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2.00

Description

Le fonds des familles Nicolas
et Mondié et la correspondance militaire d’André Nicolas

* Assistant de Conservation du Patrimoine. Archives Départementales de l’Hérault.

Les Archives privées permettent à l’historien d’avoir accès à une documentation présentant plus d’une variante avec les archives dites « institutionnelles ». Elles constituent des données plus quotidiennes, parfois plus concrètes, que les données diffusées par l’intermédiaire des organismes et producteurs officiels. Cet état de fait a pu déjà être souligné, dans l’exemple précis des archives privées conservées parmi les archives hospitalières. Mais il prend toute son ampleur dans les documents conservés dans les familles, parfois pendant plusieurs générations : ce n’est qu’à l’occasion de donations ou dépôts que des versions inédites de l’histoire locale peuvent être mises à la disposition du public et des chercheurs.

De tels exemples ont d’ores et déjà fait l’objet de plusieurs articles dans les numéros précédents des Etudes Héraultaises. A l’occasion du classement du fonds des familles Nicolas et Mondié (87 J), il semble opportun de souligner à nouveau ce point. Comprenant une importante correspondance militaire échangée à l’occasion de la Grande Guerre, ce fonds permet de restituer un témoignage particulièrement vivant de la participation d’un Héraultais à ce conflit dont nous célébrons le centenaire cette année. La campagne d’André Nicolas (1894-1970) est parfaitement documentée par des lettres écrites presque quotidiennement à sa famille restée à l’arrière. Elle l’a fait voyager non seulement sur les fronts bien connus des Vosges, de la Somme et de l’Alsace, mais présentent également l’originalité d’un passage sur l’île de Corfou en 1916, occasion de commentaires et de descriptions pour le moins savoureuses d’une culture étrangère.

Mais avant de nous plonger à notre tour dans les tranchées et les souvenirs de la Première guerre mondiale, il convient de faire le point sur le contexte socio-culturel de cette famille. Les recherches actuelles soulignent en effet le poids culturel qui peut influer sur l’appréciation des correspondances militaires. Les expériences vécues par les combattants pendant le premier conflit mondial ne peuvent se ramener à une description unique. Elles dépendent du statut social des hommes (éducation, métier, croyances religieuses, etc.). C’est ce qui donne sa valeur à chaque témoignage.

Car là où l’on attend une description, voire une émotion individuelle, peuvent se profiler au contraire des séries de phrases toutes faites, répétées, notamment parmi les poilus peu lettrés. Encouragées par la censure, elles empêchent toute appréciation subjective. Ici, au contraire, le parcours scolaire et le cadre social du soldat mobilisé contribuent à détacher sa correspondance de ce flot de mots uniformes. Descriptions, critiques, ou encore analyses de terrains montrent sa pleine appréciation de l’expérience vécue, donne toute leur valeur à ces lettres conservées, valeur d’autant plus importantes qu’elles sont complétées par une série de photographies prises sur le front. C’est pourquoi nous nous attacherons en premier lieu à présenter le cadre familial tel que nous le présente ce fonds, avant de nous pencher plus précisément sur ces témoignages inédits de la Première Guerre mondiale. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2014

Nombre de pages

12

Auteur(s)

Rafaël HYACINTHE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf