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Description

Auguste Boyé, un édile et son village dans la deuxième moitié
du XIXe siècle (Saint-André-de-Sangonis – Hérault)

* Conservateur en chef du patrimoine (er)

J’ai rencontré Auguste Boyé (1821-1907) au hasard de travaux de recherches dans les archives de la commune de Saint-André-de-Sangonis (Hérault). D’abord, je n’ai pas pris garde véritablement à l’individu, jusqu’à ce que je rencontre l’« affaire du cimetière ». Il est alors maire et décide de créer un nouveau cimetière. Nous sommes en 1871, c’est l’effervescence dans le village. Cette affaire signe sa mort politique. J’ai alors cherché à connaître cette personnalité construite peu à peu, respectée et aimée puis contestée. Comment « faire parler » un élu rural qui n’a laissé que peu d’écrits 1 et rien sur sa vie personnelle ? Il faut aller le rencontrer en utilisant les maigres sources dont dispose l’historien. Rassemblant des fragments épars ici et là, se dessine une image de sa vie publique. Mais on ne connaît rien – ou si peu –, de sa vie personnelle. Pourtant l’homme a été un personnage important de « sa petite patrie » 2. Il faut donc s’attacher aux actions et manifestations dans lesquelles il est directement impliqué soulignant que l’homme public n’est qu’une facette d’un personnage qui a passé toute sa vie à Saint-André-de-Sangonis.

Le village (Fig. 1) est situé à 4 kilomètres de Gignac et 7 environ de Clermont-l’Hérault. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, c’est un village de plaine riche d’environ 2 000 à 2 500 habitants au confluent de la rivière de la Lergue issue du pied du Larzac, et du fleuve Hérault qui descend des Cévennes, et dont il occupe largement la terrasse alluvionnaire. Un bourg ancien entouré d’un mur d’enceinte – dont la première mention se rencontre dès le Xe siècle « parochia sancti sanguivomensis » dans le cartulaire de l’abbaye de Gellone et « villa sangonis » dans celui de l’abbaye d’Aniane –, est rapidement débordé par une extension des habitations surtout vers l’est. Le village trouve son origine dans sa fonction de poste avancé de l’évêque de Lodève, seigneur des lieux, au point de passage du fleuve vers la commune voisine de Gignac et le long d’une voie essentielle vers Lodève et l’actuel département de l’Aveyron. C’est la vigne qui marque le paysage et, malgré les crises du mildiou et, à partir des années 70, du phylloxera. Elle reste jusqu’à nos jours la culture dominante.

St-André-de-Sangonis – Fonds de carte d’état major 1820-1865
Fig. 1 Situation de St-André-de-Sangonis – Fonds de carte d’état major 1820-1865.

En découlent les industries annexes liées à l’entretien des animaux de trait et la fabrication du matériel (fustiers, forgerons, etc.). Mais en ce milieu du XIXe une autre industrie, particulière au village celle-là, a son importance. Par le dynamisme de quelques entrepreneurs aux relations cévenoles, des filatures de soie 3 se sont développées et emploient une main d’œuvre de quelques 250 personnes, essentiellement féminine, qui accroît son rayonnement micro-régional. La vigne est souvent bordée ou complantée de ces mûriers indispensables à la nourriture des vers à soie. On en trouve un peu partout où c’est possible. Cet élevage constitue alors une importante ressource complémentaire, surtout pour les petits vignerons dont aucun ne manquera d’installer à domicile la pièce d’élevage, magnanerie particulière. Ces filatures vont marquer fortement de leur empreinte la vie villageoise des années 1840 à 1880 et s’éteindront définitivement au début du XXe siècle. D’autres activités, en lien avec la viticulture, comme la production du verdet, celle de tartre 4 ou la distillation, assureront les revenus qui n’ont pas été trouvés ailleurs. Il n’y a pas, ou très peu, de maraîchage et uniquement destiné à la consommation domestique. Des plantations d’oliviers font fonctionner les quelques moulins à huile présents et la récolte des amandes issue des amandiers qui souvent bordent les chemins, complètent les revenus de ces ruraux. (Fig. 2) […]

Plan général de la commune de St-André.
Fig. 2 Plan général de la commune de St-André. 2eme moitié du XIXe siècle.
Localisation des hameaux et des principaux axes. AC. [Échelle : environ 1/10.000e.]

L'entrée en politique

L'Affaire de Cambous (Fig. 4)

Effervescence au village

Un conseiller municipal (1852-1862)

Le plan d'alignement (Fig. 6)

L'aménagement d'un cours et l'embellissement du village 29

Des mandats de maire (1862-1870 et 1871-1874)

Construire un chemin de fer et une gare 32

Un nouveau découpage cantonal

La construction d'un temple (Fig. 8)

La création d'un nouveau cimetière 40 (Fig. 9)

Le maire et le curé

Le maire face à l'opposition (1874-1876) 49. (Fig. 11)

Politique générale, politique locale

Le vigneron et l'homme d'affaires. (Fig. 13)

Bibliographie

Archives départementales

Et également :

Archives communales

Notes

1.Principalement des courriers à des journaux. Un écrit connu mais perdu (?). Aucune trace écrite de ses conférences.

2.Corbin 1998.

3.Bellet 2023 ; Bellet 2023b.

4.Voir par exemple : Fabre, Signolet 1984-1990. Ou pour le tartre : David 1984-1990.