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Description

Nouvelles données sur Agde grecque (Agàthe), (Hérault, France)

* Communauté d’Agglomérations Hérault-Méditerranée, Saint-Thibéry ; « ce.gomez@agglohm.net ».
** Aix-Marseille Univ, UMR 7299-Centre Camille Jullian, Aix-en-Provence ; « dugolini@club-internet.fr »

Agde, dans un tissu urbain très dense et peu remanié à l’époque moderne, les recherches archéologiques sont rares. La connaissance des phases grecques progresse donc lentement car elle dépend des opportunités de réaliser des fouilles, qui sont le plus souvent d’extension limitée.

Dans le cadre de travaux urbains entrepris en 2013-2014 Place Molière et rue Muratet, deux sondages ont été effectués. Situés à proximité de la fortification grecque (fig. 2-3), ils offraient la possibilité de vérifier la chronologie d’un secteur peu exploré et, éventuellement aussi, de mettre au jour un tronçon du rempart ou des aménagements qui lui seraient liés.

L’opération a montré que la seule phase bâtie appartient à la deuxième phase grecque de la ville, postérieure au milieu du IIe s. av. J.-C., et qu’au cours de la première (fin VIe-début IIIe s. av. J.-C.) la table basaltique a dû être exploitée en tant que carrière.

A. Le contexte historique et archéologique

Mentionnée par quelques sources tardives grecques et latines en tant que « ville de Marseille » Agàthe est restée telle dans l’historiographie jusqu’aux recherches récentes.

Localisée précisément seulement en 1939, de multiples observations ont établi qu’elle a eu deux phases grecques, clairement séparées l’une de l’autre du point de vue chronologique. La première a commencé à la fin du VIe s. av. J.-C., lorsqu’elle a été fondée en tant que cité portuaire de la colonie grecque de Béziers/Rhòde. En effet, sources textuelles et découvertes archéologiques autorisent aujourd’hui à considérer Béziers, alors nommée Rhòde, comme la première fondation grecque de la côte méditerranéenne, qui n’était pas ionio-phocéenne mais doro-rhodienne. Cette phase d’Agde s’est achevée dans les premières décennies du IIIe s. av. J.-C., à la suite de l’abandon de sa métropole (vers 300 av. J.-C.). Désertée pendant longtemps, vers le milieu du IIe s. av. J.-C. elle est devenue une cité massaliète, comme le rapportent les sources. Pendant cette deuxième phase, elle a eu un développement relativement important, certainement en liaison avec – et sous la supervision de – l’autorité romaine, installée à Narbonne dès 118 av. J.-C. Puis, vers le milieu du Ier s. av. J.-C., elle a commencé à se dépeupler et a été à nouveau abandonnée dans le courant du Ier s. ap. J.-C. Son espace a été progressivement attribué à Béziers, devenue colonie romaine vers 36 av. J.-C.

La ville grecque était délimitée par un rempart construit vers la fin du VIe s. av. J.-C., refait et modifié au cours des siècles, et parfois confondu avec celui du Moyen-Âge.

Le plan de cette fortification est largement inconnu et a été dessiné par hypothèse, en grande partie d’après le tracé du rempart médiéval. En effet, on ignore tout de ses côtés est et ouest. Seuls deux très courts tronçons ont été localisés : le septentrional au fond de l’impasse Molière (fig. 2, point 3), parallèle à la courtine médiévale ; le méridional le long de la rue Jean Roger (fig. 2, point 8), sans liens avec la structure médiévale. Le problème est que ces deux segments ne sont pas contemporains entre eux, le méridional étant plus récent. On en déduit que la fortification méridionale a été déplacée à un moment donné.

Malgré les inconnues, on a longtemps admis que le rempart grec enserrait une surface d’environ 4,5 ha depuis les origines de la ville. Puis, les résultats des fouilles de la place Conesa (fig. 2, point 19) ont laissé supposer qu’un mur antérieur à celui de la rue Roger a pu exister dans l’axe de l’actuelle rue d’Embonne et donné corps à un changement de tracé.

Dans le secteur qui nous occupe, quelques observations sont à prendre en compte.

Ainsi, les chronologies relevées dans un périmètre de quelques dizaines de mètres étaient à chaque fois différentes, ce qui soulevait la question de l’emplacement du rempart puisque, à l’ouest de la fouille d’A. Nickels, seules des traces des IIe s. av. J.-C. Ier s. ap. J.-C. étaient attestées.

Il était donc particulièrement utile d’obtenir des informations sur le secteur nord-ouest, à proximité du rempart grec, afin de clarifier l’assiette, l’organisation et la chronologie de cette partie de la ville. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2020

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Céline GOMEZ, Daniela UGOLINI

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf