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Description

Paul Vigné d’Octon et le Naturisme

* Docteur d’Etat en Histoire


Paul Vigné d'Octon

Qui se souvient à Montpellier et dans le département de l’Hérault, de Paul Vigné d’Octon ? Interrogez des passants dans la rue. Très rares sont les personnes qui en ont entendu parler. A l’exception de quelques érudits, le souvenir est tombé dans l’oubli de celui qui fut député de l’Hérault, romancier apprécié en son temps, et surtout un polémiste redoutable. Son nom apparaît encore sur une plaque abîmée, sur le mur de sa maison natale, rue de l’Université, à Montpellier, dans une autre rue de la ville, ainsi qu’à Clermont-l’Hérault.

L’objet de ces lignes est de rappeler brièvement la personnalité exceptionnelle de ce fils de l’Hérault, ses combats politiques, son oeuvre de romancier et d’insister sur un aspect peu connu de sa forte personnalité, son goût et sa pratique du Naturisme.

Né sous le Second Empire, le 7 septembre 1859, dans la boulangerie de ses parents située dans l’actuelle rue de l’Université, il était le fils d’un républicain anticlérical et d’une mère catholique, dévote à l’excès. Trois enfants vivaient au foyer.

Paul Vigné hérita du tempérament anxieux de sa mère et des convictions politiques de son père. La boulangerie était fréquentée par les étudiants en médecine qui suivaient les cours à l’hôpital Saint Eloi, actuel rectorat. Ils achetaient des petits pains et allaient boire au café voisin.Le père de Paul allait s’y entretenir avec le jeune Jules Guesde le dimanche après-midi pendant que sa mère l’emmenait aux vêpres.

De santé fragile, Paul effectua plusieurs séjours à la Vacquerie sur le Causse auprès d’un vieil original, berger de profession, amoureux de la Nature. Le jour de Toussaint 1868, la montagne lui apparut dans sa splendeur matinale. « Cette vue m’arracha la plus émue, la plus fervente des prières qui passa du cœur d’un enfant vers la Nature. Je baissai les yeux et vis mon maître adoré. Il travaillait au jardinet, ayant voulu me laisser dormir à suffisance. … Inutile me dit-il d’aller à l’église, la nôtre est cent fois plus belle, ayant pour autel l’immense plateau et pour voûte l’azur céleste. » « Mon Dieu ! pensa Paul, si ma sainte femme de mère entendait ça, pour sûr qu’elle ne me laisserait pas une minute de plus avec mon vieux Cincinnatus ». Ils s’agenouillèrent près des tombes. « Prions Petit, prions pour leurs âmes, prions pour que notre mère la Nature, les fasse revivre en des êtres plus heureux et encore plus parfaits qu’ils ne le furent pendant leur existence ». C’est au contact de ce philosophe que Paul trouva dans la Nature la source de sa religiosité.

Après des études secondaires au Petit Séminaire, puis au lycée de Montpellier où il apprit le latin et le grec, Paul, après la mort de son père en 1871, voulut entreprendre des études de médecine. Il se présenta au concours d’entrée de l’Ecole de médecine navale de Toulon et en sortit en 1881. Après avoir réussi le concours de l’internat, il fut à ce titre, détaché à l’hôpital d’Aix en Provence. Au mois d’avril, promu aide médecin de la Marine, il s’embarqua pour la Guadeloupe où il se vit confier le service des aliénés. Il soutint sa thèse de doctorat le 26 novembre 1884 à Montpellier, sous la présidence du professeur Joseph Grasset sur le sujet : De l’emploi du chloral et de la digitale pour les périodes agitées des épileptiques. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2014

Nombre de pages

8

Auteur(s)

Christian ROCHE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf