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2.00

Description

Histoire de l'enseignement scientifique  à Montpellier
avant la création de la faculté des sciences en 1809

* Doctorante en Histoire des sciences
(Archives Henri-Poincaré, Philosophie et Recherches sur les Sciences et les techniques,
Université de Lorraine, Université de Strasbourg, CNRS)

Extrait

Le 26 octobre 1289, une bulle, du pape Nicolas IV, crée l’Université de Montpellier. Cette bulle papale ne fait que légitimer la pratique de la médecine déjà réglementée depuis un demi-siècle et regroupe les disciplines d’enseignement supérieur du droit, de la médecine et des arts. L’Université de Montpellier, placée sous l’autorité de l’évêque de Maguelone, est composée de trois facultés : la faculté de médecine, la faculté de droit et la faculté des arts dont l’obtention de la maîtrise est indispensable pour entreprendre des études juridiques ou médicales. En 1429, la faculté de théologie rejoint l’Université de Montpellier. A la fin du Moyen Age, l’ossature universitaire montpelliéraine est bien implantée et évoluera peu jusqu’à la Révolution. En 1793, la suppression des institutions de l’Ancien Régime laisse la place à un nouveau système d’enseignements qui perdure jusqu’à la création de l’Université Impériale le 10 mai 1806 par Napoléon Bonaparte. Ce dernier fonde l’Université Impériale en vue de créer « une unité spirituelle au sein de l’enseignement, garante d’une unité politique et capable de faire face à l’autorité de l’Église ».

Dans un premier temps, je présenterai les enseignements scientifiques proposés avant 1793 au sein de l’Université de Montpellier puis ceux assurés par l’École des ponts et chaussés et par la Société Royale des Sciences de Montpellier. En m’appuyant sur les acteurs de ces enseignements, je préciserai comment ils ont contribué à la création et à la mise en place de l’enseignement scientifique montpelliérain. Dans une troisième partie, je m’intéresserai aux enseignements scientifiques organisés par l’école de santé, l’école de pharmacie et la Société des Sciences et des Belles Lettres entre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) et le décret du 17 mars 1808 qui précise l’organisation de l’Université Impériale. Sa naissance et les modifications profondes qu’elle apporte dans l’organisation de l’enseignement en France, et de ce fait à Montpellier, ne seront pas abordées dans le cadre de ce travail.

L'enseignement scientifique à Montpellier avant 1793

Montpellier dispose dès la Renaissance de chaires d’enseignement scientifique à l’Université. Ces chaires vont perdurer et se développer au sein même de l’Université mais également à l’intérieur d’écoles et de sociétés savantes.

L'enseignement scientifique à l'Université de Montpellier

A Montpellier, sous l’Ancien Régime, l’enseignement dit supérieur se déroule en partie au sein de l’université dont le « caractère d’institution officielle, fondée ou reconnue par une autorité religieuse et politique » lui confère le droit de transmettre les savoirs. Depuis 1429, l’université de Montpellier regroupe quatre facultés : la médecine, le droit, les arts et la théologie. La faculté de médecine est une institution puissante, célèbre depuis le XIIIe siècle dont l’enseignement est reconnu en France mais aussi dans toute l’Europe. Nous verrons que la faculté de médecine est une institution novatrice, en particulier dans le cadre de l’enseignement scientifique, qui institutionnalise dès la fin du XVIe siècle, un enseignement d’anatomie et de botanique par la création d’une nouvelle chaire, alors qu’il est courant de dater l’institutionnalisation de la science à partir du XVIIe siècle. L’institutionnalisation de l’enseignement d’anatomie et de botanique lui donne une « certaine autonomie et rend possible la reproduction de pratiques dans la longue durée » ; elle permettra, dans un futur proche, l’essor d’autres enseignements officiels.

L'enseignement scientifique à faculté de médecine

En 1593, la faculté de médecine crée une chaire de botanique et un siècle plus tard une chaire de chimie. La faculté a la particularité, à cette époque, d’être la seule faculté de médecine de province dont le diplôme permet d’exercer à Paris. Les rivalités entre les facultés de médecine de Montpellier et de Paris sont tenaces et anciennes. Elles jouent un rôle notamment dans le développement de l’enseignement de la chimie à la faculté de médecine de Montpellier. En effet, à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, une querelle durable oppose médecins montpelliérains et médecins parisiens à propos de l’antimoine et de l’utilisation des médicaments chimiques auxquels les montpelliérains sont favorables. C’est d’ailleurs sous l’influence des médecins de Montpellier, soutenus par le pouvoir royal, qu’est établi à Paris au Jardin du Roi dès 1647, un enseignement de chimie qui ne sera officialisé à la faculté de médecine de Paris qu’en 1774, soit 99 ans plus tard qu’à Montpellier. L’esprit novateur des médecins montpelliérains s’affiche une fois de plus à la fin du XVIe siècle avec la création de deux nouvelles chaires : l’anatomie et la botanique en 1593, la chirurgie et la pharmacie en 1597. Dans le cadre de ce travail, je ne m’intéresserai qu’à l’enseignement de la botanique, les autres disciplines appartenant au domaine de la médecine. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

14

Auteur(s)

Muriel FLAHAUT

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf