Le site préromain d’Embonne Une antique fabrique de meules au Cap d’Agde
Le site préromain d’Embonne Une antique fabrique de meules au Cap d’Agde
Les travaux d’aménagement de la nouvelle ville du Cap d’Agde, qui vont faire de cette station une des plus belles du littoral languedocien, auront comme fâcheuse conséquence, la disparition du site archéologique d’Embonne. Le site, qui s’étend de la falaise du Cap jusqu’aux premières pentes du Mont St Loup, sera complètement recouvert par là ville nouvelle en cours de construction.
Nous avions fait un historique succinct de ce site dans un précédent article de cette revue et dit que contrairement aux hypothèses longtemps accréditées qui voyaient là une primitive ville d’Agde, ruinée aux invasions barbares puis reconstruite à son emplacement actuel, il n’existait qu’un modeste habitat dispersé sur de vastes carrières, des fabriques de meules à broyer le grain en pierre de basalte. Meules qui firent l’objet d’un commerce de quelque importance à la période gréco-romaine et que nos plongeurs sous-marins retrouvent aujourd’hui sur des épaves antiques en mer ou dans le port d’Agde.
Au moment où vont disparaître les carrières antiques, où les chercheurs se demandent si le sous-sol d’Embonne et des abords a bien livré tous ses secrets, nous nous proposons de donner ici quelques notes complémentaires sur les résultats des seules fouilles pratiquées à Embonne ; fouilles que nous suivîmes de très près et dont nous pouvons mieux aujourd’hui interpréter les résultats. Nous essaierons en même temps de dresser le bilan des connaissances actuelles sur l’occupation antique du site Embonne – Cap d’Agde.
Le plateau d’Embonne – Le rivage antique
Le plateau d’Embonne et la falaise du Cap d’Agde forment l’angle Sud-Est de l’ancienne « île d’Agde », l’AGATHENESOS de Ptolémée, comprise entre deux branches principales du delta de l’Hérault. Avec les deux grands plateaux situés plus au Nord, l’île entière est un socle de basalte dominé par la colline du Mont St-Loup, restes amenuisés du cône de l’ancien volcan d’Agde. (fig. 1)
Le rivage est à peine différent de ce qu’il était aux débuts de la période historique. D’après de récentes études sur le littoral 1, la côte du golfe, le lido, est établi et stabilisé depuis environ une dizaine de millénaires, seuls, les étangs situés en arrière des cordons de dunes se sont comblés et se comblent encore peu à peu. Tel est le cas pour les étangs d’Embonne et de Luno, situés de part et d’autre du plateau d’Embonne, qui déjà avant la période grecque ne devaient être que des marais ouverts à la mer par des « graus » temporaires. 2
Contrairement à ce que pensait Lenthéric, et ce que nous avions cru au début de nos recherches, il n’existait pas alors dans l’étang de Luno 3, à l’abri de la falaise du Cap d’Agde et du Mont St Loup, une grande rade ouverte vers le large qui aurait été le « Bon mouillage », le mouillage d’AGATHE-TYCHE, de la « Bonne Fortune ».
Lenthéric se référait pourtant à un passage du texte d’Avienus qui indique dans les parages d’Agde l’existence d’une zone de « calme et de flots apaisés » 4 Il est possible que d’après les observations des plus anciens navigateurs le texte fasse allusion aux abris, aux mouillages, aux plages abordables qui existent encore de part et d’autre du Cap d’Agde, au voisinage des restes du Port Richelieu.
Les cartes marines actuelles relèvent deux de ces mouillages, le premier dans l’anse de la « Conque » à l’abri des rafales du Mistral, l’autre à l’abri des houles du large entre le Cap, la Rochelongue et les hauts-fonds voisins de l’îlot de Brescou. (fig. 2)
Comme aux environs de tous les caps, les épaves antiques ou modernes sont ici nombreuses, restes de navires naufragés sur les plages ou les bancs de roches immergées, et quatre épaves nouvelles ont été récemment découvertes lors du creusement et de l’aménagement du nouveau port de plaisance du Cap d’Agde dans l’étang de Luno. Il faut remarquer qu’il s’agissait de navires jetés à la côte en avant de cet étang, dans l’avant-port actuel, et qu’il n’a été signalé dans ce même étang qui est devenu le port du Cap d’Agde, ni épave ni reste antique quelconque. Il en est de même pour l’étang d’Embonne dans lequel a été aménagé le nouveau « Port d’Embonne ». 5
A terre, de petits gisements ont été reconnus depuis longtemps sur la côte Nord de l’étang de Luno 6, tel celui du mamelon des « Tourieux » 7 recouvert par de récents aménagements urbains. Ils avaient fourni de nombreux tessons d’amphores italiques et étaient des restes d’antiques exploitations agricoles ou des habitats de « sauniers » occupés à la récolte du sel sur l’étang, au même endroit où le moderne « Salin de Luno » était naguère en exploitation.
Mais le seul site terrestre important est bien, dans tous les environs, celui du plateau d’Embonne avec ses carrières.
La tradition et le nom d’Embonne
C’est une tradition fort ancienne nous dit B. Jordan, historien d’Agde qui fait remarquer que l’on chercherait en vain ce nom d’Embonne dans les Cartulaires bien connus d’Agde où le terroir est désigné par le nom de « La Crès » ou « Lou Crès » qui signifie en occitan terrain pierreux. 8
Le nom d’Embonne apparaît pour la première fois, semble-t’il dans un « Relevé de biens nobles » en 1720 et un peu plus tard sur les Cartes du Diocèse qui situent exactement des « Ruines d’Embounes ».
La tradition d’une « Ville d’Embonne » était née de la présence sur le site d’amas ruiniformes, de restes épars de poteries antiques et surtout de nombreux murs écroulés, simples limites de champs et d’enclos, restes de constructions relativement récentes comme nous le verrons plus loin.
Érudits et chercheurs émettant d’ingénieuses hypothèses n’avaient fait qu’amplifier la tradition populaire. Au moment où l’emplacement exact de l’AGATHE-TYCHE grecque, colonie originelle d’Agde, était encore ignoré, Embonne pouvait être cette cité, détruite puis transférée, reconstruite sur la rive de l’Hérault. Elle aurait pu être une colonie antérieure à cette ville grecque, une ville rhodienne, phocéenne ou étrusque. Certains avaient dû penser à un habitat de l’âge du Fer. 9
Mais aucun de ces auteurs n’avait donné d’Embonne une description précise, excepté Lenthéric qui écrivait : « …rechercher là une AGATHA primitive est une conception purement chimérique. Ces ruines sont d’ailleurs trop espacées entre elles… des débris sans caractères que nous trouvons à de trop grandes distances les uns des autres ne permettent pas de reconstituer le plus petit bourg, à plus forte raison une ville de quelque importance ». 10
C’était bien l’aspect du site au début de nos recherches habitat ou carrières dispersées sur une quarantaine d’hectares, débris de meules et poteries épars, et surtout nombreux murs irrégulièrement alignés, écroulés sur des amas de pierres, le tout recouvert le plus souvent d’une végétation de maquis. (figures 3 et 4).
Quant au nom d’« Embonne », il semble lui-même avoir une signification. Certains auteurs avaient proposé pour ce nom une étymologie grecque : AMBON = éminence, élévation de forme arrondie, d’autres le faisaient dériver d’un nom propre, on connaissait ainsi à Agde le nom d’« En Bonnel », nom de personne, donné à une porte de la ville. Mais le nom dérive plutôt du verbe occitan « embolnar », inusité aujourd’hui, qui signifie ruiner, renverser, s’ébouler. Les « embounes » seraient donc des ruines et, avec les noms de « Crès » et de « la Clape », rappelleraient en ces lieux la présence d’amas de pierres, restes de constructions ou éboulis naturels. 11
Fouilles à Embonne – Les carrières
Les fouilles à Agde en 1938 12 ayant permis la découverte du site grec au Centre-Ville, les fouilles à Embonne en 1939 13 apportèrent une dernière solution au « Problème d’Agde », donnèrent la signification des ruines énigmatiques de la « Ville d’Embonne » 14, et ramenèrent le site, au sujet duquel érudits et chercheurs avaient autrefois longuement disserté, au rang d’habitat secondaire de l’île d’Agde. Ces fouilles furent pratiquées par une équipe de réfugiés espagnols de l’armée républicaine d’Espagne sous la direction de Sr. Francisco Prat Puig, professeur de Lycée et archéologue.
Mr. Prat avait vu, dès l’abord, à Embonne un « village ibérique » avec ses murs d’enceinte, sur des fabriques de meules « ibériques ». Hypothèse de travail qui fut vérifiée, en partie seulement, car il ne fut trouvé aucune couche archéologique en place, les débris de poteries « ibériques » ou autres étaient épars sur des amas de pierres, les fonds de cabanes, peu nombreux, étaient peut-être d’époque récente et n’étaient pas groupés à l’abri d’une enceinte quelconque.
Nos amis catalans eurent quand même le grand mérite, tout en recherchant leur « village » ou ses remparts d’explorer très consciencieusement le site en surface et en profondeur.
Il était aisé de reconnaître les carrières antiques qui, par endroits, étaient restées dans leur état primitif. C’étaient de grands amas de pierres comblant à moitié des excavations isolées ou voisines et confluentes. Parmi les éclats de pierres étaient épars de nombreux débris de meules, des meules ébauchées et abandonnées à tous les stades de fabrication, des tessons de poteries et d’amphores, les plus nombreuses italiques, les autres marseillaises à pâte micacée.
Les carriers antiques attaquaient le plateau de basalte en surface plutôt qu’en profondeur et délaissaient vers – 2 m. la roche compacte plus difficile à extraire. Carrières et fonds de carrière dans lesquels les eaux de ruissellement accumulaient des couches d’argile, devenaient des mares, des réserves d’eau qu’atteignaient à travers les amas de pierres les racines de vigoureux chênes-verts. Dans ces amas, des puits avaient été aménagés par les carriers antiques ou par des paysans d’une période toute récente. Ces mêmes paysans qui avaient mis en culture une grande partie de ces sols volcaniques, pierreux mais relativement fertiles et qui par leur travail incessant d’épierrement et de nivellement, de constructions de murs ou d’abris, avaient grandement modifié l’aspect primitif du site et fait disparaître de nombreuses carrières.
Et c’est ainsi qu’ont disparu autour d’Agde, sur des plateaux de basalte en tout identiques au plateau d’Embonne nombre de carrières antiques et d’ateliers sur lesquels on avait taillé des broyeurs à grain de type primitif, des « mouilles » et des ancres en pierre rudimentaires que nous ne trouvons pas à Embonne 15 où, pendant deux siècles, il semble que l’on ait fabriqué en série des meules sur un modèle unique.
Seules sont restées, aux environs d’Agde encore bien apparentes, les excavations des grandes carrières plus récentes d’où l’on extrayait la pierre de construction, où l’on taillait de grandes meules dans le basalte gris bleuté, la « pierre d’Agde », dont la teinte sombre valut autrefois à la ville le surnom de « Ville noire ».
Les carrières d’Embonne étaient donc en 1939 les seuls restes encore apparents de nombreuses carrières antiques ayant existé autour d’Agde. Mais le site était déjà menacé par l’extension des surfaces cultivées du domaine de « la Clape » où des vignes voisines qui prospéraient alors dans lés sables jusqu’aux premières lignes de dunes. La menace de disparition se précisait de plus en plus avec l’invasion des plages et de leurs abords par le flot sans cesse accru des estivants et l’urbanisation récente a fait d’Embonne un site recouvert comme le site d’Agde.
En accord avec l’Administration des Antiquités Historiques nous avions demandé la protection d’une grande partie du site mais quelques hectares seulement seront préservés, affectés à des espaces verts dans une zone d’occupation à faible densité.
Espérons que les urbanistes tiendront leurs promesses et que quelques fouilles de contrôle seront encore possibles.
Les meules d’Agde et d’Embonne – Le commerce des meules
Le nombre de meules entières, d’ébauches ou de parties de meules trouvés à ce jour aux fouilles terrestres à Embonne, à Agde et sur les gisements sous-marins peut s’évaluer à quelques centaines ; presqu’aussi nombreux ont été trouvés tous les instruments taillés dans le basalte à l’usage des antiques marins et pêcheurs : pierres percées, lests de filets, ancres et mouilles diverses. (fig. 5 et fig. 6)
Toutes les meules, trouvées à ce jour à l’exception de quelques exemplaires (fig. 6 nos 10 et 11) sont d’un modèle unique, à surfaces triturantes taillées en cône largement ouvert, les meules tournantes creusées d’une cavité formant trémie, les meules de base percées d’un creux dans lequel était fixé l’axe de rotation du moulin. Cet axe a pu être en bois mais la plupart de nos meules tournantes portent des encoches diamétralement opposées dans lesquelles était fixée une armature en fer percée d’un œillard emboîtant un axe de même métal. Nous avons pu facilement remonter un de ces moulins et le faire fonctionner de manière très convenable. (fig. n° 6 bis).
Ces « meules d’Agde » sont bien connues sur de nombreux sites romains ou préromains de notre région où elles voisinent des meules identiques taillées dans du grès. A Délos ces meules coniques sont taillées dans du basalte, d’autres dans du granit, ces dernières étant creusées de stries radiales qui n’existent pas sur les meules en lave, les alvéoles naturelles de la pierre basaltique en tenaient lieu.
Ces premiers moulins rotatifs furent apportés dans nos régions au début de la colonisation grecque, les indigènes ne connaissaient alors que les broyeurs plats à va-et-vient dont l’usage fut conservé quelque temps encore et dont nous avons trouvé un exemplaire dans un niveau grec du IVe s. (fig. n° 17)
A Ensérune ils apparaissent au début du IIIe s. avec une « méta » conique et un « catillus » portant deux appendices latéraux destinés à maintenir une armature de manœuvre, modèle rappelant une seule meule de notre collection. 16
On ne peut nulle part déterminer le « terminus ad quem » de ces moulins domestiques. A Délos ce modèle est abandonné à l’apparition des grands moulins coniques de la période romaine qui n’étaient plus des moulins à main mais à traction animale, peu connus sur les sites de moyenne importance de nos régions.
A Agde, c’est peut-être un moulin plat (fig. 6 n° 10) qui fut peut-être utilisé à la période gallo-romaine, mais la meule la plus récente que nous ayons trouvée, provenant d’un site gallo-romain tardif 17, était une meule conique taillée non dans du basalte mais dans un grès d’origine locale.
Il est probable qu’à Agde comme ailleurs ces moulins domestiques furent utilisés jusqu’à l’apparition relativement tardive des moulins hydrauliques, le premier de ces moulins à roue ayant été construit ici, avec le barrage sur l’Hérault, par l’évêque Thédise au XIIIe siècle.
La meule domestique est encore en usage au Moyen Orient ou en Afrique noire tout comme aux temps de l’Antiquité classique et il existe encore là des tailleurs de meules et des marchands de meules sur les marchés.
A cette période antique, la pierre meulière par excellence, la « lapis molaris », était le basalte, et comme des coulées de lave et des sols basaltiques existent dans de nombreuses régions on a dû fabriquer un peu partout des meules de basalte, au moins pour satisfaire les besoins locaux.
Mais des fabriques, peu nombreuses semble-t’il, ont exporté leur production, résultat d’une fabrication en série de mode industriel. Deux seulement sont connues dans les régions en bordure de la Méditerranée gauloise, l’une est notre fabrique d’Embonne, l’autre prés de Toulon, où la « Courtine d’Ollioules » et des sites moins importants s’étendent sur des massifs de basalte plus étendus et plus accidentés que nos plateaux de l’île d’Agde 18. Les carrières sont comme les nôtres, à peu près dans le même état, mais les habitats, quelquefois établis en hauteur et fortifiés, sont un peu plus anciens que les nôtres et livrent une variété de broyeurs et de meules que nous n’avons pas à Agde. Le nombre et la diversité de ces appareils à broyer le grain de même que le nombre des moulins et pressoir à olives avait fait penser que la production importante des fabriques de l’endroit était motivée par une demande locale accrue du fait du développement de l’agriculture au moment de la colonisation grecque.
En réalité, comme à Agde, la grosse production de ces fabriques était destinée à l’exportation et, le commerce des meules comme celui du sel, des conserves de poissons et autres productions naturelles de la région, était un élément important dans la vie économique des colonies grecques.
D’ailleurs de nombreuses meules ont été trouvées en mer sur des épaves et un chargement complet a même été signalé sur un gisement près de Rochelongue. 19
Le Pr. Lamboglia, à propos de meules de basalte identiques aux nôtres, trouvées sur une épave de la mer Tyrrhénienne, nous précise : « Ces meules rotatives furent diffusées dans tout l’Occident du IIIe siècle av. J. C. jusqu’au 1er siècle et ces moulins étaient le troisième élément campanien qui, avec la céramique, complétait le chargement d’amphores de la grande exportation des vins de Campanie, commerce dominant aux derniers siècles de la République ». 20
Le Pays d’Agde ne pouvait être une région de grande exportation à comparer avec la région campanienne mais les meules devaient compléter ici le chargement des navires de passage, avec le sel, saumures et salaisons que l’on fabriquait sur place.
Les dates indiquées plus haut correspondent d’une part aux dates reconnues de l’activité des carrières d’Embonne mais aussi à une période d’activité particulière du port d’Agde, activité que démontre le nombre important des amphores italiques trouvées en mer ou dans le port, et encore la richesse des couches archéologiques datées par des poteries campaniennes découvertes au site terrestre d’Agde-Ville.
Du fait de ce commerce maritime l’aire de diffusion de nos meules a pu être très vaste et la demande importante, car en plus de la mouture des céréales on utilisait ces moulins pour broyer finement toutes sortes de minerais ou le sel qui se prend en masse après la récolte sur les marais salants. Ainsi des meules de basalte ont été trouvées sur des sites d’antiques mines de l’Aude ou en Espagne et nous-mêmes avons trouvé un petit lot de ces moulins dans une fouille près du Banhas, étang où existèrent d’antiques salines.
En raison de ces utilisations multiples et du fait qu’elles constituaient une marchandise lourde, un fret d’appoint et de « retour » avantageux, nos meules ont pu atteindre de lointaines destinations, prises en charge par les navires qui touchaient le port d’Agde et peut être même abordaient aux plages voisines du Cap et des carrières d’Embonne sans que là ait existé la moindre installation portuaire. 21
Ces plages auraient alors été les antiques ports d’Embonne et du Cap d’Agde.
L’habitat – Quelques tombes
La production importante de nos carrières fait supposer toute une population de carriers, de tailleurs de meules, artisans ou esclaves, et l’existence d’un habitat qui paraît établi sur quelques secteurs occupant seulement une petite partie de la vaste étendue des carrières.
Après quelques siècles de remaniements successifs les couches archéologiques qui ont existé ont été bouleversées et des restes d’amphores et de poteries gisent épars avec des débris de meules sur des amas de pierres ou sur le sol peu profond de champs et de vignes que les charrues entament sur toute son épaisseur. Restes d’ailleurs relativement peu abondants car notre population en majorité de condition servile devait se contenter d’un habitat de « standing » modeste.
Au cours de fouilles quelques deux cent à deux cent cinquante kilos d’amphores et poteries diverses furent recueillis et autant ont pu disparaître du fait des travaux d’aménagement actuels. C’est relativement peu mais c’est suffisant pour établir avec quelque précision les dates d’occupation du site.
La poterie grecque ou même hellénistique à vernis noir était pratiquement inexistante. Les céramiques campaniennes de toute époque étaient les plus abondantes accompagnées de moins nombreuses poteries claires ou grises « ibériques » ou imitations. Les amphores étaient des marseillaises à pâte micacée mais la majorité étaient des amphores italiques à rebord de col à section triangulaire.
L’habitat le plus important devait se trouver au Nord de la métairie de la Clape et les restes en sont dispersés sur quelques hectares entre les secteurs I, II, III du plan. C’est le seul gisement du site qui ait fourni des poteries gallo-romaines de Graufesenque, restes probables de la dernière période d’activité des fabriques d’Embonne. Vers 1920 furent découvertes à 100 m. au Nord de la métairie quelques monnaies d’argent romaines, petit trésor aujourd’hui disparu mais dont l’existence et la trouvaille nous furent bien confirmées par le métayer de la « Clape » et dont quatre pièces au moins furent déterminées avec précision 22. A 300 mètres au Nord de la métairie fut découvert un atelier, sorte de hangar à deux pièces qui émergeait à peine d’une sorte de grand tumulus. Les murs étaient de facture fruste à l’exception de quelques mètres mieux appareillés, à la base desquels existait une banquette ou podium. Il semble qu’on avait prévu là certaine division du travail, d’un côté où étaient accumulés de gros éclats se faisait le dégrossissage des ébauches, dans l’autre pièce remplie d’éclats plus petits était l’atelier de finissage.
La construction devait être couverte d’un toit de chaumes ou de roseaux, elle reposait sur une carrière complètement remblayée qui fut fouillée jusqu’à la roche compacte à – 1 m. environ. Parmi des éclats de pierres et quelques apports de terres furent découverts un arc de fibule, un col de lagène, (fig. 7, 1) des débris d’amphores marseillaises et de poteries grises « ibériques ».
C’est la seule construction sur le site qui apparaisse certainement antique, toutes les autres, une vingtaine environ, dont le sol n’a livré aucune couche archéologique ni reste quelconque ont été comme nous verrons plus loin édifiées par des paysans à une époque presque récente.
A 300 mètres de la métairie en direction du Cap existait un gisement qui ne fut que prospecté en surface et que des travaux récents ont bouleversé faisant apparaitre de nombreux restes d’amphores italiques.
Dans la même direction et à 600 mètres, quelque peu hors du site des carrières, fut reconnu un petit gisement sur des mamelons qui s’élèvent vers la falaise du Cap. Il semblait être le gisement le plus ancien et daté par des amphores marseillaises et des poteries, à pâte claire. Quelques alignements de murettes, à peine indiqués étaient des restes d’habitations auprès desquelles fut trouvé une tombe à incinération qui fournit les seuls restes antiques bien restés en place sur tout le site d’Embonne.
Elle était à moitié creusée dans le basalte, en forme d’ogive renversée. Dans le fond, une œnochoe incomplète, écrasée, à pâte claire sans dessins, contenait quelques cendres fines. Au-dessus, parmi des apports de terre et de sable fin étaient quelques ossements de petits animaux, des débris de charbon, une petite œnochoe, une coupe claire, des restes de coupes campaniennes (fig. 8). Tout à côté une deuxième tombe identique avait été éventrée par une coupe de la carrière voisine, exploitée déjà au XVIIe siècle. Il existait là sinon une « nécropole », du moins un groupe de tombes.
Signalons enfin qu’au -cours des fouilles ou de prospections ultérieures furent découverts quelques outils préhistoriques : deux choppings, un nucleus de quartzite, une petite lame de silex et, plus nombreux, des polissoirs ou aiguisoirs faits de gros galets usés sur une ou deux faces. Il s’agit d’un outillage d’époque néolithique qui a déjà été retrouvé dans toute la région autour d’Agde et au Nord d’Agde, indiquant la présence de populations clairsemées dont aucun habitat n’a encore été décelé, plus ou moins groupé, dans l’Île d’Agde.
Mais pour le grand public Embonne n’était pas l’habitat ni les carrières que découvre le fouilleur averti, la « Ville d’Embonne », de nombreux agathois l’ont connue, était l’ensemble de constructions en pierres sèches, cabanes et murs écroulés qui couvraient tout le plateau.
Murs et constructions en pierre sèche d’Embonne et de la campagne d’Agde
Les constructions en pierre sèche qui recouvraient le site d’Embonne existent aussi sur les plateaux de basalte des environs d’Agde et dans les garrigues calcaires de la région voisine. Des ensembles plus vastes existent à Faugères, dans l’Hérault, dans la région nîmoise et provençale ou dans le Roussillon partout bien connus et étudiés, leurs murs de facture irrégulière ne peuvent être comparés aux enceintes bien dessinées et solidement construites des oppida de Murviel, de Nages ou d’Ambrussum. 23
Voici en nous inspirant des études récentes la signification de quelques exemples typiques des murs de notre campagne agathoise.
De grands murs, en bordure de chemins de terre, qui existent encore près d’Agde, assuraient la protection des propriétés riveraines contre l’intrusion des troupeaux ces chemins étaient des « drailles » sur lesquelles les bergers conduisaient leur bétail au pacage. Aux temps pas très lointains où le Pays d’Agde vivait en « économie fermée » sur ses propres ressources, le troupeau de « bestial menut » comptait quelques milliers de têtes mais on ne pratiquait pas ici la transhumance et les bêtes « parquaient » en été dans des parcs à bestiaux dont l’un de forme très caractéristique (fig. 3, V) existait en 1939, planté en vignes, dans le secteur Sud d’Embonne 24. Il comportait une seule entrée, au centre était une « capitelle-guérite », en face, un petit escalier donnait accès au faite d’un mur au point le plus élevé de l’endroit c’étaient des « miradors », des postes de surveillance des troupeaux.
Des « capitelles », cabanes en pierre sèche couvertes de roseaux ou d’une fausse voûte d’encorbellement, isolées mais plus souvent accolées ou incluses dans les murs étaient le logement temporaire des bergers ou des paysans. Une seule de ces capitelles, nous en avons reconnu plus de cinquante, toutes en ruines dans la campagne d’Agde, est encore intacte avec sa voûte et mériterait d’être conservée (fig. 9).
Une ou plusieurs de ces capitelles existaient dans chaque petit enclos dont des ensembles assez importants se trouvent encore aux « Plos de St Martin » 25 et au secteur Nord et Sud d’Embonne (fig. 10). On peut remarquer là une division extrême de la propriété en petites parcelles aux limites sinueuses contournant sur le sol des amas de pierres, d’antiques carrières ou des pointements de rochers. Là, des terrains incultes, « devois de l’Évêque » destinés au pacage, furent peu à peu à partir du XVIIe siècle 26 abandonnés en toute propriété aux « défricheurs » qui en faisaient la demande. De petites gens, des « brassiers », mirent ces sols en cultures, les épierrent sans cesse tout en construisant des murs de clôture qui étaient aussi des coupe-vents, aux pieds desquels croissaient quelques cultures de printemps parmi des plants de vignes. Les murs indiquaient la prise de propriété et l’on circulait sur ces murs comme sur des chemins pour se rendre aux enclos qui n’avaient pas de ports. Il y a près de deux siècles, les vignes s’étendant peu à peu sur des terrains de plaine plus fertiles ce mode de culture exclusivement à bras n’était plus rentable et fut progressivement abandonné. Les anciennes techniques pastorales et agricoles s’oublièrent peu à peu, les murs écroulés devinrent des ruines énigmatiques pour les hommes des dernières générations et plus encore pour les archéologues, du fait de la présence de ces ruines sur un site antique plus ou moins reconnu.
Mr Prat ne pouvait donc trouver ici ni remparts, ni enceinte de village ibérique, aussi n’a-t-il donné aucune explication des murs d’Embonne dans les conclusions qu’il nous confia à la fin de ses travaux. Conclusions qui à peu de chose près seront les nôtres, celles que nous indiquerons ici.
Conclusions
Mr Prat avait dit : « Le principal problème, la chronologie, est bien résolu, nous sommes en présence d’un habitat du IVe, IIIe, et début du IIe s. av. J. C. Mais il reste la possibilité de remonter la vie de l’habitat avant le IVe s. ».
Nous pensons aujourd’hui qu’on peut admettre que le site a été habité et les fabriques en activité jusqu’au premier siècle de l’ère.
M. Louis écrit d’abord au sujet d’Embonne : « on a émis sur ce site les opinions les plus fantaisistes » et il ajoute : «…les fouilles n’ont pas atteint les couches profondes, mais elles prouvent déjà qu’il s’agit d’un habitat préromain » 27.
Cet auteur fait allusion aux conclusions qui furent prises un peu trop hâtivement au début des fouilles au sujet du « village ibérique » ; quant aux fouilles et aux couches profondes il faut bien remarquer qu’il ne pouvait en être question sur ce plateau de lave d’Embonne où les carrières attaquaient la roche en surface plutôt qu’en profondeur, où le sol était partout recouvert d’une mince couche de terre meuble qui, dans les parties cultivées, avait été complètement bouleversée par les labours.
Dans ces conditions il est peu probable que des couches profondes et cachées, que des restes antiques ou archaïques aient échappé aux investigations de nos fouilleurs.
Ces restes révélateurs seraient-ils enfouis dans les étangs voisins, récemment creusés jusqu’à 3 m., où ont été aménagés les nouveaux ports de Luno et d’Embonne ? Ces étangs, les plus éloignés des bouches Est et Ouest de l’Hérault, n’ont pas reçu les masses d’alluvions qui enfouissent les couches anciennes et provoquent des tassements du sol. Jusqu’à ce jour les travaux de terrassement importants ou les dragages n’ont fait apparaître aucun indice révélateur et l’existence de ces très anciennes couches archéologiques, qui existent probablement en quelque endroit de l’Île d’Agde, est fort problématique sur le plateau d’Embonne et ses abords.
Pratiquement les fouilles sont terminées au site même d’Embonne où nous connaissons l’habitat, les fabriques de meules et où nous avons pu étudier les remaniements d’une époque récente.
En définitive il faut mettre Embonne au rang des sites secondaires mais pleins d’intérêt de l’Île d’Agde Notre Dame du Grau, Saint-Martin du Pioch, Saint Michel et Saint Pierre de Fabricolis près du Banhas, où la présence d’anciennes églises souligne la permanence de l’habitat près de sources aujourd’hui taries, près de salines disparues ou de fabriques de meules.
Les sites principaux ont été localisés à Agde même dans le port en rivière, sur des gisements sous-marins ils ont déjà fourni avec un matériel important des pièces de grande valeur comme l’« Éphèbe d’Agde » ou les « Bronzes de Rochelongue » 28.
Embonne n’était déjà plus depuis les fouilles le site centre d’intérêt qu’il fut autrefois pour les chercheurs, mais la mer, la côte et les plages n’ont pas encore livré tous leurs secrets et un joui- peut-être quelque découverte fortuite, malgré les destructions opérées par les travaux d’aménagement, ramènera ce centre sinon à Embonne mais dans les parages du Cap d’Agde, Brecou et Rochelongue.
R. ARIS
Conservateur-adjoint
au Musée d’Agde
Notes
1 G. Denizot, Le rivage de Provence et de Languedoc au temps des Ligures, Rev. Et. Ligures, xxv, 1959.
→ J. B. Klosterman, Le volcanisme de la région d’Agde, Thèse de l’Université d’Utrecht, 1959.
2 M. H. Pineau, Littoral du Languedoc à l’époque antique d’après la cartographie et les photos aériennes Soc. Savantes, Montpellier, 1961, p. 153, a écrit : « L’étang de St Martin et de Luno occupait les marais qui l’entourent et devait communiquer Largement avec la mer per deux graus dont il reste des traces sur les photographies ». Cet auteur a certainement décelé l’emplacement de deux graus antiques. Mais le Professeur Denizot, qui a fait une étude plus approfondie de la région et que nous avons spécialement consulté, est très affirmatif ; il ne peut s’agir que de graus temporaires ouverts sur le marais peu profond que fût toujours l’étang de Luno. Depuis quelques années la mer avait ouvert une grande brèche au centre de la jetée Richelieu, envahi la plage formée à l’abri de cette jetée et les vignes des « Cosses Saint Martin ». Ce sont les restes de ces inondations sur des dépressions anciennes qui ont permis de localiser l’emplacement des deux graus temporaires sur des vues aériennes. Les « Cosses » de notre région, les « cussoules » de la région audoise, et les « conses » de la région d’Aigues-Mortes sont les lignes de dunes des cordons littéraux. Ces noms dérivent d’une vieille racine « cuq » ou du latin « concha » qui désignaient de petites éminences arrondies en forme de coquille. (d’après « Onomasticos »).
3 LENTHERIC, Villes Mortes du Golfe du Lion, Plot, Paris, 1876.
4 BERTHELOT, R. Festus Avienus, « ORA MARITIMA » Champion, Paris 1934, description de la côte aux parages d’Agde : « Non loin le Thyrius descend… le cinorus… jamais les vagues ne s’y soulèvent, le calme d’Alcyon apaise toujours l’abîme. Le sommet de ce roc se détache de ce haut massif que j’ai dit s’appeler Blanc. Auprès est l’île Blascon émergeant en forme arrondie ».
→ Le Thyrius est l’Hérault
→ Cinorus…, est inconnu
→ Le haut massif Blanc (Candidum) est le Cap Leucate, le plus voisin du Cap d’Agde en direction du Sud.
→ Blascon est l’îlot de Brescou et la « forme arrondie » s’appliquerait plutôt à la colline du Mt. St-Loup, véritable « signal » de l’île d’Agde, apparaissant détachés sur l’horizon marin pour les navigateurs depuis la partie S. E. du Golfe.
5 Des photographies aériennes prises en 1940 et 1963 montrent pourtant sous la mince couche d’eau recouvrant l’ancien salin de Luno un réseau de lignes parallèles et quelques lignes en spirale. Restes de constructions antiques ? Ces lignes ont uniformément disparu après le creusement du nouveau port de plaisance, à – 3 m., sur cet emplacement. Des restes antiques auraient montré un aspect plus irrégulier et n’auraient pas disparu tous à la fois. Il pourrait s’agir de fonds de tranchées creusées dans l’ancien marais ou de hales de roseaux et de « tamarissières » restes encore apparents d’entreprises de récupération des sols marécageux avant l’établissement du salin de Luno (1876). Un réseau de lignes analogues existe sur des vues aériennes récentes du « Marais du Petit Banhas », lignes qui passent sous la route Nationale construite en 1928. On récoltait sur ces marais le « salicort » plante marine dont les cendres étaient utilisées par les verriers et fournissaient la soude naturelle.
6 Le nom de « LUNO » est à rapprocher de l’occitan Iona = lagune le même nom déformé en LANE ou LENE désigne d’autres terroirs près de l’étang d’Embonne.
7 TOURIEUX désigne en occitan une petite éminence du terrain.
8 B. JORDAN, Histoire d’Agde, Tournal, Montpellier, 1824.
→ O. TERRIN, Cartulaires du Chapitre d’Agde, Nîmes, 1969.
→ A. CASTALDO, Consulat médiéval d’Agde, XIIIe-XIVe s. Paris, thèse de Doctorat, Paris 1970.
→ A. CASTALDO, L’Église d’Agde Xe-XIIIe s., Paris, 1970.
→ J. BERTHELE, Cartulaires Municipaux, Agde, Inventaire sommaire, Montpellier 1901.
→ Dr. Picheire, Cartulaires municipaux, Agde, à paraitre prochainement.
9 E. BONNET, Géographie générale du Départ. de l’Hérault fasc. II, T. III, 1905, étudie toutes les hypothèses émises au sujet du site grec d’Agde, alors inconnu.
10 LENTHERIC, op. cit., p. 273.
11 F. MISTRAL, Trésor du félibrige. L. ALIBERT Dictionnaire occitan français, Inst. Etud. Occitanes, Montpellier.
12 R. ARIS et G. CLAUSTRES, Le Problème d’Agde, Bull. Soc. Arch. Béziers, V, 1939, résultats des premières fouilles pratiquées à Agde.
13 Ct. Benoit-Guyot, Journal des Débats, 22-6-1939 et 15-8-1939, donne résultats des premiers travaux et des conclusions prises è titre provisoire.
14 A. GRENIER, Revue des Et. Anciennes, 1942, p. 288.
15 D. FONQUERLE, président du groupe d’Arch. sous-marine, GRASPA.
16 J. JANNORAY, Ensérune, de Boccard, p. 264.
17 Bessan près de l’église ruinée de St Laurent de Touroulle.
18 J. LAYET, La Courtine d’Olliouies, lmpr. du Sud-Est, Toulon, 1949.
19 A. BOUSCARAS, Notes sur recherches s.-marines d’Agde. Rev, Études Ligures, XXX, 1944, P. 286 et Actes du IIIe congrès Arch. sous-marine, Barcelone, 1961, p. 286.
20 Pr. Lamboglia, Relitto di Punta Scaletta all’ isola di Giannutri, Rev. Études Ligures, XXX, 1964, p. 251.
21 F. Benoit avait pensé à une enquête sur la « géologie des meules » et, sur ses indications, nous avions fait analyser quelques échantillons de nos basaltes (M. Coquet, Labor. des Trav. Publics, Paris) mais les résultats furent peu probants. il faudra attendre la mise au point d’analyses plus fines et pratiques pour déterminer avec précision l’origine des basaltes et l’aire de diffusion des différentes fabriques.
22 Monnaies trouvées en 1920 prés de « La Clape » d’après Abbé Brun à Béziers.
→ 1 Denier argent – République romaine – Gens Soelia, frappé par C. Coelius Caldus (monétaire), 94 av. J. C. Tête de la Déesse Rome à gauche coiffée du casque ailé.
→ R. CALD – Victoire dans un bige au galop, à gauche à exergue C
→ 3 Deniers romains argent – AUGUSTE, tête laurée à droite CAESAR AUGUSTUS DIVI F PATER PATRIAE
→ R : C (aïus) L(ucius) Caesares Augusti F (ilil) co(n)s(u les) desig(nati) princi (pas) iuvent (utis). Caîus et Lucius debouts tenant une haste et un bouclier, dans le champ un simpule et un bâton augural. Cohen n°40.
23 PONSICH, Cabanes et « orris » en pierre sèche des Pyrénées-Orient. Études Roussillonnaises, V, p 203.
24 Parc identique signalé par ANNY de POUS, Cabanes en pierre sèche, Cerca, n° 4, 1959.
25 Plo ou Pla désigne en occitan un plateau plus ou moins élevé.
26 PAUL MARRES, La garrigue et son exploitation à travers les âges, Rev. Histor, et litter. du Languedoc, 1944.
27 O. Taffanel et M. Louis, Premier âge du Fer Languedocien, 1re Partie, p. 15L.
28 Importante découverte du Groupe de plongée d’Agde GRASPA. Président D. Fonquerle, dans Revue du Louvre, XVI, 1966, par J. Charbonneaux. A. Bouscaras, Bronzes de Rochelongue, Agde, Rev. Études Ligures XXX, 1964.
