Le musée archéologique de Lattes à deux ans :
Programme, réalisations, perspectives

Inauguré le 26 septembre 1986, le musée archéologique municipal de Lattes constitue tout à la fois le musée monographique de l’antique Lattara et celui du littoral lagunaire montpelliérain (fig. 1). Les étangs y sont séparés de la mer par un cordon littoral de formation flandrienne (entre 6500 et 2500 av. notre ère); des chenaux naturels, les graus, mettent ces lagunes en relation avec le large. Ces basses terres humides constituent un milieu naturel original, très tôt habité par l’homme (depuis le néolithique moyen, chasséen) et largement ouvert aux influences méditerranéennes. C’est ici que réside l’intérêt archéologique de Lattes : baigné par sa lagune et relié à l’arrière-pays par un petit fleuve côtier, le Lez, ce site portuaire privilégié fut occupé sur sept siècles sans discontinuer, du VIe siècle av. n. è. jusqu’au IIIe siècle de notre ère. Ce gisement représente donc un observatoire idéal pour étudier les contacts entre le milieu indigène d’une part et les civilisations étrusques, grecques – depuis Marseille – et romaines d’autre part. Cet enjeu a mobilisé les énergies de la commune de Lattes, du Ministère de la Culture (Direction des Musées de France, Direction du Patrimoine) et des Collectivités Territoriales (Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, Conseil Général de l’Hérault et District Urbain de Montpellier) pour constituer un parc archéologique vaste d’environ dix hectares et la construction d’un complexe archéologique ; la commune de Lattes étant maître d’ouvrage. Ces locaux abritent un musée, présenté dans cet article, et un centre de documentation archéologique régional (C.D.A.R.) géré par la Direction des Antiquités du Languedoc-Roussillon 1.

Carte du pays lagunaire
Fig. 1 Carte du pays lagunaire : limites et principaux gisements

Présentation et historique du projet

L’époque moderne, XVIIe, XVIIIe et surtout XIXe siècles – grâce aux prospections suscitées par la Société Archéologique de Montpellier – commençait à peine à mesurer l’importance du site 2. C’est le travail d’Henri Prades et du Groupe Archéologique Painlevé qui la révélera à partir de 1964 3. Dès le XVIIe et jusqu’au XIXe siècle cependant, d’intéressants vestiges archéologiques alimentaient déjà la curiosité des « antiquaires ». Les observations ponctuelles effectuées alors, commençaient à esquisser la topographie de la ville portuaire antique. Selon le rythme des travaux agricoles, chaque hiver apportait sa moisson de vestiges sur des terrains de culture devenus aujourd’hui zone archéologique. 1856 et 1917, par exemple, furent deux années fertiles en découvertes. La nécropole gallo-romaine, bien localisée aujourd’hui à l’emplacement du lotissement Filiès, un quartier du Lattes moderne, livra sa première tombe en 1820. Un riche mobilier funéraire la composait : une urne cinéraire en verre était protégée par un caisson de tegulae ; un grand nombre de balsamaires en verre, quelques vases en céramique et une monnaie frappée à l’effigie d’Antonin en 145 ap. J.C. l’accompagnaient. Dans le même temps, les premières découvertes épigraphiques étaient recensées et les environs immédiats livraient aussi du matériel archéologique, en particulier Soriech, juché sur un côteau dominant la plaine de Lattes. Les érudits du XVIIIe siècle s’interrogeaient pour savoir si le latera de Pline n’avait pas précédé le Lattes actuel 4. Mais les partisans de l’antique oppidum de Fabrègues et de Montpellier restaient nombreux. Finalement, il faudra en 1964 la découverte d’une dalle en calcaire portant gravé le texte de la dédicace au dieu Mars-Auguste par T. Eppilius Astrapton, les artisans et les utriculaires lattois – lattar(enses) dit le texte – pour lever le dernier doute (fig. 2). Depuis cette date, les vingt-sept sondages du Groupe Archéologique Painlevé et la fouille partielle de la nécropole ont considérablement étendu nos connaissances et permis la création du musée.

L’ancien mas Saint-Sauveur, dans lequel ont été aménagés le musée et les autres locaux du Centre Archéologique appartenait au XIXe siècle à la famille du peintre Frédéric Bazille qui l’a représenté en 1863 dans l’un de ses premiers paysages importants. Le mas était alors une ferme modèle, alliant la culture de la vigne, celle des vergers et l’élevage bovin. L’architecte, Jean Massota, a voulu conserver un souvenir de cette époque en dédiant la fontaine du jardin à la mémoire du peintre de Montpellier. Cet espace vert constitue le premier contact des visiteurs avec le musée. Il a donc été particulièrement soigné, puisant toute sa beauté dans la rigueur géométrique de ses pelouses et la simplicité de ses essences typiquement méditerranéennes cyprès, thuyas, lauriers et empelopsis. A l’occasion, il peut servir de surface d’exposition en plein-air pour le lapidaire et la sculpture. Toutefois, dans un très proche avenir, en relation avec la future cafétéria du musée, celui-ci devra être traité comme un véritable jardin public aménagé comme tel : zone de repos et d’accueil pour les adultes, terrain de jeux pour les enfants. L’architecture répond à une triple volonté :

  • Interpénétration du secteur recherche sur un parc archéologique vaste de dix hectares et la présentation muséographique.
  • Adaptation à l’architecture rurale languedocienne façades sobres, enduits grésés, toitures en tuiles rondes.
  • Goût du contraste. L’enveloppe extérieure est modeste et traditionnelle, mais les volumes intérieurs obéissent à une ordonnance moderne.

Les contraintes techniques permettent de rompre la succession uniforme des lieux : ceux-ci trouvent, en effet, une excellente solution de continuité dans les plans inclinés, axes de circulation privilégiés, qui les relient entre eux.

  • Interpénétration du secteur recherche sur un parc archéologique vaste de dix hectares et la présentation muséographique.
  • Adaptation à l’architecture rurale languedocienne façades sobres, enduits grésés, toitures en tuiles rondes.
  • Goût du contraste. L’enveloppe extérieure est modeste et traditionnelle, mais les volumes intérieurs obéissent à une ordonnance moderne.

Les contraintes techniques permettent de rompre la succession uniforme des lieux : ceux-ci trouvent, en effet, une excellente solution de continuité dans les plans inclinés, axes de circulation privilégiés, qui les relient entre eux.

Dédicace au dieu Mars-Auguste par T. Eppilius Astrapton
Fig. 2 Dédicace au dieu Mars-Auguste par T. Eppilius Astrapton et les corporations lattoises

Collection et programme muséographique

La vocation du musée de Lattes est celle qui incombe traditionnellement à tout musée : conservation du patrimoine archéologique, présentation, recherche et animation. Ce dernier point revêt ici, cependant, un caractère distinctif. Cela est dû au type même de la collection et au tissu urbain particulier de Lattes. C’est une commune moderne située aux portes de Montpellier (fig. 3), marquée par un habitat pavillonnaire très lâche groupé en quartiers isolés. Elle y développe des traditions culturelles multiples et, dans le domaine qui est le sien, le musée doit s’efforcer de trouver des formules originales pour être attractif aux yeux des populations locales et régionales. Les collections permanentes issues des diverses fouilles réalisées sur le site de l’antique Lattara et sur les rives de l’étang de Mauguio, sont très riches en témoignages de toutes sortes qui illustrent bien tous les aspects de la vie quotidienne de populations installées à proximité des étangs et de la mer. Des objets caractéristiques ou des séries particulièrement significatives ont été préférées à une représentation de masse. Un grand souci de flexibilité permettra de tenir les publics informés de l’avancement des recherches et des découvertes récentes. Le parcours muséographique s’organise chronologiquement et thématiquement.

Le porche d’entrée (fig. 4) et le plan incliné qui conduit à la première salle d’exposition constituent des espaces essentiels car ils définissent le territoire dont le musée est le reflet. Une grande carte situe Lattes et les principaux gisements lagunaires (fig. 1). Deux rivières, Lez et Vidourle, forment les limites est et ouest. Au nord, la voie Domitienne joue ce rôle : quatre bornes la matérialisent. Tout en jalonnant le tracé de cet axe principal de la Province entre Lez et Vidourle depuis Narbonne vers l’Italie, elles commémorent aussi les grands travaux publics exécutés au cours de la première moitié du Ier siècle ap. J.C., sous les règnes des empereurs Auguste, Tibère et Claude. Un autre de ces monuments dédié au César Galère (entre 298 et le 1er mai 305) prouve qu’à cette époque les milles étaient comptés non plus depuis Narbonne vers l’Italie, mais en sens inverse, depuis Nîmes vers Narbonne (fig. 5). Avec trente-deux autres blocs inscrits ou sculptés, ces cinq bornes composent le dépôt consenti par la Société Archéologique de Montpellier au musée de Lattes 5. Au sud, se trouvent les étangs et la côte. La reproduction photographique en grand format de cartes anciennes depuis un portulan de la fin du XIIIe siècle jusqu’à la carte de « Cassini » témoignent de l’instabilité du Lez à son embouchure et du rapide colmatage des étangs sous l’action des petits fleuves côtiers 6 (fig. 6 a, b, c).

Plan de situation du centre archéologique et du musée de Lattes
Fig. 3 Plan de situation du centre archéologique et du musée de Lattes
Le porche d'entrée du musée
Fig. 4 Le porche d'entrée du musée. Au fond dans l'embrasure d'une porte murée, épitaphe de Cascellia Olympiadis - IIe s. ap. J.C. ; bornes milliaires d'Auguste - 3 ap. J.C. -, de Claude - 41 ap. J.C. -, de Tibère - 31/32 ap. J.C. - (Photo D. Kuentz)
Char votif du Bronze Final III B. Fragments de roue et d'essieu
Fig. 6 Char votif du Bronze Final III B. Fragments de roue et d'essieu (Dessin V. Ageorges)
Char votif du Bronze Final III B. Fragments de roue et d'essieu
Fig. 6 Char votif du Bronze Final III B. Fragments de roue et d'essieu (Dessin V. Ageorges)

Au premier étage, le niveau inférieur constitue une surface d’exposition temporaire, tandis que les objets les plus anciens des collections permanentes sont présentés au deuxième niveau. Parfois, à l’occasion d’expositions plus importantes, la totalité du premier étage peut être consacrée à des manifestations temporaires. Préhistoire récente du pays lagunaire 7. Les chasséens sont les premiers occupants, agriculteurs-éleveurs, de la région. Cette brillante civilisation, qui a couvert une grande partie de la France entre 3500 et 2800 av. J.C., se reconnaît à un très bel outillage de silex composé de fines lamelles à section trapézoïdale et à une magnifique céramique, fine, lustrée, très moderne par ses formes. Cette culture a été définie grâce aux fouilles de Jean Arnal à la grotte de la Madeleine (commune de Villeneuve-lès-Maguelone, Hérault) entre 1946 et 1949. Ce célèbre préhistorien, récemment disparu, a fait don du produit des fouilles sur ce site au musée (vitrine 13). A Lattes même, certains sondages effectués par Henri Prades ont révélé un village chasséen de plein-air qui a également livré un riche mobilier lithique et céramique (vitrine I 4a) et une sépulture féminine.

Carte du Languedoc avec les confins des Païs et Provinces voisines, 1648
Fig. 7a Carte du Languedoc avec les confins des Païs et Provinces voisines, 1648, éch. 1/240.000 environ, B. N. Ge C 6680 (Photo B. N.)
Carte générale des estangs de Languedoc..., déb. XVIII e s.
Fig. 7b Carte générale des estangs de Languedoc..., déb. XVIIIe s., B. N., 10 631, port. 73, div. 2, pièce 17 (Photo B. N.)

Les étangs à l’âge des métaux : les premiers échanges 8. Dès l’âge du Bronze Moyen (vers 1200 av. J.C.) et au Bronze Final III (vers 950-700 av. J.C.), le pays lagunaire s’ouvre vers le monde méditerranéen, en particulier vers l’Italie du Nord. Une métallurgie artisanale se développe. Nous présentons des moules de fondeur et une belle série de fragments de céramique régionale à décor incisé géométrique, caractéristique du Bronze Final III B (850-750 av. J.C.) trouvés sur les gisements de Camp-Redon, Forton, Tonnerre (fig. 1). 

Carte de la partie maritime du Languedoc..., déb. XVIIIe s.
Fig. 7c Carte de la partie maritime du Languedoc..., déb. XVIIIe s., B. N., Ge D 3105 (Photo B. N.)

Cette ornementation s’organise parfois en de véritables scènes figurées, avec une grande économie de moyens qui consacre la valeur esthétique de ces tessons. Des fragments de petits chars votifs en terre cuite sont aussi exposés accompagnés d’un dessin de mise en situation (fig. 6). Les villages du l’Age du Fer, établis sur les rives de l’étang de Mauguio furent parmi les premiers en Gaule méridionale à recevoir des importations de céramiques méditerranéennes dès 625 av. notre ère, d’abord étrusques (amphores vinaires et canthares en bucchero nero – céramique fine de couleur noire -). Les céramiques grecques apparaissent un peu plus tard vers 600 avant notre ère vases importés de Grèce orientale et de Grèce propre. Vers 575, apparaissent les premiers vases grecs d’occident provenant de Marseille.

Deuxième étage

Deuxième Âge du Fer vers l’urbanisation, développement du port de Lattes. Cette section est fondamentale, même si l’état d’avancement des fouilles ne permet d’y consacrer pour le moment qu’un espace assez réduit. Assurément, les recherches en cours feront progresser la connaissance que nous avons du Lattes protohistorique. C’est vers 525 av. n. ère que les villages lagunaires des époques précédentes sont abandonnés au bénéfice de Lattes. Devenu un relais du commerce marseillais, le port assure une fonction marchande de redistribution des produits importés vers l’arrière-pays, en particulier la moyenne vallée du Lez dominée par l’important oppidum de Sextantio (Castelnau-le-Lez). Progressivement, une ville naît et se développe à l’embouchure du Lez dans l’étang.

A l’aide du matériel à notre disposition, (céramique, verre, métal…) plusieurs aspects sont évoqués : la place commerciale indigène, les influences extérieures (étrusque, grecque – depuis Marseille -, celtique, ibérique) et les phénomènes d’acculturation. Une sélection de tessons de céramique attique (VIe-IVe siècles av. n. è.), trois trésors monétaires des IIIe-IIe siècles av. n. è. (deux trésors d’oboles massaliètes et un trésor de monnaies celtiques dites « à la croix » – parmi lesquelles quatre rares pièces à légende ibérique « Akerekonton » -) 9, des fragments de bracelets en verre (IIe-Ier siècles av. n. è.) et de la céramique de type celtique peinte ou décorée au brunissoir (IIe siècle av. n. è.), apparaissent comme les points forts de cette section (vitrines II, la-c). L’écriture se répand : présents dès les niveaux les plus anciens sur des tessons étrusques, les graffiti se multiplient aux IIIe-IIe siècles av. n. è., en particulier sur la céramique campanienne (vitrine II, le) (fig. 3).

Vivre à Lattara I. Actuellement, la période gallo-romaine est la mieux illustrée. L’abondance des vestiges nous permet d’aborder de nombreux aspects liés à la vie quotidienne des anciens lattois : l’alimentation et la cuisine ; le service de la table la maison, sa construction, son décor, son mobilier ; le monde des morts. C’est de la nécropole gallo-romaine que proviennent la plupart des objets entiers exposés dans le musée. Les cent soixante tombes fouillées par Henri Prades et le Groupe Archéologique Painlevé entre 1968 et 1972, ont livré près d’un millier d’objets. Parmi eux, une trentaine d’épitaphes qui font parties des plus anciennes inscriptions latines de Narbonnaise 10 (fig. 8) et une remarquable série de vases en verre soufflé, certains importés d’Italie du nord, d’autres produits régionalement (fig. 9).

Quelques épitaphes de la nécropole gallo-romaine de Lattes
Fig. 8 Quelques épitaphes de la nécropole gallo-romaine de Lattes (Photo D. Kuentz)
Vases en verre soufflé, Ier siècle ap. J.C.
Fig. 9 Vases en verre soufflé, Ier siècle ap. J.C. (Photo D. Kuentz)

Mezzanine, troisième étage

Vivre à Lattara II. D’autres activités du port gallo-romain sont ici évoqués : – les métiers et l’activité économique ; – la toilette, le costume, la parure ; – la détente, les loisirs, les divertissements ; – les croyances et les divinités. Ce dernier thème est matérialisé par la vitrine III 1. Elle se trouve sous le linteau épigraphe d’un fanum à Mercure qui jouxtait la nécropole : [Me] rç [u] rio vot(um) so [Ivit]. A Mercure, il a acquitté ce vœu. Le texte de la dédicace au dieu Mars-Auguste par T. Eppilius Astrapton et les corporations lattoises se trouve à l’intérieur de la vitrine : Deo Marti Aug(usto) / et gen(io) col(legii) sevir(orum) / aug(ustalium), T(itus) Eppil(ius) Astrapton, /fabr(i) et utric(ularii) lattar(enses) / p[ro] mer(itis) eor(um), ou plus probablement, semble-t-il, [o] b mer(ita) eor(um). Au dieu Mars-Auguste et au génie du collège des sevirs augustaux, Titus Eppilius Astrapton, les artisans et les utriculaires lattois en échange de leurs bienfaits 11 (fig. 2). Cette inscription offre le double intérêt de mentionner l’ethnique des anciens Lattois et de refléter l’activité portuaire au IIe siècle ap. n. è. : Titus Eppilius Astrapton est un notable, vraisemblablement un affranchi, peut-être enrichi dans le commerce maritime. Les corporations sont nommées. Celle des utriculaires, marins qui manœuvraient des radeaux flottant grâce à des outres (utriculi) apporte un témoignage très concret sur l’activité du port 12. Ces très légères embarcations étaient conçues pour naviguer sur un très faible tirant-d’eau. Il était impossible aux gros cargos, dont le chargement pouvait dépasser plusieurs milliers d’amphores, de parvenir jusqu’à Lattes. Sans doute y avait-il une rupture de charge au large, près des graus ?

Après Lattara. Au début du IIIe siècle de notre ère, la vie semble progressivement déserter Lattes. Ce sont vraisemblablement des causes naturelles : pluies, remontée de la nappe phréatique, alluvionnement plus important du Lez et ensablement du port, qui ont chassé les populations vers les sites alentours, plus élevés et par conséquent naturellement drainés. Située à quelques kilomètres plus au nord, vers Montpellier, la nécropole Saint-Michel a livré un important mobilier céramique, métal, verreries. L’Antiquité Tardive (IVe siècle) est bien illustrée par cet ensemble exceptionnel (vitrine III, fig. 7 a, b, c) 13. Au XIIe siècle, Lattes, devenu le port de Montpellier, connaîtra un nouvel Âge d’Or. Seuls les documents d’archives nous donnent une approche de cette période pour le moment, mais l’archéologie médiévale est pleine de promesses à Lattes, comme l’ont largement prouvé quelques travaux d’urbanisme récents 14. Les choix muséographiques obéissent à quelques principes simples. Nous nous sommes efforcés de tenir compte des possibilités volumétriques des salles : au troisième niveau, par exemple, la vue plongeante depuis la mezzanine sur une partie du lapidaire exposé a été débarrassée de tout élément parasite (fig. 10). Les supports muséographiques sont volontairement austères, pas pauvres : ils sont adaptés aux collections. Les lourdes bornes milliaires du début de l’Empire, exposées sous le porche d’entrée, reposent sur des socles de béton brut qui soulignent leur masse. Pour d’autres œuvres qui gagnent à être plus vigoureusement encadrées, nous utilisons des poutrelles métalliques. Les vitrines ont une transparence maximum et ne voudraient offrir aux visiteurs que la vue des objets exposés. Une nécessaire hiérarchie les ordonne afin de dégager les pièces principales. Des panneaux documentaires accompagnent les collections car tout objet archéologique oblige le visiteur à une évocation mentale du passé où la connaissance historique occupe une place importante. Toutefois, nous avons veillé à ce que les œuvres et la documentation ne se trouvent pas sous le même angle de vision (fig. 11). A l’intérieur des vitrines, ne subsistent à côté des objets que quelques points de repères et des dessins de mise en situation, exécutés au trait. Ils sont présentés sur un support transparent car ils épousent ainsi la couleur du fond de la vitrine pour plus de discrétion. Les salles baignent dans une demi-pénombre pour offrir un contexte plus favorable aux effets de lumière que nous avons recherchés. La lumière naturelle possède, en effet, des qualités incomparables : à la fois puissante et changeante (en fonction de l’ensoleillement), elle permet d’obtenir des effets de cadrage dynamique sur nos séries majeures la ronde-bosse gallo-romaine sous le puits à lumière du deuxième étage (fig. 12) ou les verreries exposées devant l’une des deux importantes baies vitrées qui dominent le site (fig. 9). Ces ouvertures sont traitées comme de véritables vitrines supplémentaires ajoutées au parcours muséographique. Mais la lumière artificielle est parfois plus fonctionnelle : – point lumineux pour mettre en valeur un objet pris en particulier parmi un groupe un peu monotone ; – éclairage rasant pour mieux faire ressortir les lignes d’une inscription usée par le temps.

Vue sur le 2e étage et la mezzanine
Fig. 10 Vue sur le 2e étage et la mezzanine
(Photo D. Kuentz)
Présentation de la documentation "lourde" panneaux suspendus
Fig. 11 Présentation de la documentation "lourde" panneaux suspendus sur des câbles tendus
(Photo D. Kuentz)
Sculptures gallo-romaines (Ier-IIe siècles)
Fig. 12 Sculptures gallo-romaines (Ier-IIe siècles), présentées sous "le puits à lumière"
(Photo D. Kuentz)

Études et animations

Parallèlement à l’inventaire qui se poursuit, l’étude des collections s’organise dans le cadre du musée. Un guide des collections paraîtra prochainement ainsi que la présentation de petites séries (verrerie ; céramique à glaçure plombifère ; graffiti sur céramique). L’étude des grands ensembles, tel celui du mobilier de la nécropole gallo-romaine, sera prochainement mise en chantier. Les diverses expositions temporaires créées par le musée sur des sujets originaux témoignent concrètement du même esprit d’investigation. Sans céder à « l’expositionite » (n’exposer que pour occuper un espace et y attirer le public), l’exposition aide la recherche archéologique et historique en réunissant des objets dispersés sur un thème précis. Elle facilite les mises au point, les comparaisons, et tire de l’oubli les vestiges ignorés. Les sujets déjà traités sont variés : « Les étangs à l’époque médiévale. D’Aigues-Mortes à Maguelone » (1986) 15, … « Les derniers romains en Septimanie. IVe-VIIIe siècles » (1987) 16. « Les vases à mémoire. Les collections de céramique grecque dans le midi de la France » (1988) 17. Des colloques les accompagnent régulièrement : « Relations culturelles et commerciales entre la Gaule méridionale et le monde méditerranéen, IVe-VIIIe siècles », coorganisés avec l’Association Française d’Archéologie Mérovingienne ; « Anticomanie ? La collection d’antiquités en France aux XVIIIe et XIXe siècles », préparé en collaboration avec le C.I.D. Charles Dugas, Équipe de Recherche et de Documentation, Université Paul Valéry, Montpellier et l’association I.R.I.S., Information et Recherche sur les Images et les Signes. Le musée a également entrepris une série de manifestations sur le thème du spectaculaire dans le monde romain. Une première exposition « Les gladiateurs » a été montée à Lattes en 1987 18, puis présentée à Toulouse (musée Saint-Raymond), et à Lyon (musée de la civilisation gallo-romaine). Un colloque « Gladiateurs et amphithéâtres » fut mis sur pied avec l’aide du Centre de Recherche Archéologique de l’Université de Toulouse-le-Mirail et l’Institut de Recherche sur l’Architecture Antique du C.N.R.S. (Bureau de Pau) 19. En 1988-89, le musée propose une autre exposition « Le goût du théâtre à Rome et en Gaule romaine » du 15 décembre 1988 au 30 avril 1989. Cette manifestation rassemblera des objets liés directement au théâtre (statuettes, épigraphie…) et d’autres aussi qui utilisent ce thème dans l’ornementation de la maison (mosaïques, enduits peints, oscilla), dans le décor des objets de la vie quotidienne (céramique, glyptique…) et dans l’art funéraire (sarcophages, masques…). L’édifice sera également évoqué grâce à l’épigraphie (dédicaces) et à des relevés d’architectes du XIXe siècle qui ont travaillé à Orange, Arles et à Pompéi. Le catalogue contiendra cent cinquante notices environ. Une table ronde « Le théâtre et ses spectacles en Gaule romaine » clôturera l’exposition les 28 et 29 avril 1989. Un dernier projet (exposition et colloque) autour du cirque prévu en 1989-90 sera destiné à mesurer l’impact des courses de chars à Rome et à Byzance. Il terminera ce cycle sur le spectaculaire.

C’est donc une véritable habitude de fréquentation que le musée voudrait créer. Le mélange des genres culturels pratiqués autour de thèmes archéologiques et historiques, uniques raisons d’être du musée, répond à cette volonté. Les expositions, les colloques, les festivals cinéma la matérialisent. Tous les publics sont ainsi concernés : l’amateur d’antiquités, le « spécialiste » et le « péplophile » friand de « films antiques ». La salle de conférence du musée possède, en effet, un bon équipement de projection 35 mm. L’osmose entre musée et cinéma est particulièrement harmonieuse : l’un comme l’autre apprennent à regarder et il existe entre eux une parfaite complémentarité. Les films programmés évoquent le passé. Ils animent des événements, des personnages présents à l’esprit de l’amateur d’antiquités, comme la disparition de Pompéi ou des héros populaires tels que Spartacus, Ben-Hur, longs métrages présentés à l’occasion des « Gladiateurs ». D’un autre côté, le musée concrétise et parfois redresse l’imagination du cinéphile par des objets réels. Mais, bien sûr, cette confrontation vise surtout à développer l’analyse et non l’hypercritique nous ne cherchons pas à savoir si oui ou non le cinéma déforme l’histoire. Compter les anachronismes et les invraisemblances dans un bon péplum nous paraît constituer un exercice bien fastidieux, n’en déplaise aux archéologues trop cartésiens. Il est intéressant, pour le jeune public en particulier, de relever ce qui se rapporte aux spectacles, à la mode, à l’animation, etc., à la fois au cinéma et dans les vitrines du musée. A l’occasion des expositions déjà citées, nous avons plusieurs fois reproduit cette expérience : « Le Moyen Age au cinéma » avec une dizaine de films (« La source », « Le septième sceau » de I. Bergman, 1960 et 1956 ou encore « Le Cid » d’A. Mann, 1960) et enfin « Les Barbares au cinéma » réunissant huit longs métrages (parmi lesquels les « Nibelungen » de F. Lang, 1923-25, ou encore Théodora de R. Freda, 1954). Nous continuons et nous poursuivrons cette activité.

Une librairie spécialisée dans l’archéologie et l’histoire ancienne accueille les visiteurs dans le hall du musée. Elle, aussi, entraîne des habitudes de fréquentation : on peut venir au musée de Lattes faire l’acquisition du dernier numéro de telle ou telle revue sans pour autant vouloir visiter les salles d’exposition. Cette librairie est appelée à se développer, non seulement dans sa spécialité, mais aussi en proposant des séries nouvelles fortement évocatrices pour un musée archéologique, comme les romans historiques ou les livres d’ethnologie.

Toute l’activité culturo-commerciale du musée : cinéma, éditions (catalogues d’expositions, actes de colloques, affiches, cartes postales…), librairie et vente de moulages ou de copies, est gérée par Imago, une association qui réinvestit les bénéfices dégagés dans les projets culturels du musée. Il lui incombe aussi de compléter ses ressources financières en sollicitant le mécénat public ou privé. L’action d’Imago et celle du musée sont étroitement liées.

Le bâtiment voisin, attenant au musée, a récemment été acquis par la commune de Lattes. Il permettra de compléter les services offerts aux visiteurs. Son aménagement, prévu pour 1989-90, rendra, nous l’espérons, le musée agréable à tous les publics. Au rez-de-chaussée de ces nouveaux locaux, une cafétéria sera ouverte ; au premier étage, un espace polyvalent accueillera un service éducatif et au deuxième niveau, sur une mezzanine, une bibliothèque pour enfants sera aménagée. Elle rassemblera des bandes dessinées et des livres illustrés sur l’archéologie et l’histoire ancienne.

En deux années d’existence, les mécanismes de fonctionnement se sont rodés. Les forces et les faiblesses de l’expérience tentée au musée de Lattes apparaissent clairement. Son originalité première vient du type même de musée qu’il illustre, musée de « site » et de « pays », vivifié par une muséographie flexible. Il s’efforce ensuite de comparer l’archéologie lattoise à d’autres aspects de l’archéologie ou de l’histoire ancienne du bassin méditerranéen. Les sujets traités, abordés sous plusieurs angles (expositions, colloques, cinéma…) s’en trouvent dynamisés. Dans son fonctionnement enfin, la collaboration entre la commune de Lattes et le secteur associatif (Imago) lui assure une plus grande efficacité.

Notes

   1. Henri Prades a révélé l’importance du site archéologique de Lattes et montré la nécessité d’édifier un Centre Archéologique. G. Barruol, inspecteur général de l’archéologie, eut alors l’idée originale de faire cohabiter dans un même lieu trois administrations complémentaires et pourtant traditionnellement séparées en France), le musée d’une part, puis une antenne de la direction des antiquités du Languedoc-Roussillon et une équipe d’archéologues du C.N.R.S. (ER 290, groupe dont il est le directeur). M. Vaillat, maire de Lattes et conseiller général, a toujours soutenu ce projet et il favorise aujourd’hui pleinement le développement du musée municipal. A. Nickels, directeur des antiquités du Languedoc- Roussillon, gère le C.D.A.R. Les fouilles du site sont placées sous la responsabilité de M. Py, chercheur au C.N.R.S. La présentation muséographique a bénéficié des conseils et de l’amicale complicité de C. Poinssot, conservateur en chef à l’inspection générale des musées classés et contrôlés. Sur cette réalisation, voir : Le Centre Archéologique et musée de Lattes, dossier de presse du ministère de la Culture et de la Communication diffusé le 26 septembre 1986 ; Le complexe archéologique de Lattes, dans Archeologia, n° 220, janvier 1987, p. 46-54 ; Lattes, côté recherche, dossier présenté dans Nouvelles de l’Archéologie, n° 25, automne 1986 (diffusé en mars 1987), p. 55-81 ; un nouveau musée de Site : le musée archéologique de Lattes (Hérault), Revue du Louvre, 3, 1986, p. 233-234 ; Le Centre Archéologique de Lattes, Lattes, 1988, 47 p.

   2. Chr. Landes, Les découvertes anciennes sur Lattes et ses environs, Lattara 1 (nouvelle série éditée par le Centre Archéologique de Lattes), à paraître fin 1988.

   3. J. Arnal, R. Majurel, H. Prades, Le port de Lattara, Bordighera Montpellier, 1974; M. Py, Sondages dans l’habitat antique de Lattes. Les fouilles d’Henri Prades et du Groupe Archéologique Painlevé (1963-1985), Lattara 1, à paraître fin 1988.

   4. Sources anciennes sur Lattes : Pomponius Mela, Géographie, II, 5 ; Pline, Histoire Naturelle, IX, 9 ; Festus Avienus, Ora Maritima, vers 559 (douteux) ; Ravennati Anonymi Cosmographia, liv. IV, sect. 28 ; Liv. V, sect. 3 dans Dom Bouquet, Recueil des Historiens des Gaules, Paris, 1869, t. 1, p. 120-121.

   5. Ce dépôt représente trente-sept monuments lapidaires : fragments d’architecture, bornes milliaires, épitaphes, autels votifs, sculptures.

   6. Carte dite « Pisane » manuscrit sur velin, fin du XIIIe siècle, 50 x 105 cm, B. N., cartes et plans, Ge B 1118. Carte du Languedoc avec les confins de Païs et provinces voisines (détail), 1648, 1/240 000e environ, B. N., Cartes et Plans, Ge C 6680. Carte générale des estangs de Languedoc depuis le mole d’Agde jusques aux Terres d’Aigues-mortes et à l’anbouchure de la rivière de Vidourle, B. N., cartes et plans, 10 631, port. 73, div. 2, pièce 17, déb. XVIIIe s., Carte de la partie maritime du Languedoc… de Frontignan à Aigues-Mortes, 1 feuille manuscrite, 41 x 45, déb. XVIIIe s., Carte dite « de Cassini » dressée en 1774-1775 par Langelay (détail de la feuille n° 22, Montpellier).

   7. L’occupation des rivages de l’étang de Mauguio (Hérault) au Bronze Final et au premier Age du Fer, t. 1 : Les recherches du Groupe Archéologique Painlevé (1969-1976) ; t. 2 : Sondages et sauvetages programmés (1976-1979) ; t. 3 : Synthèses et Annexes, Caveirac, 1985 (cahiers ARALO, n° 11, 12 et 13).

   8. Sur le médailler de Lattes, voir R. Majurel, J. Arnal, H. Prades, Le trésor d’oboles massaliotes de Lattes (Hérault), Ogam, 18, 1966, p. 275-286 ; id., Deux nouveaux trésors de Lattes – Hérault – (oboles massaliotes et monnaies à la croix), Ogam, 19, 1967, p. 397-433 ; J.-C. Richard, Les monnaies à la croix et le trésor de Lattes (Hérault, France), Jahrbuch fôr Numismatik und Geldgeschichte, 1970, p. 49-62 ; R. Majurel, J. Rivière, H. Prades, Considérations sur le monnayage antique de Lattes, Acta Numismatica, VIII, 1978, p. 47-87 ; J-C. Richard, G. Depeyrot, L. Albagnac, Étude des découvertes et de la circulation monétaire dans la région de Montpellier – Hérault, France – (IIIe siècle av. J.C. – Ve siècle ap. JC.), Numisma, 28e année, n° 150-155, 1978, p. 241-306 ; J.-C. Richard, Un aureus de Claude à Lattes et les trouvailles de monnaies d’or antiques dans l’Hérault, Bull. de la Soc. Française de Numismatique, 10, décembre 1980, p. 789-792 ; J.-C. Richard, Les monnayages indigènes de la Gaule méridionale acquisitions récentes et problèmes, Actes du IXe Congrès International de Numismatique (Berne, 1979), Berne, 1981, p. 618-629.

   9. E. Demougeot, Stèles funéraires d’une nécropole de Lattes, RAN, V, 1972, p. 49-116.

   10.   C. Pistolet, Les verres de la nécropole de Lattes, Hérault, Archéologie en Languedoc, 4, 1981, p. 5-58.

   11.   E. Demougeot, L’inscription de Lattes (Hérault), REA, 68, 1966, p. 86-100 ; ibid., P.-M. Duval, Chronique gallo-romaine, p. 351-352 ; AH, 1966, 247. Titus Eppilius Astrapton est un homme libre, comme le prouvent les tria nomina qui le désignent. Astrapton est un cognomen d’origine grecque. Or, ceux-ci se rencontrent souvent chez les affranchis. D’autre part, Astrapton est rare : ce surnom a cependant été relevé deux fois à Rome, porté par des esclaves (Ier et Ier-IIe siècles), cf. H. Solin, Die griechischen Personennamen in Rom. Ein Namenbuch, Berlin-New York, 1982, t. 2, p. 686.

   12.   Sur les utriculaires, voir J. Rougé, Utricularii, Cahiers d’Histoire, IV, 1959, p. 285-306 ; P. Kneissl, Die Utriclarii, Bonner Jahrbücher, 181, 1981, p. 169-203.

   13.   R. Majurel, J. Menager, H. Prades, L’habitat et la nécropole de Saint-Michel, Ogam, t. 22-25, fasc. 1-3, 1970-1973, p. 49-124.

   14.   Des travaux de voierie devant le camping Les Quatre-Saisons en juin 1986 ont dégagé le rempart est du castrum médiéval de Lattes ; le décaissement de la place de la mairie (juillet 1986) a permis d’observer les fondations de l’ancien massif occidental de l’église Saint-Laurent, édifice romano-gothique des années 1200.

   15.   Les étangs à l’époque médiévale. D’Aigues-Mortes à Maguelone, 1986, 16 x 24 cm, 11 photos en couleur, 94 photos en noir et blanc, 46 dessins au trait, 174 pages. Les grands moments de l’histoire et de l’archéologie médiévale de la région lagunaire située au sud de Montpellier Psalmodi, Aigues-Mortes, Maguelone, Lattes.

   16.   Les derniers romains en Septimanie. IVe-VIIIe siècles, 1987, 20 x 24 cm, 183 photos, 91 dessins, 240 pages. Ce volume contient les actes du colloque Gaule mérovingienne et Méditerranée et le catalogue de l’exposition qui réunissait 126 objets trouvés sur le territoire de l’ancienne Septimanie.

   17.   Vases à mémoire. Les collections de céramiques grecques conservées dans le midi de la France, 1988, 21 x 29, 7 cm, 199 photos, 5 dessins au trait, 168 pages. Évocation des grandes collections de céramiques grecques du XIXe siècle conservées dans neuf musées de France méridionale (collections Chaix, Ingres, Fabre, Valedeau, Campana…).

   18.   Les gladiateurs, 1987,21 x 21 cm, 8 photos en couleur, 120 photos en noir et blanc, 10 dessins au trait, 191 pages. A l’aide de 104 objets originaux empruntés dans divers musées français et européens, évocation de la gladiature : connaissance des gladiateurs (aspects techniques, types de spectacles, etc.) ; représentation des gladiateurs (peinture murale, bronze, lampes, verreries, céramiques, sculptures, etc.).

   19.   La parution des actes du colloque international « Amphithéâtres et gladiateurs » est prévue pour la fin du premier semestre 1989.