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2.00

Description

La Dragonne – de la métairie au château viticole

* Docteur en Histoire de l’Art. Chercheur Inventaire Région Languedoc-Roussillon.
Courriel : dominique.ganibenc@cr-languedocroussillon.fr

INTRODUCTION

Victimes d’une urbanisation exponentielle qui a tendance à les enserrer dans une proximité étouffante qui supprime les belles perspectives à partir desquelles était appréciée pleinement leur architecture, les châteaux-vignerons marquent de moins en moins le paysage péri-urbain biterrois. Symboles de l’avènement de la monoculture de la vigne dans nos campagnes languedociennes, ils étaient devenus des marqueurs territoriaux et sociaux importants. L’ardoise de leurs poivrières et de leurs toitures peine à évoquer de nos jours ce que d’aucuns ont appelé « l’Eldorado du vin ».

Les mutations de l’agriculture et l’évolution difficile de ces propriétés font partie de notre histoire contemporaine. La plupart d’entre elles étaient antérieures au château, au chalet ou à la grande villa que leur accorda la seconde moitié du XIXe siècle et les premières décennies du XXe siècle. Leurs emplacements, « bénis des dieux », n’étaient-ils pas déjà connus à l’époque gallo-romaine ?

L’exploitation du champ historique choisi, afin de mieux cerner le continuum de l’une de ces propriétés, offre une chronologie dont les parenthèses s’ouvrent au milieu du XVIIe siècle pour se refermer dans le premier quart du XXe siècle. Laps de temps durant lequel s’égrènent la constitution, la dévolution et l’évolution de notre sujet.

Le domaine de la Dragonne est situé sur le territoire de la commune de Béziers, à environ 2 km. au sud de la ville. De nos jours on y accède par un chemin privé perpendiculaire à la départementale n° 19, à l’emplacement du lieu-dit « Le Bosquet ». Implantée sur le versant nord-est du Pech-de-Beauséjour, la propriété surplombe les terres agricoles environnantes délimitées au nord par le canal du Midi et à l’est par la route de Sérignan.

Une telle implantation n’est pas le fruit du hasard. L’organisation spatiale de la propriété répond à la volonté première de tirer profit de l’orographie du site. Construits à flanc de colline ou de pech en occitan, les bâtiments sont protégés des crues de l’Orb, tandis que les terres basses et fertiles s’ouvrent aux cultures. Occupées depuis l’Antiquité, ces terres ont été durant des siècles vouées à la polyculture. C’est à partir de la seconde moitié du XIXe siècle, que la monoculture de la vigne uniformise le paysage de la plaine languedocienne. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2014

Nombre de pages

12

Auteur(s)

Dominique GANIBENC

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf