Un trésor manuscrit carolingien
à la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier

De cet authentique trésor que constitue un ensemble de 64 manuscrits carolingiens (dont 45 illustrés) acheminés à l’aube, du XIXe siècle, dans des circonstances extraordinaires, vers la Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier, les deux plus belles pièces sont le Psautier de Charlemagne et les Poésies d’Horace (H 409 et H 425). Encore faut-il remarquer que, de ces dernières, seul le Psautier de Charlemagne, exposé à Munich avec d’autres œuvres bavaroises du VIIIe siècle au cours de l’été 1988 puis à Paderborn en 1999, après avoir fait l’objet d’une édition scientifique par un spécialiste autrichien, F. Unterkircher (1974), est parvenu à la notoriété internationale.

Ces 64 pièces précieuses – dont 45 illustrées – s’intègrent depuis la fin du Consulat à la riche bibliothèque que possède la bibliothèque de la Faculté de Médecine, grâce aux soins éclairés du Dr. G. Prunelle (1804). Aucune d’elles n’est originaire de Montpellier ni de sa région. Elles proviennent surtout de deux collections privées (l’Ancien Régime ayant appartenu à d’éminents juristes, celle du Président à mortier Jean IV Bouhier à Dijon (mort en 1746) (40 manuscrits) et celle de l’avocat-éditeur humaniste Pierre Pithou à Troyes (mort en 1596) (15 manuscrits). Quelques autres acheminés d’Auxerre (H 74, H 130) ou de ses environs (H 360), et de Clairvaux (H 314, H 484),

Un certain nombre de ces manuscrits – 23 sur 64 – se présentent sous forme de recueils avec parfois une multiplicité d’opuscules (on en dénombre jusqu’à quarante dans le H 306). Il en résulte une tendance à confier la rédaction d’un ouvrage de ce genre non à un seul scribe – comme à Vulfin dans le Bréviaire dAlaric (H 84) – mais à une équipe de copistes œuvrant dans le mêne scriptorium, voire même dans des ateliers différents

Beaucoup renferment des traités patrologiques, empruntés aux plus célèbres théologiens du monde occidental, d’Ambroise à Augustin, d’Isidore de Séville à Bède le Vénérable, d’Alcuin à Haymon d’Auxerre. Pas moins de 10 manuscrits sont consacres, toujours sous forme de copies, à diverses œuvres exégétiques du pape Grégoire le Grand (mort en 604). Il s’agit en particulier de commentaires sur l’Ancien et sur le Nouveau Testament, présentés parfois sous forme d’homélies Ailleurs, apparaissent des écrits hagiographiques (Passions, vies de saints), des exégèses sur certains décrets conciliaires, sans compter les œuvres des grands auteurs latins de l’Antiquité classique (Virgile, Horace, Lucain, Juvénal, Salluste, Quintilien, etc.) auxquels se joignent celles de grammairiens et d’orateurs.

C’est à la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier que se trouve la seule copie carolingienne de Calpurnius Flaccus, rhéteur, dans un ouvrage jadis en la possession de Pierre Pithou à Troyes (H 126). Enfin, parmi les traités assortis de gloses, il convient de mentionner deux ouvrages de droit (Bréviaire d’Alaric, en deux versions différentes, la seconde assortie d’interprétations, H 84 et H 136). Ces commentaires, juxtalinéaires ou marginaux, attestent la notoriété des manuscrits en question, lus, consultés dans les grandes écoles carolingiennes, à Tours ou à Auxerre, sur un plan didactique.

L'ensemble carolingien :
Des Bouhier et de Pithou à Prunelle

Environ 25 % des quelque 800 manuscrits que possède la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier proviennent de l’ancienne et illustre collection Bouhier, à Dijon, la plus importante librairie de particuliers sous l’Ancien régime – 39 d’entre eux remontant aux Carolingiens, parmi lesquels de purs joyaux. Comme la très bien montré Albert Ronsin, il s’agit là d’une réalisation hors du commun, d’une œuvre de longue haleine menée à bien du XVIème au XVIIIème siècle par toute une dynastie de magistrats bourguignons. Tous bibliophiles éclairés, treize conseillers du nom de Bouhier, de 1512 à 1790, font de leur hôtel particulier, (12, rue Vauban, actuelle rue Saint-Fiacre), près du Palais des Ducs de Bourgogne, un avant-poste privilégié de savoir encyclopédique. Le plus célèbre de la lignée, Jean IV Bouhier (1673-1746), conseiller, puis président à mortier au Parlement, fils de Bénigne Il et petit-fils de Jean III, se trouve aux alentours de 1720 en possession de 31 652 volumes imprimés et de 2 010 manuscrits dont le nombre ne cesse de s’accroître. Par lettre patente datée de 1722, le roi Louis XV attribue à l’hôtel de la rue St-Fiacre un exemplaire de chacun des ouvrages d’érudition sorti de l’Imprimerie du Louvre.

Depuis le milieu du XVIIème siècle, des livres portent, en ex-libris, les armes des Bouhier. Le Président Jean IV, s’inspirant de l’exemple paternel, marque d’un fer historié les ouvrages qu’il veut faire relier : le bœuf passant, pattes antérieure gauche et postérieure droite levées, queue relevée en S au dessus du clos, dans un écu ovale supporté par deux lévriers affrontés et surmonté d’une couronne de comte, le tout inscrit dans un cadre ellipsoïdal.

En 1721 – la date en est commémorée au frontispice en chiffres romains – le Président Bouhier entreprend un vaste catalogage de la totalité de ses manuscrits et forme de nombreux volumes avec page de titre, côte et date de l’opération. Outre le taureau d’or symbolisant la lignée, le Concile de Chalcédoine (H 58) s’enrichit en page de garde de deux dragons disposés en symétrie héraldique. Par ailleurs le Bréviaire d’Alaric (H 84) présente, dans une peinture du XVIIème siècle, les deux empereurs législateurs du Bas-Empire, Valentinien Ier et Théodose Ier, trônant côte à côte sous un baldaquin. La Pharsale de Lucain (H 113), s’adorne, pour sa part, de deux miniatures modernes en pleine page lune, au frontispice, montrant le poète s’ouvrant les veines dans son bain, l’autre, au f° 108v°, le grammairien Paul de Constantinople, correcteur du codex, assis à son pupitre de travail.

Ailleurs encore, pour le frontispice du Recueil H 160, le titre de l’ouvrage inséré, Caprigrammati orthographia, se détache en onciales d’argent sur fond rouge, le texte porte par deux femmes-anges, tandis qu’en surplomb se déploient les armes des Bouhier. Au frontispice du H 307, le titre de l’ouvrage Ratbani Mauri commentarii in libros regum, dans un décor héraldique semblable, rutile en lettres d’or sur fond bleu d’azur, de facture moderne. Enfin, dans le petit codex H 410, le titre Martrologiū Baede presbiteri s’inscrit lui aussi avec les armes de la dynastie, taureau d’or, lévriers en surplomb ; de même que dans le H 416 où les Glossae sont rehaussées d’un taureau d’or. Moins d’un demi-siècle après la mort du Président Jean IV Bouhier, l’inégalable galerie de livres, faute d’héritiers directs et de ressources suffisantes, devait connaître le déclin, la vente, l’éclatement au cours de la décennie qui précède la Révolution. Le 23 Juillet 1781, disparaît Marc-Antoine de Bourbonne, dernier Président au Parlement de Dijon et bibliophile, petit-fils de Jean IV par sa mère. Dès 1782, le comte d’Avaux, le nouvel héritier, à court d’argent et en mal d’offices, décide de vendre la bibliothèque.

Les moines de Clairvaux s’en portent acquéreurs, mais se trouvent très vite confrontes à des problèmes de place, d’organisation, de catalogage, compte tenu des nombreux ouvrages qu’ils possédaient déjà. Amoncellement impressionnant des volumes, énorme confusion … Après cinq ans de travaux, le catalogue de Clairvaux finit par être achevé. Dans le cadre d’une politique gouvernementale centralisatrice, il parvient à Paris en 1795. Le Consulat, dont les prélèvements constituent autant de séquelles à la vente des biens du Clergé, fragmente et dissémine l’ancienne collection Bouhier au bénéfice de diverses bibliothèques publiques ou sécularisées.

C’est ainsi que, dès la fin de mai 1804, un important contingent de livres était achemine vers Montpellier, plus précisément vers l’École de Médecine, par les soins diligents d’un certain docteur Prunelle (1778-1853) – qui, d’étudiant, avait accédé au professorat – non sans l’autorisation expresse du languedocien Chaptal, ministre de l’Intérieur. C’est encore grâce à Prunelle que devait parvenir à Montpellier, au cours de cette même année 1804, le catalogue des manuscrits ayant appartenu au Président Bouhier 1. En outre, toujours au cours de ces prélèvements à la fin du Consulat, le bibliophile éclairé qu’était le Dr Prunelle, en déplacement d’inspection à Troyes, y opérait un choix de 2 500 imprimes et de 350 manuscrits environ qu’il expédiait à Montpellier aux fins d’y enrichir toujours davantage la prestigieuse École de Médecine si chère à son coeur 2.

Dans cet impressionnant complexe de manuscrits, 19 se rattachent en effet à l’Oratoire ou à l’abbaye Saint-Loup de Troyes, souvent relatifs à des auteurs païens et accompagnes, le cas échéant, d’illustrations ou de gloses. La plupart de ces dernières œuvres portent en ex-libris la signature de Pierre Pithou, célèbre jurisconsulte, avocat, éditeur humaniste, né à Troyes en 1539, mort à Nogent-sur-Seine en 1596, l’un des auteurs de la Satire Ménippée, partisan du prétendant Henri de Navarre, son coreligionnaire, au trône de France 3. En dehors de Dijon et de Troyes, 4 autres manuscrits sont venus directement d’Auxerre (H 74 et H 130) ; de Pontigny, près d’Auxerre (H 360) ; et de Clairvaux (H 314 et H 484).

Par leur appartenance à des collections privées ou à des bibliothèques monastiques, et en référence, le cas échéant, aux mentions d’un ancien propriétaire (à Autun, Auxerre, Lyon, Soissons, Saint-Claude, etc.), la provenance de ces manuscrits est presque toujours connue – il y en a souvent plusieurs -, alors qu’on ignore, sauf exception, leur lieu d’origine.

Des traditions mérovingienne,
insulaire et antique à la créativité

Du VIIIème au XIème siècle, dans les ateliers du monde franc, l’attrait pour le répertoire formel anglo-saxon apparaît comme un phénomène inéluctable, lié au rayonnement des Irlandais et des Anglais, lettrés émigres sur le continent, ultimes dépositaires d’une prestigieuse culture latine à l’état pur, mais de survie (d’Alcuin à Jean Scot Erigène). Ce charme insulaire persistant – même s’il s’atténue après la redécouverte de l’illusionnisme antique dans les années 830 -, a laisse des traces dans 28 des manuscrits illustres que compte l’ensemble carolingien de Montpellier. C’est dire toute l’importance de ce courant, qui se manifeste surtout sous Charlemagne et Charles le Chauve, mais qui n’a pas encore disparu dans les décennies précédant l’an mil.

H 48 : Dionisii Abbatis Paschales Circuli (Passions et Vies de saints), XIème siècle, coll. Bouhier, 156 f., 34,5 x 27 cm. Suite au calendrier, f°. 23, dans un grand cercle (diam. 19,5 cm), David et 4 allégories « bucoliques » (les Saisons ?) semblent de tradition carolingienne, tandis qu’au f° 31 le plus ancien portrait connu de saint Hilaire de Poitiers précède sa vie par Fortunat (hauteur 27 cm), debout, sous une arcature décorée de motifs polylobés avec un bel I(gitur) de 10 cm, entrelacs, volutes trifoliées à nervures noires et parchemin réservé sur fond cinabre très élégant, (f° 33), On retrouve un t(gitur) de 10,7 cm, à lys superposés, entrelacs et volutes, ocre et parchemin réservé, pour la Vie de saint Ambroise (f° 70). Origine : Auxerre ?

H 53 : Pseudo-Épître du pape Pelage II à l’archevêque Bénigne, et Étymologies d’Isidore de Séville, 1ère moitié du Xème s., coll. Bouhier, 265 f., 35 x 25 cm. Origine: bords de la Loire ? (Paléographie tourangelle de semi-onciales).

Ce recueil ne contient que peu d’illustrations dignes d’intérêt. Ainsi, au f° 6, la dédicace des Étymologies à Braulion s’accompagne de deux petits portraits inscrits dans des initiales. L’un dans un O(mni desiderio) semble bien être celui d’Isidore lui-même, l’autre, dans un O(pie domne) celui de Braulion, son correspondant. Diamètres respectifs : 1,3 cm et 1 cm. Le D(isciplina) par lequel s’ouvre l’œuvre, au f° 9, s’orne de deux monstres ailes dont le type semble dériver de l’iconographie anglo-saxonne. Hauteur : 5,4 cm., Largeur : 7 cm. Parfois le calligraphe imagine une décoration à méandres dans le corps de la hampe en sépia, sur parchemin réservé ainsi au f° 93 pour un B(ea.tissimus hieronimus) et au f° 98 pour un T(rinitas), L. VII., ch, I et IV.

Après un D(einceps), au f° 131, élégant par ses incurvations, un arbre généalogique, en relation avec le livre IX des Étymologies, s’avère, au f° 136, sous forme de notations géométriques et végétales, le reflet des idées isidoriennes en matière de consanguinité. Il couvre tout le feuillet, soit près de 35 cm, avec 70 carrés superposes en pyramide pour les différents degrés de parente (56 ascendants, 14 descendants), des proliférations végétales, en particulier des feuilles de vigne, un chapiteau à deux têtes d’homme en haut, et à la base un socle gradué en jaune, bleu et minium. Un autre arbre, pourvu de feuilles polychromes, fait l’objet d’une représentation, f° 138 – c’est l’ARBOR JURIS dont il est question au Lib. IX, c. VI 4 -, avec, de bas en haut, un tronc à rameaux vert-jaune-bleu et à branches (feuilles, rinceaux, grappes de raisin, et greffé sur lui, un arbre généalogique (Pater, Mater, IPSE, Filius, Filia, Frater, Soror, Patruus, etc). Hauteur totale : 26,6 cm.

H 55 : Passiones Sanctorum, VIIIème s., coll. Bouhier, 222 f., 36 x 247 – f° 2, C(um venisset Paulus) à entrelacs et proliférations végétales – avec, au dessus, dans la marge, une petite croix ornée de poissons stylisés entre les bras, en référence probable à « l’Ichtus », sigle du Christ.

Les hampes à entrelacs se retrouvent, entre autres, aux ff° 8v°, P(assionem) et 11v° – (acobo) – le motif du poisson aux f° 25v°, Q(uando) et 30v°, S(imon), où la queue de la lettrine se transforme en nageoire. Plus loin, au f° 46v°, pour la Passion de saint Rémi, le B(eatissini Remigii) sadorne de petites fioritures, dont le principe s’applique aussi au f° 70v°, pour la Passion de saint Sylvestre, dans l’initiale I(n nomine). Au f° 80v°, pour la P(assio scrum Chrysanti et Dariae) apparaît une très belle initiale orange et noir; à entrelacs dans la hampe avec décrochement dans la boucle, et dont les incurvations se terminent vers le bas par une fleur.

Pour la Conversion de saint Paul, le D(isce) du f° 112 se dote d’un oiseau croque de façon très vivante. L’H(umanae laudes) du f° 126v° pour la Passion de sainte Cécile, ponctue ses entrelacs d’une feuille et d’un poisson. Enfin parmi les nombreuses autres lettrines à illustration, après le B(eatissimus) du f° 188v pour la Passion de saint Marcel et son géométrisme élégant, Hauteur, 5,3 cm. – l’I(n christi nomine) du f° 204, pour les martyres d’Ethisius, Palatinus et Barbara, offre, outre ses entrelacs, des tètes d’oiseau en haut et en bas de la hampe. – Hauteur : 30,5 cm. – et le P(ostquam gloriosus) du f° 218, pour la Passion de St. Andoche, se caractérise par cinq cartouches d’entrelacs superposées, le tout agrémenté de motifs végétaux et d’un poisson. 5

H 57 : Raban Maur. Exposito in evangelium Matthaei, IXème s. Fonds Bouhier, B 49, 230 f ; 31,5 x 27 cm – initiales simples parfois coloriées f° 36 V(idens turbas) origine Auxerre.

H 58 : Concilium Chalcedonense VIIIème s. Fonds Bouhier B 51 – 142 f., 32 x 24 cm. Initiales simples. – f° 8 D(ominomeotheodosioglodsissimo). – f° 70 : S(unt). – f° 89 D(efirmandis). H. : 1 cm. Origine : Auxerre ?

H 59 : Homédiaire, IXe s. Coll. Bouhier, 289 f., 30,8 x 22,6 cm.

Parmi les nombreuses initiales décorées, il convient de signaler d’emblée, pour le M(iracula) du f° 3, inaugurant un sermon de saint Augustin sur la Nativité, l’apparition de deux petits soleils environnes de points, en correspondance probable avec le Soleil de Justice, ou encore, pour le F(estivitatis) du f° 98v° l’éclosion de belles palmettes stylisées – Hauteur, 3,6 cm. – ainsi que, à la fin du manuscrit, pour un superbe M(ittitur) orange, f° 250v°, inaugurant un sermon de l’évêque saint Jean Chrysostome, traduit en latin, l’intervention de deux rinceaux à tète de chien, de part et d’autre d’un mystérieux masque – Hauteur, 4,2 cm – Largeur : 4,9 cm. Plus loin, pour un sermon de Bède, f° 256v° un I(n illo tempore) montre, lui aussi, une prédilection du calligraphe pour les éléments zoomorphes : tête de dauphin, oiseaux, serpent à gueule effilée – Hauteur, 7,9 cm. 6

H 61 : Homéjiaire de Grégoire le Grand, VIIIème s., coll. de Troyes – 191 f., 31,8 x 18,9 cm.

Après un D(ilectissimo) à entrelacs, consécutif à six lignes de texte en onciales, f° I, la 3ème homélie débute par un S(ancta quatuor animalia) à queue de poisson, f° 18, motif repris pour le S(olent) du f° 71v°. Plus loin, au f° 92, pour un S(ervata) se déploie un serpent aux extrémités pisciformes. – Ailleurs encore, le V(ir) du f° 115v° combine avec délicatesse entrelacs et notations foliées en bas. Au f° 133, un élégant M(emoratis), de type mérovingien, montre de petits cercles portes par des fils tenus. On les retrouve pour un Q(uid) et un I(n his) aux ff° 171v° et 182, ainsi que dans le manuscrit suivant, H 62, lui aussi en provenance de Troyes 7.

H 62 : Sentences attribuées à Grégoire le Grand, IXe s., coll. de Troyes, 310 f., 312 x 19,4 cm. Nombreuses initiales sans ornementation. Entre autres exceptions : f° 112v° P(raedicatores), à notations géométriques et végétales. – f° 125v° : M(agna est), évoquant un rapace aux ailes ouvertes – f° 153v : O(mnipotens), avec, dans la boucle, un cœur pendu au bout d’un fil. Diamètre : 2 cm. – f° 157: Q(uae), pour un texte sur la vie active et la vie contemplative : un cœur pendant au bout d’un fil (cœur du Christ « pendu » au gibet de la Croix ?) (cf. f° 153v°), motif qui réapparaît au f° 243v° dans un M(alum luxuriae) et encore dans le M(ediator dei) du f° 296v° sous forme de deux cœurs, peut-être en allusion au « double » cœur du Christ, dieu et homme à la fois. – f° 241 : S(icut perfecti) : ce ne sont pas des cœurs, mais des petits points, en orange, courant le long de la lettrine – Hauteur, 1,4 cm. – f° 304v : au début d’un chapitre sur les supplices infligés aux réprouvés, un O(mnipotentis Dei Justitia) se transforme en rouelle à huit rayons, noir et orange, censés sans doute concrétiser le feu de la Géhenne créé par Dieu dès le commencement – dans une composition inspirée par le textes 8. Au dernier feuillet, (f° 310, r° et v°), vers de Stace, tirés de sa Thébaïde, 11,409-587.

H 64 : Grégoire le Grand, Moralia in Job, Xe-XIe s. livres I à X, 223 f, 30,5 x 23,5 cm, provenance : Moûtiers Saint-Piene-la-Celle, diocèse de Troyes). Parmi les 11 initiales, à entrelacs, volutes et souvent oiseaux, l’I(rtermultos), f° 4, 19 cm, avec oiseau failli d’entrelacs, vert, jaune, parchemin réservé ; un B(eatus Job) f° 46, 11 cm, vert, jaune minium, et, f° 180v°, un P(erversae mentes), 16 cm.

H 65 : Grégoire le Grand, Moralia in Job, Xe-XIe s. livres XXIII à XXXV 163 f ; 35,5 x 25,5 cm. Provenance Moûtiers Saint-Pierre-la-Celle. Parmi les 15 initiales à entrelacs, oiseaux proliférations polylobées (Fig. 1), les plus belles sont un H(eliu vim) f° 13, 8,7 x 8,7, avec oiseaux évoquant la colombe du Saint Esprit et un A(ntiquo hosti) (f° 126v°, violet, vert, rouge, avec 6 oiseaux. H. : 9 cm).

H 69 : Grégoire le Grand, Moralia in Job, VIIIème ou IXème s., colI. Bouhier, 281 f, 32×21 cm. Onciales et lettrines, simples pour la plupart, se détachent sur un fond à dominante de rouge et de vert. Au f° 195, pour l’incipit du cH XXXIII, VA(ntiquo hosti) accueille un poisson très stylisé, créature à portée diabolique évoquant Béhémoth ou le Léviathan 9.

H 74 : Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, IXème s. Prov : Saint-Germain d’Auxerre. 104 f, 29 x 21 cm.

Nombreuses, variées, les initiales témoignent d’un grand éclectisme ornementai (Fig. 2). Ainsi l’I(nter sacra) du f° 1v° couvert d’entrelacs, arbore une tête de rapace, tandis que le J du f° 4v° comporte une boucle terminée par un protomé d’animal, sorte de dauphin ou de canard à bec un peu recourbé, repris en haut de la hampe, sous inspiration sans doute insulaire. À signaler par contre, au f° XIX, un I(n illo tempore) et au f° 68 un I (n explanatione sua) où prédominent les notations végétales, et, de même, au f° 91v° pour un I(n cotidiana vobis), la superposition de trois entrelacs dans une haste aux extrémités foliées sur un fond pourpre, vert et à parchemin réservé 10 – Hauteurs respectives : 5 cm, 10 cm et 10,2 cm.

H 65, Grégoire le Grand, Moralia in Job, Xe-XIe s., f° 47 r°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 1 H 65, Grégoire le Grand, Moralia in Job, Xe-XIe s., f° 47 r°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
H 74, Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, IXe s., f° 91 v°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 2 H 74, Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, IXe s., f° 91 v°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

H 77 : Ce Recueil – Petits Prophètes, Jérôme, Isidore de Séville, Haymon, – IXe-Xème s. coll. Boulier, 176 f, 30 x 20 cm -, ne renferme que peu de décorations. Il attire pourtant l’attention, au point de vue iconographique, par un croquis à peine esquissé aussitôt après le commentaire d’Haymon sur l’Apocalypse, f° 75. Il s’agit d’un moine vu de face, nimbé. Peut-être est-ce un auteur sacré assis en majesté, en l’occurrence Haymon d’Auxerre en personne -Hauteur, 21,7 cm. Conjoncture d’autant plus probable que le codex recèle deux exégèses d’Haymon, l’une sur le Cantique des Cantiques, Vautre sur l’Apocalypse, œuvres longtemps attribuées à son homonyme saint Haymon, moine de Fulda, disciple de Raban Maur, puis évêque d’Halberstadt, mort en 853 11.

H 84 : Bréviaire d’Alaric, VIIIème s. Coll. Bouhier. 141f, 34 x 23 cm – copie d’un abrégé des lois romaines à l’usage des Wisigoths, de notoriété considérable et qui fit l’objet de nombreux autres exemplaires par la suite, promulgue par ordre du roi Alaric II en 506, à Toulouse, pour ses sujets gallo-romains.

Au frontispice date de 1721, une miniature du XVIIème s. avec les deux empereurs législateurs du Bas-Empire, Valentinien I et Théodose I, trônant côte à côte. Le manuscrit ne comporte guère qu’une seule lettrine ornée, sans doute eu égard à la nature juridique de l’ouvrage. Parmi les rares illustrations : – f° 30 : 3 dessins en volutes avec, au centre, un cœur pour le livre IV du Codex théodosien. – f° 100 : un I (incipit pauli sententiarum liber) : initiale décorée, suivie d’onciales. Aux extrémités de la hampe, surgissent des tètes d’oiseaux fantasmagoriques dont on n’aperçoit qu’un œil, et comme un bec de canard (?), un peu à la manière insulaire. – f° 139v° : dans un colophon de 17 lignes en onciales, le copiste Vulfin demande qu’on prie pour lui et pour l’évêque Martin d’Autun. Il remercie le ciel d’avoir pu terminer son dur labeur de calligraphe (« …. tamen enim très digiti scribunt et tantum corpus laborat »). Suit un petit glossaire de jurisprudence, ff° 140-141 12.

H 113 : Lucain, La Pharsale, avec gloses, IX-Xème s. Coll. Bouhier, 109 f. ; 322 x 21,3 cm, texte postérieur à 891, date de la mort. du pape Etienne VI (v° f° 63). Quelques initiales décorées, simplement, avec volutes : au début du livre III, P(ropulit), f° 20v ; P(ostquam) f° 52 pour le livre VI – sur parchemin réservé, sans couleur. Graphie carolingienne, ligatures, g en forme de 3 – correcteur : Paul le Constantinopolitain.

H 126 : Quintilien, Sénèque et Calpurnius, IXème s. Mme moitié, coll. de Troyes, fonds Pithou 116 f. 27,6 x 23,5 cm.

Au début du recueil une élégante initiale, I(niusti), f° 6, montre le type mérovingien et insulaire habituel de la haste à entrelacs avec une extrémité inférieure foliée, en noir et parchemin réservé. Puis apparaissent des pointilles, d’origine insulaire, semble-t-il, qui longent droites, boucles et incurvations, ainsi au f° 19v pour un O(rator medicus) et un L(ex contentionis, au f° 20v pour un D(ives) en bas du rinceau, ou encore au f° 22 pour un Q(ui causa mortis). Le reste ne comporte aucune illustration 13.

H 130 : Saint Grégoire le Grand, Liber Pastorale, IXème s., 120 f., 30 x 21 cm., Prov° St-Germain d’Auxerre. Avec quelques initiales décorées, mais sobrement : – f° 59, A(lii), aux extrémités foliées – f° 69 , A(liter) à volutes. Fonds orange-rouge-jaune. 14

H 135 : Recueil de Passions, IX-Xème s., coll. Bouhier, 40 f., 27,5 x 21,8 cm. Sans ornementation, si ce n’est un T(empore illo), au f° 28, pour la Passion de St. Laurent entrelacs nattes à fond de parchemin réservé, assortis, vers le bas, de palmettes. Hauteur 6,3 cm. Largeur 6 cm. 15

H 136 : Bréviaire d’Alaric, Interprétations, IXème s. Coll. Pithou. 189 f, 28,4 x 19,5 cm. Quelques initiales intéressantes ornées d’entrelacs : ainsi I(n hoc corpore), f° 1, au début de la Lex Romana ; D(e pactis et conventis), f° 11v° et D(e rebus creditis), f° 12v° dans l’argument qui précède les Sentences de Paul. On en retrouve au f° 13v° D(e carboniano edicto) – Hauteur, 4,2 cm et au f° 14v° pour le livre V° dans le D(e librali causa), les entrelacs prolonges en bas par une grappe de raisin ; au f° 17 pour le I(n Xpi nomine interpretatio) ou encore, un peu disséminées parmi les opuscules juridiques qui suivent : f° 56v° I(ncipit liber quintus) ; f° 98, lettrine double BO(ni princeps cura) et encore à la fin du codex pour la nomenclature des chapitres précédant la Loi Salique, f° 157, I(ncipiunt capitulaciones legis salicae). 16

H 137 : Recueil, pénitentiel, IXème s. – Fulbert de Chartres et autres, XI/XIIème s. – Collège de Troyes, fonds Pithou. 320 f. – 26,7 x 20,7 cm. Le Pénitentiel, f° I – 166v°, renferme des œuvres d’Isidore, de Jérôme et surtout d’Augustin, etc., avec deux graphies différentes (f° 1-104 23 à 251. par feuillet ; f° 104v et suiv. 34). Quelques illustrations : f° I C(ur) à deux ellipses entrecroisées – f° 48 D(ivinarum à feuille – panache trilobée, et f° 82, composition marginale: germination spirituelle lise à Pâques (?).

H 141 : Recueil, Priscianus, Institutio Artis Grarnmaticae – Pompéius Commentum in Donatum. VIII-IXème s. Coll. Bouhier, 135 f, 30 x 15 cm. Pré-caroline minuscule, parfois sur palimpseste (écriture première effacée), avec des initiales dépourvues de couleur, contournées de noir, agrémentées d’une face humaine ou d’une tête d’animal, ff° 75v° – 76. L’écriture consiste en une minuscule ronde, régulière, de Bourgogne 17.

H 151 : Ensemble d’opuscules, du Sermon de saint Agric aux commentaires sur l’œuvre du grammairien Priscianus de Césarée, avec, entre autres, la chronique de Flodoard et deux traites de saint Augustin. Ce recueil (XIème-XIIIème s., coll. Pithou, 333 f., 26 x 17 cm., 45 initiales peu décorées, de survivances carolingiennes pour le XIème s.) provient du Collège de l’Oratoire de Troyes (ex. libris f° 5 et 215) – Autre provenance : St Benigne de Dijon (f° 104v avec signes musicaux) – Beaucoup d’initiales, petites, se dotent de points (œil de vigilance ?), parfois entre deux petits traits doubles en travers des jambages : ainsi, au f° 19v un M(ulta sunt), hauteur 1,3 cm, (technique offerte dès le VIIIème s. par le H 55, f° 151), ou encore, plus loin, au f 105v° dans le V(irin terra Hus), 2,8 cm où brille un petit soleil rayonnant en haut et à l’extérieur de la lettrine. La graphie (g en forme de z) évoque Auxerre.

H 152 : Ce recueil, un des plus importants par la qualité des textes et le foisonnement des illustrations (Passions, Serinons, Règle de saint Benoît, – sans oublier un énorme lexique de « gloses » bibliques, – Xème s., coll. de Troyes, fonds Pithou, 303 f, 23,5 x 17,5 cm), attire l’attention par une strie de notations empruntées aux répertoires insulaire et mérovingien.

Ainsi, par exemple, après les gloses, au f° 108, une belle page décorée s’adorne d’une croix, haute de 7 cm, en correspondance avec l’inscription en onciales orange « In Christi nomine » suivie par l’incipit du Livre de saint Laurent prêtre (6 lignes en onciales) – Le D(uo sunt temnpora,) qui donne le coup d’envoi, de facture élégante, se pare d’une haste à entrelacs. Plus loin, un P(otest dilectissimi), pour un sermon de saint Augustin, au f° 154, arbore en haut de l’initiale, une feuille pendante en forme de cœur – Hauteur, 5,9 cm. – un P(sincipium lectionis), au f° 161, avec ses entrelacs et ses palmettes, semble être de type mérovingien à réminiscences d’art insulaire, de même qu’au f° 161v°, ,pour un autre sermon d’Augustin, un O(mnis homo) avec œil et bec d’oiseaux stylisés, et jeu de miroir quelque peu déformant. Hauteur, 3,3 cm.

Après toute une série de lettres simples, surgit à nouveau pour un sermon d’Augustin sur l’œuvre de miséricorde, une belle initiale décorée, R(ogo vos), noir-orange, avec des bagues sur la haste et les jambages, f° 186v° sous le signe d’une feuille pendante en forme de cœur (cf. f° 154). Hauteur, 5,7 cm. Ce motif, allusion probable à l’amour de Dieu et du prochain, se manifeste encore dans un texte sur l’Évangile de Mathieu, f° 127v° pour l’enjolivement du S(imile est regnum) , ainsi qu’au f° 231v° pour la Passion des Saints Capresus et Fides, accompagné de l’œil dédoublé, signe de vigilance, en référence probable au plumage ocellé du paon et à l’Axgus aux cent yeux de la fable antique. Un peu plus loin, en haut de la seconde colonne du feuillet, un Dum scorcim passiones) à entrelacs et à palmettes surprend par l’éclosion, en son milieu, d’un personnage bicéphale. Hauteur, 4 cm. (Fig. 3).

H 152, recueil, Xe s., f° 213 v°, initiale ornée d’un personnage bicéphale (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 3 H 152, recueil, Xe s., f° 213 v°, initiale ornée d’un personnage bicéphale (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

On ne saurait non plus passer sous silence le magnifique Ausculta) noir-orangé, au f° 258v° inaugurant le Prologue de la Règle bénédictine. Hauteur, 5 cm. Enfin, dans la Règle proprement dite, le D(iebus autem) du f° 273v° noir, à fond rouge, s’environne, à la manière insulaire, de points rouges, comme de satellites, selon un type ornemental adopté aussi au f° 278v° pour un O(mni sollicitudine), ou encore au f° 284 pour un O(mni tempore) 18.

H 153 : Évangélia cum canonibus, IXème s., Coll. de Troyes, abb. Saint-Loup, 107 f, 27,2 x 197 cm. Souvent rubriqué d’onciales, ce codex ne renferme en fait que trois initiales décorées (onciales). Un B(eato papae Damaso Hieronim), f° 21, dans les vert, rouge verni, jaune clair, à volutes dans les boucles et dans la haste. Joli (un peu effacé), il suit l’Épître, qui précède les Canons (concordance des quatre évangiles, aux arcatures à colonnes et à pieds), un LI(ber generationis), f° 32v°, à entrelacs et à tête de monstre – Hauteur, 21 cm. – Largeur, 12 cm. (Fig. 4), et un I(nitium evangelii) f° 77v°, rouge-vert, à entrelacs et à pointillés rouges. Hauteur, 16 cm 19 (Fig. 5).

H 153, Evangelia cum canonibus, IXe s., f° 32 v°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 4 H 153, Evangelia cum canonibus, IXe s., f° 32 v°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
H 153, Evangelia cum canonibus, IXe s., f° 77 v°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 5 H 153, Evangelia cum canonibus, IXe s., f° 77 v°, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

H 154 : recueil d’écrits hagiographiques, dont les « Acta Fructuosi » : Passion de S. Fructueux de Tarragone avec une liste des papes jusqu’à Pascal I (IXème s.). Coll. Bouhier, 46 f., 27,5 x 17,7 cm. Origine : St-Germain d’Auxerre (?) – Aucune décoration.

H 156 : ce recueil de Passions (IXème-Xème s, coll. Bouhier, 255 f, 25,2 x 20,5 cm) s’enrichit de nombreuses initiales décorées, souvent originales, parfois tapissées de vert (comme dans les H 74 et H 360).

Pour la Passion de saint Mammès, l’I(n diebus illis) du f° 30 à contour noir sur fonds rouge, vert et de parchemin réservé, se pare d’entrelacs prolongés aux extrémités par des volutes foliées en palmettes, avec des contrastes d’ombres et de lumières. Hauteur, 13 cm. Il en va de même, au f° 51v° pour un P(assionem) par qui s’ouvre la Vie de saint Floscellus, martyr. – Hauteur 6,4 cm ou, plus loin, pour le T(ertius) du f° 112v° dans la Passion de saint Clément ainsi que la Passion des saints Pierre et Marcellin, f° 133, pour un somptueux B(enignitas Salvatoris). – Hauteur, 11,8 cm (Fig. 6). D’autres entrelacs ornent, un peu plus loin, un B (cati martyres), avec d’élégantes notations végétales, au f 157 – Hauteur, 6,5 cm. Les entrelacs resurgissent au f° 212 pour la Passion des saints Cosme et Damien sur fonds rouge et bleu, aménagés dans le parchemin réservé, formant un ensemble qui évoque un fourreau de maroquinerie, tandis qu’au f° 216 un C(um Traianus), pour la Passion de saint Ignace, à contour noir, se fait escorter par un semis de seize points rouges. Parmi les dernières initiales, un E(o tempore) pour la Passion de saint Symphorien, f° 243, sans décoration, de contour noir, se distingue par la trichromie du fond, vert-jaune-rouge 20.

H 156, recueil de Passions, IXe-Xe s., f° 133, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 6 H 156, recueil de Passions, IXe-Xe s., f° 133, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

H 158 : ce recueil de chroniques (IXème s., coll. Bouhier, 185 f, 25,5 x 16,8 cm) se pare de quelques initiales joliment décorées, parfois à fond mi-rouge, mi-jaune (comme dans le H 130).

Au f° 1v° une lettrine historiée, I(n dinomine), inaugurant le traité d’Hilarion sur la durée du monde – sa chronologie s’arrête à l’année 397 – ne couvre pas moins de 24,7 cm, soit toute la hauteur du feuillet. Dans les rouges-jaunes-verts, se donnent libre cours des entrelacs avec, au sommet, deux monstres ailés de part et d’autre d’un visage imberbe d’aspect monastique – peut-être Hilarion en personne, l’auteur de la chronologie. Tout en bas, un Q(uantum cumque) très réduit avec un paon pour la queue de la lettrine que surplombe une étrange aigrette à trois doigts en allusion possible à la Trinité.

Puis, pour la Chronique de Frédegaire, un I(ncipiunt) associe des entrelacs aux incurvations dan rinceau d’où pend un cœur au bout d’an fil, au f° 11v°. De même pour le S(alomon) du f° 23v°. Dans les illustrations suivantes, l’une des plus intéressantes est un P(rimus rex ninus), au f° 13, avec des entrelacs dans la haste et surtout, au centre de la boucle, huit neutrons en gravitation autour d’un proton (procédé qui s’applique aussi, à Montpellier, dans les H 55, H 59, H 240 et H 425). Peut-être est-ce une allusion, sous forme presque astrologique, à Ninus, le plus ancien souverain de la dynastie assyrienne perdu dans la nuit des temps et de la légende 21.

H 211 : ce petit recueil de gloses diverses sur l’Ancien Testament et de considérations astronomiques (Xème s., coll. Bouhier, 18 f,. 26 x 17,3 cm), n’offre que des initiales sans décoration, à contour noir. Au f° 17, après un opuscule consacré à des questions et réponses sur la Bible, on voit sous forme de figures géométriques les signes du Zodiaque et les constellations d’étoiles correspondantes, avec la position quelles occupent dans le ciel, sans doute d’après Isidore de Séville 22.

H 212 : recueil des œuvres du grammairien Nonius Marcellus et Satires de Perse, Xème s., coll. Bouhier, 81 f., 25,4 x 16,9 cm, sans décoration, aux onciales simples 23.

H 218 : Prosper d’Aquitaine, De vita contemplativa (attribution) et Épigrammes (IXe-Xème s., coll. Bouhier – autre copie dans le H 484, IXème s., 153 f, n 22, 7 x 21 cm, non décoré, de Clairvaux, 108 f., 26 x 16,6 cm), sans illustration sauf une double initiale au début, f° 1, I (ID = I(NDI NOMINE) et D(iu), orangé, bistre, sur parchemin réservé, à motifs digités et en palmette, avec une hampe traitée comme une colonne salomonique, à striures parallèles obliques. En outre, un frontispice du XVIIIème s. présente le titre de l’ouvrage en rouge et noir, sur fond vert et rouge, avec les armes des Bouhier.

H 220 : ce recueil – Hymnes du poète Prudence et Passions (IXèmes., coll. Bouhier, 121 f, 23,9 x 19,3 cm), ne renferme que des initiales simples, parfois avec un semis de points et une amorce d’entrelacs (f° 34 E(st ope) – Au f° 120v°, portrait d’un jeune homme imberbe, en pagne, à chevelure opulente, tonsure, une palme de martyr à la main. Il s’agit presque à coup sûr de saint Etienne, en liaison avec le récit de sa Passion relatée en haut du feuillet. Ce croquis n’est pas sans analogies avec celui du H 158, f° I (Hilarion ?). Ces manuscrits sont censés s’inscrire dans une tradition mérovingienne et insulaire 24.

H 225 bis : Évangélia cum breviariis et capitularibus, Xe-XIe s., coll.de Troyes, fonds Pithou. Au f° 3v°, une triple initiale Lm(er generationis), marron ocre, se pare de beaux entrelacs prolonges vers le bas par des proliférations foliées en palmettes ,tandis que pour l’I(nitium evangelii) du f° 39 ce type ornemental, toujours aussi délicat, mais en noir et rouge, se complique de lignes brisée 25.

H 233 : recueil de textes conciliaires, IXème s., coll. de Troyes, fonds Pithou. 147 f., 29 x 19 cm. Après une nomenclature des 300 chapitres annonces, le livre des Canons débute, f° 15v° par un Q(ui episcopus ordinandus) à volutes, avec une queue verte en forme de poisson. À partir du f° 17, [D(e episcopalibus ordinationibus)] ,les initiales se détachent de préférence sur un fond de rouge, vert et jaune en superposition cf. f° 17v°, S(edet illud), f° 19v° O(rdinator), ou encore, f° 95, F(elix episcopus dixit), pour le concile de Carthage, titre XII, et jusqu’à travers les dernières compositions un Q(uanta frater) au f° 133 pour l’épître – décrétale du pape Léon à l’évêque de Thessalonique Anastase, et un S(ufficere) au f° 144, inaugurant les « Septem gradus ecclesiastici » de Saint Jérôme adresses à Rusticus, évêque de Narbonne 26.

H 238 : recueil de textes conciliaires et de Passions, Xème s., coll. Bouhier, 125 f., 26,3 x 22,6 cm). Ce codex s’orne de nombreuses initiales à entrelacs, à éléments digités et folies, à palmettes, souvent de facture très personnelle. Ainsi, au f° 6v°, dans un passage emprunté à Isidore de Séville, un L(ectorum ordo) se caractérise par une haste à entrelacs nattés à « insertion médullaire » d’encre noire sur fond de parchemin réservé procédé repris, entre autres, au f° 37v° dans un autre extrait isidorien, « De humili prepositorum », pour un Q(ui prefecit), ainsi qu’au f° 60 pour un J(anuarius) au début d’un texte concernant le concile de Sardes, tandis qu’un Item placuit), pour un autre passage relatif au concile de Carthage, montre une haste d’où pend une forme imaginaire, mi-végétale, mi-animale, avec une sorte de bec et un œil. De même, au chapitre d’Isidore « de generibus cleri », f° 75v°, le d(uo sunt genera) du début n’est autre qu’un oiseau au sein de la boucle avec plumage et œil, l’aigrette anamorphose en palmette, dans une création très originale 27.

H 240 : Homélies, sans nom d’auteurs, IXème s., coll. Bouhier, 114 f., 27,5 x 20,5 cm. La plupart des 69 initiales décorées correspondantes (les sermons se retrouvant souvent dans les compilations carolingiennes d’Alain de Farfa – pour 34 d’entre eux – et de Paul Diacre) font appel à de gracieux entrelacs et entrecroisements, à la manière bénédictine, en signe probable d’union, d’entente cordiale avec Dieu et avec le prochain. Il en est ainsi, par exemple, dès le f° 1v° pour un P(ost hoc) et encore au dernier feuillet pour un B(eatos apostolos) du f° 114.

Certaines initiales recourent parfois à un motif zoomorphe : une tète de chien pour le R(ogo vos), f° 35v°, et pour le P(ostquamn dominus), f° 48v°, peut-être aussi pour le P(asca X pi), f° 59 – Hauteur, 15,5 cm, sans compter une tête de monstre, très insulaire d’allure, elle aussi, pour l’A(nno) du f° 71v° au début d’une homélie sur l’Invention de la Sainte Croix, et une délicate tète de volatile pour l’A(mbulam) du f° 101v°. Ailleurs, une initiale peut se rehausser, par surcroît, de deux ou trois petits soleils noirs environnes de points circulaires : allusion au Christ, Soleil de Justice, et à l’éclipse du Vendredi Saint, ou simple motif ornemental hérite des ateliers de la Loire ? Toujours est-il que le calligraphe s’en souvient à plusieurs reprises : d’un N(uper celebravimnus), f° 12v° à un S(alvador noster), f° 79v° – dans un ensemble de sept lettrines qui recèlent peut-être ainsi comme une signature sémiographique pour le décorateur et sa « mélancolie ». Quoi qu’il en soit, ce principe décoratif se retrouve dans d’autres manuscrits carolingiens, tels que les H 55 et 59.

D’autres initiales, aussi intéressantes, se placent sous le signe du cœur : G(lorificatio), f° 79 ; S(i quantum), f° 106, avec un entrecroisement, en haut, d’où pend un cœur au bout d’un fil ; S(icut homo), f° 107 – motif qui apparaît aussi dans le H 152 par exemple, ou dans le H 310 28.

H 241 : Lactance, Contra Gentes, IXe-Xe s. Coll. de Troyes, fonds Pithou, 136 f. 27,3 x 19,7 cm. Au f° 50, une lettrine double, VELLEM), élégante, à entrelacs non nattes, se signale par des « insertions médullaires » d’encre noire, d’après un procédé déjà observe dans le H 240, sur fond de parchemin réservé, encadrées de volutes en palmette aux extrémités). Par ailleurs, on rencontre au f° 82 (ainsi qu’au f° 82v°) des caractères grecs, voire même des passages entiers rédiges en grec transcrits eux aussi de l’œuvre originelle 29.

H 253 : Virgile, Œuvres complètes avec gloses antiques, IXe-Xe s., coll. Bouhier, 219 f., 29,3 x 21,8 cm sans décoration, à lettrines de contour noir et à onciales pour les rubriques 30.

H 255 : Saint Augustin, De Civitate Dei, lib. XIIIe-XVIIe (incomplet, Xème s., coll. Bouhier, 128 f., 26,9 x 18,3 cm. La plupart des initiales sont dépourvues d’ornementation. À signaler, parmi les illustrations : pour l’E(xpeditis) du f° 1v° l’intervention de volutes, d’un œil en signe de vigilance, et d’éléments géométriques. Pour l’E(x quo enim) du f° 6v°, une petite volute en haut de la hampe d’où pend un cœur (cf. H 240), avec des entrelacs en forme de huit, peut-être en référence arithmologique au chiffre 8 et à la Jérusalem Céleste. Ou encore, au début du livre XVIII, avant l’E(t tain Marcus Varro) du f° 104v° (initiale simple), une figuration zoomorphe dans la marge, une sorte de cygne porteur d’un X, non pas le signe du Christ, mais, en ce dernier livre de l’ouvrage, signe de numérotation relatif au chapitre 10 ; il s’y retrouve, toujours marginal, comme annoncier de dix autres chapitres, entre les f° 99 et 114v° dans une mise en scène originale, peut-être de caractère symbolique 31.

H 301 : recueil (Poenitentiale et Breviarium Apostolorum). D(ème s., coll. Bouhier, 115 f., 21,3 x 16,3 cm. Au dessous d’un titre étalé sur quatre lignes dont deux en onciales, l’initiale A(c No VMus), au f° 1v° pour un passage concernant la pénitence à l’article de la mort, ornée de notations à caractère abstrait. Hauteur, 8 cm, avec un œil de vigilance. Ce dernier motif, dérivé de Part insulaire, apparaît à nouveau au f° 34 pour un C(oniurationis) en rouge et noir à propos d’un texte sur le concile de Chalcédoine, et encore au f° 67 pour un O(rdinationes) noir-rouge-orangé, toujours dans le Pénitentiel, pour le ch. XI : « Temporibus Papae Gelasi » 32.

H 306 : recueil de 40 opuscules en vers et en prose, IXe s., coll. Bouhier, 222 f, 22,8 x 14,7 cm. La plupart des initiales ne comportent pas d’ornementation. Cependant, le manuscrit s’ouvre sur une belle composition en pleine page, f° 2v°, illustrant le début du Psaume 24 : « A(d te levavi animam meam) », (d’aspect insulaire, de 19,8 x 13,5 cm), entrelacs, volutes. David assis sur la barre transversale du A, en prière, nimbe orange, deux têtes de chiens, en haut un molosse maîtrisé par deux jeunes gens (symbole du chien) (Fig. 7). Ailleurs, au f° 36 pour un Ï(nter absconditum), au début d’un opuscule, sur les différences de discours entre Cicéron et d’autres orateurs, la lettrine se couvre d’entrelacs aux extrémités foliées, selon un procédé repris au f° 80 pour un I(N DEUM ET DOMENUM) inaugurant le Livre des Différences d’Isidore de Séville (à la plume noire et parchemin réservé, entrelacs en guilloché, œil de vigilance, incurvation, Hauteur, 4,5 cm). Après un important lexique greco-latin, relatif à l’Ancien et au Nouveau Testament, sur deux colonnes, f° 139 à 211, et ff° 213 à 222, le recueil s’achève f° 222v° par un poème en 14 vers, sur le thème de « l’essence » (être et ne pas être) adressé aux moines qui se réjouissent d’avoir pour patron saint Germain. Ainsi Auxerre pourrait-il figurer comme le plus ancien lieu de provenance ? 33

H 306, recueil d’opuscules, IXe s., f° 2 v°, début du psaume 24, initiale ornée avec la figure de David assis (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 7 H 306, recueil d’opuscules, IXe s., f° 2 v°, début du psaume 24, initiale ornée avec la figure de David assis (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

H 307 : Raban Maur, Commentaires sur le livre des Rois, ne s., coll. Bouhier, 84 f., 22,3 x 21 cm, sans initiales décorées, mais avec en frontispice, les armes des Bouhier (taureau, lévriers) et, au dessous, le titre de l’ouvrage en lettres d’or sur fond bleu d’azur (début du XVIIIème s) Écriture : « g » en forme de 3, associé, f° 69v° avec un a ouvert, dans le même mot.

H 309 : Confessio Fidei, dAibinus (autrement dit, d’Alcuin), Xème s., coll. Bouhier, 70 f., 22,7 x 16,9 cm. Ce traité ne comporte aucune initiale décorée, mais témoigne d’une exécution très soignée à travers l’écriture et surtout un certain nombre de lettrines à contour noir et à fond rouge : par exemple un R(espice) f° 19, un D(e unigenito), f° 20, etc. Au f° 21, un Q(uid cogitabant) montre à la fois la queue de la lettrine Q et peut-être aussi le U du mot Quid. Serait-ce en allusion à la Croix ? Et le rouge utilisé ici comme ailleurs désignerait-il le Soleil de Justice qu’est le Christ ? Il faut enfin signaler l’utilisation non plus de rouge, mais d’orangé pour certaines capitales onciales, telle un ORACIO, f° 68v° 34.

H 310 : ce recueil (Concile d’Aquilée, 381 ; Téodulf ; Ambroise ; Alcuin), Xème s., coll. Bouhier, 139 f., 21,5 x 16 cm, ne compte qu’un petit nombre de lettrines ornées, à commencer par un R(everendissimo fratri magno), au f° 1, dans la dédicace adressée à l’évêque Magnus par Théodulf d’Orléans pour son traité De Baptismo, avec des proliférations qui aboutissent à un œil. Hauteur, 6,1 cm. L’œil de la vigilance surgit à nouveau, f° 25v° pour un P(ropter) à l’encre noire, dans la boucle que dessine un corps incurvé de poisson. Hauteur, 5,4 cm. Plus loin, f° 69, l’illustrateur, dans un ouvrage de saint Ambroise, utilise le motif du cœur pour un I(taque cum verus et bonus Dei filius) : de la haste pend comme un cœur, sans doute en allusion au cœur du Christ et à son message d’amour. De même, au f° 72, tout en bas dans la marge, on discerne une galerie de 5 cœurs juxtaposés 35.

H 314 : ce missel ancien, avec calendrier et messes notées (fonds de Clairvaux, XIème s., 196 f., 23,7 x 15,2 cm), ne renferme que peu d’initiales décorées. Au f° 14, un dessin à la plume, d’allure très baroque, s’intercale dans le texte de la Préface, avec ses deux cercles à courbes, volutes, rinceaux qui se rejoignent au niveau d’une hampe centrale à entrelacs, accompagnés de têtes de lion, puis d’un lion entièrement figuré, au milieu de proliférations végétales picorées par des têtes d’oiseaux. Un personnage pointant ses deux index semble être un prophète. La Préface s’achève au milieu du f 14v° (Osanna in excelsis). Lui fait suite une très belle initiale T(e igitur clementissime pater) rouge-vert-bleu, 6,5 x 9 cm (rinceaux, volutes, têtes de chiens, bêtes à cornes) dans un enchevêtrement baroque. En bas, apparaît un autel à six gradins, surmonté d’une croix en or. Hauteur, 5 cm. Plus loin, initiales à points (œil de vigilance ?)

H 334 : recueil de 15 opuscules, IXème s., coll. Bouhier ; sans illustration. Le dernier ouvrage, la Mythologie de Fulgence Planciades, a fait l’objet, en cours de transcription, d’annotations marginales, juste avant le texte, en énigmatique avant-propos : sept lignes de mots latins et de signes tironiens (hérités de la sténographie latine) 36.

H 360 : recueil de 18 opuscules, Xème s., et de deux autres un peu plus tardifs (Xe-XIème s., le ms. ne vient pas de la coll. Bouhier, mais a appartenu à l’abbaye cistercienne de Pontigny, près d’Auxerre. 129 f., 26,7 X 20,7 cm. Origine: Auxerre ? (cf. f° 129 : deux textes pour la solennité de saint Germain, avec notations musicales). Il s’ouvre sur la chronique de Grégoire de Tours avec une initiale zoomorphe à grand format : P(rincipium). Hauteur, 12,6 cm. Par ailleurs, pour la Passion de saint Urbain, pape et martyr, f° 49, un U(rbanus) à la plume, en ocre rouge, s’orne d’entrelacs et de feuilles élégantes ponctuées de rouge.

La Préface d’Anastase, f° 76v° suscite une belle lettrine C(ogitante me) à palmettes, avec les cornes de croissant achevées en têtes de chien. D’autres initiales montrent encore des motifs zoomorphes. Mais c’est sans aucun doute beaucoup plus loin, au f° 115, pour la Passion de saint Firmin, qu’on décèle la plus séduisante composition sous les apparences d’un T(emporibus) à entrelacs, et à deux têtes de monstre, en symétrie héraldique. Sur la haste-colonne, court une inscription à l’antique, sous forme d’onciales superposées sur douze lignes où figure le nom de l’enlumineur, BAL/DUI/NUS – Hauteur : 9 cm. – Largeur : 6 cm (Fig. 8). Il resterait à mentionner une autre belle initiale, la dernière, au f° 122 ; toujours pour la Passion de saint Firmin ; Q(uam multorum sanctorum corpora). Elle est rehaussée d’entrelacs, de palmettes, d’yeux, et, vers le bas de la composition, d’une sorte de poulpe végétal, très insulaire d’inspiration. Au f° 136v°, c’est encore à Balduinus, peut-être, que revient le croquis coloré de la « Figura labyrinthi » aux 12 cercles concentriques sans aucune décoration, au bout desquels, d’après un commentaire attenant, le Christ-Thésée exterminera dans son antre le Diable-Minotaure. Diamètre : 11,7 cm. 37

H 360, recueil d’opuscules, Xe-XIe s., f° 115, initiale ornée. Sur la haste-colonne, inscription donnant le nom de l’enlumineur Balduinus (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 8 H 360, recueil d’opuscules, Xe-XIe s., f° 115, initiale ornée. Sur la haste-colonne, inscription donnant le nom de l’enlumineur Balduinus (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

H 362 : Recueil : poésies, Sédulius (Carmen Pascale), Juvencus (Évangiles), Lacain (Pharsale). 267 f. 20 x 16 cm. Ajout : « Ad paralisin », 10 lignes pour Lucain, f° 267.

Origine : École d’Auxerre ? Très peu d’initiales décorées ; f° 204 U (t primum), volutes, en bistre, 2 cm ; f° 212 (incipit liber VIII. Féliciter) J(am sup herculeas) : deux bandes sinueuses orangées avec au centre parchemin réservé, 1,3 cm – technique utilisée dès le VIIIème s. dans le H 55. Beaucoup d’initiales tapissées de vert comme dans le H 156 et le H 74 (Auxerre). Les initiales, dans la Pharsale (f° 94-267), sont de manière générale coloriées en orangé pour le contour, sans ornementation. Hauteur, 0,3 cm. Nombreuses gloses : deux acrostiches de Sédulius, f° 39 et 39v°. Croquis : port de Brindes, f° 121v°, en marge, en bas, avec le commentaire : « Brondisium oppidum adoras adriatici maris », rouge, bistre et noir.

H 404 : recueil (Alcuin – 5 œuvres -, saint Ephraïm de Syrie, Agobard de Lyon), VIIIe-IXème s., coll. Bouhier, 115 f., 24,6 x 15,2 cm. Sans illustration, il présente des titres en belles capitales rustiques et semble se rattacher à l’école de Florus de Lyon, comme le H 157. Pour les deux manuscrits, le copiste potinait être Mannon (élève de Florus), directeur des Écoles Palatines sous Louis le Pieux, puis prévôt de Saint-Oyan dans le Jura, mort en 880, dont le nom figure dans une inscription au f° B v° : « Voto Bonae Memoriae Mannonis ».

H 406 : recueil (saint Jérôme, Gennadius de Marseille, Isidore de Séville, Décrétale du pape Hormisdas), IXème siècle, coll. Bouhier, 83 f., 23 x 14,2 cm. Au f I v°, le De scriptoribus ecclesiasticis de saint Jérôme s’annonce sous un titre très soigné, en onciales, sur six lignes consécutives alternativement noires et jaune-orange, avec un I(ncipit Eusebii) à entrelacs, et volutes à palmettes aux extrémités. Hauteur, 8 cm. Ce type ornemental revient, plus simple, au f° 40, dans le De Scriptoribus ecclesiaticis de Gennadius, prêtre de Marseille, en tête de ses 95 chapitres (catalogue, f° 40 – 42v°) dans un J(acobus cognomento sapiens). Hauteur, 4,7 cm. Toutes les lettrines sont sans décoration 38.

H 407 : saint Augustin, De fide et operibus, De cura pro mortuis gerenda, de Continentia. Xème s., coll. Bouhier, 91 f., 20,3 x 16,5 cm. Une seule initiale ornée Q(uibusdam), f° 1, en orangé-marron, avec des entrelacs et une queue en palmettes et à spirales, d’allure élégante. Hauteur, 2,8 cm 39.

H 409 : Psautier de Charlemagne, fin du VIIIème s., coll. Bouhier (E 69), 346 f., 21 x 12 cm.

Richement illustré sous un petit format, sans doute pour Tassillon III de Bavière, neveu de Pépin le Bref, à Mondsee (avec la participation tardive de moines venus de Saint-Amand pour les deux derniers feuillets), ce codex devint, par droit de conquête (788), la propriété des Carolingiens et, semble-t-il, de la reine Fastrade, troisième épouse de Charlemagne (morte en 794), dont le nom figure dans les litanies à la fin du Psautier (« Fastradane regina salus et vita », f° 344). Il y est aussi fait mention au préalable du pape Adrien I, de Charlemagne, excellentissime roi couronné des Francs et Lombards, patrice de Rome, tout au long des lignes consécutives, et de ses fils : Louis, Pépin, tous deux rois, Charles et Pépin le Bossu (exilé comme moine à Prüm en 792). Par la suite, il aurait échu à la fille aînée de l’Empereur, Rotrude, dont il est aussi question, au f° 344v° parmi les invocations à la Trinité : « Sororem nomine rotrude ». Jadis fiancée au jeune empereur byzantin Constantin VI (781), elle devait prendre le voile à Notre-Dame de Soissons, correspondre avec Alcuin, puis quitter ce couvent pour s’unir au Comte Roric. Leur fils, Louis, devint abbé de Saint-Denis. Elle mourut en 810, à l’âge de 35 ans. La présence du psautier à Auxerre peut être présumée par les entrées aux ff° 1 et 2, vers le milieu du IXème s., puis est attestée à Saint-Paul de Besançon (1675), à Dijon dans la collection Bouliner (1721), à Bar-sur-Aube, à Troyes, à Clairvaux, de là, bien que destiné à la Bibliothèque Nationale, il fait son entrée à la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier (1804).

Sur deux colonnes, les gloses qui, dans ce psautier, accompagnent tous les versets avec la mention marginale « interpretatio » et une initiale simple à contour vert, sont-elles d’origine irlandaise ? Ce n’est pas exclu, car la formule du psautier romain glosé fut utilisée et largement répandue sur le continent par les missionnaires anglo-saxons. Quoi qu’il en soit, ces « interprétations », transcrites d’auteurs anonymes, figurent parmi les curiosités de ce codex. La tradition insulaire s’affirme aussi dans la graphie (à travers les abréviations), dans la prédilection pour le poisson comme motif ornemental, la bichromie vert-jaune ou la trichromie vert-jaune-rouge / orangé, l’adoption d’entrelacs (pour une dizaine d’initiales), de zigzags ou de dégradés.

Ce qui prédomine dans la décoration, c’est une indéniable invention créatrice, centrée sur un thème essentiel, celui de la Vie, qu’est le Christ lui-même : une centaine d’initiales sous le signe du poisson (Ichtus), de moyen format (56) dont 35 à un poisson, 18 à deux poissons (allusion possible à la double nature du Sauveur), 4 à trois poissons en référence probable à la Trinité E(ructavit), f° 109. Hauteur, 3 cm). D’autres sont placées sous le signe de fruits ronds, une trentaine, suspendus souvent par trois ou par quatre à l’extrémité d’une hampe en forme de pains de propositions judaïques, d’offrandes et de sacrifices de la loi mosaïque, du f° 45, E(go autem) au f° 330v° L(audate eum), en particulier pour le L(onge) du f° 207. Hauteur max. : 1,6 cm. – Initiales bourgeons, images de « germination spirituelle », c’est-à-dire figures de Pâques. Ainsi, au f° 234v°, le T(u autem domine) du Ps. 109, y. 13, voix de l’Église sur la Résurrection dans la glose qui suit. Les lettrines – palmettes en accolade sont également nombreuses, en référence probable au Dimanche des Rameaux. Présence de lettrines-collerettes, surtout pour les initiales Q, les deux collerettes souvent jaune et vert, la boucle de la lettre symbolisant l’Œuf pascal et la vie éternelle. D’autres lettrines présentent une décoration para-végétale ou para-animale (ex. f° 226v° : G(audebant campi). Les lettrines à entrelacs sont peu nombreuses, 10 seulement (cf. aussi les 15 entrelacs aux portraits de David, f° 1v° (Fig. 9) et du Christ, f° 2v°) (Fig. 10). Hauteurs 17,7 et 13,6 cm. Parfois à rehauts d’or (f° 17 – B(eatus vir) ,f° 168, f° 260, f° 272v°), ou d’or et d’argent (f° 232v°, 256v°, 319v°, B(enedictus. La plupart des petites lettrines (1 à 3 cm) ne sont pas décorées, mais toutes sont irisées et polychromes.

H 409, psautier de Charlemagne, fin du VIIIe s., f° 1 v°, David jouant du psaltérion (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 9 H 409, psautier de Charlemagne, fin du VIIIe s., f° 1 v°,
David jouant du psaltérion
(Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
H 409, psautier de Charlemagne, fin du VIIIe s., f° 2 v°, le Christ (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 10 H 409, psautier de Charlemagne, fin du VIIIe s., f° 2 v°, le Christ (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

Enfin l’insularité se tapit jusque dans la forme de certains A, par ex. dans l’A(dvertente) du f° 242, au Ps.103, v29, (où l’incurvation du jambage antérieur évoque un modèle anglo-saxon), et peut-être aussi dans l’inquiétante tête de chien qui somme l’A(dversum me) du f° 161v° – psaume XLVIII, v. 13, allusion aux ennemis de David, comme dans le A(d te Domine) du H 306 (Recueil du IXème s., coll. Bouhier). Influence insulaire aussi pour la composition originale du f° 2, illustrant le début du Psaume 24 (Hauteur 1,2 cm), ainsi que pour les f° 345 r° 346 r° (prières rédigées à Saint-Amand même). Des références à deux œuvres d’Alcuin (ou présumées telles) expliqueraient les affinités non seulement avec Saint-Amand, mais aussi avec Tours 40.

H 412 : recueil, IXème s., coll. Bouhier, 133 f., 16,4 x12,7 cm. Il renferme quelques belles initiales à éléments géométriques ou végétaux sur fond polychrome, dans une paléographie qui s’apparente à celle de Tours. Par exemple, au f° 3v°, pour le Liber Enchiridion de Saint Augustin, un D(ici non potest) à entrelacs, avec un petit soleil à huit rayons, contourné de noir – dominante de vert, mauve et faune – Hauteur, 6,5 cm. Ailleurs, pour un autre opuscule, le Capitulare ecclesiastici ordini, après un avant-propos de six lignes en onciales rouges, un P(rimi), au f° . 87, associe un œil de vigilance à ses entrelacs, avec, en bas, une notation bi-colore, rouge-noir, traitée en camaïeu. Hauteur, 7,5 cm. Enfin un autre type de lettrine est figuré pour le début de l’Ordo Romanus antiquus, au f° 96v° : le P(rimo omnium) de l’incipit combine lignes incurvées et digitées sur fond marron-rouge. Hauteur, 5,3 cm. 41

H 416 : recueil, IXème s., coll. Bouhier, 136 f., 18,4 x 12,5 cm. Les initiales, dans ces ouvrages de « gloses » (lexiques) et de grammaire, ne font l’objet d’aucune ornementation, à l’exception d’un A(donai) au début de GLOSSAE-HEBRAICO-GRAECO-LATINAE, f° 1, à entrelacs, incurvations et motif floral, en bistre, sur fond ocre. Hauteur, 4,2 cm. 42

H 425 : Horace, Xème s., coll. de Troyes, fonds Pithou, 129 f., 20 x 15 cm. Odes, Épodes, Épîtres, Sermons, assortis de gloses, suscitent l’éclosion de quelque 90 compositions, à raison d’une initiale décorée par poème. Le plus souvent, il s’agit de créations, en toute liberté et fantaisie, qui font de ce codex une œuvre tout à fait exceptionnelle dans l’ensemble carolingien de Montpellier. Dès le f° 2v° en manière de préface, un C(lyo gesta) montre, à la manière insulaire, deux têtes de monstre, en symétrie, qui crachent des rinceaux à entrelacs, tandis que dans la boucle s’éploient des feuilles aux rebords digités. L’œuvre poétique d’Horace prélude, au f° 4, par un superbe M(aecenas) pour le début des Odes, dans une pièce dédiée à Mécène, protecteur et ami du poète (Fig. 11). Hauteur, 4 cm.

H 425, OEuvres d’Horace, Xe s., f° 4, début des Odes, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 11 H 425, OEuvres d’Horace, Xe s., f° 4, début des Odes, initiale ornée (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

Des multiples lettrines illustrées qui suivent, on ne saurait signaler que quelques-unes, au passage – f° 8v° au début de l’Ode à LEUCONOEN, un T(u ne quesieris) aux deux soleils pourpres environnés de points comme de satellites. Hauteur, 1,2 cm. – f° 9 initiale Q(uem virum), très belle, à contour pourpré et à éléments foliés. Hauteur 5,7 cm. – f° 26v° : pour le livre II des Carmina : un O(di profanum), original, à écoinçons pourprés, points rouges en semis et feuilles en losange. Hauteur, 3,2 cm. – f° 53v° : pour le début des Épodes : I(bis), très beau, à fond pourpré, vert, bleu et marron avec les rinceaux entrecroisés, des proliférations végétales et des pointillés. Hauteur, 4,2 cm. – f° 65 : H(umano capiti) : superbe composition où triomphe le pourpre. Hauteur, 3,7 cm. – f° 73 : P(rima dicte), ravissant, en illustration au dernier vers de l’Art Poétique : à motif para végétal, sur un fond faune semé de points qui s’assemblent par groupes de 4,5 ou 6 ou qui s’ordonnent en croix ou en losange. Hauteur, 6,7 cm. – f° 90 : Q(u tot sustineat), de facture très moderne, surréaliste. Hauteur, 3,2 cm.- f° 93v : pour les Épîtres, livre I, Épître III, Ad forum, aussi élégant, avec une hampe tricolore en orange, noir et parchemin réservé, des feuilles digitées et des palmettes qui semblent claquer au vent. – f° 97 : pour les Satires, début : Q(ui fit Maecenas), très beau, à rinceaux et palmettes, avec un sens étourdissant de la couleur (dominantes vert et rouge, écoinçons violets). – f° 112v° : un S(unt quibus) avec deux somptueux oiseaux (Hauteur, 8,7 cm). (Fig. 12) – f° 124 H(ortus) : à contour marron, bordure orangée et, en haut de la hampe, une feuille éployée à nervures parcourue de points. Une des dernières compositions. Hauteur, 2,6 cm.

À travers cet Horace illustré de si remarquable manière, avec autant originalité, on se trouve en face d’une œuvre unique en son genre, sans rapport avec les illustrations des autres manuscrits carolingiens, si attachantes soient-elles, conservés à la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier. Des traditions insulaire et mérovingienne dont le calligraphe – enlumineur est parti, s’est inspiré, éclate une œuvre d’avant-garde, à la fois abstraite, surréaliste, en avance sur son temps, dont les circonvolutions et le coloris chatoyant s’harmonisent à merveille avec le charme des odes horaciennes 43.

H 425, Œuvres d’Horace, Xe s., f° 112 v°, initiale ornée d’oiseaux (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).
Fig. 12 H 425, Œuvres d’Horace, Xe s., f° 112 v°, initiale ornée d’oiseaux (Photo Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, section Médecine).

L'ensemble carolingien et ses gloses

Elles accompagnent le texte de treize manuscrits, marginales ou interlinéaires, rédigées souvent en petits caractères, sous forme de notices, parfois réduites à un seul mot : un synonyme. Il peut s’agir de commentaires juridiques (Bréviaire d’Alaric), poétiques (Lucain, Juvénal, Perse, Virgile, Horace, Sédulius), d’exégèses sur l’Ancien Testament, ou de lexiques gréco-latins.

Droit : le Bréviaire d'Alaric      
et ses deux versions

H 84 : Breviarius Alaricianus cum interpretatione, VIIIème s., coll. Bouhier. Dans ce Code Civil du Bas-Empire, ouvrage d’étude non d’apparat, la part des exégèses, à défaut d’iconographie, s’avère considérable. Les gloses s’intègrent au texte, dans un ensemble indissociable. Aux Novelles de Valentinien et de Théodose I fait suite, à partir du f° 100, le titre I des Sentences de Paul, célèbre jurisconsulte, dont les interprétations ou gloses suscitent l’éclosion d’une belle initiale décorée, la première qui apparaît dans le manuscrit : I(ncipit Pauli sententiariu liber), aux têtes d’oiseaux suggérées de façon fantaisiste, par un œil et comme un bec de canard (voir plus haut), en bistre sur fond de parchemin réservé, (f° 100). Hauteur, 4,7 cm.). Plus loin, le 5me et dernier livre des Sentences de Paul s’achève au f° 128, relayé aussitôt par une autre suite d’interprétations : celles de Gaius, et de son Livre des Lois (Liber Legum), celle du Liber Gregoriani, en 13 chapitres (if° 135 – f° 137), puis celles d’Heunonien, de Papien et de Grégorien. L’œuvre s’achève au f° 138v° par un important passage extrait du code théodosien, suivi d’un colophon très circonstancié avec mention du scribe Vulfin (f° 139v°) et d’un petit glossaire de mots de jurisprudence, plus tardif, rédigé au IXème s. (ff° 140-141) 44.

H 136 : Breviarii Alariciani Interpretationes, IXème s, coll. de Troyes (Pithou), f° 1-154. Le Bréviaire, écrit en minuscules, se rehausse d’onciales pour les rubriques de titres. Au f° 17, le Codex théodosien, en majuscules carrées, s’ouvre sur cette formule : « In Christi Nomine. Incipit interpretatio. Amen ».

Comme dans la version antérieure (H 84), il s’agit là encore d’une compilation de divers textes juridiques, parfois assortis des interprétations qu’ils suscitent. Ils concernent la Loi Romaine, la Loi Salique, la chronologie des Mérovingiens, ainsi que les capitulaires de Charlemagne et de Louis le Pieux (189 f., 28,4 et 19,5 cm). Après un prologue à la Lex Romana, marque par une très belle initiale l(n hoc corpore) à entrelacs et enroulement de volutes (f° 1), avec des allusions aux lois des empereurs Théodose, Valentinien et Martien, apparaissent les interprétations du droit romain par Gaius dans ses Institutions en 17 chapitres. Le G(aius) en exergue, noir et rouge comme les onciales du titre qui précède, évoque en filigrane la présence d’une bougie (f° 11).

Après les chapitres relatifs à l’œuvre de Gaius, ceux des Sentences de Paul prennent le relais, avec, au f° 11v° un D(e pastis et conventis), orange et noir sur parchemin réservé, à entrelacs, en tète de l’argument présentant les vingt et un chapitres. Une initiale analogue ouvre, au f° 12v°, le second Livre des Sentences, avec la suite préliminaire des 32 chapitres numérotés en chiffres romains comme à l’accoutumée. Comme pour le H 84, la fin des Sentences, lib. V, se prolonge sans discontinuer par l’argument des chapitres de Grégorien (initiale D à entrelacs, f° 16) et d’Hermognien, suivi par la mention : I(n Xpi nomine interpretatio amen), sous l’aspect d’une jolie initiale à entrelacs rouges et noirs, f° 17.

Vers le milieu du codex, au f° 88, le XVIème et dernier livre du codex théodosien se prolonge à travers les « Novelles » de Valentinien (f° 88-107), suivies à leur tour par le Livre de Gaius et les Sentences de Paul, (f° 120v° : VI de reis institutis. D(e his qui criminibus) avec interprétations. Celles-ci prennent fin au f° 153. En ce qui concerne les gloses, le H 136, offre de nombreuses correspondances avec un autre exemplaire du Bréviaire d’Alaric, le Vat. Reg. 1048 (Gaule, Xèmes., 228 f.), comme l’a établi Gustav Haenel dans son édition critique dès 1849, souvent en conformité avec les Origines d’Isidore de Séville, auxquelles le Bréviaire a servi de source.

Les derniers feuillets du manuscrit, consacres à la Loi Salique et à la législation des premiers Carolingiens, ne portent pas trace d’interprétations, avec parfois, pour l’ornementation, le recours au choix d’entrelacs, toujours élégants et sur fond de parchemin réservé comme dans toutes les autres parties du codex 45.

Poésie antique et chrétienne. Grammaire

D’autres gloses se rapportent aux poètes païens de l’Antiquité et peuvent remonter à une époque indéterminée, à situer plutôt peut-être vers le IVème siècle, et parfois même dans les temps carolingiens.

H 113 : Lucain. La Pharsale avec gloses. IX-Xème s., coll. Bouhier, 109 f., 32,2 x 21,3 cm.

Dans une inscription – colophon à la fin du dernier livre f° 108v°, on peut lire: « Paulus Constatinopolitanus emendavi manu mea solus », d’après le dernier vers de Lucain, attestation rédigée déjà deux fois dans les mêmes termes à la fin des livres VIII et IX, f° 86v° et 101v°. Il peut s’agir effectivement des modifications apportées au texte copie en bistre ou à l’encre noire (jusqu’à des vers omis) telles qu’on peut les voir. En sa qualité de grammairien, faisait-il en même temps fonction de scholiaste, et a-t-il composé les gloses relatives au poème de Lucain ?

Quoi qu’il en soit, il devait s’agir, dans ce manuscrit, d’une copie au second degré, les notices réalisées en caractères plus réduits et plus serrés que le poème, dont l’écriture très claire et très régulière s’avère d’une exécution soignée. Ainsi, au f° 11, le début du livre H, « Nubi fere colles… » s’accompagne d’un commentaire à petits caractères, tandis que, plus loin, deux gloses marginales se trouvent en tête des livres III et IV (f° 20v° et 30v°). Par ailleurs, c’est aussi dans une graphie très réduite que court, au f° 63v° à la suite du livre VI, une notice sur les sept merveilles du monde, du Capitole au Temple de Diane à Ephèse 46.

Dans une étude sur la transmission du texte de Lucain au IXème siècle, Harold C. Gotoff montre que les notes ou scholies du « Montepessulanus » H 113, sont à comparer avec les scholies identiques ou analogues du « Bernensis » 45, autre version carolingienne de la Pharsale. La plupart des spécialistes ont tendance, à ce sujet, à tenir les Comment’ (de Berne) et les « Adnotationes » (de Montpellier) comme deux corps séparés de « scholia » en provenance de l’Antiquité 47.

Il existe dans l’ensemble carolingien de Montpellier une autre version de Lucain, toujours réalisée au IXème siècle, dans le recueil H 362, (267 f., 20 x 16 cm) accompagnée de gloses (on en décèle aussi dans les œuvres de deux poètes chrétiens qui précèdent : Sedulius et Juventus), avec, au f° 141v°, une notice couvrant presque tout le feuillet sur la vie et l’œuvre de Lucain en 41 lignes, de « Lucanus fuit Cordobensis. Corboba civitas est in Hispania », jusqu’au suicide de Cléopâtre et à l’évasion d’Antoine (« sed postea. occisus est »), tout au début du livre IV.

Ici encore, il existe beaucoup d’analogies et seulement quelques rares divergences de détail entre la version du H 362 et celle du Berne 45, en particulier pour le f° 147 du livre I : « non contentus felicitate praesente ad alia properare… ». Considéré comme d’origine française par B. Bischoff et remontant d’après lui à la fin du IXème siècle, ce recueil devait appartenir à Pierre Pithou, collectionneur et humaniste de Troyes à la fin du XVIème siècle, avant de parvenir à Montpellier 48.

H 125 : Perse et Juvénal, avec glose et vie de Juvénal, IXème siècle, collection clé Troyes (Pithou), 80 f., 29,7 x 27,4 cm.

L’humaniste et jurisconsulte Pierre Pithou, de Troyes, l’a signe de son nom au f° 80v° (en ex-libris au frontispice MDLXXIII) et devait donner plus tard, d’après ce précieux codex, une édition de Juvénal de Perse avec scholies mais partielles seulement (Paris, 1585). Les Satires de Perse s’assortissent d’une glose moderne – XIème s. – mises à part quelques notes du IXème siècle. Les gloses y font leur apparition dès le début de l’œuvre, au f° 1v° sous forme marginale, et encore au f° 13. On les retrouve à nouveau, sous un aspect semblable, dans le prologue aux poèmes de Juvénal, au t° 13v° et, particulièrement abondantes, dans le 4ème livre de ses Satires : en marge de « Démosthène », f° 55v° de « Hanibale », f° 56, de « Nestore », f° 57v°, de « Peleo », de « Priamo », de « Metridate », f° 58, de « Ypolito », f° 59, de « Reditu catulli », f° 63v° de « De Castore », f° 64, et toujours sous l’aspect de gloses marginales, au début du livre V f° 65v° et à la fin du volume, sur les satires de Juvénal concernant le théâtre histrions, tragédie, comédie.

Si le manuscrit fut sûrement élaboré à l’abbaye Saint-Nazaire de Lorsch, près de Worms, comme l’a démontré B. Bischoff (le texte et les scholies proviennent de la même main calligraphique), les gloses se rattachent pour leur part, selon toute vraisemblance, à l’école d’Auxerre qui, avec Héric ou Haymon, en était devenue l’une des plus expertes en la matière 49.

H 160 : recueil (Orthographe, f° 1 – 3v° – Vocabulaire, f° 3v° – 12v°, et surtout gloses), IXème s., coll. Bouhier, 78 f., 24,6 x 18 cm. Les gloses occupent à elles seules trois des sept opuscules. L’un, du f° 12v° au f° 23, de « amendare » à « voluptas » ; l’autre, du f° 23 au f° 28, de « alisquin » à « zerda » ; enfin un glossaire très étendu, du f° 33 au f° 78v°, d’« Adam » à « Uri ».

H 212 : œuvres de Nonius Marcellus, grammairien, et Satires de Perse, IXème s. Mme moitié, collection Bouhier. Elles s’accompagnent aussi de notices explicatives ou scholies, mais sous forme de gloses interlinéaires et non plus marginales. Comme la montre M. Scivoletto qui en a fait la découverte ; l’intromission de ces petits commentaires en plein texte constitue en soi-même un indice de l’intérêt qu’on portait à ce témoin des Satires dans le milieu monastique d’Auxerre. Ce manuscrit H 212 a été doté, lors de sa mise en page, de tout un contexte de gloses. Il en va de même pour celles qui concernent les Satires de Perse dans le H 125. Elles devraient pouvoir refléter l’activité d’un maître d’Auxerre, Héric ou un autre 50.

H 219 : Aurelius Prudence Clément, Hymnes et Poèmes, Xème s., coll. Bouhier, 140 f., 27 x 20 cm. Cette œuvre se truffe parfois de gloses interlinéaires (avec un simple mot en synonyme) ou marginales, par exemple dès le f° 2 où figurent 6 lignes de gloses, et, à la fin du feuillet, un autre commentaire sur les vers de la préface. De même encore, vers le milieu du f° 30, dans la Passion de saint Laurent (12 lignes sur Moïse et Pharaon), ainsi qu’au f° 32v°. Peut-être de l’école d’Auxerre.

H 253 : Virgile, Eglogues, Bucoliques, Enide, avec gloses antiques, Mme ou Mme tiers du IXème s. Coll. Bouhier.

Avant d’appartenir à la famille Bouhier de Dijon, ce Virgile glose fut la propriété d’un certain « Mgr Durfé » d’après une description au milieu du f° 1. Comme la notice en question date du XVIème s., il semble s’agir de Claude d’Urfé, ambassadeur à la cour des Valois, et qui, par surcroît, selon E. Pellegrin, possédait une bibliothèque. Quant à l’origine du manuscrit, elle se situe, d’après Bernhard Bischoff, dans le Nord-Est de la France.

Quoi qu’il en soit ce beau Virgile, sans illustration, d’exécution très soignée, se parsème non seulement de préfaces, d’arguments, mais de gloses. Ainsi dès le commencement, s’accumulent, après les premiers vers, toute une cohorte de notes historiques et mythologiques sur le premier déluge, « de Deucalion et Pirra » qui, pour repeupler la terre, lancèrent des pierres derrière eux… Plus loin, au f° 8, la 4ème Églogue s’assortit de nombreuses notes marginales groupées en partie sous le titre « Seculi novi interpretatio ». Il y est question, entre autres, de « Sicilia insula » et, sept lignes plus bas, de « Sibilla virgo », ainsi que de l’opinion communément admise selon laquelle Virgile écrivit cette églogue « in honore Salvatoris ». D’autres gloses se rapportent à Pasiphaé, f° 11v° et, un peu plus bas, à Mélibée, Corydon et Thirsis, et se prolongent jusqu’au début des Bucoliques f° 17, ou encore, au début de l’Eneide, s’accumulent dans la marge, à gauche ou à droite, (f° 55), de même que pour l’Incipit du livre II, f° 67v° par exemple, ou pour celui du livre VI, f° 109v° 51.

H 358 : Pompius et Eutychès, grammairiens, Mme quart du IXème s. coll. de Troyes, fonds Pithou. ff° I – 22, Pompius, Commentum artis donati ; ff° 22 – 25v°, Eutychès, Ars de verbo ; f° 25v° – 26v°, Isidore de Séville, Étymologies, De Orthographia fragments ; ff° 27 – 34v°, Commentum in Bucolica et GeorgicaVirgilii; ff° 35 – 139v°, Pompius, Commentum artis donati (fin).

Le recueil, IXe-XIIème s., comporte en tout 334 f. Copie dans la région de Lyon, il a fait partie de la bibliothèque de Pierre Pithou (mort en 1596) à Troyes et provient de l’oratoire de Troyes. 36 initiales décorées dont 19 à entrelacs et 11 à motifs zoomorphes (ici à partir du f° 97). Couleurs dominantes jaune, vert, orange-rouge, bistre-noir, et parchemin réservé. Quelques exemples f° 36v° P(artes). Hauteur, 14 cm, avec des fruits ronds ; f° 63v° P(raeterea.) oiseau tenant dans son bec un élément végétal, de type insulaire. Hauteur, 11 cm; f° 75, P(ronomen) oiseau prêt à manger un poisson. Hauteur, 10,3 cm. ; f° 103, A(dverbia), à tète de bœuf. Hauteur, 3,6 cm. ; f° 125, B(arbarismus) avec deux oiseaux. Hauteur, 4,3 cm.

H 416 : petit recueil de gloses gréco-latines avec en particulier, sous forme de lexique, une vaste compilation de gloses latines classées par ordre alphabétique, du f° 15v° (« abactor fur jumentorum ») au f° 136v°, dernier feuillet de l’ouvrage (« Zona (…) cingulum »). IXème s., coll. Bouhier. Comparable aux gloses sur l’Ancien et le Nouveau Testament du H 152, sous la forme de lexique alphabétique, f° I – f° 106.

H 425 : Horace, avec commentaire, Xème s., coll. de Troyes (Pithou). Jadis à l’oratoire de Troyes avant de passer dans la collection Pithou, ce beau manuscrit, consacre à l’œuvre poétique d’Horace dans son ensemble, s’assortit de nombreuses gloses dès les premières odes. Elles couvrent par exemple, au f° 4, la moitié droite du feuillet, chaque paragraphe étant inaugure par une petite initiale (parmi les lettrines à signaler figurent un I(carus) et un I(n bello), pour revêtir une forme interlinéaire aux ff° 4v°, 5 et 5v° Un  peu plus loin, elles s’inscrivent dans des figures géométriques, ainsi, au f° 6 dans un triangle et, à l’ombre d’une sorte de M, au sein d’un escalier à quatre marches ; au f° 6v° en haut dans une croix et, en contrebas, dans des gradins descendants ; au f° 7v° pour un poème adressé à Lydie (« ad lidiam erotice »), dans un carre ; au f° 8, dans un cercle joliment décoré (12 lignes de texte sur la métrique chez Horace). Ailleurs encore, au f° 25, les gloses se détachent, toujours à travers une graphie à format très réduit, au milieu d’un cadre orné de lignes, de points rouges, de cœurs-feuilles, d’une palmette. Pour la 13ème ode, f° 47v°, cinq lignes serrées de commentaires font suite à une élégante petite initiale de parure géométrique, (ercia decima ode…), dans une sorte de cithare dont elles pourraient évoquer comme autant de cordes. Pour la 15ème ode, f° 60, les gloses se retrouvent, comme au début, dans un triangle, pour aboutir, au f° 109, dans un quadrilatère. Enfin elles occupent encore onze et six lignes marginales, respectivement, aux ff° 121 et 122 du manuscrit Ce qui attire surtout l’attention dans la disposition de ces gloses ou scholies, c’est la manière souvent ingénieuse et originale dont elles font leur apparition, à proximité du texte, sous le signe de la géométrie. Elles parviennent, de la sorte, à faire oublier leur caractère austère, voire rébarbatif, peu esthétique, à la limite du déchiffrable, pour apparaître de façon surprenante, comme en lévitation, dans des sortes de réceptacles. Les toutes petites initiales de couleurs simples, ornées de points ou de traits, qui donnent le coup d’envoi à ces exégèses de nature didactique, ne déparent en rien la calligraphie du texte poétique et témoignent, elles aussi, d’une indéniable imagination créatrice.

Quant à savoir de quel glossateur émane toute cette cohorte de commentaires, la question semble encore loin d’être résolue. Plus encore que pour les explications juxtalinéaires sur Virgile, les scholies relatives à l’œuvre d’Horace s’entourent de mystères et ne se rattachent, très indirectement, qu’aux œuvres supposées de ses scholiarques, Acron et Porphyrion, puis Fulgence. Peut-être faudrait-il parler, en l’occurrence, de « scholies pseudacroniques » 52 ?

Le trésor manuscrit de Montpellier, apports et influences

Au point de vue iconographique, les initiales se rehaussent de motifs zoomorphes, de palmettes, d’entrelacs, de fruits ronds pendus en grappe, de soleils, de points disposes le long du contour ou gravitant autour d’un centre comme autant de il neutrons « autour d’un proton », s’ornent de zigzags, de méandres, d’ocellations, comportent, parmi tout un complexe de notations géométriques et végétales, un œil de vigilance, au milieu d’une paléographie mise au point et diffusée par l’école de Tours dans les autres ateliers carolingiens (ligatures, « a » ouverts ou fermés, « g » en forme de 3, etc.) 53.

Ce qui fait l’unité des illustrations réalisées dans ces manuscrits, c’est la prédominance de l’inspiration insulaire, patente ou latente, indirecte, transmise éventuellement par le canal de la tradition mérovingienne. La question reste de savoir par quels intermédiaires certaines productions anglo-saxonnes telles que le Book of Durrow et le Book of Kells à Dublin ou encore le non moins célèbre Book of Lindisfarne à Londres ont pu fournir modèles ou précédents. Il semble que ce soit bien plutôt le Sacramentaire de Gélase au Vatican, (Bibl. Apost., Reg. Lat. 316), et plus encore peut-être le Sacramentaire de Gellone (Paris, Bibl. Nat. Lat. 12048), chefs-d’œuvre mérovingiens du VIIIème s., qui, à travers des copies interprétées, ont joue un rôle déterminant, mais très mystérieux, comme sources d’inspiration.

En guise de prélude, le Sacramentaire de Gellone offre une page de frontispice, au f° 1v° qui se singularise par un feu d’artifice de notations reprises un peu plus tard dans certains manuscrits de Montpellier : initiale – portrait, entrelacs, poissons, cœurs, pointilles longeant à l’extérieur le corps d’une lettrine, ou encore trichromie d’orange-rouge, jaune et vert dans les fonds d’initiales 54.

Ainsi serait-on davantage en mesure d’expliquer, dans maints manuscrits de l’ensemble carolingien, une pléiade de particularités iconographiques et chromatiques :

— Quelques portraits de grand format, figures en pied David et Christ dans le Psautier de Charlemagne (H 409), mais ailleurs sous forme plus ramassée, à mi-corps, dans le H 77 (Haymon, exégète ?), le H 158 (Hilarion, chroniqueur ?) ou le H 220 (représentation certaine de saint Etienne, diacre et protomartyr, pour le récit de sa Passion), enfin le H 48 (saint Hilaire, évêque de Poitiers, f° 31, portrait en pied).

— L’éclosion de cœurs, en mouvement ascendant ou descendant, horizontal dans le sens d’une procession liturgique, vertical parfois aussi, comme en pendaison à partir d’un rinceau. On les remarque dans des œuvres aussi différentes que le recueil H 152 (en relation avec le prologue de la Règle bénédictine : « Inclina aurem cordis tui », adresse à l’ensemble de la communauté monastique), le recueil H 158 (aux f° 11v° et 23v° dans la chronique de Frédegaire, pendus au bout d’un fil), l’Homliaire H 240 (sept initiales), le Saint Augustin H 255 (au f° 6, pendaison d’un cœur), ainsi que le Recueil H 310 (f° 72 : cinq cœurs juxtaposes, peut-être en liaison, pour quatre d’entre eux, avec une influence ou même une provenance de Tours).

— Les initiales zoomorphes telles qu’on en observe, par exemple, dans le H 153, f° 32v° tête de monstre, en bas, de type anglo-saxon, sur fond de pointillé), le H 306, f° 2 (âme de David le prophète, sous l’aspect d’un quadrupède ?), le H 360 (tête de monstre en symétrie, f° 115), 1’Horace H 425 (oiseaux apparies f° 11v°).

— La trichromie caractéristique rouge-vert-jaune, utilisée aussi en Alsace par exemple dans le codex d’Eugippe (Paris, Bibl. Nat. Lat. 2110, VIIIème s.) et qu’on peut déceler à Montpellier dans les illustrations des « Moralia in Job » de Grégoire le Grand (H 64 et H 65, provenance de Troyes), H 69 (Corbie), d’un recueil de textes conciliaires (H 233), ou bien dans le Psautier de Charlemagne, H 409 (Mondsee), ici en combinaison parfois avec des rehauts d’or et d’argent.

Quant à l’origine de tous ces manuscrits, souvent difficile à établir, elle peut coïncider, le cas échéant, avec le lieu de provenance. Il en est ainsi, par exemple, pour le Bréviaire d’Alaric (H 84), ensemble juridique de grand prix, en écriture mérovingienne à longues lignes ponctuées de rubriques, en lettres rouges d’un type en vogue en Bourgogne. Le manuscrit a séjourné à l’abbaye de Flavigny en Côte d’Or. En outre, un colophon, au f° 139v° précise le lieu d’origine : l’ouvrage a été écrit à Autun ou dans le monastère voisin de Couches-les-Mines sur commande de l’évêque Martin par le scribe Vulfinus, auteur de la souscription 55.

En ce qui concerne le Lucain (H 113) de la collection Bouhier, une note verticale, au f° 1, contemporaine du manuscrit, désigne l’abbaye bénédictine Saint-Martin d’Autun comme lieu de provenance et sans doute d’origine. De même, le recueil H 141, originaire de Flavigny, avec, en palimpseste, des passages d’Alcuin en minuscule pré-caroline de type bourguignon utilisée ailleurs dans le manuscrit 56.

Pour l’école d’Auxerre, provenance et origine ne font qu’un en ce qui concerne le H 74 (Homélies de Grégoire le Grand sur les Évangiles) et le H 130 (Liber Pastorale de Grégoire le Grand), les deux œuvres en provenance directe d’Auxerre et de son abbaye Saint-Germain, sans être passées par les collections Bouhier ou Pithou. Un autre manuscrit, de la collection Bouhier, H 154, recueil du Xème s., semble originaire d’Auxerre : dans le catalogue des sept œuvres surtout hagiographiques, figure en particulier une vie de saint Amator d’Auxerre, évêque et confesseur, par le prêtre Stéphane, tandis que la vie de Saint Germain par le prêtre Constance ou Constantin, que renferme le codex, couvre environ le tiers de l’ensemble (ff° 21 – 37, soit 17 f. sur 46). En outre, dans le H 212, les gloses explicitant les œuvres du grammairien Nonius Marcellus et du poète Perse ont pu être attribuées à l’école d’Auxerre (IXe-Xème s.), à partir (l’une glose interlinéaire concernant les Satires de Perse et pouvant refléter l’activité d’un maître (l’Auxerre, Éric ou un autre 57.

Parmi les autres manuscrits d’origine « assurée », on ne peut que mentionner, pour mémoire, les H 126 et 410 (Reims), le H 125 Lorsch, près de Worms), le H 409 Mondsee et, pour les derniers feuillets du Psautier, Saint- Amand, sous l’abbé Arn), ou encore le H 358, (Lyon pour la partie remontant au IXème s., avec Pompée, Eutychès) et les H 225 et 225b (Fleury-sur-Loire).

Partagée entre les deux courants, insulaire et antique, la créativité des scribes et copistes carolingiens s’inscrit dans une tradition mise en place par Alcuin, artisan de la Renaissance carolingienne. Venu d’York, il reçoit de Charlemagne les abbayes de Ferrières en Gâtinais et de Saint-Loup de Troyes (d’où provient un Évangéliaire avec canons à Montpellier, H 153), puis l’abbaye Saint-Martin de Tours (796) qu’il réforme et dote d’une école bientôt florissante. C’est là qu’il meurt en 804, laissant une œuvre encyclopédique,, dont une douzaine de productions se retrouveront, sous forme de copies, dans certains manuscrits carolingiens de Montpellier. Ainsi le Recueil H 141, entre autres opuscules, en renferme cinq d’Alcuin : le De Fide S. Trinitatis, une épître à Eulalie, une invocation à la Sainte Trinité ; un poème élégiaque et des questions sur la Trinité adressées à Fridugise, son disciple et futur successeur à l’abbaye de Tours, un compatriote. Le H 306 offre, pour sa part, une préface d’Alcuin à Charlemagne sur les cieux Testaments, le H 309, une Confessio Fidei d’Albinus (Alcuin), le H 310 une épître à Charlemagne, et enfin le H 404, un Liber de ratione animae, une Exposition sur le Psaume 118 et sur les Psaumes pénitentiels, ainsi qu’une lettre adressée aux frères de Saint-Martin de Tours.

En dernière analyse, ce fond de manuscrits si éclectique, ne cesse de surprendre par la quantité d’ouvrages, la diversité des sujets, l’inspiration des calligraphes (le plus souvent anonymes), leur parfaite assimilation de l’iconographie anglo-saxonne sous les directives d »Alcuin. Il forme à coup sûr un prestigieux amoncellement sans équivalent pour cette période et constitue, à la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier, le plus grand rassemblement de livres carolingiens connu jusqu’à présent en Europe.

——— Annexe I ———

Thèmes iconographiques

— « a » ouverts et ligatures CT/ST : H 55, 157, 219, 220, 238, 301, 306, 308, 310, 404, 409.

— Boucles à lignes ondulées en vague : H 53, 55, 156, 240, 409.

— Boucles non décorées : – à point rouge : H 135, 153, 156, 160, 220, 238, 425.

— A point noir : H55, 62, 238, 240, 241, 310.

— Cœur : H 62, 84, 152, 158, 240, 255, 310, 358.

— Collerettes médianes symétriques : H 59, 61, 62, 152, 232, 238, 409.

— Contour d’initiales marqué de points : H 53, 59, 77, 306, 360, 425.

— Entrelacs : H 53, 55, 61, 74, 126, 135, 136,152, 158, 225b, 240, 241, 255, 358, 360, 406, 409, 412, 416.

— Fin de mot « nZ » (nt) : H 55, 84, 141,409.

— Fleurs : H 53, 55, 59, 74, 156, 158, 238, 240, 360, 409, 425.

— Fruits ronds à l’extrémité de l’initiale : H 62, 126, 233, 240, 301, 409.

— Fruits ronds en grappe, avec un point : H 53, 55, 126, 136, 158, 240, 360, 409, 416.

— Ligatures RI (ri) : H 55, 126, 152, 154, 233, 238, 409.

— Ligne ondulée insérée dans la hampe : H 53, 59, 74, 77, 156, 225b.

— Motifs zoomorphes : – Chien (tête de) : H 59, 152, 240, 306, 360,409. – Monstre : H 53, 65, 74, 153, 156, 158, 240, 360, 425. – Oiseau : H53, 59, 62, 65, 158, 225h, 238, 240, 425. – Poisson : H 55, 61, 65, 69, 233, 409. – Serpent : H 59, 65.

— Mots juxtaposés d’un seul tenant : H 53, 55, 126, 154, 240, 362,409. (cf., au VIème siècle, la Genèse de Vienne. Vienne, Nationalbibliothek, Cod. Théol. gr. 31).

— Œil : H53, 55, 61, 152, 238, 240, 301, 310, 360.

— Palmettes : H59, 62, 74, 126, 135, 152, 153, 156, 233, 238, 240, 306, 360, 407, 409, 425.

— Pointillé : H 62, 126, 153, 156, 310, 360, 425.

— Portrait : H 48, 53, 77, 158, 220, 240, 306, 409.

— « Proton – neutrons » : H 55, 59, 153, 158, 240, 425.

— Q : -en forme de 2 : H55, 59, 61, 62, 74, 84, 125, 137, 152, 160, 218, 219, 225b, 233, 238, 241, 255, 306, 309, 334, 360, 406, 425 ; – en forme de 9 : H 77, 137, 152, 153, 156, 238, 241, 306.

— Soleils : H 59, 61, 158, 240, 412,425. – Soleil à rosaces : H 360.

— Trait – point (ou tache) décoratif : H 55, 59, 61, 62, 135, 220, 238, 240, 241, 301, 358, 409.

— Trichromie (rouge/vert/jaune) : H 64, 65, 69, 156, 233, 409 (cf. aussi le codex d’Eugippe à Paris, Bibl. Nat. Lat. 2110 – VIIIème siècle – Alsace).

— Zigzags dans la hampe : H 53, 55, 62, 74, 126, 137, 238, 240, 255, 358, 409.

——— Annexe II ———

MONTPELLIER - FACULTÉ DE MÉDECINE, BIBLIOTHÈQUE.
COLLECTION BOUHIER, DE DIJON, REPERT. 1721
COLLECTION P. PITHOU, DE TROYES. FIN XVIe s.

Des traditions insulaires et antiques à la créativité

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VILLETARD H., Catalogue et description des manuscrits de Montpellier provenant du département de l’Yonne. Paris, 1901.

——— Notes ———

* Issues du monde franc, toutes ces productions mont été très aimablement confiées par Madame Nicq, conservateur en chef, en vue d’une étude approfondie, dès mon installation à Montpellier en mars 1989. Je tiens ici à la remercier de tout cœur, ainsi que les conservateurs Gérard Velav et Yvette Tito. Sans eux, une telle entreprise, menée jour après jour, n’aurait jamais été réalisée. Ma gratitude va également à Mademoiselle Hélène Lorblanchet, actuel conservateur en chef, ainsi que Madame Mireille Vial, conservateur, qui m’ont associé en 1997 au CD Rom sur les manuscrits musicaux à la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Montpellier (Cantor et Musicus). Toute ma reconnaissance s’adresse enfin aux services de l’institut de Recherche sur l’Histoire des Textes (IRHT) pour leur inappréciable documentation communiquée avec tant de compétence et d’amabilité.

1.cf. A. Ronsin, La bibliothèque Bouhier, p. 18-20, 25, 27-28, 38-39, 108, 150.

2.A. Ronsin, op. cit. , p. 156-158.

3.P. GrimaI, Dict. des Biographies, Paris, PUF, 1958, p. 1177. Sur les 19 manuscrits troyens, 12 proviennent de la collection Pithou : H 125 (Perse et Juvénal) ; H 126 (Orateurs païens) ; H 136 (Bréviaire d’Alaric avec Interprétations) ; H 152 (Recueil) ; H 225 (Macrobe) ; H 225 bis (Évangiles) ; H 233 (Liber canonum) ; H 241 (Lactance) ; H 334 (Astronomie et Mythologie) ; H 358 (Recueil) ; H 362 (Recueil) ; H 425 (Horace, avec gloses) (3 bis) ; H 48 (Catalogue général des manuscrits I (C.G.M.), p. 307).

4.H 53. C.G.M., p. 307.

5.H 55. C.G.M. 1, p. 317, B. Bischoff, Panorama …, p. 235, n.°12 (dans le style de Metz, dont le scriptorium s’apparente à celui de Lorsch sous l’archevêque Angilram, 768-791). (5 bis) H 57 et H 58 : catalogue général I, p. 137.

6.H 59. C.G.M. I, p 317.

7.H 61. Ibidem.

8.1-162. Ibidem. Cf. J.-P. Migne, Patr Lat. 80, 741 et suiv. Sur Stace : Munk-Olsen II, 544, B. 59.

9.H 69, C.G.M. I., p 317. E. A. Lowe, CLA VI, 792. (cf. aussi l’Évangéliaire avec canons, ms.3 de la Médiathèque centrale d’agglomération Émile Zola de Montpellier, fin du VIIIème s., lui aussi originaire de Corbie. Voir E. A Lowe, CLA VI, 791).

10. H 74, C.G.M. I., p 317. H. Villetard, Catalogue et descr, p. 20-21.

11. H 77. C.G.M. I, p 317 – sur Haymon : Lex. f. TH und K, IV° 1960, col. 1325 – 1326. Saint-Germain d’Auxerre. Intellectuels et artistes, p 36, 37 – Iogna – Prat) – L’École carolingienne d’Auxerre: p. 157-179 (D. Logna – Prat, L’œuvre d’Haymon d’Auxerre) et p. 180-227 (E. Ortigues : Haymon. Les trois, ordres).

12. H 84. C.G.M. I., p 317 – 318. Cat. des manuscrits en écriture latine, t. VI, p. 303 A. Gouron, Le Bréviaire d’Alaric, p 99. E A Lowe, CLA t. VII. n° 793. B. Bischoff, Panorama … – t. II, p. 242.

13. H 126. C.G.M. I., p 331 – IRHT : provenance : St-Thierry de Reims, où il fut peut-être copié comme le H 410, Martyrologe de Bède (Munk-Olsen, t. II, p. 298).

14. H 130. C.G.M. I., p. 332. H Villetard, p. 26.

15. H 135. C.G.M. I, p. 334-335.

16. H 136. Ibidem, p. 335. Sur le H 137 : Ibidem I, p. 336). Cf. aussi Gustav Haenel, éditeur de la « Lex Romana Visigothonun », Leipzig, 1849, p. LX n°71-136), et aussi p. XLI, n° 1484).

17. C.G.M. I., p. 337-338. E-A-Lowe. CLA. VI, 794 – Sur le H 141, originaire de Flavigny, en Bourgogne : B. Bischoff, Panorama p. 242.

18. H 152. C.G.M. I, p. 344-345.

19. H 153. Ibidem, p. 346.

20. H 156. Ibidem, p. 346-347. Écriture : « g » en forme de 3 ; « N » dans le corps d’un mot ; en particulier nombreuses ligatures. A rattacher peut-être à l’école de Tours et originaire de Fleury – Auxerre (?).

21. H 158. Ibidem, p. 348-349. Pour Hilarion, (ou mieux : Hilarian), la fin du monde est prévue pour l’année 470 (Lex. für TH und K., V 1960, 334).

22. H 211. C.G.M. I, p. 371.

23. H 212. Ibidem I, p. 371 – Munk-Olsen, II, p. 199-200 (Loc. : probablement Auxerre. Cf. la glose, au P 69 r°, Gloses d’Auxerre : voir J. Préaux, Propositions sur l’histoire des textes des Satires de Perse, p. 313.

24. H 218 et 220. C.G.M. I, p. 372. Sur le H 484 : Ibidem, p. 470

25. H 225 bis. Ibidem, p. 373. Peut-être originaire de Fleury : M. Mostert, The library of Fieuy, p. 109.

26. H 233. C.G.M. I, p. 374-375.

27. H 238. Ibidem, p. 376.

28. H 240. Ibidem, p 376 – R. Grégoire, Les Homéliaires du Moyen-Âge, p. 17 et 18, et p. 71-114 Alain de Farfa et P. Diacre).

29. H 241. C.G.M. I, p 376.

30. H 253. Ibidem, p. 381-382.

31. H 255. Ibidem, p. 382. Le lieu de copie pourrait être la région lyonnaise, entre Bourgogne et Italie selon C. Charlier, « Une œuvre inconnue de Florus de Lyon : la collection « De Fide » de Montpellier », Traditio 8, 1952, p. 91 (IRHT).

32. H 301. C.G.M. 1, p. 407.

33. H 306. Ibidem, p. 409- 413. Probablement exécuté à Tours (MT, C.G.M. I, p. 409-413. Cf. aussi Munk-Olsen, I, 71 (Origine: France).

34. H 307 et 309. – Ibidem, p. 413 et 414.

35. H 310. Ibidem, p. 414. Au P. 28v°, après le traité de Théodulphe, 3 lignes d’onciales rédigées par un copiste anonyme, avec mention de « Alcone Abate », peut-être Alcuin, abbé de Tours, dont le manuscrit paraît originaire (texte originel). H 314. Ibidem, p. 415.

36. H 334. Ibidem, p. 422. J. Préaux, Propositions sur l’histoire des textes, p 313.

37. H 360. C.G.M. I, p. 429- 430. Cf. aussi Munk-Olsen t. II, p. 331 (origine : France, Pontigny). Sur Balduinus de Saint-Bertin : H Hoffmann, Buchkunst, p. 83. Sur l’hymne de S. Germain : H Villetard, Catalogue, p. 34, 35, 58-61 (37b). Sur le H 404 : C.G.M. I, p. 443-4l4. Ch. Samaran et Robert Marichal, Catalogue des manuscrits en écriture latine… t. VI, 1968, p. 317. Sur le H 157 : C.G.M. I, p. 347-348, et Catalogue des manuscrits en écriture latine… t. VI, p. 307.

38. H 406. C.G.M. I, p. 447.

39. H 407. Ibidem, P. 447.

40. H 409. Ibidem, p 448. E. A. Lowe, CLA V° 795. F. Unterkircher, Die Glossen, p 10-11, 25, 41, 42 (Rotrude). Die Bajuwaren, p 351, 443 Sur la destination à Soissons : Manuscrits à peintures du VIe au XIIe s., Bibl. Nationale, 1954, p. 11, n. 20.

41. H 412. C.G.M. I, p 449. J. Main-Renault, La lettre ornée au Moyen Age, p. 103. Origine : Tours, d’après A. Boinet, lettre de mai 1913. Cf. encore IRHT : Rand (E.K), A survey … p. 93-94, p. 22.

42. H 416. C.G.M., p. 452.

43. H 425. Ibidem, p. 454-455. Quant à l’écriture, au P 121, le mot « 3-Iadio » présente à la fois un « g » en forme de 3, et un « a » à tête plate, comme à Tours. Origine: France : cf. Munk-Olsen, I, p. 466-467.

44. C.G.M. I, p. 317 – 318. E A Lowe, CLA, t. VI, n° 793.

45. H 136. C.G.M. I, p. 335. Sur les gloses du H 136 : G. Haenel, p. 459.

46. C.G.M. I, p. 325.

47. Harold C. Gotoff, The Transmission of the Text of Lucan, p. 14 et p. 102-107.

48. Ibidem, p. 16-18 et p. 107.

49. H 125. C.G.M.I, p. 331. Exposition Lorsch 1964 : Handschriften aus dem Kloster Lorsch. Catalogue n° s° 4 et 5, p. 9. (E. Bischoff. B. Bischoff, Lorsch im Spiegel seiner Handschift, Munich, 1974, p. 40 et p. 98-99. J. Préaux. Propositions sur l’histoire des textes des Satires de Perse… p. 313 (49b). H 160, C.G.M. I, p. 349-350.

50. J. Préaux, Propositions sur l’histoire des textes des Satires de Perse… Munk-Olsen, t. II, p. 199 (50b). C.G.M. I, p. 372.

51. H 253. Ibidem, p. 381-382. IHRT (E. Pellegrin). Munk-Olsen, t. II, p. 737 – (origine). H 358 : C.G.M. I, p. 428-429. C. Jeudy, Les manuscrits de l’Ars de verbo d’Eutychès, p. 426. Munk-Olsen, t. II, p. 811-812.

52. C.G.M. I, p. 454-455. Klaus Siewert, Die althochdeutsche Horazglosierung, 1986, p. 67. Datation controversée: Xème s. pour le C.G .M. I, p. 454, et pour R. Masson, Les manuscrits carolingiens, p. 5 et suiv. XIème s. pour B. Munk-Olsen, L’étude des auteurs class. latins, I, p. 461. XIème s. pour E. Pellegrin, IRHT. XIIème s. pour Villeneuve. On peut considérer le H 425 comme une œuvre de transition élaborée sans doute au XIème s. plutôt qu’au Xème s., dans la tradition carolingienne.

53. Sur les gloses du Psautier H 409, cf. C.G.M.1, p. 448. E.A. Lowe, CLA, VI, 795. F. Unterkircher, Die Glossen des Psalters von Mondsee, p. 19-22, 24-27, avec références à B. Bischoff, p. 25. Psautier de Vercelli Ibidem, p. 28.

54. C. Nordenfalk, Le Haut Moyen Age du quatrième au onzième siècle. L’enluminure. Skyra, 1957, p. 135. Sur le Sacramentaire de Gellone, voir aussi G. L. Micheli, L’enluminure du Haut Moyen Age, p. 78-79. J. Nougaret, L’iconographie du Sacramentaire de Gellone, p. 3. Sur le copiste calligraphe David: B. Teyssèdre, Le Sacramentaire de Gellone, p. 9-14, p. 58.

55. E. A. Lowe CLA, t. VI, Oxford, 1953. N° 793. A. Gouron, Le Bréviaire d’Alaric de Couches-les-Mines, p. 97-99. Catalogue des manuscrits en écriture latine…, t. VI, 1968, p. 303. B. Bischoff, Panorama …, p. 242.

56. E.A. Lowe.CLA, t. VI, n° 794. B. Bischoff, Panorama…, p. 242.

57. H 154. Saint-Germain d’Auxerre, Intellectuels et artistes, n° 29, p. 72-74.