Les métiers de la soie a Nîmes au XVIIIe siècle

Dans les années 1650, l’industrie de la laine traverse à Nîmes une crise grave : elle quitte la ville pour s’installer dans les villes voisines plus petites (Uzès, par exemple) et dans les campagnes. Les manufacturiers nîmois orientent alors leurs ateliers vers le travail de la soie 1. Ce choix les entraîne vers une branche de l’industrie textile extrêmement concentrée, réglementée et protégée : considérées comme des produits de luxe destinés à la consommation de la cour et de l’aristocratie, les soieries étaient le monopole exclusif de la fabrique lyonnaise et des manufactures parisienne et tourangelle. L’adresse des fabricants nîmois, dès la seconde moitié du XVIIe siècle, est de comprendre qu’ils ne possèdent ni la puissance politique, ni la force économique pour concurrencer les soyeux lyonnais, et cette situation particulière les conduit à rechercher une place originale au sein de l’industrie de la soie en France. Ils misent le succès de leur entreprise sur un double pari :

  • faire de la soie la matière première d’articles de consommation courante, susceptibles d’être fabriqués en grandes quantités, à des prix beaucoup plus bas, de façon à toucher une clientèle beaucoup plus large, celle des classes populaires, en se spécialisant dans les étoffes de petite tire ou mélangées 2 et dans la bonneterie au métier.
  • puisqu’ils n’ont aucune chance de gagner une partie de la clientèle intérieure, se lancer dans l’exportation et conquérir des marchés étrangers.

Ces initiatives sont couronnées de succès. Nîmes apparaît à la fin de l’Ancien Régime comme l’une des grandes villes industrielles du royaume. Les bilans successifs, dressés par les inspecteurs des manufactures en Languedoc et l’intendant, sont positifs. En 1778, avant la crise économique générale qui se traduit à Nîmes par la fermeture des marchés espagnols, la fabrique de bas au métier compte 4 550 métiers et occupe 16 850 personnes ; sa production annuelle est évaluée en moyenne à plus de 100 000 douzaines de paires de bas ; elle rapporte près de 7 millions de livres par an 3. Les gains de la fabrique d’étoffes sont sensiblement les mêmes ; 7 millions de livres en 1786, pour une production de 120 000 pièces par an et 3 500 métiers battants 4.

La fabrique de Nîmes « se procura des débouchés considérables : l’Allemagne, la Russie, l’Italie, l’Espagne et les Indes Occidentales furent une nouvelle carrière où les négociants qui la soutiennent se hâtèrent d’entrer en concurrence avec ceux de Gênes, de Turin et d’Angleterre » 5. Ainsi, avec la soie, les manufactures textiles passent à Nîmes, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, du stade artisanal, appuyé sur un petit commerce local ou régional, à l’entreprise industrielle capitaliste capable de s’insérer dans le réseau des relations commerciales à l’échelle mondiale. Désormais, leurs principales préoccupations deviennent les débouchés, la concurrence étrangère, la compétitivité de leur production et le goût du consommateur. Une telle évolution n’est pas restée sans conséquence sur l’organisation et le contrôle du travail à l’intérieur des manufactures : je voudrais simplement essayer de montrer ici comment, en s’insérant dans des structures artisanales traditionnelles, l’industrie de la soie les a progressivement transformées, comment se sont opérées une concentration de plus en plus grande des capitaux et simultanément une spécialisation des activités et une division de plus en plus poussée du travail, et comment l’apparition de ces deux phénomènes s’est appuyée sur une nouvelle conception de l’entreprise.

Une concentration de plus en plus grande des capitaux

Dans les fabriques de soie se dessine à Nîmes, au XVIIIe siècle, un mouvement de regroupement des capitaux. Celui-ci s’explique par l’importance des investissements qu’exigent l’installation et le fonctionnement des ateliers.

Qui se destine à la bonneterie ou à la fabrique de soieries doit disposer d’une somme initiale qui n’est pas négligeable. L’engouement qu’ont suscité les deux fabriques dès la fin du XVIIe siècle, en particulier celle de bas, a progressivement rendu prohibitifs les droits d’accès aux deux communautés. Celles-ci se sont constituées au début du XVIIIe siècle : les statuts du corps des marchands-fabricants de bas datent de 1710 6, ceux des marchands-fabricants d’étoffes de soie leur sont de peu postérieurs (1713) 7. A cette époque, les tarifs sont fixés à 10 livres pour l’entrée en apprentissage et 50 livres pour la maîtrise dans les deux communautés. Mais, très vite, la modicité de ce droit attire à Nîmes les compagnons de toutes les autres villes du royaume et, dès 1723, des mesures protectionnistes sont prises pour sauvegarder les privilèges et endiguer l’afflux massif d’étrangers, en entravant, notamment, leur accession au titre de maître-fabricant. Le brevet d’apprentissage est porté à 30 livres dans les deux corps de métiers ; la maîtrise à 150 livres pour les ouvriers en soieries et 400 livres pour les ouvriers en bas. En 1739, les marchands-fabricants de bas s’appuient sur les droits très élevés, en vigueur dans les manufactures de soie parisienne (800 livres pour la maîtrise) et lyonnaise (450 livres pour la maîtrise), pour réclamer l’augmentation du droit d’accès à la maîtrise à 600 livres, mais leur requête est repoussée par l’administration royale 8. Alignés sur ceux des grandes manufactures de soie, ces tarifs n’ont plus rien de commun avec les taxes des autres communautés de métiers nîmoises. Par les statuts de 1724, les facturiers de burate fixent le droit d’entrée à la maîtrise à 15 livres 9 et ce dernier reste inchangé pendant tout le XVIIIe siècle. Les cardeurs de soie et de filoselle, quant à eux, font la différence entre les Nîmois aspirant à la maîtrise (50 livres) et les étrangers (100 livres) 10.

Comme dans tous les corps de métiers, ces droits sont assortis de tarifs préférentiels pour les membres de la famille. Préservant les patrimoines, ils sont extrêmement modiques pour les fils de maîtres (3 livres) dans toute l’étendue de la jurande (ville et campagne), plus élevés pour les époux des filles (75 livres).

Après les taxes d’apprentissage et de maîtrise, l’acquisition du métier représente une nouvelle mise de fonds également considérable. Les métiers, tant à faire les bas qu’à tisser les soieries, apparaissent comme des machines assez complexes que seul un ouvrier qualifié peut exécuter et monter. Les métiers à faire les bas, par exemple, sont présentés « comme des machines en fer composées de 3500 pièces » 11. « L’on compte qu’il faut environ quatre ou cinq mois à un serrurier habile pour en faire un (métier), encore a-t-il besoin du secours de deux compagnons pour forger les grosses pièces, d’un platineur, d’un faiseur d’aiguilles, et d’un fondeur pour faire les pièces de cuivre qui assujettissent celles de fer, d’un monteur pour appareiller et assembler les pièces et enfin d’un menuisier pour la cage. D’où, il faut conclure que le plus habile serrurier, quand même il seroit servy à propos par ses aydes, ne seroit (sic) faire plus de trois métiers dans un an » 12.

Les temps de fabrication, la main-d’œuvre exigée et la rareté relative qui en découle, compte tenu de la masse des ouvriers, font du métier à bas un instrument de travail coûteux, financièrement hors de portée pour beaucoup de maîtres-fabricants. L’existence d’un trafic en direction des pays étrangers, notamment l’Espagne, la Russie et la Prusse, malgré l’interdiction de sortie des métiers du royaume, puis la libéralisation des exportations, après 1758, contribuent au renchérissement des prix. Les représentants de l’administration soulignent régulièrement cet état de choses. L’intendant Basville évoque, à la fin du XVIIe siècle, les familles qui ont eu beaucoup de peine à faire la dépense d’un métier qui vaut au moins 300 livres. A titre de comparaison, retenons les 800 livres qui représentent, dans les mêmes années, au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, la recette annuelle moyenne d’Etienne Borrelli, notaire nîmois ; ses dépenses courantes excèdent souvent ce chiffre et il a bien du mal à s’acquitter de la dot de sa fille qui se monte à 1 500 livres, payable pourtant sur 20 ans 13. Au cours du XVIIIe siècle, les prix des métiers augmentent encore. En 1764, c’est au tour de l’inspecteur des manufactures de dénoncer leur cherté excessive : les métiers valent à ce moment-là de 400 à 500 livres suivant la jauge 14.

Une telle situation n’est pas particulière aux fabriques nîmoises. En 1766, le syndic des fabricants de bas de Lyon estime qu’un forgeur intelligent et assidu peut faire, tout au plus, 4 métiers dans l’année et il dénonce également les prix de vente qu’il juge prohibitifs : les métiers neufs, de jauge 23, qui valaient 340 livres en 1758 sont vendus en 1766 à plus de 400 livres ; dans le même temps ceux de jauge 24 sont passés de 460 à 480 livres 15.

La bonne marche des fabricants repose sur l’importation de soie grège ou d’organsin, donc sur une matière première elle-même coûteuse. Les manufactures nîmoises, dans leur élan initial, s’alimentent aux sources d’approvisionnement traditionnelles en soie que sont les Cévennes, le Vivarais, ou le Dauphiné cependant très vite, devant la concurrence des soyeux parisiens et lyonnais et l’accroissement des besoins, la production régionale ne suffit plus et elles sont contraintes de se tourner vers d’autres marchés, étrangers cette fois. L’Espagne et le Piémont deviennent les fournisseurs attitrés. Les achats sont considérables et le monopole lyonnais du commerce des soies oblige les marchands-fabricants nîmois à payer d’importants droits de sortie aux rois d’Espagne et de Piémont-Sardaigne, et des taxes non moins importantes d’entrée en France, à Marseille 16. A cela viennent s’ajouter les frais de voyages que les courtiers effectuent vers Turin ou Cadix pour choisir les soies.

La prospérité des fabriques tient exclusivement à leur activité commerciale et leur vocation à l’exportation nécessite la mise en place d’un réseau de relations dont les ramifications sont à l’échelle mondiale. La quasi-totalité de la production de bas et d’étoffes de soie est destinée aux pays étrangers, notamment à l’Espagne pour les Indes Occidentales. Dans les années 1760, de l’avis de Holker fils, plus de 2 millions de bas de soie sont vendus annuellement à Cadix pour la consommation de la seule ville de Lima 17. Mises à part les foires de Beaucaire ou de Bordeaux, l’intensité des échanges commerciaux, avec l’Espagne en particulier, oblige à de fréquents déplacements et surtout réclame la présence permanente à Cadix de commissionnaires attitrés, chargés d’étudier les marchés américains avant de passer commande à Nîmes et d’effectuer toutes les opérations de vente. Ces personnages ne sont autres, le plus souvent, que les cadets des grandes familles de négociants 18.

L’exportation exige des mises de fonds assez considérables. La rentabilité de l’entreprise, pour réduire les coûts de transport souvent exorbitants, implique un stockage des articles en vue d’envois groupés, mais soumet toute la production aux risques inhérents aux moyens de transport sous l’Ancien Régime, et peut exposer les marchands-fabricants à des pertes sérieuses. « La plus grande consommation de bas se fait par Bordeaux aux deux foires de cette ville. Les marchands de Nîmes qui les fréquentent y en portent des quantités prodigieuses et en même tems beaucoup d’étoffes de soye, car les fraix de ces voyages étant très grands, une petite quantité de marchandizes ne sçauroit les supporter. Les marchandizes sont portées à Bordeaux par la Garone, dont la navigation difficile, périlleuse et incertaine est cauze souvent que les marchandizes n’y arrivent que plusieurs jours après l’ouverture des foires » 19.

Dernier élément à prendre en compte dans l’analyse des coûts de production, les salaires sont ceux d’une main-d’œuvre urbaine qualifiée. L’ouvrier en bas ou le taffetassier gagne en moyenne de 20 à 30 sous par jour ; les plus habiles peuvent toucher jusqu’à 2 livres à la journée. Les patrons encouragent l’émulation, certains contrats d’apprentissage stipulant des primes aux rendement : c’est ainsi que les apprentis de la bonneterie peuvent gagner 7 à 10 sous par paire de bas supplémentaire, s’ajoutant aux 3 paires par semaine imposées initialement 20.

La cherté des instruments de travail, de la matière première, de la main-d’œuvre, tout cela concourt à concentrer les capitaux de l’industrie de la soie entre les mains d’un petit groupe de marchands-fabricants. Comment ce mouvement se traduit-il dans l’organisation des entreprises ?

Au prix élevé des métiers, répond leur accaparement par les marchands-fabricants les plus riches ou les plus hardis en affaires. Parmi les manufacturiers en bas, certains en possèdent très vite une centaine. En 1708, Simon-Pierre Grizot, doyen, et Etienne Larivière, syndic, fondateurs de la communauté des marchands-fabricants de bas, font travailler chacun 100 métiers avec 100 apprentis ou compagnons. Un mémoire de 1743 avance, pour certains fabricants en étoffes de soie, le chiffre de 150 métiers, occupant 600 ouvriers ou ouvrières 21.

Le métier n’est plus, pour ces marchands-fabricants, un simple instrument de travail mais il représente un moyen sûr, dans la conjoncture favorable du XVIIIe siècle, de placer leur argent et de le faire fructifier. La plupart de ces métiers reviennent en location aux maîtres qui n’ont pas les moyens de faire un tel investissement de départ. Il existe, outre ce système de location, un second usage, également très répandu dans les communautés de marchands-fabricants de bas et d’étoffes de soie, l’acquisition du métier « à la gagne », qui voit l’ouvrier travailler, gratuitement, pour le compte du propriétaire du métier, jusqu’à concurrence du prix de vente de ce dernier 22.

L’importance prise par le secteur commercial favorise la formation, à la tête des communautés des métiers de la soie, d’un nouveau groupe social, extrêmement restreint, dont les membres, issus des rangs des maîtres fabricants, se spécialisent dans les opérations de négoce. Une étude plus approfondie de leurs origines sociales et économiques permettrait de préciser la composition de ce groupe ; d’une première analyse, il ressort qu’il est constitué de représentants de la classe dominante, de tradition marchande ou non. La famille Larivière, par exemple, qui donne le premier syndic du corps des marchands-fabricants de bas, se consacre au négoce depuis des générations, tandis que Simon-Pierre Grizot, le premier doyen de cette même communauté, est le fils d’un pasteur de Nages 23.

On retrouve, chez ces négociants, la structure familiale du capitalisme de l’époque moderne. Les associations entre parents sont la règle, notamment, entre frères ou beaux-frères. Des dynasties familiales se constituent, nées de cette familiarité avec l’atelier et les instruments de travail, que les enfants de maîtres acquièrent dès leur plus jeune âge, et favorisées ensuite par les droits préférentiels qui leur sont accordés, lors de l’entrée en apprentissage ou de l’accès à la maîtrise. Instrument juridique, garant de la reproduction du groupe, le barrage que constitue la maîtrise traduit la fermeture sociale. Le mariage avec une fille de maître permet l’intégration des nouveaux venus mais les stratégies matrimoniales empêchent l’introduction de parvenus.

Il est cependant notable que, quelles que soient leurs origines, la carrière de ces bonnetiers ou soyeux est toujours exemplaire et décrit la même trajectoire ascensionnelle. Ils gravissent tous les échelons hiérarchiques du processus de production. Conformément à l’éthos bourgeois du XVIIIe siècle qui insiste sur la notion d’apprentissage et de formation de l’individu, ils ont tous commencé par travailler sur le métier et sont passés par les stades de l’apprentissage et de la maîtrise, avant de se consacrer exclusivement au négoce et de faire travailler sur leurs métiers. La spécialisation dans le commerce, même si elle est le fait d’individus favorisés par leur naissance, vient couronner un cursus tout à fait normal.

Cette trajectoire parfaite est, au sein des communautés, le privilège d’un petit nombre : 10,1 % pour le corps des marchands-fabricants de bas ; la taxe annuelle sur les métiers et les facultés relève, en 1727, 625 fabricants dont 37 font également travailler et 63 « marchands faisant fabriquer » (soit 10,1 % de l’effectif total 24. Ce pourcentage est encore plus faible (7,6 %) dans le corps des marchands-fabricants d’étoffes de soie qui, en 1761, compte 40 « marchands faisant travailler » dont 8 sont encore fabricants et 528 maîtres ouvriers 25.

Monopolisant les capitaux, les instruments de travail, les activités commerciales, et abandonnant aux seuls maîtres fabricants les opérations de fabrication proprement dites, cette poignée de négociants favorise l’apparition d’une nouvelle division du travail.

Une division de plus en plus poussée du travail

Tandis que le secteur commercial tend à se détacher de la production, une spécialisation et une hiérarchisation des activités sont introduites dans le processus de fabrication lui-même.

La spécialisation des fabriques dans la production d’articles destinés exclusivement à l’exportation renforce considérablement la domination des négociants sur les fabricants. Les nouvelles contraintes des lois du marché, qui forcent les producteurs à se soumettre entièrement au goût et à la demande des consommateurs, font des négociants les intermédiaires obligés et leur permettent d’empiéter sur les activités des fabricants. Par le contrôle très strict qu’ils exercent désormais sur la production, ils réduisent à néant l’indépendance et la liberté de création et d’initiative personnelle de l’artisan.

Le très net partage des tâches entre ceux qui investissent, placent leur argent et font travailler, et ceux qui travaillent sur le métier, et l’étroit lien de dépendance qui en résulte, sont sanctionnés, chez les fabricants d’étoffes de soie, par un arrêt du parlement de Toulouse en 1761. Celui-ci ordonne que les marchands de Nîmes « faisant fabriquer des étoffes de soie et autres mêlées de soie » et les maîtres ouvriers qui fabriquent ces soieries pour le compte des marchands forment deux communautés distinctes. La première prend le nom de « corps des marchands faisant fabriquer les étoffes de soie », tandis que la seconde est qualifiée de « corps des maîtres ouvriers fabriquant les étoffes de soie à façon pour le compte d’autrui » 26.

La plupart des fabricants, même propriétaires de leur métier, travaillent désormais à façon, sur commande du négociant. Bien qu’officiellement leurs communautés demeurent unies, les autres professions attachées au travail de la soie connaissent la même évolution. Dès 1727, le corps des marchands-fabricants de bas distingue, lors de la visite annuelle des boutiques et des ateliers, les marchands « faisant travailler », les fabricants travaillant pour leur propre compte et dont quelques-uns font également travailler et les fabricants « travaillant à façon pour le compte d’autrui ». Sur les 1244 métiers que la communauté dénombre à cette date, 867, soit près de 70 %, sont au nom de maîtres qui, propriétaires ou locataires de leur instrument de travail, sont réduits au rôle de simples exécutants des commandes des négociants 27. De la même façon, le corps des marchands cardeurs de soie et de filoselle comprend, avant 1783, 80 maîtres dont 20 travaillent ou font travailler pour leur compte et 60 « travaillent à façon pour le compte d’autrui » 28.

L’empire des négociants nîmois dépasse largement le cadre de la ville. Favorisés par la politique protectionniste du gouvernement qui, par l’arrêt du conseil du 30 mars 1700, limite la fabrication des bas à 18 villes du royaume, au nombre desquelles Nîmes et Uzès, les marchands-fabricants de bas de Nîmes étendent leur jurande sur les campagnes de l’arrière-pays depuis les Cévennes jusqu’à la Vaunage, où ils contrôlent aussi bien la fabrication des bas de soie que celle des bas de laine, importante dans les centres ruraux. Sans être reconnu officiellement, le domaine des marchands faisant fabriquer les étoffes de soie épouse les mêmes contours. En 1727, la jurande de Nîmes regroupe 53 petites villes ou villages de la région ; parmi les centres les plus importants, on rencontre Anduze, Le Vigan, Ganges, Sommières (voir carte).

Aux yeux des fabricants de la campagne, cette domination apparaît extrêmement pesante. En 1739, ceux de Lasalle prétendent se libérer de la tutelle nîmoise et se constituer en communauté indépendante, et adressent leur requête au syndic général des manufactures de Languedoc. La réponse est cinglante. « Il importe, pour le bien du commerce, de ne pas laisser les fabricants des petits lieux maîtres en seul de leur fabrique qui doit être sujette à l’examen de gens plus entendus ». Les petits fabricants ruraux n’ont aucune chance contre la puissance et la morgue des négociants de la grande ville, la direction des entreprises n’est pas de leur compétence, elle est affaire de spécialistes. Accusés de mutinerie et de complot, ils sont immédiatement déboutés 29.

Cette évolution est irréversible au XVIIIe siècle. En 1754, par arrêt du conseil royal, la libre fabrication des bas au métier est accordée à toutes les villes et à tous les lieux du royaume, démembrant ainsi la jurande de Nîmes réduite désormais à la seule ville et à ses faubourgs. L’empire des négociants nîmois ne s’effrite pas pour autant. Leur rôle d’intermédiaires entre les fabricants des Cévennes et de la Vaunage et les sociétés établies à Cadix n’est pas même ébranlé. En 1759-1760, sont encore recensées plus d’une trentaine de localités de la campagne travaillant pour le compte des négociants de la ville et la baisse que l’on note par rapport au chiffre de 1727 (53) est due surtout au regroupement des métiers dans les centres les plus importants (Sauve, Ganges) qui demeurent sous le contrôle des négociants nîmois. En 1766, l’arrêt du conseil du roi qui lève les interdictions s’opposant à la fabrication de toutes sortes d’étoffes dans les campagnes n’a pas plus de conséquences 30.

Même Uzès et sa jurande, qui bénéficie depuis l’origine du privilège de fabrication des bas, ne peut échapper longtemps à ce pouvoir hégémonique. En 1723, un mémoire à l’intendant souligne la faible importance de la fabrique de bas d’Uzès : elle regroupe seulement une centaine de métiers occupés par des gens qui travaillent à façon pour les marchands de Nîmes. Dans ce cas, cependant, les fabricants semblent fort bien s’accommoder de cette situation de dépendance qui n’est même pas remise en question lorsque la manufacture prend de l’extension 31.

Les négociants profitent de cette situation de force pour jouer des conditions plus favorables du marché du travail dans les campagnes et du coût moins élevé de la main-d’œuvre contre les fabricants de la ville. Ces derniers envoient des plaintes réitérées à l’intendant de Languedoc, toujours sans succès.

L’atomisation des activités du processus de fabrication renforce encore davantage le pouvoir des négociants. Ne se fiant qu’à eux-mêmes, ils sont amenés à superviser d’un bout à l’autre de la chaîne les différentes opérations de production, depuis la fourniture de matière première et la construction des métiers jusqu’à l’empaquetage et l’expédition des bas et des étoffes. Ils interviennent personnellement pour contrôler chaque phase du travail, commandant et jugeant les modèles, fournissant la soie, imposant aux fabricants des normes très précises de tissage, s’occupant de la teinture et des broderies. Articles destinés à l’exportation, bas et soieries ne souffrent aucune imperfection, sous peine d’être retournés invendus. La plus grande partie des bas fabriqués dans les jurandes de Nîmes et d’Uzès sont portés aux marchands de Nîmes sans être foulés ni apprêtés ni teints. Et c’est sous leurs yeux, dans leurs boutiques, que sont effectuées les dernières opérations de définition et de présentation. Ils se chargent enfin eux-mêmes des envois suivant les demandes qui leur sont faites 32.

La complexité et la diversité des métiers à faire les bas ou les étoffes de soie entraînent l’apparition d’une nouvelle profession, celle du monteur de métiers. Le plus souvent il réalise lui-même les différentes pièces et les assemble ou bien il travaille sous les ordres d’un serrurier. C’est également lui qui répare les métiers cassés ou remet en état ceux qui sont usagés. L’évolution des techniques et le souci du rendement font ainsi perdre à l’artisan le contrôle technique du métier sur lequel il travaille.

L’importance de la mode et la nécessité impérieuse de satisfaire aux désirs de la clientèle et surtout de ne pas la lasser amènent à renouveler constamment les modèles proposés. Désormais les dessins des étoffes et des broderies, dont les bas sont ornés, sont confiés à de véritables professionnels et même à des artistes 33. La réglementation en matière de dessins pour étoffes qui voit le jour en 1787 est à ce sujet extrêmement stricte. Le dessinateur vient s’interposer entre le fabricant et l’ouvrier ou la brodeuse. L’ouvrier en soie, qu’il fasse des étoffes ou des bas, devient un simple exécutant. Une coupure complète existe désormais entre la conception et l’exécution, entre le dessinateur de modèles et la personne qui tisse et réalise l’ouvrage.

La spécialisation de l’ouvrier n’est pas le moindre des traits de modernisme de cette industrie de la soie qui, pour être une activité ancienne et traditionnelle, n’en renouvelle pas moins toutes ses structures au cours du XVIIIe siècle. La recherche du rendement, l’introduction d’une efficacité de plus en plus grande dans la production entraînent pour l’artisan une véritable déqualification et un déclassement. Jamais auparavant il n’a été dans cet état de dépendance extrême. Il devient un simple ouvrier spécialisé. Et ce processus s’inscrit dans le cadre plus général d’une nouvelle conception de l’entreprise.

Une nouvelle conception de l'Entreprise

La recherche du profit par l’amélioration des rendements incite aux inventions technologiques. Ces innovations visent avant tout, en réduisant les temps de fabrication, à diminuer les coûts de main-d’œuvre, et interviennent principalement dans la première phase du travail, le traitement de la matière première et sa préparation en vue de l’élaboration des produits fabriqués, du tissage des étoffes ou des bas.

Paulet, dessinateur et fabricant en étoffes de soie, peut s’enorgueillir des améliorations techniques apportées par les Nîmois et vante le degré de perfection du trafusoir à la nîmoise qui a sur celui de Lyon le mérite de la simplicité. Le trafusage est l’opération qui consiste à démêler les écheveaux de soie au moment du tissage et se fait à l’aide d’un rouet, fixé sur le métier pour les dévideuses lyonnaises, suspendu au plafond dans les fabriques nîmoises. Lorsque, pendant le dévidage, les fils de soie cassent, l’ouvrière lyonnaise est forcée de tout arrêter pour remédier à cet accident ; en revanche, le trafusoir à la nîmoise présente l’avantage d’être maniable d’une seule main et l’ouvrière peut ainsi continuer son ouvrage de l’autre main, et reprendre les fils cassés sans interrompre son travail 34.

Mais dans ce domaine des nouveautés techniques, ce sont les bonnetiers qui font preuve du plus grand esprit inventif. Les fabricants de bas au métier « sont dans un usage presque aussi ancien que la fabrique même de faire ouvrer leurs soies crues et après qu’elles soient cuites à une machine appelée ovale par le moyen de laquelle on donne le tord, au fil de la soye et l’on règle l’assise nécessaire pour chaque paire de bas de tout poids, d’une manière si juste et si convenable qu’on a toujours regardé cette découverte comme un chef-d’œuvre de l’art. La substitution de l’ovale au moulin à soie est caractéristique de cet état d’esprit extrêmement moderne qui anime les marchands-fabricants nîmois : la qualité des soies travaillées à l’ovale est inférieure à celle des soies ouvrées au moulin ou filées, mais elle est suffisante pour la confection de leurs produits qui ne sont pas faits pour rivaliser avec les articles de luxe des fabriques lyonnaise et parisienne. Le grand avantage de cette technique est de recourir à une main-d’œuvre peu qualifiée et le travail à l’ovale est en général confié à des femmes, à des enfants, ou à une main-d’œuvre temporaire employée à la journée. Le principal argument invoqué pour la défense de leur invention, très contestée en milieu soyeux pour concurrence déloyale, met l’accent sur cet aspect économique : les opérations en sont beaucoup moins longues et dispendieuses et peuvent se faire sur place, dans l’atelier du fabricant et sous ses yeux 35.

Les syndics des mouliniers et fileurs de soie sont les premiers à s’indigner contre l’usage de l’ovale, multipliant les mémoires contre les marchands-fabricants de bas qu’ils accusent de s’approprier leur spécialité et de déprécier la profession en fabriquant des soies de mauvaise qualité et, bien que leurs industries soient similaires, ils refusent d’être absorbés dans leur communauté. Leur souci de simplification et de rationalisation des opérations de production, en vue d’une plus grande efficacité de l’entreprise, amène ainsi les marchands-fabricants de bas à empiéter sur les compétences d’autres corps de métier. Ils mettent tous leurs soins désormais à contrôler l’intégralité du processus de transformation de la matière première, regroupant sous leur autorité des activités naguère indépendantes.

De la même manière, ils entendent se passer de la collaboration de deux autres communautés, celles des teinturiers et des serruriers. Leur volonté de concentration de toutes les activités au sein de l’entreprise et de contrôle étroit de toutes les opérations crée des conflits incessants entre ces deux derniers métiers et les bonnetiers. Les teinturiers en soie les accusent d’enfreindre les règlements en teignant eux-mêmes leurs étoffes en écarlate, alors qu’ils n’y sont pas autorisés. Mais pour les marchands-fabricants de bas, la cause est entendue : c’est un usage qui existe chez eux depuis la création de la fabrique et ils ne voient aucune raison de modifier leur façon de procéder. De plus, étant intéressés au débit des bas, ils sont sûrs de prendre plus de soin à la teinture que les teinturiers eux-mêmes 36.

Tout le XVIIIe siècle est émaillé de procès avec les maîtres serruriers : le différend concerne la construction et le montage des métiers à bas, chacun revendiquant pour sa communauté l’avantage et l’orgueil d’avoir construit à Nîmes le premier métier. Une fois de plus les fabricants de bas obtiennent gain de cause. En 1766, la profession de monteur de métiers est déclarée libre et indépendante à Nîmes, par arrêt du conseil du roi. Libéré de la tutelle des serruriers, le monteur de métiers passe ainsi plus facilement sous la coupe des fabricants de bas 37.

Si les négociants nîmois tiennent la fabrique languedocienne sous un joug particulièrement pesant, ils sont en revanche rebelles et même franchement hostiles à toute réglementation imposée par le pouvoir central et les manufactures plus anciennes. Ils sont redoutés des inspecteurs des manufactures qui les considèrent comme des gens au caractère très difficile et hautain, ennemis jurés de l’inspection, et avec qui l’on ne peut traiter. Les inspecteurs recommandent même au ministre d’envoyer à Nîmes non pas de jeunes délégués inexpérimentés mais des gens chevronnés rompus aux affaires.

Dans les fabriques nîmoises, les règlements restent en effet lettre morte. En 1770, les syndics des marchands faisant fabriquer les étoffes de soie s’excusent auprès de l’intendant qui leur demandait quelques précisions juridiques : « Ne soyez pas surpris que nous ne puissions satisfaire à la demande que vous nous faites des édits, arrêts et ordonnances sur le fait des règlements : le régime de liberté sous lequel nous vivons depuis si longtemps a sans doute fait penser à nos prédécesseurs que leur collection était inutile ». Ils justifient leur attitude par la situation particulière des fabriques nîmoises spécialisées dans la fabrication d’articles de consommation courante, destinés aux marchés étrangers, et n’hésitent pas à tourner en dérision ces règlements dont ils contestent la prétention à l’universalité. Appropriés aux manufactures parisienne et lyonnaise, dont la production est réservée à la magnificence de la cour et de l’aristocratie, ils seraient infiniment nuisibles à la fabrique de Nîmes dont le succès est fondé sur sa réputation de bon marché, réputation qu’elle doit soutenir face à la concurrence de plusieurs manufactures étrangères. Ils revendiquent l’entière liberté de fabrication, montrant, chiffres à l’appui, qu’elles ont périclité chaque fois qu’elles ont été contraintes de se soumettre aux règlements rédigés pour et par les fabriques de Lyon et de Paris et, qu’en revanche, elles ont prospéré très rapidement lorsqu’elles ont pu y déroger 38. Les inspecteurs des manufactures, sauf quelques exceptions, sont rarement convaincus par ces arguments et les marchands-fabricants de bas se battent pendant tout le XVIIIe siècle pour faire accepter leur production de bas de soie à deux fils, plus fins et plus légers que les bas de soie réglementaires à trois fils qui sortent des manufactures parisienne et lyonnaise : les bonnetiers ne cachent pas qu’ils sont de moins bonne qualité, moins résistants mais ils sont également moins chers et surtout, étant moins épais, ils sont beaucoup mieux appropriés au climat des pays auxquels ils sont destinés. Ce droit leur est tantôt accordé, tantôt refusé suivant les conceptions économiques des différents inspecteurs, mais peu leur importe finalement car ils possèdent un atout de poids pour pouvoir défier impunément l’administration royale : d’importantes rentrées d’argent étranger.

Indifférents aux semonces ou aux accusations des représentants du pouvoir royal, ils sont beaucoup plus attentifs à satisfaire les « caprices » de la clientèle. Les seuls impératifs à suivre en matière de fabrication sont les lois de l’offre et de la demande. Leur succès s’explique par cette conception extrêmement moderne du marché, cet esprit capitaliste, et leur production est soumise à deux critères bien précis : le goût du consommateur et les variations de la mode. Des commissionnaires sont envoyés sur place dans les pays étrangers pour étudier les besoins et les usages vestimentaires de la clientèle. Les bas de soie pour le Pérou sont « blancs et ornés sur les coins de broderies en soies de plusieurs couleurs aux dessins très baroques », conçus sur le modèle des bas de laine que portaient les Péruviennes avant l’introduction des bas nîmois. Les soieries « péruviennes » sont également très chamarrées et les négociants nîmois savent parfaitement qu’elles sont invendables dans les autres pays. Lors de la crise de 1778-1780, à la recherche d’autres débouchés, ils envoient des commanditaires aux États-Unis pour connaître le marché de l’Amérique du Nord. Mais les « péruviennes » ne conviennent pas du tout au goût des Américains du nord qui ne se vêtent que d’étoffes unies et sombres et ne portent que des bas gris ou noirs (39).

Se conformer à la volonté du client qui est « la grande loi du commerce » ne les empêche pas de varier à l’infini les dessins et les motifs et de suivre ou commander ainsi les changements de la mode. A l’origine, la fabrique proposait cinq ou six genres d’étoffes différents ; dès 1760, c’est plus de 120 modèles qu’elle offre sur les marchés. De la même façon, les fabricants de bas sont passés de 7 ou 8 articles à plus de 80. L’éventail du choix s’est largement accru.

Par bien des traits – concentration des capitaux – nouvelle division du travail, déqualification de l’ouvrier, une certaine forme de libéralisme – les fabriques de soie nîmoises peuvent apparaître comme résolument modernes. Mais ce modernisme n’est peut-être encore qu’apparent et comporte certaines limites.

La concentration des instruments de travail demeure inachevée. Elle ne s’accompagne pas d’un regroupement géographique des métiers en gros ateliers. Le système de la location permet au maître de conserver une petite marge de liberté. Il peut encore, pendant tout le XVIIIe siècle, travailler à domicile et même former un petit atelier en louant plusieurs métiers et en ébauchant des apprentis ou des compagnons ou en s’associant avec d’autres maîtres. Même s’ils protestent contre ces accommodements qu’ils jugent illégaux, les négociants ne peuvent les empêcher et l’administration royale prend parti pour les artisans contre ce petit groupe qui tend à monopoliser toute la richesse, en refusant la libéralisation totale du processus de production et la libre concurrence à l’intérieur de la fabrique.

Revendiquant dans leurs seuls intérêts l’entière liberté d’action et de fabrication, ils tiennent les forces productives sous leur contrôle étroit. Pour préserver leurs privilèges, ils imposent un numerus clausus très strict, et reconstituent ainsi un monopole.

Notes

  1. L. Teisseyre, L’industrie lainière à Nîmes au XVIIe siècle : crise conjoncturelle ou crise structurelle 7, Annales du Midi, oct-déc. 1976, pp. 383-400.

  2. Le métier « à la tire » sert à fabriquer les étoffes façonnées. Sont appelées étoffes de petite tire, les taffetas, droguets, satins de qualité courante, par opposition à l’art de la grande tire, technique utilisée dans la fabrication des étoffes brochées en soie, or et argent, dites étoffes riches et qui domine à Lyon, Paris et Tours. Voir Paulet, L’art du fabricant d’étoffes de soie, par M. Paulet, dessinateur et fabricant en étoffes de soie de la ville de Nîmes, Paris, 1773, t. 1, p. XLIII.

  3. Arch. Dép. Hérault, C 2383, rapports des inspecteurs des manufactures sur l’état des manufactures de Nîmes antérieurs à 1778, repris en 1768 par l’intendant de Languedoc, Ballainvilliers, dans ses Mémoires.

  4. Arch. Dép, Hérault, C 2383, Mémoire de l’inspecteur Tricou, tableau des manufactures de Nîmes, 1786.

  5. Arch. Dép. Gard, IVE 23, pièce 53, mémoire des marchands-fabricants de bas sur les règlements du commerce, 1780.

  6. Arch. Dép, Gard, IVE 15, « Statuts et règlements faits et arrêtés sous le bon plaisir du roy par les marchands fabricants de bas de la ville de Nîmes », 1710.

  7. Arch. Dép. Gard, IVE 189, « Statuts et règlements faits et conservés par les marchands fabriquant et faisant fabriquer les étoffes de soye ou mêlées de soye de la ville de Nîmes », 1713.

  8. Arch. Dép. Gard, IVE 17 et 18, Registres de délibérations du corps des marchands-fabricants de bas, 1722 et 1739.

  9. Arch. Dép. Gard, IVE 132, corps des facturiers de burate de Nîmes, statuts et règlements.

  10. Arch. Dép. Gard, IVE 137, corps des marchands cardeurs de soie et filoselle de Nîmes, statuts et règlements.

  11. Arch. Dép. Hérault, C 2646, mémoire des maîtres serruriers, 1764.

  12. Arch. Dép. Hérault, C 2646, lettre de l’intendant au premier commis des finances, 1761.

  13. Arch. Dép. Gard, IE 451, Livre de raison d’Etienne Borrelli, notaire de Nîmes, 1654-1717.

  14. Arch. Dép. Hérault, C 2646, avis de l’inspecteur provincial Le Blanc sur le différend qui oppose à Nîmes serruriers et monteurs de métiers.

  15. Arch. Dép. Gard, IVE 67, lettre du syndic des fabricants de bas de Lyon. 1766.

  16. Arch. Dép. Gard, IVE 137, mémoire des marchands cardeurs de soie au contrôleur général, antérieur à 1778.

  17. Observations du sieur Holker fils, 1774, citées in L. Outil, op. cit., p. 486.

  18. R. Chamboredon, Une famille de négociants nîmois à Cadix : la maison Fornier de Clausonne, DES., Fac, de lettres, Montpellier, 1960, ex. dactylographié.

  19. Arch. Dép. Hérault, C 2641, mémoire des marchands de soie et des fabricants en bas de Nîmes contre la prétention des fabricants de Bordeaux de vérifier à leur bureau les ouvrages de bonneterie qui entrent dans la ville, 1735.     
A. Puech, Les Nîmois dans la deuxième moitié du XVIIe siècle ou la vie de nos ancêtres d’après leurs livres de raison, Nîmes, 1888, p. 202.

  20. Arch. Dép. Gard IVE 40, corps des marchands-fabricants de bas, production des comptes, 17081 et IVE 97, mémoire des marchands-fabricants de bas contre le règlement de 1743 qui leur interdit de faire des bas à 2 fils.

  21. Arch. Dép. Hérault, C 2635, procès-verbaux de visite des syndics du corps des marchands-fabricants de bas de Nîmes.

  22. M. Gouron, L’industrie nîmoise aux XVIIe et XVIIIe siècles, École antique de Nîmes, XVIIe session, 1936, pp. 161-182.

  23. Arch. Dép. Gard, IVE 24, registre des visites générales chez les fabricants de bas pour servir à la recherche des métiers, 1727, et IVE 78, répartition de la taxe annuelle sur tous les marchands-fabricants selon l’étendue de leur commerce et le nombre de leurs métiers.

  24. Arch. Dép. Gard, IVE 200, répartition de la taxe annuelle par les syndics et les 30 directeurs régissant le corps des marchands-fabricants et ouvriers en étoffes de soie de Nîmes, 1761.

  25. Arch. Dép. Gard, IVE 189, arrêt du parlement de Toulouse, 1761.

  26. Arch. Dép. IVE 24 et 78.

  27. Arch. Dép. Gard, IVE 137, mémoire des marchands cardeurs de soie et de filoselle au contrôleur général, antérieur à 1778.

  28. Arch. Dép. Hérault, C 2633, conclusions de Montferrier, syndic général, sur le différend qui oppose les fabricants de Lasalle à ceux de Nîmes, 1730.

  29. Arch. Dép. Gard, IVE 81, répartition de la taxe annuelle sur les marchands-fabricants de bas, 1759-1760.

  30. Arch. Dép. Hérault, C 2640, pétition des fabricants de bas d’Uzès, 1723.

  31. Arch. Dép. Hérault, C 2637, plaintes des fabricants de bas de Nîmes contre le règlement de 1743.

  32. C’est sur les instances des négociants en bas qu’est créée en 1808 l’école des Beaux-Arts de Nîmes.

  33. Paulet, op. cit., p. 19.

  34. Arch. Dép. Hérault, C 2634, mémoire de Le Masurier et Revérony, inspecteurs des manufactures, 1743, et C 2635, mémoire des marchands-fabricants de bas de Nîmes, 1749.

  35. Arch. Dép. Hérault, C 2633, mémoire des marchands-fabricants de bas sur le différend qui les oppose aux teinturiers, 1733.

  36. Arch. Dép. Gard, IVE 67, arrêt du conseil du roi, 1766.

  37. Arch. Dép. Hérault, C 2648, mémoires des syndics des marchands faisant fabriquer les étoffes de soie à l’intendant, 1770-1777.

  38. Arch. Dép. Gard, IVE 23, mémoires des marchands-fabricants de bas au garde des sceaux, au syndic général de la province et à l’intendant du commerce pour protester contre la prohibition espagnole, 1778. Arch. Dép. Hérault, C 2687, mémoire sur le commerce du Languedoc.