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Description

Une histoire des salins de l’Hérault

Les étangs héraultais ont durant des siècles, alimenté de nombreux marais salants. Ces marais s’égrenaient comme un chapelet tout le long de notre littoral. Aujourd’hui seuls de vastes espaces saliniers, anciens marais, subsistent encore ; ils témoignent de l’intense activité du sel, durant des siècles. Aujourd’hui, et par la prise en compte de facteurs économiques, cette activité a disparu. L’on ne voit plus comme nous le décrivent certains cartulaires dès le Xème siècle, ces écamelles » de sel qui marquaient la ligne d’horizon de nos paysages littoraux. Cependant en les observant, l’activité salinière a effectivement disparu, mais notre regard est souvent accroché sur ces alignements de piquets qui émergent de la surface de nos étangs. Ce sont des témoins vivants de cette culture du sel, qui durant des siècles a donné matière d’existence à ces grands espaces.

Grâce à cette activité, si tenace et si longue sur notre littoral, ces grands espaces ont été préservés. Ils sont aujourd’hui gérés par les collectivités territoriales, et voués à demeurer « zone naturelle ».

Il est intéressant que les Études Héraultaises, donnent un peu de place à cette épopée du sel « héraultais ». D’autant que des espaces, autrefois sauniers, ont complètement disparu des cartes. Les salins de Luno près d’Agde, ceux de Mèze et ceux de Gramenet près de Lattes en sont un exemple. Pour les autres, à la seule lecture de ce texte, il vous sera facile d’aller sur place et de rêver un peu de cette culture où beaucoup de saliniers ont, par leur sueur et leur volonté, laissé une mémoire du sel.

Les salins de l’Hérault au Moyen Âge

Ces salins ont, durant le haut Moyen Âge, eu une forte activité. Ils font partie, comme nous le précise A. Dupont, du groupe Occidental, en opposition aux salins qui s’étalent outre Rhône et ceux de Peccais. C’est au travers des cartulaires que l’on arrive à mesurer cette activité où bon nombre de propriétaires en majorité religieux font de la culture du sel, une manne pour leur revenu. Les évêques, qu’ils soient de Maguelone, de Narbonne ou les Prieurs des abbayes de Gelonne, d’Aniane, de Lagrasse, y sont tous biens présents. Pour les laïques, on y rencontre, les vicomtes de Narbonne, de Melgueil ou de Béziers, ainsi que des Templiers et des Juifs.

Autour de l’étang de Capestang, des petites exploitations salinières existaient. En 855, un acte de Charles le Chauve concède ces salins à l’abbaye de Lagrasse dans les Corbières cet acte est d’ailleurs confirmé par Charles le Simple en 908. Cet étang est asséché aujourd’hui.

On retrouve l’existence de ces salins grâce au testament établi en 990 par la vicomtesse Adélaïde de Narbonne. Celle-ci avait acquis ces salins de Bernard de Béziers et plus tard les cédera au Monastère d’Aniane.

L’inventaire des biens des évêques de Béziers, daté de 1110, révèle que ces exploitations salinières sont gérées par un groupe de propriétaires dont on ignore l’identité. Il y est également indiqué que le projet d’assèchement de l’étang de Montady, dont les eaux se mêlent à l’étang de Capestang, risque de porter préjudice à la production salinière de cet étang.

En 990, le vicomte de Béziers et d’Agde donne par testament une partie de ses salins de Sérignan au chapitre de St-Nazaire à Béziers et l’autre partie à l’abbaye de St-Thibéry à Sérignan.

Une autre abbaye du sel, elle aussi difficile à localiser est celle de St-Génies. On sait seulement qu’elle est « juxta mare » et qu’elle perçoit des ressources importantes grâce à l’exploitation du sel. Le 3 mars 1054, elle est vendue, par le comte Pierre Raymond aux chanoines de St-Nazaire de Béziers. Cet intéressant document contient l’inventaire du matériel et des sels existants sur les salins.

On pense que cette abbaye était située au Sud-Est de Sérignan, sur la rive droite du cours inférieur de l’Orb. Cette localisation est donnée par André Dupont.

Les étangs du Bagnas et de Luno dépendent du chapitre de l’évêque de Béziers et d’Agde. Le cartulaire de ce chapitre ne contient pas de texte précisant l’existence de salins situés sur le pourtour de ces étangs.

Plus proche de Montpellier, l’étang de Thau alimente de nombreux salins, vraisemblablement sur l’emplacement de ceux qui ont été exploités dès 1780, avec les salins de Villeroy, d’Héricourt et du XVe dit de Marseillan, ainsi que ceux de Mèze.

Flandrine de Mèze, fille de Beranger de Vallauche, donne en 1176, à l’abbaye de Valmagne, des salins situés probablement dans les environs de Mèze. À Marseillan, une sentence arbitrale règle la répartition, entre les consuls de la ville et l’évêque d’Agde en 1183, de la contribution dûe aux tailles perçues grâce aux salines.

La culture du sel est également présente autour de Montpellier. Proche de Frontignan, l’étang d’Ingril est utilisé sur sa partie Nord-Ouest pour l’exploitation salinière. Un acte du 10 avril 1338 attribue à Pictavin, évêque de Maguelone, un certain nombre de salins et notamment ceux qui bordent l’étang du Nigril (Ingril). […]

Informations complémentaires

Année de publication

2013

Nombre de pages

14

Auteur(s)

Gérard BOUDET

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf