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Description

Georges Quesnel témoin de la vie montpelliéraine (1903-1937)

* Docteur en Sociologie

Extrait

La Médiathèque centrale Émile Zola de Montpellier possède dans ses fonds patrimoniaux numérisés le journal manuscrit tenu, quasiment au jour le jour depuis les dernières années du XIXème siècle jusqu’au Front populaire, par Georges Quesnel qui fut le directeur de l’École Supérieure de Commerce de la ville durant trente ans.

Un journal intime de 10.000 pages

Ce journal rédigé chaque soir sur des cahiers d’écolier, forme un ensemble de 42 volumes reliés, numérotés au dos. La collection est incomplète : le premier volume disponible porte le numéro 2 (en chiffres arabes) et s’ouvre début janvier 1892. Il est suivi d’une série de 5 volumes jusqu’au numéro 7 qui se clôt au 31 décembre 1897. Il est à noter que l’année 1897 rompt fortement avec la discipline quotidienne du diariste : l’année est survolée par des résumés mensuels qui ne laissent surnager que quelques événements, d’ordre familial ou professionnel. La série est d’ailleurs interrompue pendant un peu plus de cinq ans, puisque le volume suivant débute en avril 1903. Il porte lui aussi le numéro II (en chiffres romains) et inaugure une nouvelle série désormais parfaitement continue jusqu’au numéro XXXVII, le journal se clôturant le lundi 11 octobre 1937. Je n’ai à ce jour aucune information sur les causes ou les raisons possibles de l’absence du premier volume de chacune des deux séries successives ; pas davantage à propos du silence entre 1898 et 1903, période pourtant cruciale dans la vie de notre diariste, puisqu’elle marque l’installation de Quesnel à Montpellier où il vient prendre la direction de l’École Supérieure de Commerce récemment fondée par la Chambre de Commerce de la ville.

Les cahiers utilisés tout au long de ce journal intime utilisent du papier réglé (20 lignes), dans des formats variables allant du 35,5 x 22,8 cm, 30,5 x 20,2 cm, 24,9 x 19 cm, jusqu’au 21,9 x 17,7 cm. Toutefois, durant les années 30, Quesnel n’utilise plus pour les 6 derniers cahiers qu’un modèle unique sous la marque « Languedoc » édité par la Librairie Papeterie Coulet, 5 Grand’Rue, au format 34,5 x 23,5 cm.

Ces 42 volumes représentent au total un peu plus de 10.000 pages manuscrites : masse considérable, à la lecture rendue parfois difficile – malgré la grande qualité de la numérisation – en raison de fluctuations de l’écriture, et dont on peut penser qu’elle a découragé d’éventuels chercheurs en quête de sources originales sur l’histoire montpelliéraine du premier tiers du XXème siècle. Le fait est que le catalogue de la Médiathèque centrale ne mentionne aucune étude qui aurait porté sur Georges Quesnel, ou qui aurait utilisé ce Journal de façon significative.

La première série (n° 2 à 7) ne concerne pratiquement pas Montpellier : Georges Quesnel vit au long de ces années 1890 une période assez bousculée professionnellement. Installé à Paris, il enseigne essentiellement dans deux institutions privées situées des deux côtés du boulevard Malesherbes, l’école Monge et, en face, l’école des Hautes Études Commerciales. A Monge, qui est une école primaire et secondaire privée, l’histoire et la géographie ; à HEC, qui n’a pas alors le prestige universitaire qui est devenu le sien, essentiellement la géographie économique. Quesnel saisit l’occasion d’un séjour de deux ou trois ans au Brésil, où il est appelé pour créer une Académie de commerce calquée sur le modèle français. Mais à son retour en France, en 1897,il connait une période difficile de quasi chômage. En l’absence de journal, on doit supposer que c’est par l’entremise d’un ancien collègue de Monge et d’HEC, Victor Cantagrel, qu’il obtint un poste à Montpellier. Selon Louis-Henri Escuret, « dès 1895, [Cantagrel] proposa à la Chambre de Commerce de Montpellier la création d’une École supérieure de Commerce. Le 31 avril de la même année, la Chambre discuta le projet de Victor Cantagrel et ce n’est qu’en janvier 1897 que ladite École vit le jour. » Victor Cantagrel fut ainsi le premier directeur de l’ESC de Montpellier, mais, pour des raisons que j’ignore, ne resta en fonction que peu de temps et préféra rejoindre la capitale, où il décéda en 1906 à l’âge de 61 ans. C’est certainement lui qui pensa à son collègue Quesnel pour sa succession et le proposa aux administrateurs de la Chambre de Commerce.

Cependant, dans le courant de 1897, Montpellier apparaît comme une destination possible. Quesnel a été mis en relation avec Dupuy-Dutemps, député du Tarn, qui a été fugacement ministre des Travaux Publics dans le gouvernement d’Alexandre Ribot en 1895. « D. Dutemps a parlé de me faire nommer directeur des tramways de Montpellier. Mais d’abord cela ne pourra se faire que dans deux ou trois mois, et ensuite D. Dutemps me paraît un gaillard à ne pas se faire de mal pour personne. » (journal du 11 avril 1897). Le jugement était probablement fondé… […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

10

Auteur(s)

Guy LAURANS

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf