Histoire du golf

* Conseiller technique et pédagogique supérieur de golf honoraire

Contexte et chronologie

Au début des années 1970, le golf en France était encore une activité confidentielle, pratiquée par quelques privilégiés dans des structures privées très fermées. Pour ce qui est de l’Hérault, c’était à l’époque un véritable désert golfique. Ce qui peut d’ailleurs sembler quelque peu paradoxal, quand on pense que le noble jeu de mail, proche cousin et probable ancêtre du golf, était très prisé dans la région de Montpellier aux XVIe et XVIIe siècles.

Il fallut attendre le début des années 80, 1984 plus précisément, pour qu’à l’initiative privée de Michel Thiaut, le golf de Coulondres, sur la commune de St. Gély-du-Fesc, ouvre enfin ses portes.

Situé entre mer et Cévennes dans une magnifique pinède, cette première structure répondait parfaitement aux besoins des nouvelles pratiques sportives de loisir tournées de plus en plus vers la pleine nature.

La voie était alors ouverte… Bénéficiant d’un développement de type explosif (195 % d’augmentation du nombre de parcours entre 1980 et 1990), de nombreux projets allaient pouvoir se concrétiser.

Le 14 novembre 1987, René Couveinhes, député-maire de La Grande Motte, inaugurait le premier « 18 trous » du département, construit sur sa commune et dessiné par le prestigieux architecte américain Robert Trent Jones.

La même année, une structure plus modeste mais idéalement située aux portes de Montpellier voyait le jour en ciblant principalement un public de proximité. Ce petit centre d’entraînement, installé à Verchamp, à proximité de l’usine IBM, a joué un rôle essentiel en matière de formation des débutants et dans le développement du golf d’entreprise. Victime de l’urbanisation galopante, l’activité a dû y cesser il y a quelques années.

Tout s’enchaîna ensuite rapidement. En 1988, les frères Jeanjean, entrepreneurs à Baillargues, construisirent sur cette même commune un superbe parcours, ainsi que le complexe d’entraînement Golfy, afin de répondre aux demandes de plus en plus nombreuses des pratiquants.

L’année suivante, la commune du Cap d’Agde inaugura son magnifique parcours au bord de la Méditerranée sur un site d’exception dominant la mer.

Tout alla donc très vite, avec la précieuse collaboration entre la Ligue de golf et son président Robert Kusel et la Direction régionale de la Jeunesse et des Sports en la personne de Michel Heluwaert, inspecteur en charge du dossier.

En 1991, un audacieux projet se concrétisa sur la commune de Juvignac, aux portes du quartier populaire de la Paillade, sur le site de Fontcaude.

A Lamalou-les-Bains, un golf de 9 trous longé par la rivière l’Orb déroulait ses fairways à l’ombre du massif du Caroux.

Enfin, l’année suivante, dans la garrigue à l’est de Béziers, le joli golf de St Thomas voyait le jour et complétait le quadrillage du département.

Dix années, sept parcours… Le retard était comblé l’aventure pouvait continuer!

L'Hérault, terre de champions

Mise en place en décembre 1988, la Ligue de golf du Languedoc-Roussillon a rapidement joué un rôle moteur dans le développement sportif de l’activité. La création à l’initiative de notre région d’un championnat de France interligues illustre bien cette volonté. Les golfs de La Grande Motte, Massane, Fontcaude et du Cap d’Agde ont accueilli cette prestigieuse épreuve qui regroupait l’élite nationale amateurs, hommes et dames.

Sous l’impulsion de son directeur, Claude Douceur, le golf de La Grande Motte organisa deux années consécutives une épreuve du renommé circuit européen regroupant les meilleurs joueurs professionnels de l’époque, en 1989 et 1990. Ces initiatives ont largement contribué à positionner l’Hérault comme terre d’accueil du golf sportif.

Ce furent ensuite les championnats du monde universitaires à La Grande Motte ; tandis que le Cap d’Agde recevait l’épreuve de golf des Jeux Méditerranéens en 1993.

Ce dynamisme reconnu amena les dirigeants du circuit européen à organiser durant cinq années les cartes d’accès au circuit européen sur les golfs de Massane et La Grande Motte.

A la même époque, et pour répondre à une forte demande des jeunes désireux de faire une carrière dans le golf, un groupe de professionnels mit en place à Massane un campus d’entraînement de haut niveau placé sous la responsabilité technique de David Leadbetter, pédagogue et technicien de renommée mondiale, entraîneur de champions tels que Nick Faldo ou Nick Price.

Ce centre a connu un réel succès et a permis à certains champions actuels, Raphaël Jacquelin et François Delamontagne notamment, de s’épanouir. La présence de cette structure a constitué une formidable opportunité pour de jeunes héraultais qui ont pu bénéficier d’un entraînement de qualité. On peut citer Cédric Menut, vainqueur final du Alp Tour 1, Caroline Laurens ou encore Laura Charpier, toutes deux doubles championnes de France.

Par la suite, c’est tout naturellement que la Fédération de golf a choisi d’installer le premier pôle espoir de France sur le site du golf de La Grande Motte. Cette initiative ayant parfaitement porté ses fruits, a suivi l’inauguration du pôle France en décembre 2004.

La qualité des installations, le climat, les possibilités d’accueil et d’encadrement, offertes par le CREPS de Montpellier, sont autant d’éléments qui ont contribué au choix de cette implantation. Elle favorise l’éclosion de champions locaux qui trouvent une motivation supplémentaire à la présence des jeunes sportifs du pôle France. Le jeune Grand-mottois Jean-Pierre Verselin est la parfaite illustration de ce phénomène.

Golf de la Grande-Motte
Fig. 1 Golf de la Grande-Motte. Cette photo contextualise bien les liens entre l'aménagement urbain et les structures du loisir sportif moderne. Service communication, mairie de la Grande-Motte.

"L'Hérault, véritable Sorbonne du golf"

La formule est empruntée à Robert Kusel, fondateur de la Ligue régionale. Cette affirmation trouve tout son sens dans les différentes initiatives poursuivies dans le département. Le développement de l’activité golf ne pouvait se concevoir sans mener conjointement une action de formation des cadres nécessaires. Très vite et simultanément, deux initiatives prennent corps dans la région de Montpellier.

La première, avec l’ouverture au CREPS de Montpellier d’un centre de formation d’enseignants de golf localisé sur le site de La Grande Motte. Cette action, initiée par Michel Heluwaert, inspecteur à la Direction régionale Jeunesse et Sports, était une nécessité de première urgence. Elle fut placée sous la responsabilité du CTR de golf, Jean-Pierre Poivet.

La seconde, à l’initiative d’un groupe de professionnels en 1987, fut implantée sur le site de Massane l’Académie internationale des Métiers du Golf (AIMG). Cette structure était le premier établissement supérieur technique privé formant aux divers métiers du golf, du sport et du tourisme.

Ces deux formations n’ont cessé de s’affirmer comme étant à la pointe au plan national. Plus de 400 moniteurs et professeurs de golf ont, à ce jour, été formés au CREPS de Montpellier, la quasi-totalité des enseignants de la région est issue de ce centre de formation. Il en va de même pour l’AIMG qui a formé de très nombreux professionnels : gestionnaires, intendants de terrains, directeurs sportifs, qui officient en France et à l’étranger.

La formation des cadres était un enjeu majeur dans le développement du golf. Les structures installées dans le département de l’Hérault ont su répondre parfaitement à cet impératif.

Impact économique et perspectives d'avenir

Aujourd’hui, le Comité départemental de l’Hérault compte 4 500 licenciés et on estime à environ 6 000 le nombre de pratiquants réels. Il est donc permis d’avancer que le golf a « fait son trou » dans le département.

Mais au-delà de la pratique locale, la présence de parcours de golf proches les uns des autres offre un véritable atout pour le tourisme (diversification de l’offre et allongement de la saison touristique).

Tous les parcours créés dans le département ont également permis la réalisation de programmes immobiliers qui se sont accompagnés d’une activité économique importante et représentent un attrait pour les nouveaux arrivants dans la région. Les golfs ont été majoritairement construits par des investisseurs privés ou des collectivités territoriales : dans les deux cas, la finalité économique reste avant tout commerciale, donc, pas nécessairement en adéquation avec la nature du financement. Le golf type représente environ vingt emplois permanents dont trois ou quatre cadres, et trois fois plus si le ressort comporte un ensemble hôtelier.

Pour illustrer ce propos, La Grande Motte, golf municipal à vocation touristique et commerciale, enregistre une fréquentation de 500 abonnés et accueille sur ses parcours 60 000 départs chaque année. La structure « golf+ club house » emploie 28 personnes et fonctionne de manière harmonieuse tout au long de l’année.

De son côté, le golf de Massane que l’on peut qualifier de périurbain, est fréquenté par 600 abonnés et accueille sur ses deux parcours 35 000 départs par an. L’ensemble « golf + hôtel + résidence hôtelière/SPA » représente 60 emplois permanents.

Le golf a rencontré au milieu des années 90 une période de dépression de courte durée. Les indicateurs sont de nouveau à la hausse et il est possible d’affirmer que le golf est un sport-loisir durablement installé et relativement prometteur.

Les terrains de golf peuvent jouer un rôle significatif dans la biodiversité de nos paysages en permettant très souvent un retour de la nature sauvage, de la faune et de la flore en zone périurbaine. La Fédération de golf en signant la charte de l’eau s’est également engagée à adopter un comportement responsable pour gérer au mieux les périodes de crise.

Le golf a donc trouvé sa place dans l’Hérault. La diversification des pratiques sportives, la poussée démographique que connaît le département sont autant d’éléments qui permettent aux différents acteurs, du club doyen de Coulondres au tout nouveau golf compact de Fabrègues, d’envisager l’avenir avec un optimisme raisonnable.

Pour illustrer ce propos, La Grande Motte, golf municipal à vocation touristique et commerciale, enregistre une fréquentation de 500 abonnés et accueille sur ses parcours 60 000 départs chaque année. La structure « golf+ club house » emploie 28 personnes et fonctionne de manière harmonieuse tout au long de l’année.

De son côté, le golf de Massane que l’on peut qualifier de périurbain, est fréquenté par 600 abonnés et accueille sur ses deux parcours 35 000 départs par an. L’ensemble « golf + hôtel + résidence hôtelière/SPA » représente 60 emplois permanents.

Le golf a rencontré au milieu des années 90 une période de dépression de courte durée. Les indicateurs sont de nouveau à la hausse et il est possible d’affirmer que le golf est un sport-loisir durablement installé et relativement prometteur.

Les terrains de golf peuvent jouer un rôle significatif dans la biodiversité de nos paysages en permettant très souvent un retour de la nature sauvage, de la faune et de la flore en zone périurbaine. La Fédération de golf en signant la charte de l’eau s’est également engagée à adopter un comportement responsable pour gérer au mieux les périodes de crise.

Le golf a donc trouvé sa place dans l’Hérault. La diversification des pratiques sportives, la poussée démographique que connaît le département sont autant d’éléments qui permettent aux différents acteurs, du club doyen de Coulondres au tout nouveau golf compact de Fabrègues, d’envisager l’avenir avec un optimisme raisonnable.

Une évolution considérable des matériels et matériaux
Fig. 2 Une évolution considérable des matériels et matériaux. Photo : Christian Guiraud

Notes

   1.Circuit de 2e division européenne.