Des salles d’armes aux clubs sportifs. Quelques escrimeurs languedociens
Des salles d’armes aux clubs sportifs. Quelques escrimeurs languedociens
* Docteur en sociologie
Bien que l’escrime ait toujours été un sport très minoritaire par le nombre de ses sociétés et de ses pratiquants, elle fait figure de sport national qui domina, avec l’Italie, la scène mondiale, et illustre toujours les stéréotypes nationaux : intelligence, élégance, fougue, que les élites véhiculent volontiers dans leurs discours d’autocélébration.
Depuis le XVIe siècle qui voit la science des armes se développer en un art de cour conventionnel, l’escrime se présente comme une pratique de distinction sociale aristocratique, qui la fait osciller entre la démonstration codifiée d’élégance formelle et l’efficacité meurtrière du duel. Pour les puristes du fleuret, elle n’est qu’un agrément où « la manière de toucher vaut mieux que ce qu’on donne », un jeu de l’esprit qui trouve son correspondant dans les salons où se pratique l’art de la conversation et l’escrime des mots. Mais hors de la salle d’armes, le maniement de l’épée est l’apanage des gens d’honneur qui défendent leur réputation jusqu’au dernier sang.
Avec la Révolution Française, et peut-être déjà dès le Bourgeois gentilhomme, il s’agit de savoir si l’escrime peut maintenir intacte sa fonction sociale hautement distinctive.
« Nul ne conteste la supériorité d’un gentilhomme courageux et adroit, campé avec élégance, « les armes belles à la main ». Mais la même posture, le même art de la tierce et de la quarte suffisent-ils à transformer le bourgeois en gentilhomme ? La question se pose en France où, contrairement à l’Angleterre ou à l’Allemagne, la science de l’épée ne s’est pas scindée en deux univers distincts. En s’offrant indifféremment aux nobles et aux roturiers, l’escrime française laisse toujours planer le soupçon que l’essentiel échappe au discours. La réduction en art d’une pratique éminemment distinctive rejette dans l’ombre tous les signes, les indices, les pratiques qui expriment les conditions sociales. Relégué dans cet indicible, le principal mystère de l’escrime demeure l’instant même du combat où seule la plus élémentaire vaillance permet d’affronter la pointe acérée de l’adversaire. C’est précisément sur ce point, à travers le duel, que se manifestent les plus puissants enjeux de distinction. Manier le fleuret avec élégance et efficacité est à la portée de tous. Mais « tuer son homme » en combat singulier est une autre affaire. » 1
Le XIXe siècle passe pour l’âge d’or de l’escrime comme art d’agrément, dans le même temps que la société démocratique euphémise le duel à défaut de le supprimer: progressivement tout au long du siècle, les affaires se concluront au premier sang, l’égratignure suffira au point d’honneur. Loisir aristocratique et bourgeois, l’escrime comme « art pour l’art » peut se répandre sans que rien ne vienne plus la contrarier : « les armes légères et équilibrées permettent des prouesses techniques en toute sécurité, les maîtres d’armes, au sommet de leur science, parfois de leur génie, transmettent et codifient l’art du « beau et fin fleuret ». Ils seront à la source du formidable rayonnement de l’escrime française et italienne. Les salles d’armes civiles et militaires se multiplient, les pratiquants affluent et s’engouent de cette activité physique en vogue. » 2
En même temps, le fantasme toujours vivant du duel privilégie l’apprentissage de l’épée : c’est l’arme de la confrontation sur le pré (avec le pistolet). Dans cette perspective, il ne s’agit plus seulement de faire preuve d’élégance, il faut acquérir l’efficacité et apprendre à toucher le premier. C’est donc, assez curieusement en définitive, par l’épée et la préoccupation du duel toujours possible, que l’escrime se « sportivise » à la fin du XIXe siècle, affaires d’honneur et sport se rejoignant dans le même souci de recherche d’un résultat positif.
Aux origines de l'escrime contemporaine
L’Hérault tient une place assez particulière dans cette histoire de l’escrime sportive, car le département a accueilli, à des périodes différentes, trois des personnalités les plus marquantes de l’escrime mondiale, Maître Jean-Louis au XIXe siècle, puis René Bougnol et Christian d’Oriola, au mitan du siècle dernier. Ils ont, à des titres divers, contribué à l’instauration et au maintien d’une tradition de tireurs dans le département.
Jean-Louis Michel 3, dit Jean-Louis, mulâtre né à Saint-Domingue, fut au début du XIXe siècle un maître d’armes reconnu dans toute l’Europe. Sous-officier des campagnes napoléoniennes, il prit sa retraite en 1829 à l’âge de 45 ans, et choisit Montpellier pour des raisons inconnues, et qui peuvent paraître étranges, puisque la célébrité dont il bénéficiait pouvait certainement lui permettre une seconde carrière beaucoup plus prestigieuse et lucrative. Il y ouvrit une salle qu’il anima pratiquement jusqu’à sa mort en 1865, bien qu’il fût alors aveugle et âgé de 80 ans.
Malgré son exceptionnalité, Jean-Louis illustre bien le statut et les pratiques de l’escrime au XIXe siècle en province. Les quelques recherches rapides sur la période antérieure à 1900 laissent supposer une pratique militaire de l’escrime dans les casernes, à l’usage des officiers, mais aussi de la troupe puisque existait alors une escrime à la baïonnette développée au cours du siècle. Des maîtres d’armes – sous-officiers par définition, sergents ou adjudants – assuraient ces formations. En dehors de l’armée, des entreprises commerciales proposaient des enseignements pour un public restreint où devaient se mêler aristocrates férus de traditions, bourgeois en quête de reconnaissance sociale, et représentants de professions exposées telles qu’avocats, publicistes, journalistes, écrivains, hommes politiques, désireux de s’armer contre les risques d’un duel toujours possible. Cette petite élite de notables citadins ne se trouvait guère que dans les villes d’une certaine importance, et c’est donc à Montpellier ou à Béziers que l’on peut trouver mentionnés de tels professeurs d’escrime, selon la dénomination courante qu’ils utilisent dans les Annuaires de l’Hérault, sources de renseignements en tous genres.
Par exemple en 1872, si l’Annuaire est muet pour Béziers et Cette 4, en revanche il signale à Montpellier plusieurs enseignes de Commerce d’escrime :
- Binquet Bernard, installé rue Barthès ;
- Binquet Simon, professeur d’escrime, qui tient un gymnase 4 boulevard de l’Hôpital ;
- Gombaud, professeur d’escrime 6 rue du Manège ;
- Laplanche, gymnase et escrime, 3 rue St Pierre.
Ces noms se retrouvent plus ou moins sur les vingt ans qui suivent, parfois changeant d’adresse, parfois cédant leur salle à de nouveaux venus. Ils ne sont plus que trois en 1884, mais cinq en 1892 : Bernard Binquet est passé rue de Candolle, Laplanche partage sa salle avec C. Maurel, mais rue Clos-René, deux nouveaux professeurs sont sur la place : Louis Favery, 9 rue Baudin (adresse où il précède Maugenet en 1908), et Verneret 8 rue du Jeu de ballon.
En même temps, Béziers s’est doté d’un professeur, Cazes, présent dès 1884, rejoint en 1892 par un Escrime-Stand, avenue d’Agde, dont l’enseigne laisse supposer que l’on doit y pratiquer également le tir.
Cette première phase laisse incertain sur le type d’escrime pratiqué dans ces salles privées, mais assure en tous cas qu’il existe bien un marché pour la pratique de ce genre de loisir. Par ailleurs rien n’interdit de penser que l’escrime puisse être pratiquée également dans quelques uns des innombrables Cercles qui structurent la sociabilité méridionale, en particulier dans toutes les villes qui abritent des garnisons et donc un public d’officiers plus ou moins désœuvrés.
Une situation nouvelle se profile au cours des années 1890, avec l’apparition d’associations venant se substituer, au moins partiellement, aux entreprises commerciales. L’impulsion est donnée depuis Paris avec les premières formes d’organisation sportive de l’escrime. A peu près simultanément, un championnat scolaire de fleuret se déroule en 1892, un grand tournoi franco-italien opposant les meilleurs tireurs des deux nations-phares de l’escrime est organisé par le journal L’Escrime Française en 1895, un premier championnat de France amateur de fleuret en 1897 à l’initiative de l’USFSA qui se dote d’une Commission d’escrime, et surtout les premiers Jeux Olympiques, en 1896, qui inscrivent le fleuret et le sabre au programme officiel, et permettent aux Maîtres d’armes – donc professionnels – de participer à côté des amateurs. Toutes ces initiatives sont soutenues par la Société d’encouragement à l’escrime qui, créée en 1882, préfigure une première Fédération Française qui ne naîtra qu’en 1906 5.
Ces innovations parisiennes entraînent en province la création de sociétés d’escrime, sur le modèle des sociétés sportives existantes dans des sports tels que le yachting. A Montpellier, une première initiative provient de l’AGEM, l’Association Générale des Étudiants, née en 1887, et qui rapidement se propose de faciliter les exercices physiques des étudiants, en particulier gymnastique et escrime 6. En 1901, la section d’escrime existe toujours, et son animation est confiée à M Rocca, figure bien connue du sport montpelliérain. Hors l’AGEM, les archives départementales ont retenu trois de ces sociétés nouvelles, en 1897 et 1898, à Cette, Montpellier, et Lodève.
Le Cercle d’Escrime cettois est fondé au début de 1897 par 22 membres d’âge et de condition assez variés. Figurent sur la liste aussi bien des négociants appartenant à de grandes familles locales, tels que Joseph Euzet ou Louis Caffarel, qu’un maître d’hôtel ou un clerc d’huissier, un architecte ou un artiste peintre. On y trouve aussi de jeunes hommes de moins de 25 ans, et des quadragénaires avancés. En fin d’année, la présidence du Cercle est assurée par l’avocat Thomas, tandis que le Maître F. Barthélemy assure l’enseignement dans son gymnase de la rue Savonnerie. Des conflits internes semblent bien avoir mis fin rapidement à cette société.
A Montpellier en 1898, la nouvelle Société d’Escrime 7 regroupe à l’origine une vingtaine de membres recrutés surtout parmi les avocats et dans la presse. S’y joignent plusieurs propriétaires et rentiers de tous âges, et quelques représentants des professions de santé. Aucun membre des grandes familles de l’aristocratie locale, mais plutôt des classes moyennes dont certains appartenant au courant politique radical (le fils d’Alexandre Laissac, maire sortant, et des journalistes du Petit Méridional et de la Dépêche).
Plus surprenante encore, la composition de la Société d’Escrime Lodévoise, fondée également en 1897. Parmi les 21 membres – exceptés les premiers inscrits qui sont des hommes mûrs, la grande majorité est très jeune, moins de 25 ans, et plusieurs ne sont pas majeurs. On constate surtout qu’il s’agit d’apprentis escrimeurs issus de milieux modestes, cultivateurs et jardiniers, ouvriers divers, artisans, la plupart sont des travailleurs manuels, en rupture complète avec l’image élitiste de l’escrime.
Ces trois créations contemporaines de sociétés d’escrime, dont l’assise sociale est beaucoup plus populaire que le milieu très mondain des grandes salles parisiennes, donne à penser que l’escrime connaît alors une phase de grande expansion, et de diversification de son public. On peut certainement rattacher à ces trois sociétés d’autres qui sont présentes quelques années plus tard à Béziers : la Fine lame (dont on ne sait rien d’autre), et la Société d’Escrime Biterroise, présidée par Paul Ollié (propriétaire 37 bd de Strasbourg, sportsman que l’on retrouve dans beaucoup d’associations diverses), son secrétaire étant Albert Molinier, et son siège social au café du Palais, place de la Révolution.
L’une des questions que pose l’apparition de ces associations dans le milieu de l’escrime est celle de leur rapport avec les structures commerciales existantes, que ce soient les salles privées ou les maîtres d’armes professionnels. Contrairement à la plupart des sports nouveaux qui ne connaissent pas encore les entraîneurs spécialisés et rémunérés, l’escrime ne peut se passer de maîtres d’armes, pour l’apprentissage comme pour l’entraînement régulier sous forme de « leçons ». Elle partage d’ailleurs cette particularité avec la gymnastique, ce qui rend compte certainement du fait que souvent les mêmes personnes cumulent la double compétence de professeurs de gymnastique et professeurs d’escrime.
Des maîtres d’armes officient au sein de gymnases : c’est le cas à Cette pour Barthélemy à la fin du siècle, puis pour Chalvidan et Marty au début du XXe. La double activité en gymnastique et en escrime semble fréquente, comme Rocca le montre à Montpellier, mais aussi Binquet et Laplanche, qui officient dans leur gymnase privé. On peut penser que leur multi-activité induit un niveau de compétence en escrime qui convient à la formation initiale d’apprentis, mais pas au delà. Cette polyvalence peut signifier l’insuffisance d’une clientèle spécifique d’escrimeurs et la nécessité de cumuler plusieurs publics. Mais aussi un niveau de compétence trop juste pour s’assurer des revenus suffisants avec la seule escrime d’élite.
En 1902 à Montpellier, on trouve encore et toujours un A. Laplanche installé 15 rue Durand, Louis Favery rue Baudin, F. Caussel rue Draperie St.-Firmin, Adolphe Laune rue Constance de Cézelli, et déjà Jacques Cauvin en poste à la Citadelle, c’est à dire au régiment du génie, qui va bientôt prendre une salle en ville. Mais A. Rocca se paie une pleine page de « réclame » dans l’Annuaire de 1902, pour détailler toutes les activités proposées à la clientèle. L’escrime « française et italienne » côtoie la boxe, la lutte, la canne, etc. La veuve de Simon Binquet tient toujours un gymnase 4 bd. Pasteur, dont la direction est confiée à François Estève, professeur de gymnastique… et d’escrime ainsi que de boxe.
Ainsi, l’imbrication entre salles privées (qu’il s’agisse de gymnases où l’on pratique l’escrime, ou de salles d’armes spécialisées) et associations regroupant des amateurs d’escrime, reste assez obscure. A Béziers, l’Épée-Club utilise à la fois les locaux et les services du Maître Piquemal. A Montpellier, la situation pourrait être quelque peu différente ; la salle du passage Bruyas, que Maugenet présente comme sa salle, serait de fait une initiative de l’association Jean-Louis créée en 1908, alors que Maugenet est encore installé rue Baudin. De la même façon, la salle de la rue d’Obilion est constamment présentée comme la salle Cauvin (puis successivement Dumont et Réant, du nom du maître d’armes qui l’occupe), alors qu’elle serait, ici aussi, une initiative de l’Association d’Encouragement à l’escrime (AMEE) de 1898, reconstituée après guerre 8.
Toujours est-il que, dans les premières années du siècle, les salles qui figurent régulièrement dans les compétitions régionales et font preuve d’une activité sportive soutenue, sont peu nombreuses au regard de l’ensemble des professeurs d’escrime ou maîtres d’armes en activité dans les principales villes du département.
On peut donc penser qu’une hiérarchie de compétence des maîtres d’armes correspond à une distribution sociale des publics d’amateurs, mais aussi à une diversité des motivations conduisant à la pratique de l’escrime.
Il faut entrer dans une chronologie fine pour tenter de comprendre la situation de l’escrime dans cette phase d’expansion et de sportivisation qu’elle connaît entre 1890 et la guerre.
Sensiblement entre 1906 et 1910, un tournant est pris par l’escrime régionale. Jusque là, on assiste à une popularisation de cette activité, qui se marque à la fois par l’apparition de groupements sous forme associative, une proximité avec la gymnastique – elle même activité essentiellement populaire – et une certaine diversité des « motivations » des nouveaux pratiquants : à côté de la pratique traditionnelle des élites sociales (elle même composite, entre loisir distingué et préparation au duel), on peut discerner des soucis utilitaires de la part de représentants de milieux professionnels désireux de se former à l’épée en vue de duels possibles, et peut-être une curiosité sportive en milieux populaires, comme à Lodève (on supposera que la préparation à l’éventualité de duels à l’épée n’est pas une préoccupation majeure pour un artisan ou un jardinier). Mais dans tous les cas, si les lieux de pratique de l’escrime peuvent certainement se différencier par leur recrutement social, et aussi par le degré de compétence des maîtres-professeurs, on ne voit pas encore se détacher une pratique sportive de compétition tendue vers l’excellence.
Ce palier est atteint à partir de 1907-08 : c’est un repère symbolique plus qu’une date attachée à une rupture précise, mais elle marque la naissance de l’Association Jean-Louis, qui entend raviver la tradition du grand maître disparu, et jouera un rôle moteur dans l’escrime régionale jusque dans les années 1960 9. Désormais, se marque la prédominance de quelques salles, en petit nombre, qui affichent clairement leur intérêt pour la compétition sportive, et se détachent ainsi de tous les lieux où se pratique une escrime de base. De fait, jusqu’à la guerre, l’élite départementale se concentre à Montpellier dans les salles de Jules Maugenet et de Jacques Cauvin, et à Béziers à l’Épée-Club de Meister et la salle Piquemal qui l’accueille. Il existe cependant une différence entre les deux salles montpelliéraines et le milieu biterrois : les premières s’intéressent exclusivement à l’escrime (et la culture physique y figure comme préparation à l’escrime de compétition), alors qu’à Béziers, les escrimeurs regroupés autour de Meister pratiquent aussi le tir. Tout au moins, l’Épée-Club s’est organisé autour de deux sections distinctes : escrime et tir, ce qui semble bien indiquer un souci majeur de l’entraînement en vue du duel.
L’Annuaire de l’Hérault de 1908 entérine cette prise de pouvoir des deux maîtres d’armes montpelliérains. Chacun s’offre un placard publicitaire qui explicite leurs titres à l’excellence. Jacques Cauvin, « chevalier de la Légion d’Honneur, ex-adjudant maître d’armes au 2e régiment du Génie », informe que sa salle rue d’Obilion est « fondée en avril 1898 dans le but de développer le sport de l’escrime« . Le local « comprend, en dehors de la salle d’armes, des salles de vestiaire, un salon de conversation, une véranda (sic), et une salle d’hydrothérapie. On y étudie le fleuret, l’épée de combat, le sabre ; assaut général tous les vendredis de 5 à 7 heures du soir. Pendant la belle saison, deux fois par semaine, la salle d’escrime organise des poules à l’épée de combat sur le terrain ; ces poules sont très suivies par les escrimeurs de la ville et surtout par Messieurs les Officiers de la garnison. »
Quant à Jules Maugenet, plus sobre, son placard publicitaire annonce seulement : « Salle d’Armes Fleuret Épée. J. Maugenet, professeur, Maître de l’Académie d’Armes de Paris. 9 rue Baudin, Montpellier ».
Devant l’offensive conjointe de deux véritables maîtres d’armes, les autres professeurs de la ville rompent. A. Laplanche 15 rue Durand, A. Laune 12 fbg. de Nîmes et A. Rocca 2 rue Lunaret, se font très discrets, et surtout les gymnases Binquet Estève et Laplanche, dans leurs placards publicitaires, ne mentionnent plus l’escrime, et se concentrent sur la gymnastique médicale et d’agrément.
Il n’y a pas lieu de revenir ici sur l’organisation sportive de l’escrime dans les années d’avant guerre : elle est détaillée autant que faire se peut dans le chapitre qui lui est consacrée dans l’article « Il y a cent ans« , le lecteur voudra bien s’y reporter. Rappelons simplement la prédominance de l’épée sur le fleuret – le sabre étant nettement délaissé – prédominance qui se marque par la pratique constante des poules d’épée de combat, qui semble bien être l’exercice privilégié, en dehors des tournois.
En même temps, le processus de sportivisation de l’escrime se poursuit, puisque début 1914, une Fédération Régionale voit le jour, qui réunit les principales salles de Montpellier, Béziers, Nîmes, Alais, Carcassonne et Perpignan, c’est à dire les lieux où s’organisent régulièrement des tournois.
Montpellier, place forte
La coupure de la grande guerre accentue la prééminence montpelliéraine. En effet, à partir des années 1920, le chef-lieu concentre toute l’escrime de compétition du département.
Maugenet continue impasse Bruyas d’animer la salle de l’Association Jean-Louis, et en assure la réussite sportive tout en accueillant l’élite sociale de la ville 10. La salle de la rue d’Obilion est passée, dès 1913-1914, entre les mains de l’adjudant Dumont, précédemment maître d’armes du 81e régiment d’infanterie de la ville. « Professeur breveté de l’École Normale d’escrime de Joinville-le-Pont » et professeur au lycée de garçons, il assure les enseignements de « Tir – Escrime – Culture physique ». Un peu plus tard, vers 1928, une troisième salle, de moindre renom, sera lancée rue Nationale par Alex Vidal, qui juxtaposera l’enseignement de l’escrime et la culture physique à parts à peu près égales. A côté de ces grandes salles rivales, les initiations sont assurées, pour des publics plus populaires, par les mêmes salles de gymnastique et de culture physique Laplanche, Dominique Rocca, Garnier… qui vivent de l’éclectisme des disciplines offertes à la clientèle.
De la même façon à Sète, le professeur Marty continue de dispenser les cours de gymnastique et d’escrime au Stand de la Corniche, mais le Maître Piquemal, qui était venu s’y installer en 1913 et y avait créé un Épée-Club a disparu, et avec lui l’escrime de compétition. L’Épée-Club survit dans les années 30, annexé au Cercle du Commerce, quai de Bosc, sans grande activité réelle. De même à Béziers, où la guerre semble bien avoir balayé toute présence des escrimeurs, tant le groupe élitiste autour de Meister que les associations moins ambitieuses. Par la suite dans les années 30, l’Association Sportive des Cheminots, club omnisports qui brille surtout en rugby, propose une section d’escrime, mais sans que l’on sache avec quel succès.
Il faudrait évaluer les ravages de la guerre dans les rangs de ces escrimeurs ; mais on doit aussi faire l’hypothèse d’un certain tarissement d’une escrime populaire, ainsi que d’un moindre souci du duel : les anciens combattants sont probablement moins enclins à se donner rendez-vous sur le pré pour des enjeux qui peuvent leur paraître dérisoires.
Désormais, c’est un réseau étroit de spécialistes groupés à Montpellier qui pratique la compétition, avec des réussites réelles, même si elles sont discrètes. Quelques noms surnagent dans l’entre-deux-guerres : à la salle de la rue d’Obilion, Weiss continue de se distinguer, Guibal, Jamme, sont des noms d’escrimeurs de talent, mais il semble bien que les meilleurs tireurs de la ville se concentrent plutôt à l’association Jean-Louis. Peut-être parce que la salle Maugenet est restée ouverte pendant toute la durée de la guerre, contrairement à sa rivale. Guy Bouchu, dans son histoire de l’escrime régionale, cite l’équipe représentative de la salle Maugenet dans les années 20 : on y trouve Elie Cousin 11, transfuge de la salle Cauvin qui aurait été sélectionné pour les JO d’Anvers de 1920 12, Raoul Marquès, Jean Zucarelli, avocat et futur maire de la ville avant et après la guerre, Emmanuel Temple 13, qui fit une carrière politique comme député de l’Aveyron et ministre, et surtout René Bougno 14, grande figure du fleuret.
Au printemps 1932, le championnat de France de fleuret se déroule à Montpellier, et dans la finale à 8, figurent trois tireurs locaux Zuccarelli, Jean Ribeil de la salle de l’Épée club, élève d’Alex Vidal, et René Bougnol, seulement battu par le champion Philippe Cattiau, mais qui se voit décerner le Prix des Belles Armes, récompensant son escrime académique 15. Cette performance le fait sélectionner pour les Jeux de Los Angeles durant l’été suivant, d’où il revient médaillé d’or par équipe. Bougnol renouvela l’exploit en 1936 à Berlin et en 1948 à Londres, alors qu’il était âgé de 37 ans.
La fin des années 30 et la période de l’Occupation ne semblent pas avoir été marquées par des événements sportifs de grande importance. La Ligue Régionale est présidée par Me Chazot, avoué et un temps maire de Montpellier, puis par Elie Cousin jusqu’en 1945. En dehors des compétitions officielles, et des tournois extérieurs à la région, un tableau représentatif de l’escrime montpelliéraine au milieu des années 30 est donné par les challenges estivaux que relatent Guy Bouchu et la presse régionale. Les versions varient quelque peu, d’ailleurs, et ce flou est peut-être significatif d’un climat de « bonne compagnie » pratiquant son loisir préféré de façon agréablement relâchée tout en préservant l’esprit de compétition. Selon Guy Bouchu, les étés montpelliérains étaient animés par la venue régulière des frères Georges et Jules Campos, avocats installés à Alexandrie et passionnés d’escrime, qui avaient institué un Challenge de l’Éléphant Blanc ouvert aux meilleurs tireurs méridionaux, et qui se disputait dans les salons du Kursaal de Carnon. Tel que relaté par L’Eclair 16, la manifestation devient un Challenge de l’Éléphant Noir, disputé à l’épée et offert par Maître Maugenet à ses élèves !
« Le jury a été présidé par Me Chazot, président de la Fédération du Languedoc-Roussillon. L’année dernière, M. Atgier remporta la victoire. Cette année, le challenge a été gagné par ce très grand tireur qu’est Elie Cousin qui, non satisfait d’avoir remporté dans sa jeunesse tous les plus beaux succès internationaux, n’hésite pas aujourd’hui à s’amuser encore quelques fois à gagner les plus dures épreuves. Nous lui souhaitons une gloire immortelle. Participèrent également à ce challenge, Me Jean Zuccarelli, qui se classa brillamment second ; MM. Beaux, Raoul Blayac, docteur Jacques Temple 17, Camille Gibellino, Raoul Marqués (champion du Languedoc 1934), Campos Georges, Plaisant, Campos Jules, Guizard, Auteroche.
Le tournoi se termina par un diner qui groupait autour du maître Maugenet tous les tireurs auxquels il faut ajouter MM. le président Zuccarelli, Chazot, maître Allamigean, Ramadé, Dupont, Daumas, et pour terminer, René Bougnol, le brillant fleurettiste montpelliérain.
A la fin de cette cérémonie intime, maître Maugenet distribua à chacun de ses élèves de très belles médailles gravées et l’on se quitta fort tard dans la soirée, heureux d’avoir participé à une si belle manifestation d’escrime. »
D’un chroniqueur à l’autre, le centre de gravité a changé, mais reste l’évocation d’une société bourgeoise fêtant son goût pour la belle escrime.
Pendant les années de Guerre et d’Occupation, les jeunes tireurs de l’époque s’appellent Guy Bouchu ou Bernard Cousin, neveu d’Elie, qui accompagnent les anciens, Cousin ou Bougnol, dans les compétitions inter-régionales que Vichy avait programmées. On les voit aussi participer à des rencontres de « propagande » comme à Béziers en janvier 1943, où la salle Maugenet tente de susciter des vocations dans une ville devenue un désert pour l’escrime.
C’est d’ailleurs à cette occasion que la presse mentionne pour l’une des premières fois le talent d’un jeune Roussillonnais du nom de Christian d’Oriola, tout juste âgé de 14 ans.
L’après-guerre est marqué par un titre de champion de France individuel au fleuret pour René Bougnol en 1946, et par le retrait de Jules Maugenet en 1948 18, sa place de maître d’armes à l’association Jean-Louis étant alors occupée par Michel Alaux 19.
Ce dernier venait de sortir en 1947 du centre de formation du Fort Carré d’Antibes, avec son diplôme de maître d’armes. Âgé de 23 ans, il fut affecté à un régiment de Montpellier, et reprit donc la salle du passage Bruyas. Au cours des années 50, il lui donna une célébrité internationale grâce à son principal élève Christian d’Oriola, venu parfaire sa formation à Montpellier. C’est Michel Alaux qui le prépara pour les championnats du Monde de 1949 20, puis les Jeux Olympiques de 1952, relayé par Me Cottard pour ceux de 1956. Durant toute cette période de collaboration avec Alaux, d’Oriola remporta au fleuret 7 médailles d’or individuelles ou par équipe, tant aux Jeux qu’aux Championnats du monde 21.
Selon les observateurs de l’époque, le faible écart d’âge entre les deux hommes (seulement 4 ans) instaura une relation inédite entre un escrimeur et son maître, et fut l’une des raisons du succès. Alaux, qui parallèlement à son élève avait conquis une grande réputation professionnelle, publiait aussi un Bulletin des maîtres d’armes largement diffusé en France et à l’étranger. C’est cette réputation, ainsi que son mariage avec une Américaine, qui le conduisirent à accepter à partir de 1956 les postes de Maître d’armes au Club d’escrime de New-York et d’entraineur de l’équipe olympique des États-Unis jusqu’à son décès en 1974.
Le départ d’Alaux coïncida avec le décès de René Bougnol. C’en était trop pour la salle du passage Bruyas cette double perte précéda de peu le déclin, puis la disparition en 1960, de l’association Jean-Louis, qui perdit sa salle récupérée par les services de la Radiodiffusion régionale.
A la phase extrêmement brillante des années 50, qui avait fait de Montpellier une place internationalement connue de l’escrime mondiale, succédait brutalement une période creuse, que la salle Réant s’efforça de combler en récupérant les quelques escrimeurs orphelins.
En même temps, Béziers renaissait à l’escrime avec la création de la salle d’armes de l’Aviron Biterrois, 22 rue Boudard, où enseignait le maître Emmanuel Blot, revenu terminer sa carrière au pays, puisque originaire de Florensac, après un long séjour au Canada, dont il entraîna l’équipe olympique en 1936.
A Montpellier, la salle Réant ne resta pas solitaire, puisque le MUC, le grand club universitaire de la ville, créa une section d’escrime dans les années 1960 à l’initiative d’anciens de l’association Jean-Louis, comme François Romieu et le maître Montignac. Le nouveau club reprit les locaux d’Alex Vidal rue Stanislas-Digeon, avant de pérégriner dans la ville jusqu’à son installation actuelle à l’Espace Pitot. 22
La Salle Réant, aujourd’hui fermée, jeta ses derniers feux en 1970. Cette année-là, avec un Christian d’Oriola âgé de 42 ans, mais solidement entouré des deux petits-fils du Maître, Frédéric et Alain, ainsi que de Jean-Claude Saunier, la salle conquit le titre de champion de France par équipe, tandis que Frédéric Réant s’emparait du titre individuel à l’épée. C’était un majestueux point d’orgue pour une salle qui avait marqué l’histoire sportive de la ville.
Depuis lors, s’il n’y a plus de grand champion dans le département, l’organisation de la Ligue régionale, l’existence de Conseillers techniques, la réapparition de clubs dans des villes telles que Sète, avec le Club d’Escrime Saint-Louis, ou Béziers (le Cercle d’Escrime depuis 1957, et le Béziers Escrime Club), et la création d’autres associations à Pézenas ou Castelnau-le-Lez, permettent d’amener à l’escrime un public certainement plus large et plus diversifié que par le passé. Le MUC compte quelques 300 licenciés, et fait figure de leader dans l’Hérault, mais les clubs biterrois sont également très présents ; Si les adultes sont peu nombreux, les catégories de jeunes, cadets et juniors fournissent les gros contingents dans les multiples tournois organisés dans la région. Quelques 130 escrimeurs sont classés, à l’épée ainsi qu’au fleuret – le sabre est largement délaissé, et on peut constater que l’escrime reste très majoritairement un sport de garçons, même si les jeunes filles ont su forcer les portes des salles.
Notes
1. Pascal BRIOIST, Hervé DREVILLON et Pierre SERNA : Croiser le Fer. Violence et culture de l’épée dans la France moderne. Champ Vallon, 2002, page 128. Avec la fin des sociétés d’Ancien Régime, la question de la distinction aristocratique se pose différemment. A l’aristocratie héritée succèderont des aristocraties conquises par le courage : le duel se transpose dans d’autres face-à-face avec la mort possible, comme la tauromachie, qui propose de semblables balancements entre élégance ou grâce et courage efficace.
2. Gérard SIX : Histoire de l’escrime. Brève histoire d’une technique, d’une science, un art, un sport et (ou) un moyen d’éducation. Sur le site de la Fédération internationale : https://www.fie.org/.
3. cf. l’article qui lui est consacré dans l’Encyclopédie en ligne Wikipédia.
4. Cependant, Cette connaît durant toutes les années 1880 un professeur, J. Barthélemy, ancien Sergent-major et maître d’armes, qui serait installé dans la ville depuis environ 1875.
5. Sous l’intitulé de Fédération des Salles d’Armes et Sociétés d’Escrime, qui unit ainsi l’ancien et le nouveau, les salles traditionnelles et les associations modernes. Un bon résumé de cette période de l’histoire de l’escrime se trouve sur le site de la Fédération française : http://www.escrime-ffe.frISiteFFE/champions/palmares/france.htm (lien obsolète).
6. Annuaire de l’Hérault de 1894.
7. La salle de la rue d’Obilion aurait été fondée cette même année 1898, par une Société d’encouragement à l’Escrime et au Tir, selon Georgette ALARY, De Relais de Poste en Salle de Sport, T2 La Salle Réant. Groupe de Recherches historiques languedociennes, Collection Mémoire d’Oc n° 120, novembre 2006, Université du Tiers-temps, Montpellier. Il s’agit donc très certainement de la même Société d’Escrime.
8. G. ALARY, op. cit, donne un extrait des statuts de l’association reconstituée en 1919 et présidée alors par l’avocat Joseph Règné : « L’association comprendra des membres d’honneur (…) et des membres actifs, élèves de la salle. Les membres d’honneur auront l’accès permanent à la salle et aux diverses épreuves organisées par la Fédération d’Escrime… ». Il paraît en l’état difficile de dire si les maîtres d’armes sont salariés de l’association propriétaire des locaux – ce n’est pas le cas à Béziers – ou si c’est un autre type de relation juridique qui existe entre les deux parties. Dans le même sens, l’auteur signale que la salle d’Alex Vidal, à l’angle de la rue Nationale (rue Foch) et de la rue Stanislas-Digeon, se serait nommée l’épée-club, avec la même confusion entre une structure associative et un maître d’armes.
9. Il ne doit pas être facile d’évaluer l’héritage réel de Jean-Louis dans la région. Contrairement à beaucoup de maîtres d’armes des XVIIIe et XIXe siècles qui ont laissé des traités techniques et exposé leur doctrine, Jean-Louis n’a rien écrit, et la transmission de son art a donc été purement orale et pratique. Rien n’assure que les maîtres qui ont pris sa succession dans sa salle aient été ses élèves, et aient maintenu une filiation stylistique et technique. Par contre, la création de l’association qui lui rend hommage a certainement joué un rôle symbolique dans l’attachement de la société locale pour une escrime élitiste et exigeante.
10. La salle Maugenet était incontestablement la plus vaste et la mieux aménagée de la ville. Elle comprenait une salle d’escrime proprement dite, dont les 150 m² permettaient d’accueillir trois pistes, et une seconde salle utilisée pour les causeries techniques mais aussi pour la pratique du ping-pong, très en l’honneur parmi les escrimeurs, et qui servait de sport d’entraînement pour aiguiser les réflexes et assouplir le poignet. Voir Guy BOUCHU : Histoire de l’escrime en Languedoc-Roussillon depuis 1815 à nos jours. Éditions Les Disciples du Maître Jean-Louis, Montpellier, 1992. Histoire surtout fondée sur des souvenirs personnels, par l’un des bons escrimeurs languedociens qui connut toute la période des années 30 à 90.
11. Les Cousin sont une famille d’escrimeurs : Elie, né en 1886 et encore actif en 1935, où il remporte à Carnon le challenge Maugenet à l’épée, « ce très grand tireur qui, non satisfait d’avoir remporté dans sa jeunesse tous les plus beaux succès internationaux, n’hésite pas aujourd’hui à s’amuser encore quelquefois à gagner les plus dures épreuves » (L’Éclair du 17-02-35) puis fut président de la Ligue régionale après guerre; mais aussi son frère Alex, champion régional avant de devenir aviateur, et son neveu Bernard mentionné en 1943 (L’Éclair du 21 janvier) dans une démonstration à Béziers, et qui appartient à la salle Maugenet. Le chef de cette famille de négociants en vins est Elie Cousin, (Adissan 1847-Montpellier 1934), conseiller municipal à Montpellier, conseiller général et député dans les années 1890).
12. Cousin fut incontestablement un excellent escrimeur, qui figure à la Grande Semaine de Paris, critère de qualité. Mais nous n’avons pas trouvé trace de sa participation aux Jeux de 1920 (ni d’autres années) : il est possible qu’il ait été seulement présélectionné.
13. Emmanuel Temple, né à Montpellier en 1895, est lui aussi avocat. En 1922, il participe aux Championnats de France à Paris et atteint les demi-finales à l’épée après avoir gagné sa poule de premier tour. (Le Figaro du 15 juin 1922).
14. Né à Montpellier en janvier 1911, il fait ses études au lycée et prend ses premières leçons d’escrime avec le maître Cauvin. Puis ce sont les maîtres Dumont et Réant, alors professeurs au lycée qui l’entraînent pour lui faire obtenir les titres de champion de France scolaire entre 1926 et 1928. Pour les championnats de France de 1932 (il a alors 21 ans), il aurait fait partie de la salle Maugenet.
15. Guy BOUCHU : Histoire de l’escrime en Languedoc-Roussillon depuis 1815 à nos jours. Éditions Les Disciples du Maître Jean-Louis, Montpellier, 1992.
16. En date du 17 juillet 1935.
17. Surtout connu comme footballeur, l’un des attaquants de l’équipe du SOM de la grande époque.
18. Pour raison de santé selon Guy Bouchu. Maugenet meurt en 1961, après avoir animé l’escrime montpelliéraine pendant 40 ans.
19. Une biographie (en anglais) de Michel Alaux est consultable sur internet à l’adresse : http://www.alaux-fencingmaster.com/AlauxBiography.htm (lien obsolète).. Il y est présenté comme « a world renowned French American Fencing Master and author, hailed as a « towering figure » and « genius » in his field ».
20. Lors de ces championnats de 1949 tenus en Egypte, D’Oriola gagne au fleuret individuel tandis que Bougnol remporte l’argent à l’épée individuelle !
21. Palmarès qui lui valut de la part de la Fédération Internationale le titre honorifique d’Escrimeur du Siècle.
22. L’historique du MUC-Escrime se trouve sur internet, à la page http://www.montpellier-uc.org/escrime/historique.htm (lien obsolète)..
