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Description

Sur les traces des tripots et jeux de paume de Montpellier

* Historienne

Lorsqu’on évoque le Jeu de Paume, on ne peut s’empêcher de penser au fameux « Serment du Jeu de Paume » fondateur de notre République où les députés du Tiers État, de la petite Noblesse et du bas Clergé, réunis à Versailles, décidèrent le 20 juin 1789, « de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France ». Cependant, le nom du boulevard éponyme à Montpellier, ne fait pas référence à ce célèbre Serment, mais bien à une salle de jeu de paume, bâtie au milieu du XVIIIe siècle et qui se trouvait à la hauteur du numéro 28.

Le jeu de paume peut être considéré, tout au moins dans l’Europe moderne, comme l’ancêtre de la plupart des jeux de balle frappée avec la paume de la main, avec un gant, un battoir, un brassard, une raquette, tels que le badminton, la pelote basque, le tambourin languedocien, le squash et bien sûr le tennis. En 2012, la France a inscrit le jeu de paume à son inventaire du patrimoine culturel immatériel.

Ce jeu n’est plus guère pratiqué de nos jours, mais il existe encore des amateurs passionnés pour la courte paume, environ 300 licenciés en France, et un championnat mondial dominé par les Anglo-Saxons. Quant à la longue paume, en plein air, elle est toujours pratiquée en Picardie.

Dans cet article, après un bref exposé sur l’histoire et l’organisation du jeu de paume, nous partirons à la recherche des tripots ou salles de jeu de paume, installés au fil des siècles dans l’écusson de Montpellier et dans ses faubourgs. Nous nous attarderons aussi sur les Barcellon, la plus célèbre famille ayant exercé l’art de la paume à Montpellier et au-delà, Maîtres paumiers de rois de France.

Bref historique de la paume

Avant la fin du XIIIe siècle, les documents sont trop rares et imprécis pour pouvoir caractériser la nature des jeux de balle qui sont alors pratiqués ici ou là. Il semble bien que les cloîtres des monastères ou couvents aient connu de tels loisirs, pratiqués à main nue, et très certainement sans règles suivies. Les auteurs consultés – Jusserand, Mehl – situent dans les années 1270 les premières mentions d’un jeu de paume joué avec un esteuf ou pelote fabriqué par des artisans spécialisés, les paumiers. Le vocabulaire spécifique est bien présent, mais la nature exacte du jeu reste encore indécise jusqu’au XVIe siècle, au point que l’on ignore toujours si la courte paume, jouée dans une salle fermée, résulte de la lente maturation d’une pratique bien française, ou si elle a été importée d’Italie à l’occasion des multiples contacts entre les deux pays à l’époque de la Renaissance.

Toujours est-il que le jeu de paume se joue d’abord à l’extérieur, sur les places ou dans certaines rues, sous la forme de la longue paume avec une balle ; à la même époque, il côtoie un autre jeu venu d’Italie où il porte le nom de pallone col bracciale, traduit en France par « jeu de ballon ». Ce jeu s’est prolongé dans le Midi jusqu’au milieu du XIXe siècle. Nous en relevons de multiples […]

Informations complémentaires

Année de publication

2018

Nombre de pages

32

Auteur(s)

Christine MARCADIER, Marie-José GUIGOU

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf