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Description

De nouvelles sources pour l’Histoire de la Résistance
en Languedoc-Roussillon :
les archives d’André Pavelet, chef régional Maquis

En décembre 2008, les Archives départementales de l’Hérault ont reçu par voie de don un remarquable fonds d’archives lié à la Résistance et à la déportation. Les archives du colonel André Pavelet (1909-1967), chef régional Maquis pour la région clandestine R3 (Languedoc-Roussillon), confiées par sa fille Chantal Pavelet, y forment désormais la sous-série 173 J. Ce fonds offre de nouvelles sources à la recherche historique et propose d’intéressantes pistes de réflexion sur la Résistance dans la région.

Le colonel André Pavelet (1909-1967)

Le colonel André Raymond Pavelet est né le 5 mai 1909 à Magny-lès-Aubigny (Côte-d’Or). Après avoir suivi d’octobre 1931 à juillet 1933 les enseignements de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (118e promotion dite « Promotion du Tafilalet »), André Pavelet est affecté comme lieutenant au 27e régiment d’infanterie et, en 1938, dans les Pyrénées, au 81e régiment d’infanterie, comme chef de section d’éclaireurs-skieurs.

Lorsque la guerre est déclarée en septembre 1939, le lieutenant Pavelet est officier au 15e bataillon d’infanterie légère, puis, en juin 1940, lors de la percée allemande, il est officier de renseignements à la 4e demi-brigade d’infanterie légère, dans le Jura. André Pavelet s’illustre au cours des combats des 16 et 17 juin 1940 autour du fort Catinat (ou Fort de Larmont supérieur), près de Pontarlier. Ce fort, construit en 1880-1883, de structure ancienne et obsolète, dispose d’une petite garnison, de quatre mitrailleuses et d’un stock limité de munitions et de grenades. Le 16 juin 1940, les troupes allemandes sont signalées à proximité. A 19 h 30, de nombreuses unités françaises en retraite traversent Pontarlier, se dirigeant vers Morez par la route Pontarlier – Oye-et-Pallet.

La 4e demi-brigade composée de troupes variées est placée sous les ordres du chef de bataillon Davouze ; elle reçoit l’ordre de s’opposer à la progression ennemie et de retarder son avance. Durant toute la nuit, elle organise les défenses rapprochées. Le 17 juin au matin, vers 5 h 30, quatre automitrailleuses allemandes, sont repérées à la sortie Est de Pontarlier. Le lieutenant André Pavelet, en tant qu’officier de renseignements, est alors chargé de les identifier et part avec quatre hommes dans une voiture ; il retrouve les véhicules ennemis et prend contact. Les cinq hommes réussissent à se replier et rejoignent le fort où l’état-major de la 4e demi-brigade s’est installé. La garnison du fort est alors renforcée par des douaniers et divers éléments de troupes dont l’armement est hétéroclite. Des civils – dont un grand nombre de femmes et enfants – sont également venus se réfugier dans les abris. Tous les défenseurs sont à leur poste de combat et, à 11 h 30, l’attaque allemande est déclenchée par un violent bombardement. L’artillerie française en position dans la région de Grange-Dessus est anéantie par l’aviation ennemie ; le fort ne peut donc se défendre que par lui-même. Durant six heures, les obus tombent et dès 13 h 15 toutes les communications sont coupées. L’infanterie allemande attaque alors le fort sur trois côtés, mais elle est contenue par la garnison française, qui perd assez rapidement deux mitrailleuses sur quatre. Vers 18 h, l’infanterie allemande arrive au contact du fort. A 18 h 45, un premier assaut est lancé, les Allemands descendent dans les fossés à l’aide de cordes mais sont repoussés. Par six fois les attaques allemandes sont rejetées. A 19 h 40, il ne reste plus qu’une seule mitrailleuse et très peu de munitions. Les Allemands tentent d’enfoncer la porte mais sont repoussés une nouvelle fois. La situation de la garnison est désespérée, mais le but initial qui était de retarder l’ennemi est atteint. Le général allemand propose alors aux défenseurs la reddition du fort. A 21 h 30, la garnison, constituée de 122 hommes et 8 officiers, sort du fort en présence des troupes allemandes qui lui rendent les honneurs de la guerre.

Les officiers peuvent conserver leurs armes, bagages et chevaux, et sont logés d’abord dans un hôtel de Pontarlier, puis le 24 juin, à la caserneVauban, à Besançon. Le lieutenant André Pavelet, réussit à s’évader le 27 juin mais est repris le jour même à Franois, dans le Doubs. Il est alors incarcéré à Sarrebrück, en Allemagne, d’où il réussit une nouvelle évasion le 17 juillet 1940. Après 14 jours de marche, il se présente à Montpellier le 1er août 1940 et est affecté au 8e régiment d’infanterie, où il commande la section d’éclaireurs-skieurs.

De l’automne 1940 à novembre 1942, le lieutenant, puis capitaine André Pavelet, commande la 3e compagnie au sein du 1er bataillon du 8e régiment d’infanterie. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2011

Nombre de pages

13

Auteur(s)

Julien DUVAUX

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf