons choisi le CEP parce qu’il fut le premier à comprendre que la gymnastique en tant que sport, mais aussi en tant que pratique éducative, devait évoluer au même rythme que la société, que ce serait long, qu’il ne fallait pas perdre de temps. Nous vérifierons auprès des autres clubs si les bonds en avant de la gymnastique, dus aux prestations des gymnastes lors des Jeux Olympiques et Championnats du monde, les ont amenés à s’adapter, modifier leurs objectifs et leurs programmes d’entraînement.

En 1921, lorsque le CEP est créé, d’autres clubs existent dans le département, tels que le Réveil Montpelliérain, l’Alerte de Sète, la Vigilante de Béziers, la Vaillante de Lunel (1895), qui participent à des concours et championnats.

Démonstration féminine en 1931
Fig. 1 Démonstration féminine en 1931. Collection du CEP Montpellier

En 1929, le CEP crée une section féminine. Une équipe de gymnastes pouvait présenter un exercice au sol, un élément réalisé à 10 aux barres parallèles, des pyramides,… Le club pouvait faire une démonstration de mouvements avec tous ses gymnastes, les enfants occupant le premier rang. Petit à petit les rencontres, se firent dans des lieux plus éloignés.

En 1930 le CEP, sur un terrain attenant à son siège, découvrit à Montpellier un nouveau jeu, le Basket Ball. Parmi les joueurs, participait Robert Busnel qui allait devenir international, obtenir la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de 1948, et de 1960 à 64 être le Directeur Technique National de la Fédération Française de Basket Ball 2.

Lors d’une fête nationale à Paris, le CEP obtint un 1er prix d’excellence en section de 24 gymnastes et aux pyramides avec engins. Des récompenses furent aussi attribuées au saut à la perche, pour des exercices de porter à 2, 3, 4 gymnastes, et lors d’exercices avec engins ou à mains libres.

Ce n’est qu’en 1933 que le CEP présenta des candidats aux championnats artistiques individuels en gymnastique, en athlétisme, et en natation. Les gymnastes découvrirent le cheval d’arçon en 1938, année où ils remportèrent le challenge d’athlétisme. Les agrès de l’époque étaient solides mais peu souples, parfois fabriqués par le club. Les tapis très durs n’assuraient pas les réceptions des éléments difficiles. Sous la barre fixe on pouvait trouver du sable, des copeaux de bois, ou même des galets.

La deuxième guerre mondiale et l’occupation touchèrent fortement l’activité des gymnastes français. Le gymnase du CEP, conçu par Amoros au XIXe siècle, situé place des Arceaux, au bas du Jardin du Peyrou, fut occupé par les Allemands. Un grand nombre de Français furent engagés par l’armée, beaucoup de jeunes dans notre département rejoignirent les réseaux de la Résistance. Cela atténua fortement l’activité des clubs.

En 1947 le CEP s’affilia à l’UFOLEP. Il reçut l’agrément de la Jeunesse et des Sports pour son activité éducative envers les enfants.

Les barres asymétriques remplacèrent les barres parallèles lors des J.O. de 1948 et apparurent à Montpellier en 1951. Une avancée se fit en 1950, à l’initiative de la Fédération Française de Gymnastique (FFG) fondée en 1945, qui fédéra tous les clubs de France. Les championnats allaient reposer sur quatre agrès pour les femmes (saut, barres asymétriques, poutre, sol) et six pour les hommes (sol, arçons, anneaux, saut, barres parallèles, barre fixe).

Le premier championnat de l’Hérault de gymnastique aux agrès fut organisé à Béziers par le Comité Départemental des Sociétés de Gymnastique, le 16 octobre 1950. Désormais les championnats départementaux se feraient chaque année dans un club organisateur.

Les Concours en sections continuèrent cependant de rassembler des centaines, voire plus de mille gymnastes, ce qui montrait bien que des clubs n’avaient pas encore assimilé l’évolution de la gymnastique. Le dernier grand rassemblement de ce type se fit à Montpellier au Stade Sabathé en juin 1967.

Il fallut encore beaucoup d’années pour que la moitié des clubs voient vraiment la fin de la gymnastique qu’ils avaient connue, et l’apparition forte d’une gymnastique plus sportive, plus complexe, plus artistique, plus centrée sur l’utilisation de séries d’éléments acrobatiques.

Barres parallèles hommes en 1927
Fig. 2 Barres parallèles hommes en 1927. Collection du CEP Montpellier

Les J.O. de Rome (1960), de Tokyo (1964) et de Mexico (1968) allaient faire apparaître de nouvelles difficultés.

Les grands championnats commençaient par le concours 1, soit un enchaînement imposé à chaque agrès, conçu par la Fédération Internationale de Gymnastique (FIG) : les prestations des six gymnastes de l’équipe étaient notées par des juges internationaux, les cinq meilleures notes étant prises en compte. Les mouvements étaient appréciés par rapport à la meilleure utilisation de l’espace, la liaison et la valeur des éléments de difficulté, et bien sûr leur maîtrise.

Le concours 2 se faisait sur des enchaînements libres, et l’on vit vraiment l’évolution,… et malheureusement ses effets : les praticables étant trop durs, l’apparition des doubles saltos provoqua plusieurs ruptures de tendons d’Achille dans les années 60.

D'une gymnastique à l'autre

La gymnastique artistique justifia enfin son qualificatif, et les prouesses des gymnastes ouvrirent la porte à l’évolution que l’on peut découvrir en 2009 : acrobaties fabuleuses, impression de facilité, beauté du geste, rythme et maîtrise : les gymnastes tournent autour de l’agrès, volent, le lâchent et le rattrapent avant de s’en échapper par une sortie dont la trajectoire se termine par une arrivée parfaitement équilibrée, nécessitant la présence de l’entraîneur et de tapis de réception épais de 20 cm.

Dans la plupart des clubs, le matériel, bien sûr, n’était plus adapté aux exercices réalisés : les tremplins de saut et le cheval étaient trop durs, la poutre, en bois, les barres pas encore écartées, les agrès trop rigides, les tapis n’amortissaient pas les réceptions, le praticable dur et peu dynamique.

En 1961 sachant que la guerre d’Algérie, très coûteuse, allait cesser, le Gouvernement, à la demande du général De Gaulle, mit en place la Loi Programme pour l’Équipement Sportif et Socio-éducatif, à la suite des résultats décevants de la France aux Jeux Olympiques de Rome. Le Secrétariat de la Jeunesse et des Sports put agrandir le corps des Conseillers Techniques Régionaux (CTR) ayant pour mission, dans chaque sport, la création de nouveaux clubs, la formation des entraîneurs fédéraux et la recherche de jeunes talents.

En septembre 1964, l’auteur de cet article arriva dans l’Académie de Montpellier en tant que CTR de gymnastique. Nommé par le Secrétariat de la Jeunesse et des Sports lui-même rattaché au Cabinet du premier Ministre, détaché à la Fédération de Gymnastique, j’avais pour objectifs d’apporter aux entraîneurs de la Région, une vision de la gymnastique plus axée sur le sport et la compétition, une autre manière d’entraîner, en anticipant sur les changements récents de la gymnastique au niveau mondial. La FFG avait en 1965, quinze CTR, chacun proche d’une action au plan national (je m’occupais de l’équipe féminine). J’étais aussi chargé de la formation des entraîneurs féminins de niveau 3.

Sortie échappement
Fig. 3 Sortie échappement. Collection : Jean-Claude Albert

Le Languedoc-Roussillon fut la première région, avec l’Île-de-France, où rapidement des CTD (conseillers techniques départementaux) furent recrutés. A la demande de M. Bouillon Directeur de la Jeunesse et des Sports, j’eus à choisir le futur CTD de l’Hérault, Jean Digout, qui allait s’occuper du secteur masculin. Nommé au CREPS de Montpellier, à mi-temps, en 1966, je restai le coordinateur des conseillers techniques jusqu’en 1972, puis, nommé à temps plein pour la formation des enseignantes EPS, acceptai bénévolement le poste de responsable technique des équipes féminines du Languedoc-Roussillon, aidé par Guy Sganga, entraîneur du club de Frontignan.

Quelques clubs, firent un premier pas.

Les gymnastes de Sète allaient dépasser le niveau régional, Colette Carles devenant championne de France Junior en 1965 3. En 1968, Marie-Claude Gourrier, du CEP, obtint le même titre 4 et fut en 1969 parmi les 20 gymnastes qualifiées pour la finale des Championnats de France individuels.

Nicole Digout, dans les années 70, arriva dans le département de l’Hérault en temps que CTD et prit en mains le secteur féminin. Les CTR allaient pouvoir mieux assurer les formations des cadres techniques.

Il est important de rappeler que dans les années 60, la conception de l’enfant vu comme un petit homme, déterminant une transmission des apprentissages qui reposait sur la réceptivité des savoirs, ainsi que le fort impact de l’idéologie des dons, étaient largement partagés par beaucoup d’enseignants. C’était encore plus le cas chez les entraîneurs sportifs qui transmettaient au gymnaste débutant la technique parfaite du champion.

Les éléments acrobatiques existant à l’époque, du plus facile au plus ardu, étaient répertoriés dans une liste à la disposition des clubs et servaient de modèle. Chaque élément acrobatique était divisé en trois phases séparées : l’apprenti devait apprendre chaque phase, sur démonstration par un gymnaste ou l’entraîneur, la répéter, puis assembler les trois parties. Tous les entraîneurs procédaient ainsi.

Il était temps de découvrir de jeunes gymnastes de sept ou huit ans, de les rassembler lors de stages, d’augmenter le nombre d’heures d’entraînement. Il fallait choisir des objectifs ambitieux, convaincre les entraîneurs, mettre en place un programme sur deux ou trois ans, instaurer surtout dans les premiers apprentissages les bases motrices nécessaires pour que les gymnastes puissent accéder à un niveau élevé.

Gymnastique et acrobatie

Ma proposition était d’entrer dans la gymnastique par la porte de l’acrobatie 5 en choisissant les éléments qui contenaient en germe la motricité spécifique des acrobaties gymniques, c’est à dire les rotations en avant et en arrière en passant sur les appuis manuels, ou en vol, la transmission de l’énergie d’une partie du corps à l’autre, l’accélération des rotations en créant des séries d’éléments acrobatiques.

Si l’important, pour les jeunes gymnastes, était la réalisation d’un élément acrobatique, l’objectif, pour l’entraîneur, était de leur faire découvrir et mémoriser les savoirs sensori-moteurs, permettant de se repérer dans la trajectoire d’une acrobatie, de gérer son corps, de créer de la vitesse au travers d’une série d’éléments. Les gymnastes débutants devaient s’adapter à la motricité singulière de l’acrobatie. Là étaient les fondamentaux. Fini l’apprentissage allant du simple au complexe. Pour apprendre à s’équilibrer, le gymnaste en herbe devait être confronté à des situations où le vertige, adoré par les jeunes enfants, devait être accepté, combattu et maîtrisé.

Les barres asymétriques s’écartant de plus en plus, allaient imposer une motricité en élan, donc une préparation physique plus centrée sur les accélérations, les grands tours, la liaison ininterrompue des éléments. Comme le faisaient déjà les garçons à la barre fixe, les gymnastes féminines allaient devoir lutter contre la pesanteur lors des soleils et lunes à la barre haute, en utilisant l’accélération du corps lors de la descente ; ce qu’elles firent très rapidement pour surmonter des difficultés jusqu’alors impensables. Cette motricité basée sur la vitesse d’exécution allait, en quelques années, changer la morphologie des gymnastes féminines, dotées d’un corps plus élancé.

La gymnastique était devenue plus artistique, surtout pour les filles, où les chorégraphies allaient être valorisées par la musique d’accompagnement d’un piano pour l’exercice au sol. Au milieu des années 1970, elle put être dispensée par plusieurs instruments, et les enchaînements des gymnastes soviétiques, conçus sur le modèle des ballets du Bolchoï allaient faire découvrir toute l’expressivité créée par les gymnastes, quand le mouvement exprimait la même sensibilité que celle délivrée par la musique.

Laurine Zacsik, salto tendu arrière sur poutre, 2007
Fig. 4 Laurine Zacsik, salto tendu arrière sur poutre, 2007. Collection : Jean-Claude Albert

Mais l’artistique apparut aussi au travers des enchaînements aux barres asymétriques, et à la barre fixe notamment, par l’impression d’aisance, d’envol, de liberté, par la facilité qu’exprimait le ou la gymnaste, face à la pesanteur. L’enchaînement par son rythme, ses accélérations, ses « soupirs » apparaissant dans les lâchers, sa fluidité, sa continuité jusqu’à la rupture de la sortie, l’enchaînement chantait. Dans Atout Gym, premier film moderne (réalisé par la FFG et l’Institut National des Sports) utilisant un accompagnement musical, le commentateur subjugué par cette aisance, employa le terme de « mélodie kinétique » produite par la gestualité des gymnastes.

La charge émotionnelle qui envahissait la salle face aux prouesses des gymnastes et la maîtrise des difficultés, rajoutait, encore, à la beauté du spectacle.

Les acrobaties réalisées au sol sur un praticable dynamique, allaient à la fin des années 70 se retrouver sur la poutre, haute de 1 m, large de 10 centimètres.

Les gymnastes masculins voyaient aussi leur matériel devenir plus souple, ce qui leur permit plus tard d’introduire des acrobaties sur les agrès (ex. : les soleils, les saltos avant et arrière sur les barres parallèles.) Combien de fois ai-je, lors d’un cours ou d’une discussion dans le gymnase du CREPS, ou celui de la Faculté des Sports, annoncé aux étudiants « option gym » qu’ils verraient bientôt un gymnaste faire un saut de cheval à partir d’une rondade flip arrière, que les asymétriques s’écarteraient et deviendraient barre fixe, que les parallèles seraient haussées et qu’on ferait des soleils, que les plus grosses difficultés au sol se feraient sur la poutre…

En 1974, nous allions avec ma femme, Claude Albert, professeur EPS option gym, mettre en place un nouveau programme pour les enfants de 7-8 ans (filles et garçons), prendre en mains l’équipe des cadettes et mettre en marche le CEP pour l’amener vers ce qu’il est devenu aujourd’hui. Les groupes de compétition allaient, grâce à ses entraîneurs et au gymnase du CREPS prêté jusqu’en 1985, prendre 10 ans d’avance sur les autres clubs.

Au niveau mondial, l’URSS et la Roumanie dépassaient les autres nations. Nadia Comaneci obtint trois fois la note 10 aux J.O. de Montréal ; la FIG allait devoir durcir le code de pointage.

L’évolution de la gymnastique avait été si rapide que même les bases mécaniques de ce sport avaient tremblé, et avaient été en partie modifiées. Au début du siècle, les exercices de force dominaient et prenaient une place importante dans les prestations des gymnastes masculins, et même féminins, à tous les agrès. Ainsi au sol et à la barre fixe, où planches et maintiens de 3 secondes étaient utilisés, bien qu’ils soient suivis d’éléments acrobatiques.

Cet aspect de la vieille gymnastique apparaît encore en 2009, au sol, où les gymnastes masculins peuvent utiliser plusieurs montées en force d’équilibres, redescendent en position de planche, remontent, cela durant une dizaine de secondes, mais surtout aux anneaux où le gymnaste commence son mouvement en enchaînant 8, 9 ou 10 éléments de force, tenus trois secondes, avant de partir en soleil ou lune pour réaliser la sortie 6. Sur les autres agrès, l’utilisation des grandes difficultés allait obliger les gymnastes à accroître la vitesse de rotation et à allonger la durée de leurs enchaînements.

Tous les clubs de l’Hérault n’eurent pas la possibilité, ou la capacité de se lancer dans l’aventure. Le Frontignan AC et son entraîneur suivirent le CEP pour entrer dans cette nouvelle façon d’apprendre la gymnastique aux jeunes enfants. L’entraîneur avait compris qu’il était temps de changer. D’autres prirent trop de retard, ou loupèrent le train. Enfin certains n’en eurent pas les moyens : des gymnases mal outillés, des entraîneurs bénévoles non formés, pas assez d’horaires en gymnase. De nouveaux clubs allaient suivre, certains comme l’AS Béziers créé en 1936, et plus tard l’AGLM (Lattes-Maurin), qui choisirent la voie pour atteindre le niveau des compétitions nationales.

La FFG mit en place un programme national destiné aux jeunes gymnastes : une série d’enchaînements imposés, allant du A au E, à chaque appareil, du plus facile au plus difficile.

La construction des imposés avait été faite à partir d’un exercice de niveau mondial ; on réduisait la difficulté des éléments pour obtenir l’imposé E, qui, lui même, étant réduit, donnait l’imposé D, et ainsi jusqu’à l’obtention du C, du B, et du A, pour le débutant.

Ce n’était pas une mauvaise idée (ni une bonne) mais une grosse part des apprentissages fondamentaux ne se retrouvait pas dans les premiers imposés. Cela n’échappa ni au DTN adjoint Louis Thomas ni à moi-même. Un colloque rassemblant les CTR et CTD, ainsi que les entraîneurs nationaux, eut lieu au Lycée Sportif de Font-Romeu, réunion qui montra que beaucoup de spécialistes qui avaient accepté de quitter la « vieille gymnastique » ne maîtrisaient pas suffisamment les fondamentaux 7, les bases motrices de la gymnastique, et n’avaient pas compris quels effets cela entraînerait.

Tous les entraîneurs de clubs acceptèrent les imposés, et beaucoup trop en firent le programme idéal pour leurs gymnastes, les utilisèrent trop longtemps, sans s’apercevoir qu’ils ne permettraient pas à eux seuls d’accéder au niveau national.

Le CEP s’en servit pour les jeunes gymnastes, puisqu’ils seraient obligatoires pour participer aux compétitions, mais en même temps utilisa les fondamentaux de l’acrobatie, permettant d’accéder, à chaque agrès, aux éléments de difficulté nécessaires à la construction d’un enchaînement libre. Ils permirent à l’équipe filles minimes du CEP, 4ème en 1985, d’être championne de France, à Nantes, en 1986. Chacune de nos gymnastes avait, en outre, préparé des enchaînements libres.

Des expériences pédagogiques

Confrontés aux meilleurs clubs nationaux où les gymnastes de compétition avaient un entraînement de plus de 20 h/semaine, contre 7 h 30 au CEP, nous eûmes l’idée de mettre en place, au collège Las Cazes, des classes à horaires aménagés, une 6ème et 5ème dès la première année. Les élèves terminaient leurs cours à quinze heures et s’entraînaient jusqu’à 18 h, tous les jours, ce qui leur laissait le temps de faire leurs devoirs. Ils avaient donc 15 h/semaine d’entraînement. Ces classes proposaient aussi basket, tennis, et lutte.

A la rentrée 1980, premières classes créées en France dans un collège public, elles furent reconnues par le Rectorat, la Direction de la Jeunesse et des Sports, le Principal du collège (Mme Bourrié, puis M. Bonniol). Les gymnastes étaient acceptés suivant leurs livrets scolaires et leurs capacités physiques 8.

Des enseignants du collège ayant douté de la possibilité de réussir dans les études en faisant quinze heures d’entraînement, reconnurent rapidement que la pratique de la gymnastique de haut niveau, en permettant aux élèves de mieux gérer leurs actions, en les amenant à construire une méthode personnelle de travail, à planifier leurs objectifs, à développer leur esprit critique, avait un effet positif sur leurs études. Ils étaient performants en sport mais aussi dans les autres disciplines scolaires.

Les classes de sport en gymnastique amenèrent le Dr Alain Charpiat, père d’une gymnaste, à mettre en place un suivi des élèves dans leur parcours sportif en surveillant leur santé, en les mesurant et les pesant chaque six mois, en donnant des indications diététiques et sur le sommeil aux parents. Il présenta son Mémoire 9 à la Faculté de Médecine en mai 1991. Le Professeur Orsetti, chef du service d’Endocrinologie au CHU de Montpellier, lors d’une conférence avec des médecins du sport, « étant en désaccord » avec moi et pensant que 15 h d’entraînement /semaine pouvaient nuire aux enfants, me proposa de mettre en place une étude sur les gymnastes féminines de 11 à 15 ans. Trois années plus tard, les résultats de sa recherche obtinrent le Premier Prix lors d’un congrès médical en marge des championnats du Monde de gymnastique au Japon en 1995. Les résultats de l’étude montraient que les gymnastes suivies n’avaient pas de problèmes de menstruations et avaient obtenu ou dépassé la taille qu’elles auraient due avoir d’un point de vue génétique. Fini de croire que la gymnastique empêchait de grandir, selon beaucoup de médecins.

En 1976 le titre, en Une du journal l’Équipe affirmait : « Nadia Comaneci, la petite fille qui ne grandira jamais ». J’écrivis au directeur du journal en lui demandant sur quels critères ses journalistes s’appuyaient. Aucune réponse. J’eus l’occasion de rencontrer Nadia aux Championnats du Monde en 1986, lors de l’entraînement de l’équipe féminine de l’Allemagne de l’Est. Elle mesurait 1 m 65, dix centimètres de plus que ses parents. Chapeau pour la direction de ce journal pensant tout savoir sur tous les sports.

Malik Albert, saut de cheval, 1991
Fig. 5 Malik Albert, saut de cheval, 1991.
Collection : Jean-Claude Albert

Les résultats sportifs commencèrent à poindre lors des championnats régionaux, où il arriva de voir neuf gymnastes du CEP dans les dix premières places, dont trois sur le podium ; ils se confirmèrent la quatrième année, avec l’accès en division nationale 3. Aucun club dans l’Hérault n’avait pu suivre le rythme du CEP.

Les résultats scolaires furent surprenants durant le parcours dans le Secondaire, et très au dessus de la moyenne nationale pour le Baccalauréat : 90 % reçues, 75 % ayant obtenu une mention Bien ou Très Bien. 80 % ont fait des études supérieures dans différents domaines : 7 professeurs d’EPS, dont une agrégée, 2 professeurs des Écoles, un directeur d’hôpital, des emplois de cadres supérieurs, des études en Écoles de Commerces, Instituts de Sciences Politiques, Faculté de Droit, etc.

Des gymnastes satisfaits, des parents comblés et un club en pleine réussite, tels ont été les fruits de vingt cinq années pour le CEP et le collège Las Cazes qui eut deux champions de France UNSS, et de nombreux champions d’Académie. Voilà la gymnastique qui était montrée à tous les clubs de l’Hérault.

En 1980 un gymnaste de la Salle Vincent Ferrari à Sète, allait rejoindre le Centre National de Montceau les Mines, et briller au premier plan : champion de France en 81 et 82, champion du Monde universitaire en 83, médaille d’argent à la barre fixe aux Championnats du Monde, médaille de Bronze aux Jeux Olympiques en 1984, Philippe Vatuone 10 fut un modèle pour les gymnastes masculins dans notre département. Il avait participé aux stages départementaux et régionaux dirigés par Jean Digout. Son entraîneur à Sète Jean Paul Nouguier vint au CEP et prépara de jeunes garçons.

Le CEP, en 1986 qualifia ses deux équipes féminines pour les finales DN3. L’avancée s’accentua encore, vis à vis des clubs de l’Hérault, même avec Frontignan, quand Georges Frêche, Maire de Montpellier, et l’adjoint aux sports, construisirent pour le CEP, cette même année, un gymnase spécialisé et sécurisé qui permit aux gymnastes, filles et garçons, de faire encore plus de progrès.

Jeunes gymnastes à l'entraînement 2008
Fig. 6 Jeunes gymnastes à l'entraînement : assouplissements - 2008.
Collection : Jean-Claude Albert

Facilement en haut des podiums dans les compétitions départementales, régionales, et en Zone Sud-ouest, présent dans les finales nationales, le secteur féminin du CEP obtint en 1989 un résultat 11 reconnu par la FFG elle-même : beaucoup de clubs aimeraient avoir un jour : deux équipes Championnes de France, en Benjamines et Minimes, et l’équipe DN3 accédant en DN2. Les masculins suivirent, une équipe de garçons accédant en DN3, un professeur EPS, Jean-Louis Blanc, ayant été nommé au collège Las Cazes en 1986.

Plusieurs clubs allaient suivre le CEP, ce qui fit de l’Hérault le premier département du Comité de gymnastique du Languedoc-Roussillon. Dans la Région trois clubs, Perpignan dès 1980, Carcassonne, et Nîmes en 1990, rejoignirent le CEP, mais n’ont pu à un moment donné éviter un arrêt brutal. Ce fut aussi le cas de l’AGLM dans l’Hérault qui talonna le CEP en féminines, chuta quelques années après, et s’efforce actuellement de mettre en place une formation pour les masculins, avec des horaires aménagés, comme le CEP Montpellier Gym, au collège Saint François d’Assise de Montpellier.

Une entente entre les deux clubs (comme il devrait se faire ailleurs) serait possible, le CEP dirigeant les jeunes garçons optant pour ce choix, vers Lattes, et l’AGLM en retour permettant aux gymnastes filles de 10-11 ans qui souhaitent accéder en Division Nationale de venir au CEP. Il faut signaler que le club de Saint Jean de Védas a eu une équipe masculine en DN1, par le transfert de l’équipe du CEP qui n’avait plus d’entraîneur masculin, à la suite du décès de Jean-Louis Blanc. Le CEP Montpellier Gym n’a pas oublié son engagement, ses résultats et sa passion pour la gymnastique.

Le bilan actuel de la gymnastique héraultaise s’établit à quatorze clubs, regroupant plus de 3000 gymnastes 12, deux centres de formation, à Sète pour les filles, à Lattes-Maurin pour les garçons. A cela, ajoutons le centre de formation du CEP Montpellier Gym, toujours là, accueillant beaucoup de jeunes gymnastes venant de clubs voisins, avec des résultats remarquables depuis trois ans.

Deux fois 4ème en équipes DN2 (2007 et 2008), une championne de France junior, Laurine Castillo, médaille d’Or à la poutre et médaille de Bronze aux barres asymétriques, une cadette, Laurine Zaczik, 3ème de sa catégorie ; des gymnastes couronnées en « optionnel agrès », et surtout l’accès en DN1 en 2009. L’équipe féminine finit 8ème, sur les douze équipes pouvant accéder à ce niveau. Les équipes poussines et benjamines sont en tête de la Région, entraînées par Danuta Jasko et Benjamin Macs, les deux entraîneurs du CEP Montpellier Gym.

Le CEP Montpellier Gym est depuis trente ans en haut de l’affiche 13, représentant Montpellier et l’Hérault, mais cela ne l’a pas empêché de voir que la société aussi évoluait, créait d’autres besoins.

Équipe féminine du CEP, division nationale I - 2009
Fig. 7 Équipe féminine du CEP, division nationale I - 2009. De gauche à droite : Danuta Jasko, Sabrina Carrot, Manon Gaillard, Élisa Conegero, Laurine Zaczik, Monica Sandofert, Loanna Litenko. Collection : Jean-Claude Albert

La gymnastique et ses publics

Les dirigeants de tous les clubs auraient dû immédiatement comprendre la demande des familles, et proposer une gymnastique ouverte à tous, une gym de loisirs, une gym éducative, une gym très ludique pour les plus jeunes et les bébés de deux ans. L’objectif n’était plus la compétition obligatoire, ni de réaliser l’imposé A ou B, mais de proposer des situations acrobatiques adaptées ; il fallait, avant tout, que les jeunes enfants prennent du plaisir, arrivent à dominer leurs craintes, à retrouver leur équilibre et progressent, le tout en acceptant le travail en groupe. Ce choix n’empêchait pas de préparer aussi des gymnastes de haut niveau. La richesse du milieu gymnique, la présentation ludique qui en est faite, sont un lieu d’apprentissage rêvé pour l’enfant. Elles l’incitent à inventer des solutions motrices ; elles le poussent à s’engager et à se rééquilibrer à tout moment face au vertige créé par les situations acrobatiques. Les savoirs de base qui vont servir de support à des habiletés plus complexes ne peuvent naître qu’à partir de ces situations volontairement déséquilibrantes, donc déconcertantes, portant en elles un risque que l’entraîneur doit savoir gérer. Au CEP on apprend d’abord à tomber, à accepter la chute.

Les enfants veulent faire comme les grands gymnastes. Ils aiment le vertige, ils perdent leur équilibre, mais comme les gymnastes, ils veulent toujours retomber sur leurs pieds.

C’est « une autre idée de la gymnastique » comme le dit l’UFOLEP qui permettra à tous de s’épanouir, et d’accepter les autres.

La gymnastique artistique et aux agrès véhicule les images de précision, de maîtrise et de sûreté. Pour les parents elle apparaît comme nécessaire au développement moteur des enfants, grâce à son milieu diversifié ; elle est la garantie d’un corps débrouillé, mieux perçu et ouvert à toute forme de motricité. Pour les enfants elle est source de plaisir, et procure des sensations nouvelles.

La pratique gymnique peut s’adapter à chaque âge, à chaque motivation et garder, à la fois, son caractère éducatif, et compétitif. Elle est un sport individuel mais au CEP, on privilégie l’enseignement en groupe et la compétition en équipe.

Certains savoirs apportés par vingt années de stages de Formation Professionnelle Continue des enseignants EPS sont intéressants pour la formation des jeunes gymnastes. A la place d’une réceptivité de savoirs techniques, sans cesse répétés, on choisit de mettre les enfants débutants en situation de découverte, donc d’utilisation et de mémorisation de ces outils sensori-moteurs seuls capables de les renseigner, quand ils sont engagés dans une « trajectoire aveugle ». L’enfant qui effectue une rotation pour la première fois dit : « le gymnase tourne. » On ne peut à la fois parler d’activité de découverte par l’enfant et accepter qu’il répète sans cesse le même geste technique.

Par exemple il est facile de proposer au débutant quatre mêmes ateliers au sol, en lui demandant à partir de la roulade arrière d’arriver sur un espace surélevé de 10 cm, de 20 cm, de 40 cm, puis sur un tapis épais incliné à 45° (élever le corps, lutter contre la pesanteur est le propre de l’activité du gymnaste). Aucune consigne technique, mais rappel du but : demander à l’enfant s’il voit comment il a réussi, s’il peut le refaire. Le fait de passer librement d’un atelier à l’autre, de se comparer aux autres, lui permet d’avoir un déploiement d’activité. Ne pas hésiter à apporter une aide passagère à celui qui n’avance pas. Le cerveau de l’enfant qui change d’atelier, avec le même but, n’utilisera pas obligatoirement les mêmes groupes de neurones qui pourtant seront rapidement connectés. Le but de l’entraîneur sera, chaque fois qu’il y a un résultat positif, de demander à l’élève d’expliquer sa réussite ; et aussi de reconnaître quelles actions ont provoqué une réponse négative.

Ce type de situation d’apprentissage utilise au mieux la plasticité du cerveau 14. Une situation d’apprentissage proposant une acrobatie qui contient en germe les actions de base de la motricité gymnique (vaincre la pesanteur en élevant son corps), une pédagogie active, c’est cela les fondamentaux. Pourquoi les jeunes gymnastes n’auraient-ils pas le droit de construire leurs premiers savoirs dans ces conditions ?

Dans la motricité acrobatique, la presque totalité des informations qui permettent de coordonner les actions proviennent du corps du sujet lui même, qui est en même temps engin et conducteur conduisant dans le brouillard. Un corps qui se renverse par là même, réduit considérablement l’efficacité des sources habituelles d’informations reçues par le sujet : la vue ne remplit plus son rôle, les modifications constantes du positionnement de la tête empêchent l’oreille interne de situer le corps dans l’espace, de s’équilibrer, les appuis au sol sont trop brefs. Il reste les informations proprioceptives, mais l’inexpérience de l’élève débutant ne lui a pas encore permis de constituer une mémoire du geste suffisante. Le but pour l’entraîneur est toujours de faire mémoriser ces indicateurs. Le passage en appui renversé sur les mains est le seul moment où la vue pourra jouer son rôle. De ces fondamentaux mémorisés vont naître les apprentissages des plus grosses difficultés. L’entrée dans l’acrobatie n’est donc intéressante que si le jeune enfant est immédiatement confronté à sa spécificité motrice, prend du plaisir et progresse. Il y a vraiment une autre manière d’entraîner les enfants.

La dernière évolution de la gymnastique sportive s’est faite à partir des médias télévisuels qui ne veulent pas de temps morts lors d’un championnat. La FIG à été conduite à modifier la notation des gymnastes, qui doit être rapidement annoncée au public. Le jury 1, note A, évalue en additionnant les difficultés, et en jugeant le contenu de l’enchaînement selon : addition des difficultés (par ex. 6,80), exigences de groupe d’éléments et valeur de combinaison. Le jury 2, note B, évalue la performance globale, c’est-à-dire, « la composition, les fautes techniques et la qualité esthétique » de l’enchaînement (note sur 10).

Aujourd’hui, encore, tous les clubs de l’Hérault n’ont pas les moyens des clubs phares, ne sont pas obligés d’avoir la même vision éducative de leur sport, mais tous ont depuis 1996 compris qu’il fallait lire dans les demandes des familles, recevoir et intéresser tous les publics. La plus grosse difficulté quand on a progressé dans le système compétitif de la FFG, est de s’y maintenir, ce qui est très difficile surtout pour ceux qui ont essayé d’accéder au niveau national. C’est en préparant les enfants dès 7, 8 ans que l’on aura de bons (bonnes) gymnastes de 13, 14 ans. Rares sont les clubs qui, en compétitions par équipes, restent plus de cinq ans en nationale 1 ou 2. Si le CEP Montpellier Gym est encore en haut de l’affiche c’est que ses entraîneurs et leurs dirigeants ont compris rapidement qu’il fallait à tout moment anticiper sur l’évolution de leur sport, créé et embelli par les gymnastes de haut niveau.

Le CEP Montpellier Gym s’est ouvert depuis 20 ans aux demandes du public, son slogan étant « la GYM pour TOUS » 15.

Beaucoup de clubs de gymnastique de l’Hérault ont la possibilité d’évoluer. Il suffit de le vouloir et d’échanger avec les autres clubs qui ont fait le pas en avant, qui ne sont pas des ennemis mais des amis. La gymnastique dans l’Hérault a fait aussi un bond en avant lors de la présidence de M. Michel Boularand. Il a été remplacé dernièrement par Mme Monique Lefèvre.

De plus, la FFG a mis en place dans chaque Zone des formations pour les entraîneurs et dirigeants. Mais les coûts étant plutôt élevés, beaucoup de clubs n’y participent pas. Rares sont les bénévoles qui aujourd’hui choisissent de s’engager 15 à 20 heures/semaine. Les clubs doivent engager un ou deux salariés, ce qui, avec les frais de déplacement des compétitions de Zone et de Nationale, engendre des dépenses très importantes. C’est la société qui a changé, tout étant payant, et très cher à notre époque.

En dernier lieu je tiens à souligner qu’un club n’a pas seulement des gymnastes de compétition. En moyenne, pour 100 inscrits, il y a 85 % de filles, 15 % de garçons. La gymnastique éducative et de loisir représente 80 % des adhérents. La gymnastique en 2010 est bien sûr très artistique mais extrêmement acrobatique. Le même problème se pose encore : tous les clubs ne peuvent être au niveau le plus haut, mais tous apportent aux jeunes enfants une connaissance plus intime de leur corps, de leur capacité, et montre qu’on peut toujours, en s’engageant, aller plus loin, plus haut.

A coté de la FFG il existe dans l’Hérault le comité départemental de l’UFOLEP, rattaché à la Ligue de l’Enseignement, dont le slogan est « une autre idée du Sport ». L’UFOLEP est une Fédération multisports. Cinq cent enfants ont choisi la gymnastique artistique et font des compétitions adaptées à leur niveau. Si la compétition est importante, la rencontre entre gymnastes occupe aussi une grande place. Les équipes s’opposent mais sitôt la compétition terminée échangent leur vision de la gym et partagent le plaisir de s’être rencontrés.

A la FFG comme à l’UFOLEP, la Gymnastique Rythmique (GR) sport féminin, rassemble plus de 1000 jeunes filles (600 à l’UFOLEP). Les gymnastes présentent leurs enchaînements avec une chorégraphie et une musique parfaites leur permettant de manipuler des engins divers : corde, cerceau, ballon, ruban, massues. Les acrobaties ne sont pas permises.

Il n’y a qu’une gymnastique. La gym de compétition et la gym loisirs sont sœurs. Elles ont construit deux chemins, l’un plus difficile, l’autre plus ludique, mais elles s’adressent à tous. Le mérite d’un club est de permettre à ses adhérents d’aller jusqu’au bout du chemin choisi.

On entend souvent dire que le sport est éducatif. Mais l’est-il quand un enfant n’est pas, ou mal, accompagné ? Nous préférons dire que le sport devient éducatif quand un enseignant (un animateur) met en place des situations d’apprentissage construites à partir d’une connaissance très forte de l’enfant en voie de développement, utilise une pédagogie qui l’amène à multiplier ses actions avec ses camarades, à accepter les autres et à découvrir et mémoriser les fondamentaux de l’activité qu’il propose. Il en est de même bien sûr pour la gymnastique artistique.

Notes

1.Fin du XIXe siècle et début du XXe, la gymnastique repose beaucoup sur des exercices de force. Après la Première guerre mondiale, on commence à parler de gymnastique artistique, sans arriver à se séparer des exercices anciens.

2.Livre d’or du CEP.

3.Site internet, Historique de la Salle Vincent Ferrari de Sète : http://pagesperso-orange.fr/svf/Historique.htm (lien obsolète).

4.Livre d’or du CEP.

5.L’article de la Revue EPS N° 220, 1989 : « Et si l’on tournait et si tout le monde réussissait », propose six tâches spécifiques (les fondamentaux de la gymnastique) si l’on veut, au collège, que les élèves réalisent des difficultés acrobatiques au sol.

6.Championnats du Monde de gymnastique 2009 en Angleterre (sur internet).

7.Dès le début des années 1960, un chercheur soviétique, L. OUKRANE (documents de l’INS « Préparation technique des gymnastes ») avait mis à jour au travers d’une étude réalisée sur les gymnastes japonais qui dominaient les compétitions en équipes, des exercices qu’il appelait « éléments structurants » qui devinrent le point de départ de nos fondamentaux.

8.Document « Les classes de sport du Collège Las Cazes ».

9.Alain CHARPIAT, Suivi médical des gymnastes des classes sportives du collège Las Cazes, 1991.

10.  Site internet de la Salle Vincent Ferrari.

11.  Voir l’Historique 70 ans de la Vie du CEP.

12.  Les Clubs de l’Hérault : AG Lattes-Maurin, Amicale Laïque Pézenas, AS Béziers, AS Gigean, Asso Gym Clermont, CEP Montpellier Gym, Club Gym Agathois, EG du Canton Castriote, Frontignan Athlétic Club, Gym Club Mézois, Gym en Pays Gangeois, Gym Sérignan, Gym Sports Loisirs Castelnau, La Vaillante Lunel, Salle Vincent Ferrari Sète, Baby Gym Canet.

13.  Le CEP est le seul club de l’Hérault qui, de 1974 à aujourd’hui (avec un ralentissement de deux ans), a gardé une équipe voire deux en division nationale : 1984 à 1988, en DN3, en DN2 depuis 1989, en DN1 en 1991 (filles), de 1992 à 98 en DN2, en 1996 DN1, (garçons) en DN2 jusqu’en 2008, en DNI en 2009 et 2010 (équipe féminine).

14.  PAILLARD (1975) et la plasticité des programmes mémorisés on aborde ici le concept de processus d’apprentissage. Lors d’une séance, les situations d’apprentissage doivent solliciter le plus grand nombre de voies d’accès, de coordinations neuronales. L’élève débutant doit être amené à utiliser des cheminements différents guidé par des tâches et des consignes extrêmement variées, non techniques au début, mais poursuivant le même but. Axel KHAN (Et l’homme dans tout ça ? Éditions Pocket) mentionne l’importance de la sollicitation du cerveau.

15.  Site internet du CEP : www.montpelliergymcep.e-monsite.com (lien obsolète).