La parole est aux muscles : l’haltérophilie
La parole est aux muscles : l’haltérophilie
* Ancien haltérophile international
Un peu d'histoire
L’haltérophilie héraultaise est aujourd’hui comme hier omniprésente sur le plan national et international. Cette discipline olympique était pratiquée en France depuis longtemps, mais nous disposons de peu de traces concernant sa pratique dans l’Hérault avant le début des années 1930. Anciennement dénommée « Poids et Haltères » elle a beaucoup évolué depuis l’entre-deux-guerres. Les méthodes d’entraînement, les mouvements qui font partie des compétitions aujourd’hui ne sont plus les mêmes.
De l’Hérault, ont émergé de très grands champions qui ont participé de par le monde aux compétitions les plus prestigieuses. La » locomotive » de l’haltérophilie héraultaise fut un ancien boxeur : Paul Rocca. Sa devise, qui s’affichait sur tous les plateaux de compétition était : « La parole est aux muscles ».
Le premier club du département fut l’ACM (Athlétic Club Montpelliérain), créé par Paul Rocca (président fondateur) et Etienne Comamala, son ami. Il fut déclaré en Préfecture en tant qu’association « loi de 1901 » en Janvier 1932.
Située rue du Musée Fabre, la salle d’entraînement devint peu à peu le sanctuaire de la culture physique et progressivement de l’haltérophilie, puisque ses adhérents voulaient s’essayer au maniement des haltères selon les mouvements en vigueur dans les compétitions de la Fédération Française.
La fréquentation de la salle fut rapidement importante et un déménagement s’imposa. Ce fut dans un premier temps rue Lunaret, et en 1943, rue de la Raffinerie où l’espace était bien mieux adapté à la pratique des mouvements haltérophiles. Puis en 1960, on déménagea une fois encore dans une salle encore plus grande située dans le Parc Rimbaud à la Pompignane, avec comme entraîneur Maurice Sanchez, et nombreux sont les haltérophiles étudiants à Montpellier qui ont bénéficié des conseils de cet excellent instructeur.
Le Café de l’Esplanade fut le théâtre de la première manifestation sportive officielle de poids et haltères, et par la suite d’autres scènes telles que la Salle des Concerts, le Pavillon Populaire et le Théâtre de Montpellier, accueillirent les manifestations, puisqu’un public sans cesse croissant venait admirer les prestations des « hommes forts ».
Le premier club du département fut l’ACM (Athlétic Club Montpelliérain), créé par Paul Rocca (président fondateur) et Etienne Comamala, son ami. Il fut déclaré en Préfecture en tant qu’association « loi de 1901 » en Janvier 1932.
Située rue du Musée Fabre, la salle d’entraînement devint peu à peu le sanctuaire de la culture physique et progressivement de l’haltérophilie, puisque ses adhérents voulaient s’essayer au maniement des haltères selon les mouvements en vigueur dans les compétitions de la Fédération Française.
La fréquentation de la salle fut rapidement importante et un déménagement s’imposa. Ce fut dans un premier temps rue Lunaret, et en 1943, rue de la Raffinerie où l’espace était bien mieux adapté à la pratique des mouvements haltérophiles. Puis en 1960, on déménagea une fois encore dans une salle encore plus grande située dans le Parc Rimbaud à la Pompignane, avec comme entraîneur Maurice Sanchez, et nombreux sont les haltérophiles étudiants à Montpellier qui ont bénéficié des conseils de cet excellent instructeur.
Le Café de l’Esplanade fut le théâtre de la première manifestation sportive officielle de poids et haltères, et par la suite d’autres scènes telles que la Salle des Concerts, le Pavillon Populaire et le Théâtre de Montpellier, accueillirent les manifestations, puisqu’un public sans cesse croissant venait admirer les prestations des « hommes forts ».
Le Pavillon Populaire de Montpellier de Montpellier accueillit un grand nombre de rencontres haltérophiles jusqu’à la fin des années 70. Situé près de l’Esplanade, un peu à l’écart sur le jardin du Champ de Mars, il était le théâtre de manifestations diverses aussi bien culturelles que sportives. La salle était grande, le décor vieillot (construit en 1891), mais quelque chose de magique émanait de cet endroit : le côté « scène de spectacle », et le fait que les spectateurs qui assistaient à la rencontre se trouvaient très près du plateau.
Quelques noms
Paul Rocca
Président du Comité Régional du Languedoc, et Vice-président de la Fédération Française (F.F.H.C.), président fondateur du comité départemental de l’Hérault des Médaillés de l’Éducation Physique et des sports, Chevalier de la légion d’honneur au titre de la Direction Générale de la Jeunesse et des Sports.
Tout a commencé au début des années 30, quand Paul Rocca, qui exerçait la profession de chirurgien dentiste, grand amateur de culture physique, commença à organiser et réglementer le sport haltérophile à Montpellier. Dans sa jeunesse, il avait été un sportif émérite qui pratiqua avec succès la boxe française (Champion militaire), pour finir aux poids et haltères.
Il créa l’ACM, et sans aides ni subventions d’aucune sorte, peu à peu, il acheta lui-même en y engageant ses propres deniers, le matériel nécessaire à la pratique des Poids et Haltères. Il communiqua sa passion aux jeunes Montpelliérains qui pouvaient ainsi apprendre le maniement des barres à disques et haltères courts.
Avant que Paul Rocca ne prenne en main l’organisation des Poids et Haltères dans l’Hérault, les crieurs publics de villages annonçaient : « Grande soirée de gala avec la participation des athlètes les plus forts du monde ! ». Et là, on pouvait assister à des spectacles de soulevés de barres à boules, et des numéros artistiques de danses athlétiques et acrobatiques. Mais avec la création du club ACM, et l’affiliation de ce dernier à la Fédération Française des Poids et Haltères, la base du sport haltérophile, organisé et réglementé, voyait le jour désormais grâce à Paul Rocca, et on structura les poids et haltères en peu de temps dans le département de l’Hérault. Après des années en qualité d’arbitre officiel de boxe, Paul Rocca devint arbitre international de poids et haltères, dans divers Championnats du Monde et aux Jeux Olympiques de Londres en 1948.
Henri Ferrari
Né à Frontignan le 23 septembre 1912, décédé le 25 décembre 1975.
Très jeune, il levait des essieux de wagonnets abandonnés sur un terrain vague au bord de la voie ferrée désaffectée de Frontignan. Henri Ferrari s’entraînait dans la remise attenante au salon de coiffure de son père. Il s’entraînait seul, s’étant fabriqué une barre de fortune avec deux vieilles roues de treuil abandonnées. Pourtant, à 20 ans, il remporta en 1932 le Critérium National (championnat de France en 2ème série).
Plus tard, avec son entraîneur Castan et son manager Genin, il mit au point sa technique et ses fameux « aplombs », sans en révéler le secret.
En 1941, il ravit le record du monde de l’arraché à l’Autrichien Haller avec 115 kg ; celui de France de l’épaulé-jeté avec 157 kg 500 qu’il améliore encore, en janvier 1942, avec 158 kg.
En mars 1942, il devient champion de France toutes catégories (365 Kg.), et le reste sans interruption jusqu’en 1945 (370 kg.).
A son palmarès, dix records de France et trois records du monde.
Ses performances et sa sympathie le rendirent très populaire, et il contribua à faire connaître l’haltérophilie héraultaise à une grande majorité de spectateurs qui ne manquaient pas d’aller admirer ses exploits dans les compétitions ou galas auxquels il participait.
Georges Firmin
Né en 1924.
Georges Firmin, de l’Athlétic Club Montpelliérain, est certainement notre haltérophile héraultais le plus titré.
De 1941 à 1956, il a remporté le titre national 12 fois prouvant sa combativité et sa rage de vaincre.
En catégorie Juniors, 4 titres entre 1941 (280 kg.) et 1944 (317 kg. 500).
Chez les Seniors, 8 titres depuis 1947 (355 kg.) jusqu’en 1956 avec un total de 345 kg.
Le nombre de ses sélections en Équipe de France est impressionnant et il a participé à deux Olympiades (1948 à Londres, où il se classe 9ème et Helsinki 1952, où il prend la 10ème place), ainsi qu’à quatre Championnats du Monde (Philadelphie en 1947, Milan en 1951, Vienne en 1954 et Munich en 1955).
Mais il monte également sur le podium des Championnats d’Europe de 1947 à Helsinki (médaille de bronze) et de 1951 à Milan (médaille d’argent), ainsi qu’aux Jeux Méditerranéens, avec deux médailles de bronze gagnées à Alexandrie et Barcelone.
Il a par ailleurs joué un grand rôle dans la vie de notre sport en assurant la Présidence du Comité du Languedoc et de son club l’Athlétic Club Montpellierain.
Max Héral
Max Héral, issu comme Firmin de l’école Rocca, fut un compétiteur redoutable qui en France, domina sa catégorie pendant de nombreuses années. Il remporta 8 titres de Champion de France, 3 en juniors et 5 en seniors.
Il participa à deux Olympiades (1948 Londres : 8ème – Helsinki 1952 : 13ème), et tout comme Firmin à plusieurs Championnats de Monde et d’Europe.
Pierre Bouladou
Autre sociétaire de l’ACM, Pierre Bouladou fut Champion de France pendant cinq années consécutives entre 1945 et 1949.
Il participa aux Jeux Olympiques de 1948 à Londres, où il termina 6e.
Roger Marchal
Élu « Plus Bel Athlète de France » en 1952, il remporta le titre de Champion de France en 1950 et 1953. Il participa aux Championnats d’Europe et du Monde 1954 (7ème) et 1955 (11ème).
Maurice Sanchez
Champion de France 1957, 4ème aux Championnats d’Europe et 6ème aux Championnats du monde de la même année, il fut entraîneur du club ACM pendant de longues années, durant lesquelles il communiqua tout son savoir aux jeunes, et je lui adresse ici tous mes remerciements.
François Vincent
5 fois Champion de France de 1959 à 1964. Il a participé aux Championnats du Monde 1959 et aux Jeux Olympiques de 1960 à Rome où il finit 5ème.
Aimé Terme
Un autre Héraultais adhérent de l’ACM, qui conquit 5 titres de Champion de France.
Spécialiste de l’arraché, il fut grâce à ce mouvement Champion du Monde en 1969 et 1970, et Champion d’Europe en 1969 et 1972.
Il s’octroya les records du Monde et d’Europe en 1972 en arrachant 145 kg 500, et participa à la finale des Jeux Olympiques de Munich en 1972.
Un autre grand club haltérophile : Clermont-Sports
Grâce à ce club, la petite ville de Clermont l’Hérault peut être déclarée « Capitale française de l’haltérophilie ! ».
En 1955 fut créé le club omnisports Clermont Sports, qui accueillait la boxe, le judo et l’haltérophilie, dans une petite salle de la rue Frégère. Grâce à quelques passionnés, le club démarra son activité haltérophile et présenta des athlètes dans les rencontres régionales, enlevant au passage quelques titres départementaux et régionaux.
Puis il y eut une baisse de fréquentation de la salle, due aux événements de la fin des années 50, mais un « mordu » reprit l’entraînement en 1962. Claude Balp, en compagnie de Robert Menville, fils du président du club, étaient les seuls leveurs de fonte à persévérer.
En 1966, Claude Balp rencontre Marc Michel, nouvellement muté comme professeur d’éducation physique au lycée René Gosse de Clermont l’Hérault. Grâce à cette rencontre l’haltérophilie entra à l’école, et put être enseignée aux jeunes Clermontais. Clermont-Sports allait démarrer sa formidable aventure.
Pendant quatre ans, « Monsieur Michel » comme l’appelaient ses élèves, déplaça des classes entières pour donner des cours rue Frégère, puis en 1970 le gymnase municipal, plus proche, accueillit les lycéens et les compétitions organisées par le club de Clermont-Sports. Dans les années 1970, le club s’installe au gymnase municipal et grâce à son infrastructure et surtout par les hommes qui s’y investissent, la représentation au niveau régional ne se fait pas attendre.
Rapidement, des éléments furent qualifiés pour des compétitions nationales, et Clermont-Sports prit la première place dans le classement des clubs héraultais et languedociens.
Le bon travail est toujours récompensé comme il se doit. Marc Michel prit la présidence du comité régional du Languedoc en 1972 et le dirigea jusqu’en 1980 pour passer le flambeau à Bernard Garcia. Ce dernier va à partir de ce jour-là continuer le travail de construction qui encore aujourd’hui se poursuit, c’est-à-dire donner à tous ceux qui le souhaitent la possibilité de s’épanouir à travers le sport haltérophile. La quantité de jeunes qui ont bénéficié de ses conseils pour obtenir des résultats est difficile à évaluer tant il y en a eu. L’encadrement qu’il assure avec ses amis et ses anciens haltérophiles est irréprochable. Le club de Clermont-Sports est une « grande famille », et c’est la clé de sa réussite. Souhaitons qu’elle dure toujours.
Pour parler des haltérophiles clermontois qui ont obtenu des titres de champion, il me faudrait plusieurs pages et d’autres s’en chargeront mieux que moi.
Je vais juste en citer … quelques uns. (Pardon pour les autres.) : David Balp (finaliste des J.O. de Barcelone en 1992) ; Jean-Baptiste Bardis (finaliste des J.O. de Pékin en 2008) ; Mickael Garrido, Philippe Aubouy, Richard Fernandez, Ali El Moujoud (tous plusieurs fois Champions de France et Internationaux).
Compétitions et entraînement
« La compétition n’a jamais « tué » personne : c’est à l’entraînement que les hommes « se brûlent » » 1.
En tant que spectateur d’une compétition, il est primordial d’en connaître les règles de déroulement pour en apprécier les enjeux. Un mouvement dure très peu de temps, mais pour arriver à soulever une charge, l’haltérophile s’est entraîné pendant des années. La préparation psychologique joue un rôle très important, et souvent la victoire sur un adversaire est plus due à une bonne tactique de championnat adoptée par l’entraîneur, que parce qu’on est le plus fort.
La progression des performances a fait un bond en avant avec l’apparition de la technique « en flexion » dans les années soixante. Les barres qu’on était obligés de tirer très haut pour être amenées à bout de bras en exécutant une fente des jambes, sont récupérées plus bas avec une flexion. Mais, avec cette nouvelle technique, il faut avoir un équilibre parfait et une grande souplesse au moment de la réception, faute de quoi la barre est irrécupérable. Mais en revanche, une parfaite exécution technique donne l’étrange impression que la charge soulevée ne pèse pas beaucoup.
Un exercice dangereux fut supprimé à partir de 1973 ; le développé. Ce fut une bonne chose puisque celui-ci présentait des risques d’accident ou de pathologies rachidiennes plus ou moins graves.
L’haltérophilie aujourd’hui, est un sport complet qui fait de ses jeunes pratiquants des hommes et des femmes ayant un sens de l’équilibre et du dosage de l’effort très développé.
Dans les années 1950, les compétitions étaient appréciées par un certain public, et on remplissait des salles entières de spectateurs pour assister aux rencontres d’haltérophilie. Aujourd’hui, les moyens de communication font que cet engouement des spectateurs sur les lieux des représentations sportives n’est plus une nécessité. Mais pour apprécier l’essai d’un haltérophile qui soulève une charge, rien ne vaut la vraie présence sur les lieux des compétitions. C’est là, et là seulement, qu’on apprécie à sa juste valeur l’exploit réalisé qui a demandé tant d’heures de travail.
L’haltérophilie n’est pas un sport dangereux et les accidents sont extrêmement rares. Contrairement à ce que la majorité des gens pense, la pratique de ce sport chez les jeunes va favoriser un développement musculaire qui tout au long de leur vie va contribuer à les maintenir dans un équilibre psychologique et physique excellent.
Notes
1. Richard CHAPUT, in l’Haltérophile moderne, N° 63, décembre 1951.
