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Description

Élèves et maîtres dans l’Hérault
pendant la guerre de 1914-1918

* Docteur ès-lettres

L’école publique de la fin du XIXe est au service de la République et de la patrie. Le souvenir cuisant de la défaite de 1870 a accentué cette orientation et chaque citoyen est incité à porter son regard vers la ligne bleue des Vosges, comme l’y a invité Jules Ferry en 1881. Pendant plus de quatre décennies, les enfants ont été élevés dans l’idée de revanche. Aux maîtres de tous niveaux est confié ce souci, en participant de toutes manières à préparer les générations montantes à prendre leur responsabilité dans ce domaine. C’est ce que nous allons voir par quelques exemples en entrant dans ce sujet aussi bien à l’école primaire que dans les lycées et collèges de l’Hérault, à la suite des études générales sur ce thème, comme celles de S. Audouin-Rouzeau ou de Manon Pignot, avec des témoignages variés tels que ceux tirés du livre de Jeanne Galzy, « La Femme chez les garçons », les lettres de Jean-Antoine Sauzet sur Soubès, les rapports d’inspections sur l’Académie de Montpellier et les discours des prix des années de guerre. Les illustrations sont tirées d’un hebdomadaire pour enfants qui privilégie les images et les récits de guerre. Notre choix repose sur l’intérêt que présente le suivi des articles sur la durée du conflit et la présentation de situations diversifiées. Que peuvent faire ces enfants dans la guerre ? Certes ils sont loin des zones de combat, mais n’en sont pas moins impliqués, et fêtent l’année nouvelle en musique et dans l’espoir de la paix.

Le façonnement des esprits et la préparation des corps avant 1914

Dès le lendemain de la guerre de 1870, on envisagea la mise en place d’exercices de type militaire pour les élèves du primaire qui apprendraient ainsi à marcher au pas au son des fifres et des tambours, à manier les armes, et à s’exercer au tir. A Montpellier, c’est dans les années 1877-1878 que se mettent en place ces exercices pour toutes les écoles communales. La municipalité acheta les armes et les instruments de musique nécessaires pour cet entraînement et sollicita de la troupe le prêt de quelques sergents et caporaux pour initier les élèves à se comporter comme des soldats. La création des bataillons scolaires par la loi de 1882 vint organiser cette formation au plan national. Ce fut une sorte d’initiation concrète des jeunes en vue d’un futur conflit. Yvon Courty en a raconté, dans le détail, l’histoire pour le Clapas dans sa brochure manuscrite : Une institution de la IIIe République, Les Bataillons Scolaires de la ville de Montpellier. En janvier 1882, la ville reçut une dotation de 27 fusils, soit trois par école publique. Ce nombre fut rapidement augmenté. Le 6 avril 1882, on décida que tous les élèves des écoles communales âgés de plus de 11 ans, soit 568 enfants, devraient suivre les nouveaux exercices. L’intérêt de cette formation était, selon M. Castets, qui était alors maire de la ville (1893-1896), de faciliter l’entrée au service militaire des jeunes gens formés à l’art militaire dès l’âge de 12 ans : « La paix avec nos voisins en sera d’autant mieux assurée qu’ils auront la capacité de leur tenir tête. » […]

Informations complémentaires

Année de publication

2015

Nombre de pages

12

Auteur(s)

Louis SECONDY

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf