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Description

Histoire d’un retable :
le retable du maître-autel de Notre-Dame-des-Tables (1667-1794)

Par l’ordonnance du 7 avril 1658, François Bosquet, évêque de Montpellier, érige l’église Notre-Dame-des-Tables au titre de paroisse, à la place de l’église Saint-Firmin, détruite au moment des conflits religieux. L’église mariale vient d’être entièrement reconstruite. Sur la chronologie des travaux, on se référera à la synthèse récente, publiée par Jean Nougaret. Seuls Alain Chevalier et Francine Amal signalent l’existence sur le maître-autel d’un grand tableau d’Antoine Ranc, représentant l’Assomption de la Vierge. Ils publient en même temps la gravure de Chalmandrier représentant le retable, mais sans apporter d’informations sur celui-ci (fig 1). Plusieurs documents permettent de retracer l’histoire de ce retable exceptionnel, aujourd’hui disparu la police passée à Antoine Ranc pour la réalisation du tableau du maître-autel, le prix-fait passé à Jean Bonnassier architecte de Montpellier, Antoine Armand et Pierre Moynier, maîtres maçons pour la construction du retable ainsi que le contrat passé à Jacques Martinet pour la réalisation de la sculpture. Les comptes-rendus des grands offices funèbres célébrés par les États du Languedoc montrent comment le retable sera intégré aux grands décors éphémères mis en place pour ces circonstances, provoquant progressivement sa dégradation, avant sa disparition avec la destruction de l’église Notre-Dame des Tables en 1794. En voici l’histoire.

La commande du tableau à Antoine Ranc

Suite à sa visite à Notre-Dame-des-Tables qui se déroule au début de l’année 1667, Monseigneur Bosquet, évêque de Montpellier, ordonne qu’il soit fait pour le maître-autel de l’église, un tableau représentant une Assomption de la Vierge. À cet effet, le chapitre de la cathédrale Saint-Pierre consent que les 660 livres provenant des dons faits aux chapelles de l’église Notre-Dame, appartenant en commun au chapitre et à la ville, soient employées pour faire le tableau. Un partie de cette somme, soit 200 livres, est conservée par le chapitre. Le restant, soit 460 livres, est aux mains du Sieurs de la Forest, sénéchal de la ville.

Le 6 mai 1667, Estienne de Boulhaco, archidiacre de Valence, Estienne du Bosquet, abbé de Franquevaux, Pierre Bernard et Jean Barhélémy, chanoines du chapitre Saint-Pierre, députés par le chapitre, passent contrat avec Antoine Ranc pour la réalisation du tableau. Le chapitre promet de reverser au peintre la somme qu’il a en sa possession. Le peintre s’engage à se faire payer l’argent détenu par le sénéchal « à ses risque et périls », sans rien demander au chapitre. Le tableau doit avoir 25 pans d’hauteur et 17 pans de large (environ 6, 25 m. sur 4, 25 m.). Il représentera l’Assomption de la Vierge et doit être conforme au dessin dressé par le peintre et signé par les parties. La gravure nous renseigne sur le tableau disparu. Il représente, au premier plan, les douze apôtres à genoux. Au dessus, la Vierge assise sur un nuage monte au ciel entourée d’anges. Antoine Ranc s’engage à utiliser des « colleurs bonnes et fines, et principalement tout le bleu avec loutre mer et le rouge avec la laque fin ». La réalisation du châssis de la peinture est à la charge du peintre ainsi que l’achat de « la toille rousse, bien unie et sérrée ». Antoine Ranc dispose d’un délai d’un an pour réaliser le tableau.

Le retable de Jean Bonnassier

Alors qu’Antoine Ranc travaille à l’achèvement du tableau, François de Massillan et André Delort, marguilliers de l’église Notre-Dame-des-Tables, ainsi qu’Antoine Trial, l’un des ouvriers de la Fabrique, passent contrat avec Jean Bonnassier, architecte de Montpellier, pour la réalisation du retable du maître-autel. Le prix-fait est signé le 22 juillet 1668. Le choix de l’architecte a été fait sur les conseils d’Henry de Mariotte « conseiller du roy en son conseil, président en la cour des comptes aydes et finances de lad ville, principal paroissien de lad paroisse » et probablement principal bailleur de fonds.

Pour l’occasion, Jean Bonnassier s’associe avec Antoine Armand et Pierre Moynier maîtres maçons de Montpellier qui acceptent « solidairement l’un pour l’autre et seul pour le tout, sans division ni distinction d’action » de faire le retable. En premier lieu, les entrepreneurs préparent le terrain. Ils enlèvent le pavé du choeur, à l’endroit où doit être placé le retable. En raison de la présence d’une chapelle souterraine, appelée la chapelle de la Madeleine, les entrepreneurs doivent assurer la stabilité du retable en mettant en place de solides fondations. Elles prendront la forme de piliers, placés à l’aplomb des piédestaux sur lesquels doivent être dressées les colonnes. Si les entrepreneurs le jugent nécessaire, la voûte de la chapelle de la Madeleine sera aussi renforcée. L’enlèvement de la terre et des gravats est assuré par les commanditaires. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2013

Nombre de pages

20

Auteur(s)

Denis NEPIPVODA

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf