Le fonds d’archives du château de Flaugergues (1254-2003)
un parcours familial de l’Histoire de France

Avant-propos historique

Le château de Flaugergues, monument historique classé (inscription à l’inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1949 puis classement au titre des Monuments Historiques en 1986), est la plus ancienne des « folies » de Montpellier. Cette demeure de campagne date de la fin du XVIIe siècle et appartient depuis plus de 300 ans à la même famille. Identifié dans les archives depuis le milieu du XVIIe siècle sous la dénomination de métairie de Bruguière, le domaine qui prendra le nom de Flaugergues est une propriété familiale depuis 1696, date de l’acquisition de la métairie par Étienne de Flaugergues, receveur des tailles et taillon du diocèse de Montpellier, secrétaire audiencier du roi près le Parlement de Toulouse. Le château et le domaine se sont transmis depuis cette date, de génération en génération et par le biais de mariages, dans les familles Boussairolles et Barthélémi de Saizieu jusqu’à l’actuel propriétaire, Henri de Colbert, qui a hérité la propriété de son oncle en 1972.

Le château, dans la même famille depuis 9 générations, conserve un fonds d’archives familiales et domaniales relatives aux propriétaires successifs et à leurs familles alliées. Souhaitant d’une part préserver ce patrimoine écrit et figuré et d’autre part l’ouvrir à la recherche historique, Henri de Colbert s’est adressé en 2004 aux Archives départementales de l’Hérault qui ont réalisé le classement des archives en 2005.

Le château de Flaugergues (inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 2 novembre 1949 puis classé Monument Historique par arrêté ministériel du 23 avril 1986)
Fig. 1 Le château de Flaugergues (inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 2 novembre 1949
puis classé Monument Historique par arrêté ministériel du 23 avril 1986)
Le salon de réception du château
Fig. 2 Le salon de réception du château

Historique du fonds d’archives du Château de Flaugergues

Le fonds d’archives de Flaugergues est particulièrement intéressant par la diversité des documents représentés. En fait, il ne s’agit pas d’un fonds mais de plusieurs fonds d’archives de différentes natures rassemblés par les hasards de l’histoire de la famille et du château. Sont ainsi conservés des fonds de familles (archives personnelles et familiales), des fonds d’érudit (abordant la généalogie et l’histoire locale), des fonds d’archives professionnelles (archives d’avocats et de juges, de militaires, de diplomates…), des fonds d’archives de seigneuries (languedociennes, provençales…), des fonds d’archives de domaines

La plupart des fonds sont entrés dans la famille lors d’un mariage, l’épouse héritant des archives (familiales, professionnelles et domaniales) des familles de son ascendance. Parfois, lors d’un remariage, l’épouse a hérité des archives de sa famille qui ne sont pas forcément celles de l’ascendance directe des propriétaires actuels du château. C’est le cas, par exemple, des fonds provençaux Bertaud et Candolle (cotés 29-33) entrés dans la famille Barthélémi par le second mariage, après 1725, de Joseph Barthélémi (ancêtre direct) avec Marie Marquise de Bertaud.

Le second mode d’entrée des fonds dans la famille est l’héritage indirect : les archives de famille produites ou conservées par un oncle ou une tante, un cousin ou une cousine, un frère ou une sœur décédé sans héritier direct sont transmises au plus proche parent. Les archives d’Antoine Jean, prêtre provençal dans la première moitié du XVIIIe siècle (28), celles de la famille varoise Désidéry (XVIIe-XIXe siècles, 175-177 et 552) ou le registre d’aveu des terres tenues en 1740 par Louis René Le Sénéchal, baron de Carcado en Bretagne (424) illustrent par exemple ce mode d’entrée des fonds par héritage indirect.

Les archives récemment classées sont conservées dans des armoires-bibliothèques s’intégrant parfaitement au mobilier raffiné du château
Fig. 3 Les archives récemment classées sont conservées dans des armoires-bibliothèques s’intégrant parfaitement au mobilier raffiné du château
Le Baron Charles Joseph de Boussairolles (1797-1871), l’un des membres éminents de l’aristocratie montpelliéraine au XIXe siècle, premier « archiviste de famille » (248)
Fig. 4 Le Baron Charles Joseph de Boussairolles
(1797-1871), l’un des membres éminents de l’aristocratie montpelliéraine au XIXe siècle, premier archiviste de famille (248)

Les archives du Château de Flaugergues ont été soumises au fil du temps à plusieurs types de classement qui se sont succédé, répondant chacun à un but et à un usage différents.

Le classement original interne du XVIIIe siècle de certains fonds a parfois été préservé jusqu’au XXIe siècle : certaines liasses réunissant, par exemple, les titres et preuves de noblesse de la famille Bertaud étaient toujours conservées dans leur sac de jute originel. Ce type de classement correspond à l’usage primaire et fonctionnel des archives : conserver la mémoire familiale selon des thèmes précis (famille, domaines…).

Aux XIXe et XXe siècles, plusieurs « archivistes de famille » se sont succédés et ont entrepris de reclasser les fonds familiaux du château. Ce sont Charles Joseph de Boussairolles (1797-1871), puis son gendre Charles Antoine Barthélémi de Saizieu (1826-1904), puis son petit-fils Antoine Louis Henri Barthélémi de Saizieu (1861-1942), puis son arrière-petit-fils Georges René Barthélémi de Saizieu (1898-1972) et enfin son arrière-arrière-petit-fils Henri de Colbert (né en 1940), actuel propriétaire du château. Le classement réalisé répondait essentiellement à un but généalogique et d’histoire familiale.

En 1976, Yannick Chassin du Guerny, archiviste aux Archives départementales du Gard, entreprend le premier classement partiel selon les principes de l’archivistique. Il traite quelques pièces familiales locales concernant le Gard et l’Hérault, les archives de seigneuries et domaines gardois et héraultais ainsi que la majeure partie du fonds d’archives diplomatiques d’Antoine Étienne Lazare Barthélémi, baron de Saizieu (1736-1819), consul général de France à Tunis. Il en assure en outre le microfilmage pour les Archives Nationales et les Archives départementales du Gard.

La table de consultation des archives : une consultation dans un cadre historique
Fig. 5 La table de consultation des archives : une consultation dans un cadre historique

Enfin, de février à juin 2005, Julien Duvaux, attaché de conservation du Patrimoine aux Archives départementales de l’Hérault, reprend le classement de l’intégralité du fonds des archives du Château de Flaugergues. Le classement est alors guidé par l’histoire familiale et la cohérence interne de chaque fonds.

Structure et intérêt du fonds

Les archives du Château de Flaugergues sont donc constituées de plusieurs fonds de portée non seulement locale mais aussi nationale : l’historien peut de la sorte, pour les XVIIIe et XIXe siècles, aborder l’étude du microcosme montpelliérain autant que celle de la présence française dans les « contrées barbaresques » ; il peut retracer les carrières locales de la robe parlementaire et de la bourgeoisie financière ou les carrières nationales de deux diplomates.

Le fonds de Flaugergues couvre une période du XIIIe siècle à nos jours : la pièce la plus ancienne date de 1254 (498, acte d’achat de la seigneurie de Grémian) et le dossier le plus récent de 2003 (25, notes et actes du colloque Séguier à Nîmes). Conservé dans quatre armoires-bibliothèques au 1er étage du château, il occupe un espace de 20 mètres linéaires.

Le répertoire numérique détaillé, rédigé à la suite du classement, décrit les 554 articles du fonds selon les normes de la direction des Archives de France. La description du fonds est structuré en trois chapitres reflétant l’organisation générale du fonds : Généalogies, recherches généalogiques et historiques, puis Archives de familles et enfin Archives des domaines et propriétés.

Brevet de réception dans l’Ordre de Saint-Michel en 1771 délivré à Étienne Lazare Barthélémi de Saizieu (40)
Fig. 6 Brevet de réception dans l’Ordre de Saint-Michel en 1771 délivré à Étienne Lazare Barthélémi de Saizieu (40)

I. Généalogies, recherches généalogiques et historiques

Cette première partie réunit essentiellement les archives produites par les « archivistes de famille ».

La pièce essentielle du fonds qui a permis de structurer le classement est constitué par le recueil de « Tableaux de familles » (complété par les arbres généalogiques généraux et complémentaires) coté 1. Le recueil de « Tableaux de famille », rédigé par Antoine Louis Henri Barthélémi de Saizieu (1861-1942) présente la descendance des 64 quartiers de ses enfants sous forme d’arbres généalogiques ; il est constitué de 32 arbres généalogiques descendants couvrant la période XVIe XXe siècles. Les arbres généalogiques ont, pour certains, été complétés par Georges René Barthélémi de Saizieu (1898-1972), fils de l’auteur. Cette pièce a permis d’ordonner chronologiquement les différentes familles dans le classement (voir tableau synoptique général des familles).

Le classement des dossiers de recherche s’est ensuite opéré par producteurs successifs : Charles Joseph de Boussairolles, puis Charles Antoine Barthélémi de Saizieu, puis Antoine Louis Henri Barthélémi de Saizieu, puis Georges René Barthélémi de Saizieu et enfin Henri de Colbert. Parmi les dossiers de chaque producteur, un classement par famille selon le recueil de « Tableaux de famille » et l’ordre des quartiers d’ascendance a été choisi.

Dans les dossiers de recherche historique et généalogique, le chercheur trouvera essentiellement des dossiers constitués d’arbres généalogiques (succincts ou complexes), des notes manuscrites, des copies de pièces d’archives, des faire-part de naissance, mariage et décès, des mémentos de décès…

Sceau en majesté de Louis XVIII (cire verte) appendu aux lettres patentes confirmant le titre de baron pour la famille Barthélémi de Saizieu en 1816.
Fig. 7 Sceau en majesté de Louis XVIII (cire verte) appendu aux lettres patentes confirmant le titre de baron pour la famille Barthélémi de Saizieu en 1816.

II. Archives de familles

Tableau synoptique général des familles
Fig. 8 Tableau synoptique général des familles

Cette seconde partie regroupe les archives des familles de l’ascendance maternelle du propriétaire actuel du château ainsi que des familles alliées.

Les archives ont été classées par famille selon les quartiers distingués dans le recueil de « Tableaux de familles » : tout d’abord les branches paternelles puis les branches maternelles de la mère d’Henri de Colbert (voir tableau synoptique général des familles). Ce sont ainsi une vingtaine de familles qui peuvent être étudiées du XIIIe siècle au XXe siècle en Languedoc (Barthélémi de Saizieu, Boussairolles, Limozin, Flaugergues, Aigrefeuille, Campan, Deydé, Coursac, Grémian, Pellet, Bosquat), en Provence (Barthélémi, Jean, Bertaud, Candolle, Bonnet), dans l’ouest ou dans le centre de la France (Villèle, Mauléon, Barrin de La Galissonnière, Poisson de Malvoisin). La famille la mieux représentée reste toutefois la famille Barthélémi de Saizieu, famille maternelle d’Henri de Colbert.

Le classement s’est organisé par génération au sein de chaque branche. La numérotation des individus s’est effectuée selon la génération (précisée en chiffres romains) et l’ordre de naissance dans chaque génération (précisé en chiffres arabes) : par exemple, V112 signifie septième génération, 2e enfant.

Les archives d’un couple sont en général constituées des éléments suivants preuves de noblesse, archives généalogiques personnelles (actes de naissance, communion, études, mariage, décès, dossier de succession…), gestion financière des biens et fortunes personnels (registres de comptabilité privée, quittances…), archives liées à des mandats électifs, archives professionnelles. Ces dernières peuvent refléter particulièrement bien le système de gestion des offices sous l’Ancien Régime (voir familles Régina, Esménard, Boussairolles…). Elles témoignent aussi de l’activité militaire quasiment héréditaire dans certaines familles (notamment la famille Barthélémi de Saizieu) ou de la tradition familiale d’activités de diplomate (voir aussi famille Barthélémi de Saizieu).

Quelques documents notables sont particulièrement à signaler dans les archives familiales personnelles et dans les archives professionnelles. Ce sont tout d’abord, dans les archives familiales, un nombre exceptionnel de livres de raison (documents tenant à la fois du journal intime et du registre de compte) et de carnets intimes du XVIe au XXe siècle. Pour le XVIe et le XVIIe siècles, notons le Livre de raison et de comptes privés de la famille Bertaud (29) ; pour le XVIIIe siècle, les Livres de raison et de recommandations de l’abbé Jean (28), le Livre raisonné d’époques et d’affaires de famille du consul général de France à Tunis Antoine Étienne Lazare Barthélémi, baron de Saizieu (42) ; pour le XIXe siècle, les carnets de Louis Jacques Antoine Barthélémi de Saizieu (181-182), les souvenirs du marin Louis Richard Pierre François Barthélémi de Saizieu (204) ; enfin pour le XXe siècle, les carnets intimes d’Antoine Louis Henri Barthélémi de Saizieu en 1914-1918 (306) et les carnets intimes de son fils Georges René Barthélémi de Saizieu de 1939 à 1945 (343).

Croquis et caricatures de la vie montpelliéraine vers 1850 par Charles Antoine Barthélémi de Saizieu (244)
Fig. 9 Croquis et caricatures de la vie montpelliéraine vers 1850 par Charles Antoine Barthélémi de Saizieu (244)
En-tête du Livre de raison d’Etienne Lazare Barthélémi de Saizieu (42)
Fig. 10 En-tête du Livre de raison d’Etienne Lazare Barthélémi de Saizieu (42)

D’autres documents remarquables doivent aussi être mentionnés : les cours d’université copiés par Jean Fulcrand Boussairolles de 1754 à 1756 (375-376), des dessins humoristiques, croquant avec vivacité l’aristocratie et la bourgeoisie montpelliéraines du XIXe siècle (244), un Album photographique particulièrement complet et précoce des années 1860-1884 réunissant les portraits de famille des ascendants, descendants, oncles, tantes, cousins, parents et amis de Charles Antoine Barthélémi de Saizieu et de son épouse Marie Claire de Boussairolles, annoté par leur fils Antoine Louis Henri Barthélémi de Saizieu (248)…

Les archives professionnelles reflètent quant à elles toute la diversité des activités exercées par la noblesse et la bourgeoisie du XVIIe au XXe siècle. On peut de la sorte étudier les activités judiciaires par les archives de parlementaires et d’avocats d’Aix-en-Provence (familles Régina et Esménard, 362-364) ou de Toulouse (famille Flaugergues, 406 et 408) et par les archives de membres de la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier (famille Boussairolles, 382). Il est aussi possible de suivre les carrières diplomatiques d’Antoine Étienne Lazare Barthélémi, baron de Saizieu, consul général de France à Tunis sous Louis XV de 1762 à 1778 (65-172) et de son arrière-petit-fils Jules Richard Emmanuel Barthélémi de Saizieu, diplomate dans l’Empire ottoman, en Perse, en Serbie et dans l’Empire austro-hongrois de 1866 à 1897 (270-274). Enfin l’historien peut aussi s’intéresser aux carrières militaires du XVIIIe au XXe siècle grâce aux archives du capitaine de vaisseau divisionnaire Louis Richard Pierre François Barthélémi de Saizieu (207), du capitaine d’infanterie Charles Antoine Barthélémi de Saizieu (245), de son fils, le colonel de cavalerie Antoine Louis Henri Barthélémi de Saizieu (297-309) et de ses quatre petits-fils dont le colonel d’infanterie coloniale Georges René Barthélémi de Saizieu (333-350).

Clef du chiffre utilisé en 1763 pour coder la correspondance diplomatique entre Tunis et Versailles par Antoine Étienne Lazare Barthélémi de Saizieu, consul général de France à Tunis (94)
Fig. 11 Clef du chiffre utilisé en 1763 pour coder la correspondance diplomatique entre Tunis et Versailles par Antoine Étienne Lazare Barthélémi de Saizieu,
consul général de France à Tunis (94)
Registre d’aveu et de déclaration des terres et fiefs tenus en 1740 par Louis René Le Sénéchal, baron de Carcado, du Bot-au-Sénéchal, de Brohaix, de Queslen et comte d’Aspigné : ouvrage sur parchemin, reliure fils d’or et fils de soie aux armes de la famille de Rohan à qui est rendu l’aveu (424)
Fig. 12 Registre d’aveu et de déclaration des terres et fiefs tenus en 1740 par Louis René Le Sénéchal, baron de Carcado, du Bot-au-Sénéchal, de Brohaix, de Queslen et comte d’Aspigné : ouvrage sur parchemin, reliure fils d’or et fils de soie aux armes de la famille de Rohan à qui est rendu l’aveu (424)

Quelques autographes prestigieux sont aussi à relever Mazarin (429), Voltaire (412), Chateaubriand (242), Cambacérès (382, 388 et 395), Soufflot (545), Louis XV et Choiseul (archives diplomatiques d’Antoine Étienne Lazare Barthélémi de Saizieu, 65-172 et notamment 94), le Marquis de Marigny (431), l’académicien Thomas (151 et 155), le président de la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier Bonnier d’Alco (419)… Des pièces remarquables doivent aussi être mentionnées : un brevet de réception dans l’Ordre de Saint-Michel en 1771 (40), des lettres patentes de baron pour les familles Barthélémi de Saizieu en 1816 (39) et Boussairolles en 1813 (380), un livre d’aveu brodé et armorié pour la seigneurie de Carcado dans le Morbihan datant de 1740 (424)…

Enfin quelques pièces anecdotiques illustrent l’extrême variété des archives de famille : une mèche de cheveux du XIXe siècle (37), des notes de frais de bouche et des recettes de cuisine des XVIIIe et XIXe siècles (49, 184), des remèdes médicaux anciens (50, 186), des caricatures (244), les clefs du « chiffre » pour Tunis en 1763 (94), des cartes à jouer du XIXe siècle (211)…

III. Archives des domaines et propriétés

Cette dernière partie regroupe essentiellement les archives liées à la propriété et à la gestion des seigneuries et domaines qui se sont transmis sur plusieurs siècles d’une famille à l’autre au gré des unions et héritages.

Il s’agit d’archives de domaines (maisons, bastides, châteaux et propriétés attenantes), de fiefs et d’exploitations particulières (maniguières ou pêcheries, canaux, marais, moulins à vent…). L’historique des propriétaires successifs a été systématiquement précisé dans le répertoire en notes infrapaginales.

Le classement des domaines et fiefs s’est opéré géographiquement par département : l’Hérault, qui concentre une part importante des propriétés, a été placé en tête (Montpellier, puis description concentrique du sud à l’ouest et du nord à l’est). Viennent ensuite les départements français dans l’ordre alphabétique (10 départements sont concernés) : Alpes-de-Haute-Provence, Bouches-du-Rhône, Gard, Haute-Garonne, Isère, Loir-et-Cher, Lot-et-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Var.

L’organisation classique des archives de domaine se compose des éléments suivants : titres de propriété (achats, cessions, hommages et reconnaissances) et dossiers de travaux (agrandissements, réparations), location et fermage, exploitation.

Les principaux documents à signaler sont les archives propres du domaine de Flaugergues (château et exploitation agricole du XVIe au XXe siècle, 432-471), les livres d’aveu et de reconnaissances féodales du XVe au XVIIIe siècles (à noter celui de Saint-Jory en Haute-Garonne, datant de 1442, 539), des plans de l’architecte Soufflot concernant le château de Ménars en Loir-et-Cher (1772, 545), un album photographique de l’Hôtel du Gouvernement à Montpellier avant sa démolition en 1891 (480), des archives concernant l’exploitation puis l’allotissement de l’enclos du Manège et des jardins du Pont Juvénal à Montpellier (XVIe– XIXe siècles, 481-485)…

Les perspectives de recherche historique sur le fonds d’archives du Château de Flaugergues sont vastes : recherches sociales (étude de l’ascension sociale d’une famille sur plusieurs générations étudiées sous l’angle intime ou mondain), recherches militaires du XVIIIe au XXe siècle (sur mer comme sur terre), recherches économiques (par l’étude des exploitations agricoles comme celle de Flaugergues)…

Le fonds d’archives du Château de Flaugergues constitue ainsi un ensemble majeur du Patrimoine historique et archivistique régional du Languedoc dont l’un des atouts est d’être toujours conservé dans la famille qui l’a produit et d’être désormais accessible à la recherche historique. Cette richesse a justifié le classement au titre des « Archives Historiques » (mesure de protection similaire au classement Monument Historique mais adaptée aux archives) prononcé par un arrêté du Ministère de la Culture en date du 7 novembre 2006.