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2.00

Description

Une personnalité d’exception :
la montpelliéraine Régine Lacroix-Neuberth 1912-2010

* Docteur d’Etat en Histoire

Sa vie, un théâtre permanent

Régine Lacroix naquit à Montpellier le 2 novembre 1912 dans une villa, rue Flaugergue, proche de la place de la Comédie. Elle était fille unique dans une famille bourgeoise aisée. Son père, Pol Lacroix gérait un important cabinet d’assurances en association avec Auguste Gibert, qui fut maire de la ville.

Lorsqu’elle eut huit mois, ses parents découvrirent qu’elle était déhanchée et les médecins lui imposèrent jusqu’à l’âge de trois ans, un long séjour dans le plâtre.

Elle souffrit toute sa vie de cette infirmité. Elle savait déjà lire quand elle fréquenta à l’âge de quatre ans sa première école primaire, rue Mareschal dans le quartier Boussairolles. Tous les soirs, en rentrant du bureau, son père lui avait appris à syllaber dans un petit manuel.

Sa mère souffrait d’une sorte d’anémie. Elle s’intéressa vraiment à elle quand elle se rendit compte de son infirmité. Elle fit tout son possible pour l’aider car l’enfant, dotée d’un caractère affirmé, était bien décidée à s’en affranchir par une pratique sportive assidue.

Régine éprouva pour ses parents un amour passionné. Elle avait le pressentiment que sa mère disparaîtrait jeune. Aussi se levait-elle la nuit pour l’entendre respirer. Son père l’éleva dans le sens du devoir et de la rigueur. Admirative de ce grand séducteur, avec lequel elle vécut en symbiose jusqu’à la fin de sa vie, elle estimait avoir hérité de son tempérament.

Elle conserva toute sa vie un timbre de voix grave et un rire qui lui permettait d’être reconnue sans être vue. Ses camarades d’enfance s’en moquaient.

Son adolescence ne fut pas facile. Elle se sentait peu féminine. Son handicap physique la gênait. Elle ne pouvait pas marcher longtemps. Dès l’âge de quinze ans, à l’insu de ses parents, elle abandonnait sa chambre pour errer dans les rues, au milieu de la foule, jusque vers une heure du matin. Ses vrais compagnons de souffrance furent les animaux comme les chiens et les chats pour lesquels elle éprouva toujours beaucoup d’affection.

Ses études furent essentiellement littéraires. Elle entra à treize ans au Cours Privat, une école privée pour jeunes filles de la bourgeoisie qui se trouvait rue Salle l’Evêque et qui s’ouvrait sur un jardin suspendu au-dessus de l’Esplanade. La directrice était la femme du Conservateur du musée Fabre. Elle donnait des cours de français, d’histoire et de géographie d’une façon originale, mais très attachante. C’était une méthode allemande qui avait vu le jour vers 1925. L’enseignante laissait à ses élèves le choix d’un auteur classique ou d’une période historique, puis elle leur demandait d’aller chercher de la documentation dans les bibliothèques de leurs parents. Le travail en classe consistait alors à classer et à confronter les documents trouvés. Régine aimait beaucoup cette façon de travailler. Jusqu’à la fin de sa vie, elle réunira de la documentation puisée dans des livres qui encombraient sa salle de travail. Je l’ai toujours vue, un crayon à la main, en train d’écrire des notes sur des cahiers ou des feuilles de papier. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2015

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Christian ROCHE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf