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Description

Honoré Euzet, maire de Sète et homme de pouvoir (1895-1931)

* Historien et généalogiste, créateur et gestionnaire du site internet :
http://euzet.genealogie.free.fr

Nous avons vu dans un article précédent combien fut longue et difficile la marche vers le pouvoir d’Honoré Euzet, devenu maire de la ville pour la première fois, le 14 septembre 1895. L’objet de ce nouvel article est, à la fois, d’en savoir plus sur sa personnalité et de déterminer qu’elle est l’empreinte qu’il a laissée sur la ville de Sète, au travers de son action depuis la période de son premier mandat jusqu’au jour de son décès, quand il est mort en fonction, le 19 février 1931. Sa carrière comme maire se partage en deux phases bien distinctes, séparées par la première guerre mondiale. Dans l’avant-guerre, surtout de 1895 à 1900, il peut mettre en pratique ses idées, apurer le déficit budgétaire et lancer de grands travaux mais tout s’arrête brutalement en 1902 sur la question de la Bourse du travail. Jean Joseph Molle lui succède jusqu’en 1908, année où il reprend la mairie, grâce à une alliance de fait avec une frange des conservateurs qui se présentent comme républicains. Cette tactique va entraîner des contestations, parfois violentes, y compris au sein du conseil municipal, bloquant toute nouvelle possibilité d’innovation. Finalement, il préférera ne pas se représenter en 1912 et laisser la place à une équipe socialiste avec, à sa tête, Maurice Laurens, le nouveau maire. Le paysage politique se présente très différemment après la guerre. En 1919, l’Union sacrée a fait son œuvre, mais si le rassemblement républicain est plus facile, la situation économique et sociale est trop complexe pour lancer de grands investissements. Il s’agit, alors, de gérer au plus près les ressources de la cité.

Pour autant, que ce soit en 1895, en 1908 ou en 1919, dès qu’il est élu, son attitude est strictement identique : il veut d’abord résorber le déficit laissé par les prédécesseurs. Sa priorité va donc tout de suite au recours à l’emprunt et/ou à l’augmentation des impôts. C’est seulement ensuite qu’il avance de nouveaux projets. Il se pose en financier, en administrateur lucide et, en même temps, il donne un cap, une orientation pour améliorer la ville. Enfin, il situe son action et celle de son conseil municipal dans un cadre républicain incontournable. Cette manière de faire a toujours eu l’approbation des préfets de l’Hérault.

Ainsi, en décembre 1895, il déclare que la ville de Sète sollicite l’autorisation d’emprunter une somme de 640.200 francs, remboursable en 25 ans, destinée à combler le déficit budgétaire (mais aussi à acquitter une subvention promise, en vue de l’établissement d’une station zoologique à Sète), plus, en même temps, une imposition extraordinaire pendant ces 25 ans pour rembourser l’emprunt. Il précise, notamment, que les déficits se sont accumulés depuis 1890, qu’il est donc urgent d’assurer le paiement des dettes arriérées et que le recours à l’emprunt est nécessaire. Finalement, en juillet 1897, c’est une somme de 735.000 francs qui fait l’objet d’un emprunt, remboursable en 30 ans, incluant ce qui est prévu pour le nouveau théâtre ou pour des améliorations de la cité comme la réfection du pavage des rues. Il agira de même les fois suivantes, par exemple en février 1910 avec un emprunt destiné à payer les déficits communaux de 1907-1908, afin de pouvoir réaliser un nouveau programme de grands travaux. Même situation en décembre 1919.

La période la plus créatrice, de 1895 à 1900

Buste d’Honoré Euzet (profil) au jardin du Château d’Eau photo J.-C. Ezet, le 26 septembre 2017

Buste d’Honoré Euzet (profil)
au jardin du Château d’Eau
photo J.-C. Euzet, le 26 septembre 2017

En fait, sa période la plus créatrice va de 1895 à 1900, c’est-à-dire quand il dispose d’une majorité qui approuve totalement ce qu’il propose, ce qui n’est déjà plus le cas à partir de 1901, alors qu’une opposition interne dans le conseil municipal se fait de plus en plus vive et pousse à la démission collective qui a finalement lieu en janvier 1902.

En 1896, il y a dans toutes les communes de France des élections pour le renouvellement intégral des conseillers municipaux. En mai, sa liste est élue, confirmant ainsi la majorité obtenue dans l’élection de septembre 1895. Il obtient lui-même 3727 voix (1632 en septembre 1895) et est élu maire avec 26 voix sur 30 (28 voix en 1895), son premier adjoint Bruniquel et son second adjoint Cayrol sont élus chacun avec 24 voix. En mai 1900, sa liste est encore élue et il obtient 3389 voix, lui-même est réélu maire, Bruniquel et Cayrol étant réélus adjoints, chacun avec 28 voix.

Dans son discours d’investiture de 1896, il déroule son programme : un nouvel abattoir, un marché à bestiaux, un théâtre (dont les plans et devis ont déjà été dressés), une bourse du travail, la transformation de l’entrepôt réel des douanes, une étude qui sera lancée pour le projet d’adduction des eaux de l’Hérault (même si cette question lui paraît difficile). Devant son conseil socialiste, il insiste aussi sur le rôle politique d’un conseil municipal : il s’agit de sauvegarder les droits des travailleurs, montrer le sens pratique des idées socialistes, favoriser le développement des syndicats, etc. En plus des améliorations plus classiques (le pavage des rues, l’amélioration des trottoirs, la réfection des égouts, etc., d’autres grands dossiers sont aussi en cours, comme celui des tramways électriques, mais il faut attendre l’année 1901 pour en voir l’installation définitive. L’inauguration de la première ligne a lieu le 25 janvier : « l’inauguration de la ligne principale de la gare au môle a été faite […]

Informations complémentaires

Année de publication

2018

Nombre de pages

13

Auteur(s)

Jean-Claude EUZET

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf