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2.00

Description

Instantanés photographiques chez les Blayac :
Une famille bourgeoise au début du XXe siècle

*Assistante de conservation du patrimoine aux Archives départementales de l’Hérault ; Docteure en histoire

Introduction

François Blayac et Joséphine Chauvain se marient le 9 janvier 1905 à Montpellier. C’est juste après que commence le reportage photographique que François va mener de la naissance de son premier fils jusqu’au passage à l’âge adulte de ses trois enfants à l’orée de 1940. À travers l’objectif il livre des instantanés de l’intimité de sa famille, un panorama visuel des activités de son groupe familial et un aperçu d’événements historiques plus ou moins locaux. Que racontent ces clichés de sa vie et en quoi sa pratique est-elle liée à une certaine représentation sociale ?

Le fonds dont il est question dans cet article est conservé aux Archives départementales de l’Hérault depuis 2013 suite au don d’un des petits-fils du photographe. Il comporte un peu plus de 900 photographies, pour la plupart des photographies négatives monochromes sur plaque de verre. D’autres archives photographiques de la famille existent sans doute pour la même période, qui pourraient compléter le point de vue livré ici.

Un photographe de son époque

À la fin du XIXe siècle la technique photographique évolue pour proposer des supports d’impression qui ne nécessitent plus de compétences pointues en chimie. La plaque sèche au gélatino-bromure d’argent permet la diffusion de la pratique à un cercle élargi d’« amateurs éclairés ». Bien que le poids et la fragilité des plaques de verre demeurent des inconvénients, ils ne freinent en rien le développement de la prise de clichés, la chambre noire et l’appareil étant relativement facile à transporter. Sa seule limite est son coût et le temps disponible en loisirs pour la pratiquer. Dans les milieux bourgeois et chez les notables, dans l’Hérault comme dans toute la France, les hommes curieux de nouveautés s’emparent de cette technologie devenue à la mode.

Certains ont des visées scientifiques, comme Gustave Tramblay. Entre les années 1880 et sa mort en 1918 il photographie les paysages et les monuments aux alentours de sa résidence de Mérifons, – le mas Canet – et dans les départements voisins, mais réalise aussi parmi les premiers clichés célestes lors de ses observations astronomiques. De même Marius Pargoire, instituteur originaire de Saint-Pons-de-Mauchiens, se sert de la photographie pour ses travaux au sein de la Société mentale d’encouragement à l’agriculture de l’Hérault à partir de la toute fin du XIXe siècle. D’autres l’utilisent pour documenter leur vie. Il en est ainsi d’un album réalisé par deux jeunes femmes de bonne famille dans le premier quart du XXe siècle à Montpellier. Les tirages sont collés dans un registre, les pages ornées de dessins à l’encre, de peintures. C’est un témoignage vivant des lieux qu’elles fréquentent et de leurs activités de loisirs, sans doute collecté par un homme de leur entourage très proche. Tout comme Martial Aubrespy, un notaire de Fontès, qui jusqu’à sa mort en 1929 portraiture sa famille, mais aussi le village et ses habitants dont il est devenu le photographe attitré, François Blayac fixe sur plaque de verre sa femme et ses trois enfants.

François Blayac, jeune avocat, épouse Joséphine Chauvain en janvier 1905. Le père de celle-ci, Dominique Chauvain, un négociant en vin, propriétaire de biens à Montpellier, est décédé quelques années auparavant. Trois enfants naissent de leur union : Raoul le 13 janvier 1906, Hélène le 1er février 1911 et Françoise le 5 novembre 1913. Ce sont eux les principaux sujets de prédilection de leur père, et en particulier le premier. Dès sa naissance il est pris en photographie avec sa mère d’abord, puis seul lorsqu’il est en âge de tenir assis ou debout sans aide. On le voit aussi petit en train de manger, de jouer, d’apprendre à marcher. Ses sœurs font l’objet de prises de vue moins intensives. Si Hélène bénéficie encore de l’attention de son père lorsqu’elle est en bas-âge, Françoise n’est jamais photographiée seule à cette période de sa vie. Un unique portrait la montre, déjà grande. Pour voir tous les enfants dans leur première année il faut se référer aux reportages que François Blayac effectue après la naissance de chacune de ses filles. Les deux sœurs apparaissent le plus souvent ensemble dans des vues d’activités quotidiennes et de jeux. Le déguisement est le plus photographié : costumes de pierrot ou uniforme pour Raoul, costume d’indiennes ou coiffe et étole pour Hélène et Françoise. Donner à manger aux poules est un classique, que ce soit pour Raoul ou pour ses sœurs… (13 pages et 10 illustrations)

Informations complémentaires

Année de publication

2020

Nombre de pages

13

Auteur(s)

Floriana BARDONESCHI

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf