Catégorie : Étiquette :

2.00

Description

Paul Vigné d’Octon, homme politique et pamphlétaire 1859-1943

* Docteur d’Etat en Histoire

J’ai évoqué dans un premier article publié dans le numéro 44-2 des Etudes Héraultaises en 2014 la passion dès l’enfance de Paul Vigné d’Octon pour la Nature et son intérêt pour une hygiène de vie naturelle. Il en fut le promoteur en créant en sa qualité de médecin un centre de soins à Octon dans les années 1930. Le présent article retrace sa carrière politique et son talent de pamphlétaire. Rappelons brièvement ses origines et son parcours avant son entrée en politique. Paul Etienne Vigné naquit à Montpellier le 7 septembre 1859, dans l’actuelle rue de l’Université, appelée à l’époque rue de la Blanquerie. Son père, boulanger, tenait son commerce depuis 1854 en face de l’hôpital Saint Eloi devenu le rectorat actuel. La boulangerie a disparu au début du XXIe siècle, mais une plaque en mauvais état rappelle le lieu de naissance de Paul, de son nom de plume, Vigné d’Octon.

Son père, libre penseur et athée était un opposant au régime impérial de Napoléon III alors que sa mère, dévote souhaitait faire de lui un prêtre. Sa vive sensibilité suscita chez l’enfant une anxiété latente pénible et permanente avivée par un coma d’origine éthylique qui lui laissa des séquelles pour avoir bu par mégarde de l’absinthe en grande quantité.

Les parents Vigné s’étaient liés d’amitié avec Jules Guesde alors étudiant. Il avait fondé une feuille politique intitulée Les Droits de l’Homme et l’offrait au boulanger en échange de ses petits pains. « Voilà disait-il le pain de l’esprit puisque vous voulez bien me donner celui du corps. » Accablé par les amendes qui pleuvaient sur sa publication, Jules Guesde emprisonné à Montpellier perdit son domicile. A sa sortie de prison, la famille Vigné lui accorda l’hospitalité. Devenu député de l’Hérault en 1896, Paul retrouva avec émotion l’ami de son père sur les bancs de l’Assemblée Nationale.

Lors du vote pour le plébiscite du 8 mai 1870, le curé de la paroisse de ND des Tables fit pression sur les fidèles pour les engager à voter Oui. Voyant sa mère pleurer devant les risques encourus par son mari susceptible de perdre une partie de sa clientèle. Paul jeta dans le feu du four une image de la famille impériale offerte par le curé et un paquet de bulletins pour le Oui que de bonnes âmes lui avaient demandé de distribuer aux électeurs devant la porte de la mairie. Son père accueillit la chute de l’Empire avec joie, mais victime de son tempérament sanguin, il mourut à l’âge de 43 ans le 7 juillet 1871 et fut inhumé au cimetière Saint Lazare.

Désormais sous la tutelle exclusive de sa mère, Paul sur les conseils du curé, entra au petit séminaire tout proche de la rue Blanquerie dans l’ancien couvent des Récollets animé par la congrégation des Lazaristes. Après avoir poursuivi ses études au lycée et subi avec succès les épreuves du baccalauréat en 1876, il annonça à sa mère qu’il souhaitait poursuivre des études de médecine. Le contact fréquent avec les médecins de l’hôpital Saint Eloi qui fréquentaient la boulangerie paternelle d’une part, et les soins qu’il en avait reçus pendant l’enfance d’autre part, expliquent ce choix vers cette carrière, attiré plus particulièrement par les pathologies des maladies nerveuses.

Au mois de janvier 1881, Paul réussit le concours d’internat et fut détaché à ce titre à l’hôpital d’Aix en Provence. Promu aide médecin de la marine, Paul Vigné s’embarqua avec joie au mois d’avril 1881 en rade de St Nazaire pour la Guadeloupe à bord du paquebot Washington sur lequel il croisa Victor Schoelcher âgé de 77 ans. Au bout de plusieurs mois, il fut détaché à titre provisoire sur un aviso qui circulait entre les îles de l’archipel des Antilles dans un but de contrôle sanitaire.

En septembre 1884, Paul qui continuait de soigner les malades de l’hôpital général de Montpellier soutint sa thèse de doctorat le 26 novembre 1884 sous la présidence du professeur Joseph Grasset sur le sujet « De l’emploi du chloral et de la digitale dans la période de l’épilepsie et de la manie » médication nouvelle pour traiter les périodes agitées des épileptiques. Passionné par les cours du Dr Charcot à Paris, Paul sollicita le prolongement de son congé, mais les militaires en décidèrent autrement et il s’embarqua à contre coeur à destination du Sénégal le 1er décembre 1884 comme médecin de 2e classe à Brest sur le transport de troupes L’Européen. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2017

Nombre de pages

15

Auteur(s)

Christian ROCHE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf