Le goût des collectionneurs montpelliérains au XVIIe siècle

Dans son ouvrage, Le géant, la licorne et la tulipe (1988), Antoine Schnapper a brillammant évoqué les collections françaises du XVIIème siècle. Beaucoup de Montpelliérains ayant occupé une place importante dans ce domaine, mon propos, en parallèle à ce travail de synthèse considérable, est de brosser pour Montpellier un tableau exhaustif des cabinets connus. A travers les antiquités, les médailles, les curiosités, l’histoire naturelle et l’art, il sera ainsi plus aisé de prendre conscience des goûts particuliers à la ville.

Le voyage de François Ier dans le Midi en 1533, à l’occasion duquel les Nîmois le virent « un genou à terre, nettoyer lui-même avec son mouchoir la poussière qui couvrait les lettres des inscriptions romaines, afin de les lire avec plus de facilité » 1, incita les milieux cultivés de l’ancienne Narbonnaise à s’intéresser aux antiquités.

Mais Montpellier, la plus récente des métropoles du Bas-Languedoc, en dehors des structures de la Via Domitia, était pénalisée par rapport à ses voisines. Cependant le médecin François de Ranchin (1564-1641) (fig. 1), « curieux de livres et de pièces qui regardent l’antiquité », pouvait se flatter grâce à des moyens financiers appréciables de posséder un cabinet important que Nicolas Fabri de Peiresc chercha à lui acheter 2. Il avait en effet, sept à huit cent pierres gravées, la plupart antiques, quantité de pièces de funéraille et de sacrifice ainsi que quelques bonnes pièces de relief de marbre et de bronze 3, parmi lesquelles la « chaire de préteur » provenant des arènes de Nîmes et trois bas-reliefs en marbre qu’il donna à la Faculté de Médecine de Montpellier, dont il fut chancelier et où ils se trouvent encore 4 (fig. 2 et 3). Ses héritiers conservèrent le cabinet et semblent même l’avoir complété avant de le vendre en bloc au début du XVIIIe siècle, au désespoir du jeune président de la Cour des Comptes Aides et Finances de Montpellier, François-Xavier Bon (1678-1761) qui ne put en faire l’acquisition alors qu’il commençait à monter sa propre collection 5.

François de Ranchin, Faculté de Médecine, Montpellier
Fig. 1 François de Ranchin, Faculté de Médecine, Montpellier (Photo : Descossy - © 1984 Inventaire Général S.P.A.D.E.M.).
Chaire de préteur (détail), Faculté de Médecine, Montpellier
Fig. 2 Chaire de préteur (détail), Faculté de Médecine, Montpellier (Photo : Descossy - © 1984 Inventaire Général S.P.A.D.E.M.).
Fragment de sarcophage antique, Faculté de Médecine, Montpellier
Fig. 3 Fragment de sarcophage antique, Faculté de Médecine, Montpellier (Photo : Descossy - © 1984 Inventaire Général S.P.A.D.E.M.).

Le cabinet Bornier ou Teillan, vendu en 1711, est l’oeuvre de trois générations de conseillers à la Cour des Comptes dont il est difficile de départager l’apport particulier : Simon de Bornier (1604-1648), son fils Pierre (1631-1668) et enfin son petit-fils Jacques Philippe (1662-1711) 6. Mentionnée par Pierre Borel dès 1649, cette collection est décrite par un état datant de 1711 (cf. Annexe). Les seules antiquités qu’elle renferme « seize figures de bronze sur des pieds d’estau de bois représentant plusieurs animaux et figures des dieux des païens », sont des idoles égyptiennes que François-Xavier Bon réussit cette fois à s’approprier. D’autre part, les Bornier, dans le parc de leur château de Teillan situé prés de Marsillargues à mi-chemin entre Nîmes et Montpellier, avaient rassemblé après 1665 six bornes milliaires. En effet, à cette date, les deux bornes les plus importantes de César Auguste étaient encore signalées à leur emplacement d’origine par le chanoine Pierre Gariel (l584-l674) 7 (fig. 4). Il était alors de pratique courante d’enlever du site de la Via Domitia les vestiges antiques les plus représentatifs qui la balisaient. Ces éléments intégrés dans les demeures seigneuriales devenaient alors de véritables apanages nobiliaires. Mais, la concentration de Teillan dépasse cette pratique puisque sont associés aux bornes militaires deux autels votifs, six stèles funéraires et enfin trois bas-reliefs plus tardifs. C’est le même phénomène que l’on observe chez P. Gariel à Montpellier (fig. 5). « Homme savant et fort curieux de l’antiquité », il avait réuni, dans le jardin de sa maison, quelques inscriptions antiques de la voie Domitienne comme celle provenant du site de Substantio : « Sur l’avis qui me fut donné que tout proche de l’église de Substention, en une muraille sèche et de cailloux, paraissait une pierre vive écrite à la romaine, je fus sur le lieu pour la voir, la fis tirer et emporter à Montpellier, et la fis bâtir contre une muraille d’un mien petit jardin…. » 8. Les autres collections d’antiquités sont de moindre importance. P. Gariel parle de Jacques-Philippe de Maussac, président de la Cour des Comptes en 1631, qui possédait un curieux et docte cabinet dont un des trésors était une belle pierre d’albâtre 9. Enfin, des antiquités et autres statues sont mentionnées incidemment dans les cabinets Veissière, Joubert et Catelan dont il sera question par la suite.

Borne milliaire de la Via Domitia, Château de Teillan, Aimargues
Fig. 4 Borne milliaire de la Via Domitia, Château de Teillan, Aimargues.
Pierre Gariel, Bibliothèque nationale, Paris
Fig. 5 Pierre Gariel, Bibliothèque nationale, Paris (Bibliothèque Nationale).

Les médailles qui constituent une spécialité à part dans la curiosité historique furent passionnément recherchées pendant tout le XVIIe siècle. Le plus ancien et le plus considérable médaillier montpelliérain était celui de Jéremie Ferrier. A sa mort, en 1626 il devint la propriété de son fils, puis de sa fille qui avait épousé le lieutenant criminel Tardieu à Paris. Après le tragique assassinat de ces derniers en août 1665, les médailles, examinées par Pierre Seguin, doyen de l’abbaye de Saint-Germain, furent achetées pour le cabinet du roi à la demande de Colbert 10. F. de Ranchin en possédait une quantité remarquable : « J’ai trois cent trente médailles d’or antiques, grecques et romaines, quatre mille d’argent, et bien dix mille de bronze, parmi lesquelles il y a de trois à quatre mille qui sont bien de mise ». Pierre Borel mentionne des médailles dans le cabinet de Simon de Bornier, chez un bourgeois du nom de Maigret, chez le notaire Claude Gardel (en exercice de 1606 à 1659) ainsi que chez les Pères Jésuites qui avaient pour habitude de s’en servir à des fins pédagogiques. Pierre Veissière, conseiller à la Cour des Comptes Aides et Finances, collectionna de nombreuses médailles dans les trentes dernières années du XVIIe siècle. En 1701 dans son Explication de deux gravures grecques antiques, pour être présentées à Monseigneur le duc de Bourgogne et à Monseigneur le duc de Berry par le Sr. Veissière conseiller du roi en la Cour des Comptes, Aides et Finances de Montpellier, il affirme posséder « un grand nombre de médailles grecques et latines et gothiques, grand et moyen bronze, et un médaillier presque complet de médailles d’argent ». Cependant, le collectionneur était très mal considéré et à cette occasion un polémiste anonyme le critiqua sans ménagement : « … avec tout cela, il faut louer le zèle et l’esprit de Mr Veissière qui a de bons sentiments pour la France et qui voulant faire savoir à tout le monde qu’il est très savant dans l’antiquité et qu’il avait un beau cabinet de médailles et de gravures antiques, a voulu donner à l’honneur de la France un sens très avantageux au sien » 11. Cette collection, qui comportait en outre de nombreuses pierres gravées et plusieurs figures et monuments antiques, s’il faut en croire Nicolas Mahudel, passa à son fils Pierre-Michel Veissière, lui aussi conseiller à la Cour des Comptes 12. Le médaillier Veissière en grande partie composé de faux fut bradé à la mort de Pierre-Michel.

La prééminence traditionnelle de l’enseignement de la médecine et de la pharmacie à Montpellier était favorable à l’existence de nombreux et importants cabinets de curiosités et d’histoire naturelle. Le médecin Laurent Joubert (1529-1583) avait fait venir à grand frais beaucoup de choses curieuses de tous les pays. Thomas Platter nous a laissé un récit de la visite qu’il fit de ce cabinet le 9 août 1596, à une époque où il avait été en partie dispersé. En effet, les pierres précieuses et les antiquités en grand nombre, dit-on, avaient été acquises par Henri Ier de Montmorency, gouverneur du Languedoc, et Jacques de La Fin, émissaire d’Henri IV en Provence. Outre les habituels rémora, mandragore et monstres, il y avait des curiosités médicales telles qu’un couteau, avalé par un paysan de Lunel, extrait par les soins de Joubert des entrailles du malheureux. Une série de bustes en plâtre de personnages célèbres figurait aussi dans cet ensemble 13. En contrepartie les poissons desséchés de Guillaume Rondelet (1507-1566) (fig. 6) formaient une collection spécialisée où le souci du classement prédominait : « … on ne peut lui refuser l’honneur d’avoir mis le premier l’histoire des poissons dans le meilleur ordre par rapport au temps dans lequel il vivait », disait de lui Antoine-Joseph Dezallier d’Argenville 14. G. Rondelet, qui au cours de ses voyage dans les Flandres et sur le pourtour méditerranéen, surtout en Italie, avait disséqué toutes sortes de poissons, entretenait dans sa propriété, prés de Montpellier, des viviers d’eau douce et d’eau de mer pour mieux se livrer à ses études. Le seul souvenir tangible que nous possédons de cette collection est le traité D. M. de Piscibus marinis, in quibus verae Piscinium effigies expressae sunt, illustré de gravures sur bois, où G. Rondelet publia le résultat de ses observations à partir desquelles il proposait une classification. Enfin, en installant un petit jardin botanique pour l’instruction des étudiants dans la cour de l’université dont il fut chancelier en 1573, G. Rondelet établit les bases d’une des plus importantes spécialités montpelliéraines la botanique. Peu après, grâce à la protection du connétable de Montmorency, le jeune médecin Pierre Richer de Belleval (1564-1632) obtint en 1593 d’Henri IV la lettre patente de fondation du Jardin des Plantes de Montpellier sous l’égide de l’Université.

Guillaume Rondelet, Faculté de Médecine, Montpellier
Fig. 6 Guillaume Rondelet, Faculté de Médecine, Montpellier (Photo : Descossy - © 1984 Inventaire Général S.P.A.D.E.M.).

Ce fut en France la première expérience du genre après les exemples italiens de Bologne et de Padoue. Des particuliers, la plupart du temps des médecins, possédaient aussi des jardins curieux ou savants. Ainsi le docteur Fontanonus, dans la maison duquel Th. Platter vit un « palmier ou dattier vivant ayant la hauteur d’un homme » et F. de Ranchin qui avait un jardin peuplé de belles fleurs, assorti d’un cabinet de distillation. P. Richer de Belleval avait installé en complément, dans le Jardin des Plantes, un cabinet d’histoire naturelle où à sa propre collection, parmi laquelle Th. Platter avait remarqué l’estomac d’une tortue de mer et le squellette monté avec art d’une autruche morte chez le connétable, il avait joint les restes de la collection Joubert achetés 900 livres le 23 février 1613 et la collection de G. Rondelet. Visité par J.-S. Strobelberger en 1615, ce cabinet qui condensait un siècle de curiosité à Montpellier fut totalement détruit avec le Jardin des Plantes pendant le siège de la ville en 1622 15.

Parmi les apothicaires, qui étaient fort nombreux à Montpellier et bien approvisionnés en tout genre de curiosités grâce au commerce très intense avec les Echelles du Levant via Marseille, quelques-uns, se signalèrent particulièrement. Le cabinet de l’apothicaire du Collège des Jésuites, le Frère Rochet, est visité en 1665 par Philip Skippon 16. Jacques de Farges qui possédait toutes sortes de drogues et de collections fort intéressantes ou curieuses, reçut en 1564 Charles IX dans son officine de la place des Cévenols. Victime de l’intolérance religieuse, il fut pendu en 1659 au cours d’une émeute et sa maison incendiée 17. Mais le plus important fut Laurent Catelan (1567/68-1647). Issu d’une famille d’apothicaires, il employa « le meilleur de ses jours à courir les royaumes étrangers, et faire des voyages vers les nations les plus éloignées, pour […] acquérir l’intelligence (de la pharmacie) sous les plus grands médecins de ce siècle ». A la demande de plusieurs professeurs, il dressa un cabinet de « raretés les plus exquises » pour faire des démonstrations aux écoliers en médecine qui débutèrent vers 1608 18.

Un manuscrit décrit de la sorte le cabinet de L. Catelan : « … il y a un ciel de papier à quoi sont attachés quatre globes de verre et une terre qui représentent les quatre éléments. Il y a deux enfants sans pieds, mais un autre qui en a trois, un caméléon qui change de couleur autant de fois qu’on change d’objet, une crocodile bien grande qui ont toujours des vers dans les dents, et il y a un petit oiseau qui, sans aucune appréhension, les vient manger et qui s’appelle Forgue, mais il n’y est pas… une petite coupe d’une corne de rhinocéros, une lampe qui, estant mise devant une chandelle, vous éclaire à cinquante pas, une fontaine qui n’a qu’un trou par où l’eau doit et peut entrer et estant tourné le robinet geste l’eau plus haut de trois pieds » 19. Les curiosités de L. Catelan dont nous n’avons ici qu’une évocation fragmentaire, mises à l’abri durant quinze mois à l’époque du siège de la ville, eurent beaucoup de succès auprès des courtisans qui entouraient le roi lors de son entrée à Montpellier. Louis XIII, mis en garde par les médecins à cause des effluves, ne put en profiter lui-même. Dès lors, avec la protection de Gaston d’Orléans, L. Catelan projeta d’écrire plusieurs traités sur la plupart des curiosités réunies dans son cabinet. C’est ainsi qu’il publia à Montpellier en 1623 un Traité de l’origine, vertu, propriété et usages de la pierre de Bézoar et en 1624, une Histoire de la nature, chasse, vertus de la Licorne. Le cabinet de Catelan fut plusieurs années après sa mort acheté 300 livres par l’apothicaire Louis Gilibert (vers 1607-1675), qui avait été un de ses anciens apprentis en 1626 et 1627. L’acte de cette vente le 7 septembre 1665 signale pêle-mêle en plus des drogues, curiosités et raretés, des coquilles, poissons, statues, médailles et livres 20. Enfin, pour être complet, il faut mentionner une collection de lunettes et de raretés d’optique appartenant à M. Rey que signale Jacob Spon.

François Bosquet, C.D.R.P. Languedoc-Roussillon
Fig. 7 François Bosquet, C.D.R.P. Languedoc-Roussillon, Montpellier (Photo : Vallon - © 1975 Inventaire Général S.P.A.D.E.M.)

L’accession, en 1656. de François Bosquet (1605-1676) (fig. 7) au siège épiscopal ouvrit une période importante de la vie artistique montpelliéraine, au sein de laquelle le rôle de l’Église était prépondérant, depuis la reprise en main de la ville par le pouvoir royal en 1622. Ce protégé du chancelier Sèguier, depuis 1648 évêque de Lodève, résidait en 1654 à Rome où il avait commandé à Claude Lorrain deux tableaux sur des thèmes religieux : Le Sermon sur la montagne, conservé aujourd’hui à la Frick Collection à New York, et Esther entrant dans le palais d’Assuérus dont il n’existe plus, à la suite d’un incendie, qu’un fragment de l’extrémité gauche, chez le comte de Leicester à Holkham Hall (fig. 8 et 9). Ces deux tableaux suivirent sans doute Bosquet à Montpellier. Probablement stimulé par le nouvel évêque, le chapitre, afin de décorer le maître-autel de la cathédrale Saint-Pierre, se décida, en février 1657, à passer commande à Sébastien Bourdon (1616-1671), d’un grand tableau d’autel. La chute de Simon le magicien, œuvre à laquelle le célèbre artiste, originaire de Montpellier travaillait depuis au moins 1652, fut ainsi peinte entre février 1657 et mars 1658. L’intervention remarquable de Sébastien Bourdon dans le contexte de la vie artistique locale ne fut pas du goût des artistes vivant à Montpellier. Son détracteur le plus actif était le peintre Samuel Boissière (1620-1703), celui-ci s’établit par la suite pendant de nombreuses années à Lyon où il est signalé vers 1675 21. Dans cette ville il rassembla l’importante collection de tableaux qu’il apporta à Montpellier après avoir quitté définitivement la cité rhodanienne. A sa mort en 1703, son cabinet fut légué à l’administration de l’Hôpital Général qui le dispersa aux enchères afin de répondre aux voeux du peintre 22. De même, quelques particuliers se distinguèrent par leurs goût pour les arts. F.-X. Alger dans sa liste « des amateurs les plus distingués de nos pays méridionaux » cite quelques personnalités qui furent étroitement en rapport avec le peintre Jean de Troy (l638-169l) 23, comme le Père de La Greffe, gardien du couvent des Cordeliers, qui l’avait accompagné en Italie. Parmi les diverses personnalités locales qui passèrent des commandes à Jean de Troy, Jean Deydé (1617-1687), conseiller à la Cour des Comptes, est l’un des plus importants amateurs d’art montpelliérains du XVIIe siècle. Sa collection se composait d’estampes d’après l’Albane, ainsi que de dix-huit toiles dont quatre Poussin, trois ports de mer et six grands paysages.

Claude Lorrain, Le sermon sur la montagne, Frick Collection, New York
Fig. 8 Claude Lorrain, Le sermon sur la montagne, Frick Collection, New York (Copiryght The Frick Collection, New York).
Claude Lorrain, Esther entrant dans le palais d'Assuérus (dessin du Liber Veritas)
Fig. 9 Claude Lorrain, Esther entrant dans le palais d'Assuérus (dessin du Liber Veritas), British Museum, Londres (Copiryght The Trustees of the British Museum).

Au début du XVIIIe siècle, une collection résumait à elle seule toutes celles qui la précédèrent. A travers ses différents aspects, le cabinet du premier président de la Cour des Comptes, François-Xavier Bon, est un prolongement réactualisé de tout le siècle de curiosité précédent. Cependant vers la fin du XVIIIe siècle, la typologie des collections montpelliéraines s’est transformée sensiblement. Les cabinets de tableaux, jusqu’alors peu nombreux, se multiplièrent sans pour autant transformer la ville en un centre artistique de premier plan, alors que de nombreux cabinets spécialisés en histoire naturelle continuèrent à favoriser des progrès notables dans la recherche scientifique.

ANNEXE

* N.B. : cet article est issu d’un mémoire de D.E.A. soutenu en 1987 à la Sorbonne – Paris IV.

Description du cabinet Bomier d’après l’inventaire après décès de son hôtel à Montpellier dréssé à partir du 27 août 1711 (Archives départementales de l’Hérault, notaires II E 57-471) ; les rubriques de la vente publique du 25 novembre au 4 décembre de la même année (idem, notaires II E 61-157) donnent le nom des acheteurs la plupart inconnus et le montant de l’enchère.

  • a) chambre du devant : un tableau représentant une Magdelaine ;
  • b) cabinet du défunt ;

1. Une grande cassette bois noyer dans laquelle a été trouvé :

  • 54 médailles de plomb antiques petites ou grandes ;
  • 5 autres médailles d’or, de cuivre et les autres de fonte ;
  • 16 figures de bronze sur des pieds d’estau de bois représentant plusieurs animaux et figures des dieux des paîens ;
  • 4 cuillières et 4 fourchettes de nacre ;
  • 2 médailles représentant Gustave Adolphe et la reine Aleonor sa femme enchassées dans une petite boîte (Gustave II Adolphe roi de Suède de 1611 à 1632).

2. Attachés au fond du cabinet :

  • 36 vieux portraits des auteurs du defunt et autres particuliers ;
  • environ 50 estampes représentant des seigneurs et des dames de la cour ;
  • 3 cartes de géographie, une grande et deux petites.

3. Sur une étagére :

  • 6 grands verres peints de figures bizarres ;
  • 3 soucoupes de terre peint avec leurs gobelets de même ;
  • 7 boules de marbre ;
  • 1 globe de terre ;
  • 1 oeuf d’autruche ;
  • 1 grande coquille de mer.

4. Sur les tablettes :

  • 39 volumes de roman ;
  • 7 figures d’albâtre sur des pieds d’estau ;
  • 1 figure de même représentant Charles Quint sur un pieds d’estal où il y a quatre personnages enchaînés.

5. Dans un portefeuille des estampes représentant des oiseaux.

Notes

1.L. Ménard, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nismes…, Paris, 1753, t. IV, p. 127 ; cf. D. Dardes L’épigraphie à Nimes du XVIe siècle à nos jours, Nimes, 1987.

2.Soixante et onze lettres écrites par Peiresc, adressées aux frères Ranchin au sujet de tractations d’achat, Bibliothèque Inguimbertine, Carpentras (Ms. 1875, f° 411 et suivants) ; cf. aussi Ph. Tamizey de Laroque, « Les petits mémoires de Peiresc », Bulletin Rubens, n° 4, 1889, p. 65 et s., correspondance entre le 28 novembre 1627 et le 26 février 1628.

3.E. Bonnaffé, Dictionnaire des amateurs français au XVIIe siècle, Paris, 1884, p. 263, citant une lettre de F. de Ranchin datant de 1614 adressée à Peiresc à la Bibliothèque Nationale, Ms. Fonds français 9541 (et non 9539).

4.P. Bord, Les Antiquités, raretez, plantes, minéraux et autres choses considérables de la Ville, et Comté de Castres d’Albigeois, et des lieux qui sont à ses environs etc…. Castres, 1649, p. 119 ; et A.-L. Millin, Voyage dans les départements du Midi de la France, Paris, 1811, t. IV, Ire partie, p. 302 et 303 (gravé dans l’atlas publié en 1807, pl. LXXII, fig. 7 et 8).

5.Le cabinet Ranchin est cité à plusieurs reprises dans le Courant du XVIIe siècle : 1648 (E. Bonnaffé, Les collectionneurs de l’Ancienne France, Paris, 1878, p. 97) ; en 1649 par P. Borel ; en 1673 (J. Spon, Recherches des Antiquités et Curiosités de la ville de Lyon…. Lyon, 1673, p. 222) et en 1686 (Baudelot de Dairval, De l’utilité des voyages…. Paris, 1686, t. 2, p. 690) ; pour le président Bon, cf. A. Chevalier, « Le cabinet de curiosité du Président Bon », Bulletin historique de la ville de Montpellier, n° 10. 1988, p. 6.

6.P. Falgairolles, « Notice sur la famille de Bomier », Revue Heraldica, Paris, 1912.

7.P. Gariel, Idée de la ville de Montpellier, recherchée et présentée aux honnêtes gens, Montpellier, 1665, p. 22. Pour tout ce qui concerne les inscriptions, cf. Cl. Devic et J. Vaissette, Histoire générale du Languedoc, t. XV, édition 1892.

8.A. Germain, Pierre Gariel, sa vie et ses travaux 1584-1674, Montpellier, 1874, p. 71 et 72 ; et P. Gariel, Series Praesulum Magalonensium et Monspeliensum, Toulouse, 1652, p. 8 ; et Gariel, 1665, op. cit., Ire partie, p. 201 et 203.

9.D’une famille toulousaine il est évoqué à propos de son père par L. Jacob, Traité des plus belles bibliothéques publiques et particulières qui ont été et qui sont à présent dans le monde…, Paris, 1644, p. 653.

10.  Bonnaffé, 1884, cit., p. 105 et 106 ; et Fréart de Chantelou, Journal de voyage du Cavalier Bernin en France, édition 1981, p. 138, 218 et 219.

  11.  Bibliothèque de la Société Archéologique de Montpellier, Mélange de manuscrits, Recueil 94, p. 320 à 337 et p. 366 et 367.

12.  Baudelot de Dairval, 1727, nouvelle édition revue et corrigée de l’ouvrage cit., t. 2, p. 446 et 447 et Chevalier article cit.

13.  F. et T. Platter, Félix et Thomas Platter à Montpellier, 1552-1559, 1595-1599, Notes de voyage de deux étudiants bâlois, publiées d’après les manuscrits originaux appartenant à la bibliothèque de l’université de Bâle, Montpellier, 1892, p. 288 à 292.

14.  A.-J. Dezallier d’Argenville, Histoire Naturelle éclaircie dans une de ses parties principales, l’oryctologie qui traite des terres, des pierres, des métaux, des minéraux et autres fossiles, Paris, 1755, p. 8.

15.  J.-S. Strobelberger Historia Monspeliensis,Nuremberg, 1625.

16.  Ph. Skippon, An Account of a Jouney made Thro’Part of the Low Countries, Germany, Italy and France, éd. A. et J. Churchill, A Collection of Voyages and Travels…, vol. VI, 1732, p. 717.

17.  L. Irissou, « Quelques Montpelliérains collectionneurs de curiosités », Revue d’Histoire de la Pharmacie, 1947, n° 119, p. 233.

18.  L. Catelan, « Dédicaces à Monseigneur Pierre de Fenouillet, evêque de Montpellier », Œuvres pharmaceutiques de M. François de Ranchin, Lyon, 1628.

19.  A.-P. Marty, La pharmacie à Montpellier, depuis son origine jusqu’à la Révolution, Montpellier, 1889, p. 41 et 42 (le manuscrit de la bibliothèque de Leyde reste introuvable).

20.  Cité en 1648 par Bonnaffé, 1878, p. 97 ; en 1649 par Bord ; en 1673 par Spon (Gilibert) ; et en 1699 par Le Blanc (« Remarques de M. Le Blanc sur Montpellier, 1699 », Montpeliensa, Montpellier, 1899, p. 1 à 16) ; pour l’acte de vente, cf. Archives Municipales de Montpellier, notaires du consulat, BB 147, n° 13, Marye, 1665, f° 478 verso à 480 verso.

21.  Bonnaffé, 1884, p. 278.

22.  L. de La Roque, Biographies montpelliéraines, peintres, sculpteurs et architectes, Montpellier, 1877, p. 27 à 29, d’après l’inventaire de la collection Boissière aux Archives départementales de l’Hérault, série Hôpital Général B49.

23.  F.-X. Atger, « Avis préliminaire », Notice des dessins sous verre, tableaux, esquisses,… réunis à la Bibliothèque de la Faculté de Médecine à Montpellier, Montpellier, 1830, p. 15 et 16.