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Description

Aux origines de la vaccination antivariolique dans l’Hérault

* Professeur agrégé h.c., docteur en sociologie.
** Architecte du patrimoine au Département de l’Hérault.

Introduction :

La variole est une maladie contagieuse provoquée par un virus qui se propage d’individu à individu. Elle se transmet par contacts directs via les aérosols émis par la personne infectée et en phase d’éruption de boutons. Elle peut également se transmettre par les objets qu’elle a contaminés. Les symptômes sont la fièvre, des douleurs du dos et de l’abdomen, des vomissements. Cependant, l’aspect le plus visible est l’éruption, dès le second ou troisième jour, de « pustules » sur le visage et les membres supérieurs, puis sur l’ensemble du corps. La gravité de cette maladie, tout d’abord appelée petite vérole, en a fait le symbole d’une calamité dévastatrice. En effet, la petite vérole a été à l’origine de 400 000 décès en Europe à la fin du XVIIe siècle et une estimation de 60 millions de morts au XVIIIe siècle, toujours en Europe. Les survivants en ont gardé de profondes séquelles physiques et 30 % d’entre eux ont perdu la vue.

Elle est considérée de nos jours comme éradiquée sur l’ensemble de la planète. En effet, une campagne de vaccination initiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) entre 1967 et 1977 a permis d’immuniser plus de 80 % de la population mondiale. En 1980, cet organisme déclare que la variole a disparu. En France, la vaccination préventive de cette maladie a été supprimée, en 1984, par le législateur.

Divers procédés médicaux furent mis en œuvre pour lutter contre cette maladie virale (Poxviridae, du genre Ortho-poxvirus). Selon Norbert Gualde, on a cherché à déclencher une forme légère de variole en introduisant dans le corps d’une personne, par divers procédés, du pus de pustules des malades. Ceci dans la perspective « d’assurer une protection à vie ». Le prélèvement du virus se faisait à partir de vésicules formées sur la peau du malade en voie de guérison avec une aiguille, et on l’inoculait à un individu sain. D’autres exemples sont relevés dans différents pays, tel le fait de déposer dans les narines de l’individu à protéger des croutes cicatricielles ou encore de lui faire respirer le contenu d’un tampon imprégné du liquide des pustules… Ces pratiques étaient dangereuses et parfois mortelles !

Lorsqu’on pose la question de l’origine de cette maladie, la littérature scientifique disponible n’apporte pas de réponse précise. Selon Philippe Albou, « Les origines de la petite vérole se perdent dans les incertitudes du passé. À partir de foyers indiens et chinois, signalés avant l’ère chrétienne, cette maladie contagieuse avait sans doute déjà atteint l’Europe à plusieurs reprises avant le XVe siècle, époque à partir de laquelle les textes la mentionnent de manière explicite, ne laissant planer par ailleurs aucun doute sur le caractère universel de sa diffusion ».

La petite vérole, dite majeure, a atteint la population mondiale au cours du XIXe siècle. Elle est alors la principale maladie virale transmissible à l’homme. En 1796, le médecin anglais Edward Jenner effectue la première inoculation utilisant la vaccine (cowpox en anglais), une maladie de la vache, « En partant de l’observation courante que les trayeuses ne contractaient généralement pas la variole, (il) a théorisé que le pus présent dans les vésicules des trayeuses qui avaient contracté la vaccine, une maladie semblable à la variole, mais beaucoup moins virulente, protégeait les trayeuses de la variole ». Il inocule le contenu de ces vésicules au bras d’un jeune enfant qui est alors immunisé. Le succès de cette méthode permet de la diffuser, au-delà de l’Angleterre, à partir de la publication de ses recherches dès 1798. Selon différents auteurs, le processus de la vaccination débute en France en 1800 (Paris) et se répand sur l’ensemble du territoire avec la création d’un comité central de la vaccine et le soutien du pouvoir politique.

À quel moment le département de l’Hérault prend-t-il en compte, via ses médecins et diverses institutions médicales, l’utilisation de la vaccine dans la protection des jeunes enfants ? Quels en sont les déterminants majeurs ? (16 pages et 8 illustrations)

Informations complémentaires

Année de publication

2020

Nombre de pages

16

Auteur(s)

Christian GUIRAUD, Frédéric MAZERAN

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf