La liste des sobriquets collectifs constituant l’objet de cet article provient d’un recueil inédit dont voici en peu de mots l’origine…

La famille Calvet, issue de Saint-Jean-le-Bas, en Rouergue, est installée à Lodève depuis le 17e siècle. Ses membres y sont « bourgeois fabricants de draps ». Le Recueil manuscrit de Notes historiques sur Lodève est probablement l’œuvre de Jules Calvet (1792-1877), oncle de l’arrière-grand-père de Madame Beaux-d’Albenas. Nous devons à Monsieur J.-Cl. Richard, Directeur de recherche au C.N.R.S., la copie de la liste de sobriquets prise dans ce Recueil, que Madame Beaux a bien voulu lui confier. Que l’un et l’autre en soient ici vivement remerciés.

Cette liste fait suite à une autre, beaucoup plus longue, de proverbes et dictons (730 environ), et une note en marge donne la date de cette partie des cahiers : 1850. Il y est bien précisé d’autre part qu’il s’agit là de « Proverbes et Dictons familiers aux Lodévois » ou, quelquefois « … du Lodévois » tout court. En tête de la collection de sobriquets, Calvet précise :

« Les appellations ou sobriquets caractéristiques ci-après, qui étaient donnés très anciennement aux habitants des localités de l’ancien diocèse de Lodève et de quelques lieux circonvoisins soit à cause de leurs industries, coutumes, mœurs, situation topographique, etc. se chantaient habituellement surtout à l’époque de la moisson sur l’air de l’épître avec l’introduction suivante : « Lectio epistoloe / nos tre cat no pas qu’un pé / savén pas sé lo davan o doré [lou]« . » (Lecture de l’épître / notre chat n’a qu’un pied / on ne sait si c’est le devant ou le derrière.)

Cette singulière introduction – teintée in fine d’un certain irrespect – intrigue quelque peu lorsqu’on songe à l’usage effectif des sobriquets dans la vie courante, et l’on se demande en outre pour quelle raison ils pouvaient faire l’objet de cette sorte de psalmodie. Était-ce l’analogue de celle sur les métiers qui avait cours autrefois dans le temps de Pâques et commençait ainsi :

« Alleluia per bus tailhurs / que ne soun toutes de voulurs / Alleluia... » Etc. », en faisant défiler diverses professions sur lesquelles était porté le même jugement peu flatteur ?

D’autres travaux de recension et d’explications ont été effectués sur les « escaïs-noums » mais ils concernent des zones plus étendues : pour André Bernardy, avec « Les Sobriquets collectifs », c’est le Gard et les Pays de langue d’oc (1992) ; pour Claude Achard, dans « Les uns et les autres » c’est l’Hérault (1982), et pour le Dr Herber (Revue Folklore, 1952), l’Hérault également. Les deux premiers ouvrages sont le fruit, l’un d’une vaste enquête, l’autre du dépouillement de toutes les sources écrites utilisables et en particulier du Trésor du Félibrige de F. Mistral. Il faut y ajouter une courte liste publiée par « L’indépendant de Lodève » dans son numéro 34 en 1924. Mais, comme dans ces divers recueils figurent des sobriquets déjà donnés par Calvet en 1850 pour les mêmes localités, il n’était pas possible d’ignorer les concordances avec ce fonds premier. C’est pourquoi, outre les traductions nécessaires (mais pas toujours suffisantes lorsqu’il s’agit de mettre en valeur le sel et l’esprit de l’expression originale), chaque sobriquet est suivi, quand il le faut, des références aux divers fonds auxquels j’ai eu accès.

Calvet a adopté une présentation par cantons et dans chacun, par localités, sans distinguer entre communes, hameaux ou mas isolés. Mais, comme il le laisse entendre lui-même, en ajoutant à chaque nom de canton : « et ses environs », ceux-ci débordent parfois assez largement non seulement sur d’autres pays héraultais, mais sur les départements voisins. Ce n’est pas gênant et c’est même intéressant dans la mesure où il existe une certaine unité économique, sociale et linguistique dans les groupes ainsi formés.

J’ai donc conservé le système de présentation du manuscrit Calvet, ce qui ne va pas sans un certain désordre à la fois géographique et thématique. D’où, pour corriger cette impression, une seconde liste où les sobriquets sont regroupés selon les thèmes les plus évidents. A. Bernardy a adopté des divisions beaucoup plus fouillées, mais si j’avais choisi son plan, cela revenait à émietter exagérément un fonds relativement réduit : mieux valait ne garder que les grandes têtes de chapitre.

Voici maintenant la liste de ces sobriquets dont l’abbé de Sauvages dans son Dictionnaire languedocien français nous dit humoristiquement : « sobriquet : c’est comme qui diroit nom gauche qui n’est pas le droit, ou le vrai nom. »

Localisations Sobriquets du Lodévois
Localisations Sobriquets du Lodévois

Liste des sobriquets collectifs

Sources :

a) sans indication ou (L) : fonds Calvet
b) : (I) l’Indépendant de Lodève en emprunt à « La Campana de Magaluna»

A : C. Achard
B : A. Bernardy

H : Herber

Références :

(TDF) : sobriquet attesté dans le Trésor du Félibrige pour la localité concernée
(DLF) : Dictionnaire languedocien-français

Lodève et ses environs

1 – LOUDEVA.

lous Cardaÿrés – lous Manja-tripas… (les Cardeurs – les Mange-tripes) A : los manja-tripas – los romieus (pèlerins) – los grata-lard – los ventres blus – los encaraunhats… (soit sentant la charogne, soit mariés à des femmes de mauvaise vie) … los manja-cagaraus (mangeurs d’escargots) B : los manjo-tripos H : lou pissadou de Nostre-Senhe (le pot de chambre de Notre-Seigneur) – lous manja-triposlos ventres blus… [Ailleurs, on oppose « les ventres-bleus », républicains et « les culs-blancs », royalistes…]

2 – SOUBES.

lous Bouta-cabras… (les Pousse-chèvres – les entêtés) A : los bota cabras – los cota cabras (les chevriers) B : los sauto-cabras – los bota-cabras

3 – POUJOLS.

lous Emmasquats… (les Emmasqués = les Ensorcelés) A : los pendolins B : los pendoulins (hommes grands et grêles)

4 – FOOUSIERA (Fozières).

lous Piala-gals – lous coufla-goujas… (les Cocoricotiers – les Orgueilleux)

5 – AOUBAIGAS (Aubaigues).

lous Buffa-goujas… (les Dédaigneux ?) … [gouja est donné en verbe (TDF) pour « canneler ». Il faudrait aller jusqu’à « boujasso » = grand sac, grande outre pour justifier « coufla » et se rapprocher de la traduction adoptée.]

6 – THEROUNDEL.

lous Croqua-prunas… (les Croque-prunes) A : los croca prunas B : los croquo prunos

7 – LAVALETTA.

lous Désbastachs (bous désbattas) … (les Débâtés) A : pas de sobriquet mais référence aux dictons sur la condition des filles …(Qué bol mettré sa filla sauméta, qué la doné à Soumoun o à la Valetta. Recueil Calvet)

8 – SOUMOUNET (Soumont).

lous Mania-castagnas… (les Mange-châtaignes) A : los manjo castanhas

9 – LAOUROUS (Lauroux).

lous Bousséjaÿrés… (les Bossus) A : los bramaires – los brabhaires (les braillards)

10 – St-ESTIENNE (de Gourgas).

lous Lindoubés… (les Transparents – les Limpides) A : los pesolhoses (les pouilleux) B : los pésouïous

11 – GOURGAS.

lous Cagaraouliés… (les Mange-escargots)

12 – LAS CONDAMINAS.

lous Passa-plancas… (les Passe-planches) … [allusion à quelque passerelle…]

13 – LOU LABIT (Le Lavit).

lous Miararés… (les grognons)

14 – GRAMOUNT (Grandmont).

lous Planta-caouléts… (les Plante-choux)

15 – USCLAS (du Bosc).

lous Espébiachs – lous Véntrés-blus (I) … les dépenaillés – les ventres bleus (porteurs d’une ceinture bleue ou victimes des fièvres paludéennes) A : los ventres blus

16 – PEGAIROLLES (de l’Escalette).

lous Sauta-rocs… (les saute-rochers) A : los sauta rocs B : los sauta-ro

17 – LOU PIOCH SELLAS.

lous pés rouges… (les pieds rouges) A : las cambas rojas

18 – LAS EMIAS (Les Hémies).

lous Manja-gabinas… (les Mangeurs de poules)

19 – SALLELAS (Sallèles – du Bose).

lous Pachouquéts – lous Coumpliméntousés (I) … (les Tatillons – les Flatteurs) A : las cambas rojas (les mollets rouges) – los complimentos B : las cambo-roujos – los compliméntous (les flatteurs)

20 – PARLATGES.

lous Estoufachs… (les Étouffés) A : los lobadons (les louveteaux)

21 – LOUS PLOS.

lous Manja-bacas… (les Mange-vaches)

22 – RABEJAC.

lous Péscaÿrés… (les Pêcheurs)

23 – LA FOURILLA (La Fourille).

lous Croumpaÿrés de luna… (les Acheteurs de Lune)

24 – MAS DELOUN (Mas Delon).

lous Croqua-cagaraoullas… (les Mange-escargots)

25 – VALUES (Les Vailhès).

lous Négrés… (les Nègres) (charbonniers)

26 – St-PRIVAT.

lous Fumats [fumët dans le DLF] … (les Grèbes) A : los plaidejhaires (les plaideurs) – los amolaires B : los amoulaïrés (les rémouleurs)

27 – MAS HUGOUNENC.

lous Fouriaÿrés (faourié = il faudrait) … (les « N’y qu’a », dirait-on aujourd’hui) … [à moins qu’il ne s’agisse des « furiarés », les Furieux.]

28 – LOU SALSAS (Les Salces).

lous Négligénts… (les Insouciants) A : los négligents

29 – LA ROUQUETA (La Roquette).

lous Miols… (les Mulets)

30 – St-BAOUZILLE (de-la-Sylve).

lous Déscambaillachs… (les Sans-jarretières – les Éclopés) … [Descamba = rompre les jambes, harasser… Descambalia = ôter les jarretelles] A : los descambailhats (pour St-B.-de-Putois) … los cagaraulièrs (pour St-B.-de-la-Sylve) … (mangeurs d’escargots) B : los désambaïas (qui perdent les bas) (St-B.-de-P.) … los siblaïrés (les siffleurs) (St-B.-de-la-S.)

31 – LOU BOSC.

lous Fumaraïssés (I) … (les Fumeurs) A : los fumairasses B : lous barro porto (peu hospitaliers) (Loiras) … lous fumaïras

32 – MAS D’AUDRAN.

lous Manja-barbéus (I) … (Les Mange-barbeaux)

33 – LACOSTA.

lous Sauta-rocs (I) … (les Saute-rochers) A : los sauta rocs B : los sauta rocs

34 – JOUNQUIERAS (Jonquières).

lous Manja-galinas (I) lous Badaous… (les Mange-poules) (les Badauds) A : los manja galinaslos granoihièrs (mangeurs de grenouilles) – los barraus (tonnelets : pour des francs buveurs sans doute) B : los manjo galinos

35 – COUNAS (Cannas).

lous Truca-tauliès (I) … (les Batteurs d’établis – de bancs = les noceurs) A : los truca taulièrs

Le Caylar et ses environs

36 – LOU CAILAR.

lous Tusta-boÿsséls… (qué manjou las tripas sans flouma é lous asés sans éscouga) … (les Frappe-tonneaux = les tonneliers) … (ils mangent les tripes sans les laver et les ânes sans enlever la queue) A : los tusta-baissèllos manja tripas B : los manjo-triposlos tusto-veisseù

37 – SORBS.

lous Véntrés négrés… (les Ventres noirs – les charbonniers) A : los ventres negres

38 – St-MICHEL.

lous Fumats… (les Grèbes) B : los enfumas (les coléreux ou les charbonniers)

39 – LA BERNEDA (La Vernède).

lous Ladrés… (les Ladres) A : los ladres

40 – LA ROQUA (Laroque).

lous Faous-témouéns… (les faux-témoins)

41 – St-PEYRE (St-Pierre-de-la-Fage).

lous Plaÿdéjaÿrés… (les Chicaneurs) A : los pesolhoses B : los pesouïous

42 – LA VAQUERIE (La Vacquerie).

lous Gloriousés (ou glourious)… (les Orgueilleux) A : los negociantslos bancarotièrs (les banqueroutiers, les mauvais payeurs) los vau res (les vauriens) B : los vaù-rén

43 – LAS SIEGES (Les Sièges).

lous Enfangats… (les Fangeux) A : los enfangats

44 – St-MAOURISSE (St-Maurice).

lous Fialaÿrés… (les Fileurs) A : los fiolaireslos bolièrs ou los bolurs (fabricants de boules en buis) – los fanfarons B : los fiélaïréslos boulédians

45 – NAVACELLA.

lous Manja-trouchas… (les Mange-truites) B : los manja-trouchos – los gulaïros (les braillards)

46 – VISSEQ.

lous Asés… (les Ânes)

47 – SOULAJET (Soulaget).

lous Mascarachs… (les Barbouillés) A : los pesolhoses

48 – LAS BESSAS (Les Besses).

lous Négrés… (les Nègres)

49 – LAS RIVAS.

lous Manja-tripas… (les Mange-tripes) A : los fats (les fous) B : los fats – los pors-négros (les cochons noirs : protestants)

50 – CANALS.

lous Rédouns… (les Dodus ou les Grelots)

51 – L’ESPITALET (L’Hospitalet-du-Larzac).

lous Tourtuchs… (les Tordus) B : los chovrels (ivrognes)

52 – NANT.

lous Manja-éscarabissas… (les Mange-écrevisses) B : los garoutiès (menteurs) – los tufos (têtes de cochon)

53 – St-JEAN (de-la-Blaquière).

lous Miquéléts… (les Miquelets – les Partisans [royalistes]) … [Mistral donne ce sobriquet pour les gens de Lézignan-la-Cèbe, Nébian et Saint-Félix.] A : los fanfarons B : los fanfarons

54 – LA COUBERTURADA (La Couvertoirade).

lous Débacachs… (Ceux d’en dessous) (les Va-nu-pieds) … [Debas, debach = partie inférieure, rez-de-chaussée ou bien : bas, chaussette (TDF).]

55 – LA LIQUISSA (La Liquisse).

lous Grata-quiouls… (les Gratte-culs)

56 – St-FÉLIX (de-l’Héras).

lous Négats… (les Noyés) A : los négats (pays manquant d’eau) – las viéts d’ases (juron) – los complimenturs B : los compliméntous

57 – SAOULIEYRAS (Saulières).

lous Manja-castagnas… (les Mange-châtaignes)

58 – LA BLAQUARIE (La Blaquererie).

lous Dansaÿrés …(les Danseurs)

59 – MAS DEL POUNT (Mas-du-Pont).

lous Cabriés… (les Chevriers)

60 – MADIEYRAS (Madières).

lous Flanials … (les Flâneurs) A : los descabucelats (sans couvercle = écervelés)

61 – ALZON.

lous Négouciants… (les Négociants)

62 – CABRIEYRAS (Cabrières).

lous Voulurs… (les Voleurs) A : los sauta rocs – los Dieu me damne – las cabras

63 – LOU GOULET (Le Goulet).

lous Carbouniés… (les Charbonniers)

64 – COURNUS.

lous Fougacettiés…(les Fouaciers)

65 – LOU ROUQUET.

lous Esfourats… [terme local ou alors « esfouirats » : les Enfoirés – ou « esfourçats : faiseurs d’efforts = travailleurs.]

66 – LOU VIGAN.

lous Groumans… (les Gourmands) B : los tuo-païrés (parricides)

67 – LA SALYA (Les Salles).

lous Grimpéts… (les Grimpereaux ou les grimpeurs)

68 – CAMPESTRE.

lous Voituriés… (les Voituriers)

69 – BLANDAS.

lous Boura-michas… (les Mangeurs de pain) … [micho = petit pain (DLF) ou pain-miche (TDF) mais dit aussi pour « excrément » !] B : lous tusto-boulsso (les tapeurs de buis)

70 – LES CUNS.

lous bouchés… (les bouchers)

Lunas et ses environs

71 – LUNAS.

lous Sacripans murtriés… (les sacripans-meurtriers) A : las cogordas – las lunas (les lunes) – los rufians (les bandits) B : las cogordes

72 – VASPLOUNGAS (Vasplongas).

lous Estoufachs… (les Étouffés)

73 – CAMPLOUNG (Camplong).

lous Voulurs… (les Voleurs) A : los manja tordres (tourdres) B : los manjo-tordros

74 – CEILHAS (Ceilhes).

lous Boundurés – lous Coumpissa-pourtanéls… (les Incontinents – les Pisse-partout)… [Boundoun = bonde]… [Bonn Du est un juron pour « Bon Dieu » mais pas en Languedoc…. Alors, « boundurés » = jureurs ?]

75 – TIOULAS.

lous Trouilla-fanga… (les Patouilleurs)… [non localisé… Il existe un BIOULES près de CABREROLLES dont les habitants sont dits « los esclopiers » = les sabotiers.]

76 – EREPIA (Hérépian).

lous Tuquiés… (les Courges) (TDF) A : los tuquiers B : los tucos H : las tugas

77 – GRAISSESAC.

lous Clavéliés… (les Cloutiers) A : los manja feges (foie) – los manja cesses (mange pois chiches pour : les bègues)… las maissas negras (les gueules noires : pays de mines) B : las maissas negras H : los cloutiers

78 – CAOUMELS (Caumels).

lous Miquéléts… (les Miquelets)

79 – AVENA (Avènes).

lous Mania-grénouilhas… (les Mange-grenouilles) A : los mandrins (les brigands)

80 – ST-PAL (Saint-Paul).

lous Mulatiés… (les Muletiers) B : los ribautairés (bons vivants)

81 – ROUCOUZELS (Rocozels).

lous Escarlabats… (les Refendus, les Grandes jambes)… [escaria = refendre du bois] A : los sauta rocs

82 – VAQUIEYRAS (Vacquières).

lous Foundurs de clochas… (les Fondeurs de cloches) A : los sauta nièiras (les saute-puces : les nonchalants) B : los sauta-néres

83 – LOU PASCAL (Les Pascals).

lous Manja-rabassés… (les Mange-blaireaux)[TDF donne pour « rabas » : peau de blaireau et « teissoun » pour blaireau]

84 – VERNAZOBRES.

lous mécaniciens… (les mécaniciens) A : los bramaïres

85 – BERNEGAS (Bernaigues).

lous Escorja-rossas… (les Equarisseurs)

86 – CARLENCAS.

lous Rasclousés… (les Teigneux) A : los bartassièrs (les braconniers)… los manja cabras – los bartassés… [bartas = buisson épais et épineux]

87 – BASSA (Basse).

lous Sallés-pastissiés… (les Sales pâtissiers)[C’était souvent dit, en Languedoc, pour qualifier celui qui faisait du mauvais travail ou gâchait la matière première]

88 – LOU MAS-NAOU (Le Mas-Neuf).

lous Bouchards… (les Barbouillés)

89 – ROUMIGUIEYRAS (Romiguières).

lous Enclous[s]ats… (les Mange-noyaux)

90 – MEZERAS (Mézeilles).

lous Défarrachs… (les Déferrés)

91 – SAOUVAGNAC (Sauvagnac).

lous Coucourlous… (les Potirons)

92 – LA BLAQUIEYRA.

lous Balouniés… (les Ballonniers – les Gonflés)

93 – CAOUSSARENQUA (Caussarenq).

lous Enraillats… (les Bavards)[rail = babil, conversation (DLF)]. Le terme – très polysémique – est employé pour baste – on verra bien – peu importe – etc.]

94 – AOUTIGNAC (Autignac).

lous Estourbélslous Estourbachs… (les Étourdis – les « estourbis ») A : los cauquilhats (les riches) H : les coquillards

95 – LOU MAS (Le Mas [?]).

lous Déssérbébats… (les Écervelés)… [aussi pour Las Matellas]

96 – LA GRAVARIE.

lous Loubatous… (les Petits loups)

97 – SYLVANES.

lous Manja-pouléts… (les Mange-poulets)

98 – TOURNAMIRA (Tournemire).

lous Manja-froumaché… (les Mange-fromage)

99 – ROQUAFORT.

lous Cabaniés… (les Marchands de lait)

100 – St-MARTI (St-Martin)

lous despencha rasins… (les dépendeurs de raisins)

101 – LA BASTIDA.

lous Cassa-louchs… (les Chasseurs de loups)

102 – MOUNTAGNOL (Montagnol).

lous Embaousa[i]rés… (les Maladroits – Ceux qui font de mauvaises affaires)

103 – JOUNCELS.

lous Bouhémians… (les Bohémiens) A : los boémis

104 – MOUNTPOOU (Montpaon).

lous Escorja-barbéts… (les Écorcheurs de chiens)

105 – CAMARÈS.

lous dél pount dé Camarés, qué dé quatré, lou diablé n’a très… (Ceux du pont de Camarès, sur quatre, il y en a trois pour le diable)

106 – LOU FAYET.

lous Abrasaÿrés… (les Embrasseurs)

107 – VABRE.

lous Manja-mélouns… (les Mange-melons)

Clermont-l'Hérault et ses environs

108 – CLERMOUNT.

lous Patrounachs – lous Banquaroutiés (I)… (les Gros patrons – les Banqueroutiers) A : los bancarotièrs – los pés jalats (les pieds gelés) – los romputs (les disputeurs – les désaccordés, musicalement parlant)

109 – LIAOUSSON (Liausson).

lous Conquis… (les Coquins) A : las manja favas (bègues) – los espelhats B : los manjo-favo

110 – NEBIAN.

lous Miquéléts (L et I) … (les Miquelets) A : los miquelets B : los miquéléts H : los miquelets

111 – ASPIRAN.

Lous Ivrougnas – lous Nigagnousés (I) *… (les Ivrognes – les ni – ni…) A : los niganius – las laganhoses (chassieux) – los vilanièrs B : las négagnousés, * [tic verbal : emploi de « ne » au début de toutes les phrases (TDF)]

112 – PAOULIAN (Paulhan).

lous Croqua-prunas – bus Manja-tripas (I) … (les Croque-prunes – les Mange-tripes) A : las manja tripons (ou tripas) – los escorja rossas – los ventres negres – las vilanièrs – los crebats B : las véntro-négros – las manja-tripouns (boudin) – los escorjo-rasso

113 – LÉZIGNAN.

lous Manja-cébas… (les Mangeurs d’oignons) A : las manja cebas – las trenca cebas (coupeurs d’oignons) – las miquelets … los jardiniers de posalanca (Posalanca = pose- fesses : les jardiniers toujours assis – fatigués). [Le puits à balancier n’a certainement rien à voir dans l’affaire…] B : los miquelets H : lous miquelets – lous manja-cebas

114 – POUSSAN.

lous Cura-foussachs… (les Cure-fossés) A : los manja pan blanc (chou sauvage) – los pladejhaires B : los manja-pan blan

115 – St-AUBERY (St-Thibéry).

lous Baÿssa-bouruls (ou bourils, graphie du manuscrit) (les Baisse-bouchons) … [Bourul n’est pas donné. Reste bouril bouchonné, tassé ou bourél = bourreau ou ouvrier de moulin à huile…] Heureusement que… A : los baisa barrols (les baise-verrous)… [croyance populaire dans les vertus diverses d’un certain verrou de l’église.] H : lous baisa-barrouls

116 – FOUNTES.

lous Accampla-blat… (erreur probable de transcription…(les Ramasse-blé, les Glaneurs) A : los manja favas (ancien) – los caps luséns (les chauves)… los rabala saca (les traîne-sacs) – los barrècs (les agneaux) – los manja borretas B : los rabala-saco – los cap lusènt

117 – BELARGA.

lous Manja-sérêÿraslous Manja-sépias (I)… (les Mange-cerises – les Mangeurs de seiches) A : los manja sépias B : los manjo-sépios

118 – GABIAN.

lous Voulurs… (les Voleurs) A : los pintres – les bregants B : los pintrés (les peintres : réputation de frilosité)

119 – GIGNAC.

lous Asés (L et I) – lous Réballa-cartas… (les Ânes – les Traîne-procès) A : los ases – los badauds – los rutraus (les ânes) – los bramaires B : los ases o los rutraus H : lous ases

120 – ANIANA.

lous Inoucéns… (les Innocents) A : los inocents – los cabrots B : los inocents H : lous inoucens

121 – CAMBOUS.

lous Samaritans (I)… (les Samaritains) A : los samaritans (protestants)

122 – POUZOOUS (Pouzols).

lous Tira-péÿras… (les Jeteurs de pierres) A : los beca figas (becfigues) – los falords (étourdis) B : los manjo sorbes (les mange-sorbes) H : lous beca figas

123 – VENDEMIAN.

lous Déraba-tachas… (les Arracheurs de clous) A : los sauta rocs – los vendemiairès (les vendangeurs) – los tachats (qui ont des souliers cloutés)

124 – LOU POUGET.

lous Bouhéÿmés… (les Bohémiens) A : los boemes – los piots (dindons) B : los piots H : les bohémiens

125 – St-ANDRÉ (de Sangonis).

lous Porcs-négrés (L et I)… (les Cochons noirs) A : los porcs negres (les protestants passaient pour avoir la bouche noire) B : los pors negros – los caga-vér (les foireux) H : lous pors negres

126 – St-PARGORI (St-Pargoire).

lous Miarrous (I) – lous Manje-passarillas… (les Chats ou les niais – les Mange « passerilles » : raisins secs et ridés) A : lous miaros ou niaros – los camebous siules… (les petits chameaux « criards » [sieùla]) (TDF) los cagarauliièrs – los manja boièrs – (escargots) B : los gnorres (valets des valets) H : lous cagarauliers

127 – CANET

lous Manja-cébas – tous escorcha-rossas (I)… (les Mangeurs d’oignons) – les Écorcheurs de rosses (équarisseurs) A : los escoaja rossas – las canalhas B : los escorjo-rossos H : los canalhas

128 – BRIGNAC ? (difficilement déchiffrable)

lous Couquis… (les Coquins) A : los bèmis (bohémiens)

129 – CEYRAS.

lous Lévriés – lous Bourrous (I)… (les Lévriers – les Ânes) A : los barjairrasses (les babillards) – los borros – los borracos (bourriques) B : los bajeiras – los bourros H : lous bouracos (bohémiens ?)

130 – St-FÉLIX (de Lodez).

lous Réÿnards – lous Miquéléts (I)… (les Renards – les Miquelets) A : los mendicas (mendiants) – los miquetets B : los méndicants – los négas – los cardaïrés (les cardeurs) – los miquetets H : lous miquetets [les élégants ! (traduction Herber)]

131 – St-GUIRAOU (St-Guiraud).

lous Caouquilliachs (L et I)… (les Huppés ou les Richards)… [TDF donne également ce sobriquet pour les habitants du Mas, mais lequel ?] A : los cauquilhats – los badaires (bouche ouverte) B : los cauquilhas

132 – St-SATURNI (St-Saturnin).

lous Tarrafassés… (les Tapageurs ?) A : los fumats (les enfumés) – los sautarèls (sauteurs) H : lous fumaires – lous sautarels

133 – PUICHAGOU (Puéchabon).

lous Espéliachs… (les Déguenillés)[allusion à une certaine misère rurale antérieure sans doute à la prospérité qu’a connue la commune avec l’exploitation et la vente des bois. Il y eut même une usine à gaz à Puéchabon !] A : los espethats – los manja cabras B : los espaïas H : lous espelhats

134 – St-JEAN (de la Blaquière).

lous Fanfarous… (les Fanfarons) A : los fanfarons B : los fanfarouns

135 – LA FATUDA (Villeneuvette).

lous Crassousés (I) (Villeneuvette)… (les Crasseux)

136 – MOUNTPEYROUX.

lous Banquaroutiés (qué pér un asé né bäy dous é très can balou parés) (Les Banqueroutiers – qui pour un âne en donnent deux, et trois quand ils ne valent rien) A : los bancarotiers B : los bancaroutiés H : les banqueroutiers

137 – St-JEAN (de Fos).

lous Cougourliés (L et I) (les Citrouilles) A : los picarts (bélier : animal totémique) – los cogordièrs B : los picards – los goujards – los cougourdiés H : lous cougourletslous gauchias (courges)

138 – St-GUILHEM.

lous Gazariviéÿra (les Passe-rivière [à gué])[On franchissait aussi l’Hérault à l’aide de câbles tendus d’une rive à l’autre. Certains existaient encore voici peu.] A : los sauta rocs B : los sauta ro… [Un document des A.D. parle des Miquelets pour le haut du village et des Messieurs pour le bas, alors qu’à la même époque, on donnait habituellement ce sobriquet aux gens du haut, les Manants ou les Pourtalencs étant ceux d’en bas. On voit apparaître en outre dans le document des A.D. le terme « Guilleriés » – guilha = tromper jeu de mot sur Guilhem ou guilheri… courir la pretantaine ?]

139 – ARBOURAS (Arboras).

lous Fara-mouninas (interprétations multiples) – faramoun = sauvagine – mounina = guenon – mounina = état d’ivresse… (les Faiseurs de singeries) A : los mania lard – los costejaires (qui marchent côte à côte)

140 – CAMPAGNAN.

lous Répélins (réspéli ?) (les Ressuscités) (les endimanchés) A : los bardots (mulets) H : lous bardots

141 – MOUNTAGNAC.

lous Déganaous (les Faiseurs de dégâts)[Le « dégât », c’était le tumulte, la bagarre, quelquefois le saccage.] A : los caps plumas ou closcas peladas – (les chauves) los manja leùs (mangeurs de mou) – los brula granjots (incendiaires) B : los caps pélats

Autres (figurant dans le manuscrit)

– Béziers :… lous Caméls (les Chameaux)

– Marséillan :… lous Ivrougnas (les Ivrognes)

– Agdé :… lous Roufians (les Ruffians – les Paillards)

– Cétta :… lous Péscayrés (les Pêcheurs)

– Méza :… lous Véndémiaÿrés (les Vendangeurs)

– Flourénsac :… lous Cassa-mousqaus (les Chasse-mouches)

Nota : Les noms de lieux suivants ne figurent pas dans « Les Noms de lieux du département de l’Hérault » : PIOCH SELLAS, TIOULAS, LA GRAVARIE et CAOUSSARENQUE. Ceux ci-après y figurent mais n’ont pu être localisés sur la carte : LOUS PLOS (Le Bosc – Liausson), LOUS CUNS (Fozières – Nébian), CAOUMELS (Avène) et MEZERAS (pour Mézeilles – Vieussan).

Présentation des sobriquets par thèmes

A. Habitudes de vie - Comportements - Relations sociales

10 – St-Estienné :… lous lindoubés

14 – Gramount :… lous planta-caouléts

19 – Sallélas :… lous coumpliméntousés

20 – Parlatgés :… los lobadons (A)

22 – Rabéjac :… lous péscarÿés

23 – La Fourilla :… lous croumpaÿrés de luna

26 – St-Privat :… los plaidejhaires (A)

30 – St-Baouzillé (S) :… los siblaïrés (B)

31 – Lou Bose :… lous fumaraissés… lous barro-porto

34 – Jounquiéras :… lous badaous

35 – Counas :… lous truca-tauliès

40 – La Roqua :… lous faous-témouéns

41 – St-Peyre :… lous pladéjhaÿrés

42 – La Vaquarié :… lous bancarotièrs (A)

49 – Las Rivas :… los fats (A)

51 – L’Espitalet :… los chovrels (A)

56 – St-Félis (Héras) :… lous complimenturs (A)

58 – La Blaquarié :… lous dansaÿrés

60 – Madieras :… lous flanials

61 – Alzoun :… lous négouciants

62 – Cabriueras :… los Dieu me damne (A)

67 – La Salya :… lous grimpéts

71 – Lunas :… los rufians (A)

73 – Camploung :… lous voulurs

74 – Ceilhas :… lous coumpissa-pourtanéls

80 – St-Pal :… los ribautaïrés (B)

86 – Carlencas :… los bartassièrs (A)

87 – Bassa :… lous sallés-pastissiés

94 – Aoutignac :… lous éstourbéls… los cauquilhats (A)

100 – St-Marti :… lous déspéncha-rasins

101 – La Bastida :… lous cassa-louchs

106 – Lou Fayét :… lous abrasaÿrés

108 – Clermount :… lous patrounachs… lous banquaroutiés… los rumputs (A)

111 – Aspiran :… lous nigagnousés

114 – Poussan :… lous cura-foussachs

116 – Fountès :… lous acampba-blat…: los rabala saca (A)

118 – Gabian :… lous voulurs… los bregants (A

119 – Gignac :… lous réballa-cartas… los badauds (A)… los bramaires (A)

122 – Pouzoous :… lous tira-péÿras (A)… los falords (A)

124 – Lou Pougét :… lous bouhéÿmés

126 – St-Pargori :… lous miarrous… los gnorres (B)

127 – Canét :… las canalhas (A)

128 – Brignac (?) :… lous couquis

129 – Céyras :… los barjairrasses (A)

130 – St-Félis (Lodés) :… lous réÿnards… los mendicans (A)

131 – St-Guiraou :… lous caouquilliachs… los badaires (A)

132 – St-Saturni :… lous tarrafassés

135 – Mountpeyrous :… lous banquaroutiés

138 – Arbouras :… lous fara-mouninas… los costejaires (A)

139 – Campagnan :… lous répélins

140 – Mountagnac :… lous déganaous

B. Habitudes alimentaires (vraies ou supposées)

1 – Loudéva :… lous manja-tripas… los grata-lard (A)… los manja cagaraus (A)

6 – Théroundél :… lous croqua-prunas

8 – Soumounét :… lous mania-castagnas

11 – Gourgas :… lous cagaraouliés

18 – Las Emias :… lous manja-galinas

21 – Lous Plos :… lous manja-bacas

24 – Mas Deloun :… lous croqua-cagaraoulas

30 – St-Baouzillé (S) :… los cagaraulièrs (A)

32 – Mas Audran :… lous manja-barbeùs

34 – Jounquiéras :… lous manja-galinas… los granoihiérs (A)

36 – Lou Cailar :… los manja-tripas (A)

45 – Navacella :… lous manja-trouchas

49 – Las Rivas :… lous manja-tripas

52 – Nant :… lous manja-éscarabissas

57 – Saouliéras :… lous manja-castagnas

69 – Blandas :… lous boura-michas

73 – Camploung :… los manja tordres (A)

77 – Graissésac :… lous manja feges (A)

86 – Carlencas :… los manja cabras (A)

97 – Sylvanès :… lous manja-pouléts

98 – Tournamira :… lous manja-froumaché

107 – Vabré :… lous manja-mélouns

112 – Paoulian :… lous croqua-prunas… lous manja-tripas

113 – Lézignan :… lous manja-cébas

116 – Fountès :… los manja borretas (A)

117 – Bélarga :… lous manja-sériéÿras… lous manja-sépias

122 – Pouzoous :… los beca figas (A)… los manja sorbes (B)

126 – St-Pargori :… lous manja-passarillas… los cagaraulièrs (A)

127 – Canét :… los manja-cébas

133 – Puichagou :… los manja-cabras

138 – Arbouras :… los manja lard (A)

C. Activités humaines

1 – Loudéva :… lous cardaÿrés… los ventre blus (A)

2 – Soubès :… lous bouta-cabras… los cota cabras (A)

26 – St-Privat :… los amo!aires (A)

35 – Counas :… lous truca-tau!iès

36 – Lou Cailar :… lous tusta-boÿsséls

37 – Sorbs :… lous véntrés négrés

42 – La Vaquarié :… los negociants (A)

44 – St-Maourissé :… lous fialaÿrés… los bolièrs (ou bolurs)

48 – Las Bessas :… lous négrés

59 – Mas dél Pount :… lous cabriés

61 – Alzon :… loous négouciants

63 – Lou Coulét :… lous carbouniès

64 – Cournus :… lous fougacettiés

68 – Campéstré :… lous voituriés

69 – Blandas :… los tusto bouïsso (B)

70 – Lous Cuns :… lous bouchés

77 – Graissésac :… las maissas negras (A)

80 – St-Pal :… lous mulatiés

82 – Vaouquiéyras :… lous foundurs dé clochas

84 – Vérnazobrés :… lous mécaniciéns

85 – Bérnégas :… lous éscorja-rossas

99 – Roquafort :… lous cabaniés

112 – Paoulian :… los ventres negres (A)

113 – Lézignan :… los trenca-cebas (A)

120 – Aniana :… los cabrots

127 – Canét :… lous escorja-rossas

130 – St-Félis (Lodés) :… los cardaïrés (B)

D. Traits moraux ou de caractère

4 – Foouriéra :… lous piala-gals

4 – Foouriéra :… lous coufla-goujas

5 – Aoubaïgas :… lous buffa-goujas

13 – Lou Labit :… lous miararés

19 – Sallélas :… lous pachouquéts

27 – Mas Hugounenc :… lous fouriaÿrés

28 – Lou Salsas :… lous négligénts

39 – La Bérnéda :… lous ladres

42 – La Vaquarié :… lous glouriousés

52 – Nant :… los garoutiès (B)… los tufos (B)

53 – St-Jean (Blaqu.) :… los fanfarons (A)

62 – Cabriueras :… lous voulurs

66 – Lou Vigan :… lous groumans

92 – La Blaquiéra :… lous balouniés

93 – Caoussarenqua :… lous enraillats

109 – Liaussoun :… lous couquis

124 – Lou Pougét :… los piots (A)

129 – Céyras :… lous bourrous

E. Traits physiques - Aspects (réels ou pris en dérision)

3 – Poujols :… los pendolins (A)

7- Lavaletta :… lous desbastachs

9- Laourous :… lous bousséjaÿrés

15 – Usclas d’Erau :… lous ventré-blus

17 – Lou Pioch Sellas :… lous pés rougés… las cambas rojas (A)

19 – Sallélas :… las cambas rojas (A)

20 – Parlatgés :… lous estoufachs

26 – St-Privat :… lous fumats

34 – Jounquiéras :… los barraus (A)

38 – St-Michel :… lous fumats

47 – Soulajét :… lous mascarachs

50 – Canals :… lous rédouns

51 – L’Espitalet :… lous tourtuchs

54 – La Couberturada :… lous débacachs

74 – Ceilhas :… lous boundurés

77 – Graissésac :… lous manja cesses (A)

81 – Roucouzéls :… lous éscarbabats

88 – Lou Mas-Naou :… lous bouchards

91 – Saouvagnac :… lous coucourlous

102 – Mountagnol :… lous embaousa[i]rés

108 – Clermount :… los pés jalats (A)

109 – Liaussoun :… los manja-favas (A)

111 – Aspiran :… los laganhoses (A)

112 – Paoulian :… los crebats (A)

116 – Fountès :… los manja-favas (A)… los cap lusèns (A)… los borrècs (A)

118 – Gabian :… los pintres (A)

123 – Véndémian :… los vendemiaires (A)… los tachats (A)

129 – Céyras :… lous lévriés

140 – Mountagnac :… los caps plumas (A)… las closcas peladas (A)

F. Moqueries - Traits péjoratifs

1 – Loudéva :… los encaraunhats (A)

3 – Poujols :… lous emmasquats

10 – St-Estienné :… los pesolhoses (A)

15 – Usclas d’Erau :… lous espéliachs

25 – Valliès :… lous négrés

29 – La Rouqueta :… lous miols

30 – St-Baouzillé :… lous déscambaiblachs

41 – St-Peyre :… los pêsolhoses

42 – La Vaquarié :… los vau res (A)

46 – Visséq :… lous asés

47 – Soulajét :… los pesoihoses (A)

49 – Las Rivas :… los pors négros (B)

55 – La Liquissa :… lous grata-guiouls

56 – St-Félis (Héras) :… los viets d’ase (A)

62 – Cabriueÿras :… las cabras (A)

65 – Lou Rouquet :… lous ésfourats

71 – Lunas :… las cogordas (A)… las lunas (A)

72 – Vasploungas :… lous estoufachs

76 – Erépia :… lous tuquiés

79 – Avéna :… lous manja-grénouilhas

82 – Vaouquiéÿras :… los sauta nièiras (A)

83 – Lou Pascal :… lous manja-rabassés

86 – Carlencas :… lous rasclousés

89 – Roumiguiéÿras :… lous encbou[s]ats

90 – Mééras :… lous défarrachs

95 – Lou Mas :… lous déssérbélats

96 – La Gravarié :… lous loubatous

103 – Jouncéls :… lous bouhémians

104 – Moutpoou :… lous éscorja-barbéts

109 – Liaussoun :… los espêlhats (A)

111 – Aspiran :… lous ivrougnas… los vilanièrs (A)

112 – Paoulian :… los escorja rossas (A)… los vilanièrs (A)

113 – Lézignan :… los jardiniers de posalanca

114 – Poussan :… los manja pan blanc

123 – Véndémiari :… lous déraba-tachas

125 – St-André (Sang.) :… los caga-vér (B)

126 – St-Pargori :… los camebous siules (A)

128 – Brignac (?) :… los boémis (A)

132 – St-Saturni :… lous fumats (A)… los sautarels (A)

133 – Puichagou :… lous espébiachs

134 – La Fatuda :… lous crassousés

136 – St-Jan (Fos)  :… lous cougourbiés… los goujards (A)

139 – Campagnan :… los bardots (A)

G. Situations topographiques

12 – Las Condaminas :… lous passa-plancas

16 – Pégairollés :… lous sauta-rocs

33 – Lacosta :… lous sauta-rocs

43 – Las Siégés :… lous enfangats

54 – La Couberturada :… lous débacachs

56 – St-Félix (Héras)  :… lous négats

62 – Cabrieÿras :… los sauta-rocs (A)

75 – Tioulas :… lous trouila-fanga

81 – Roucouzéls :… los sauta rocs

123 – Véndémian :… los sauta rocs (A)

130 – St-Félis (Lodés)  :… los negas (B)

137 – St-Guilhém :… lous gazariviéÿra

137 – St-Guilhém :… los sauta rocs (A)

H. Allusions anecdotiques ou historiques

1 – Loudéva :… los romieus

53 – St-Jean (Blaqu.) :… lous miquéléts

66 – Lou Vigan :… los tuo-païrés (B)

71 – Lunas :… lous sacripans-murtriés

77 – Graissésac :… lous clavéliés

78 – Caouméls :… lous miquéléts

110 – Nébian :… lous miquéléts

113 – Lézignan :… los miquelets (A)

115 – St-Aubéry :… lous bayssa-bourruls

115 – St-Aubéry :… lous baisa-barrols (A)

119 – Gignac :… lous asés

120 – Aniana :… lous inoucéns

121 – Cambous :… lous samaritans

125 – St-André (Sang.) :… lous porcs-négrés

130 – St-Félis (Lodés) :… lous miquéléts

136 – St-Jan (Fos)  :… los picarts (A)

140 – Mountagnac :… los brula granjots

Cette très rabelaisienne énumération, si elle permet d’apprécier la causticité et l’art de la raillerie de nos populations héraultaises, ne laisse pas cependant de poser quelques interrogations. Quel est l’âge, quelle est l’origine de ces « escaïs-noums » ? On peut imaginer que c’était une façon commode de désigner les occupants de tel ou tel lieu, hameau ou mas dont le nom ne pouvait se dériver aisément pour en dénommer les habitants (il y a beau temps que les toponymes ne fournissent plus les patronymes !). Si l’usage permet de parler des Lodévois ou des Agathois, voire des Spiripontains, comment appeler les gens de Thérondel ou du Mas du Pont ? Le sobriquet apparaît alors comme un moyen simple, commode et imagé de désignations mutuelles, et tout autant que nombre de noms de famille, il naît souvent d’un détail typique, d’un trait, propres à tout ou partie de ceux que l’on évoque ainsi. Ce doit être là l’une des origines des sobriquets, souvent fort anciens, que l’on pourrait qualifier d’historiques.

Mais il est certain que, se déplaçant peu, on se retrouvait moins autrefois qu’aujourd’hui. Où pouvait-on le faire ? Au cabaret, dans les bourgades ou villages qui en abritaient un… Au marché, lieu par excellence pour échanger nouvelles et potins sur les uns et les autres, lieu de discussions animées et de querelles parfois… Annuellement enfin, dans les fêtes votives et les conseils de révision, rencontres occasionnelles mais souvent attendues et fort remuantes, dont on sait qu’elles ne se terminaient pas toujours heureusement ! C’est dans ces rencontres qu’ont dû naître et être abondamment utilisés les escaïs-noums plus récents, plus mordants souvent que les sobriquets historiques.

Comment étaient-ils acceptés par les intéressés ? Une tactique courante a dû être d’inventer un sobriquet pour répliquer à celui que l’on vous appliquait, ce qui expliquerait que ces expressions sont très généralement péjoratives.

Pour une appréciation flatteuse (au moins en apparence, mais liée en fait à une appartenance religieuse) : « les Samaritains » de Cambous, pour quelques autres, neutres (métiers, allusions historiques), la majeure partie de l’ensemble est carrément méchante et/ou dépréciative ; du moins le juge-t-on ainsi, faute pour l’écrit de nous révéler le ton employé : de la raillerie au mépris, en passant par l’envie ou la condescendance, tout est possible. N’est-ce pas l’Abbé Boissier de Sauvages lui-même qui évoque les distances que tenaient à prendre les gens de la plaine vis-à-vis des « gavots », ceux de la montagne ? On imagine bien que les habitants des bourgs pouvaient en faire autant vis-à-vis des petits villages ou des hameaux; et qu’entre ceux-ci même, on tenait à marquer les différences dues à la situation géographique ou aux plus ou moins grandes facilités (ou difficultés) de la vie rurale : des Sorbs à Aspiran, la route est longue ! Et n’oublions pas, de communauté à communauté, les rivalités et jalousies vues de Lodève ou de Clermont, elles pouvaient paraître négligeables, mais les Capulets et les Montaigus sont le symbole de ces querelles de famille, de clan ou de clocher, de ces mini-hostilités locales dont le souvenir se perpétue encore. Lorsqu’il arrive parfois que l’on entende dire ici ou là : « Lous de… » sur un certain ton, il suffirait de remonter de quelques décennies (ou siècles !) en arrière pour en trouver la raison.

Les sobriquets collectifs correspondent donc à un type très particulier de relations : de hameau à hameau, de paroisse à paroisse, voire de ville à ville, cantonnés quelquefois à une relation duelle, mais souvent fortement entrecroisés dans un réseau plus étendu de vieilles querelles, d’antagonismes ou de rivalités locales. Mais, quel que soit le cas, il est intéressant d’apprécier comment, transcendant les simples relations individuelles, ils utilisent toutes les ressources de la langue pour ce singulier dialogue entre « Les uns et les autres » pour reprendre le titre du livre de C. Achard. Certes, « escaissa » signifie bien « donner un surnom », mais aussi « mordre » c’est plus cruel que l’étymologie française supputée du mot sobriquet : « petits coups sous le menton », et certains des nôtres ont dû laisser des traces durables !

L’ensemble ci-dessus, recueilli voici plus de 140 ans, correspond, on l’a vu, à une région bien déterminée formée des cantons de Lodève, du Caylar, de Lunas, de Clermont- l’Hérault et Gignac, encore que l’on ait pu noter quelques larges incursions vers l’Aveyron (La Couvertoirade, Roquefort, etc.) et vers le Gard (Alzon, Le Vigan). Pays homogène ? Selon certains critères, peut-être, mais pas géographiquement en tout cas, car limité à l’est et à l’ouest par l’Orb et l’Hérault, il est formé dans sa majeure partie, de terroirs de marches entre la Plaine et le Rouergue par Le Caylar et Lunas. S’il y a homogénéité, il faudrait plutôt la chercher du côté historique puisque, par ces cinq cantons, nous couvrons à peu près l’ancien évêché de Lodève. Elle s’est concrétisée de nos jours dans une division administrative : l’arrondissement de Lodève, et, du point de vue électoral, par le regroupement de ces cantons en une circonscription législative, des débuts de la IIIe République jusqu’à 1936 de Vigné d’Octon à Valat en passant par Germain-Martin, avoir tous le même député, cela crée des liens, fussent-ils scellés dans les querelles politiques !

Pour mettre un peu d’ordre dans ce fonds de sobriquets, pas très loin sans doute d’être exhaustif pour l’évêché de Lodève, eu égard au nombre d’expressions, je les ai regroupés en quelques séries thématiques, selon leur caractère. On obtient ainsi, en ordre décroissant, en prenant en compte non seulement la liste Calvet mais les compléments qu’apportent les listes Achard, Bernardy et l’Indépendant pour les localités concernées :

(Noter que certains villages étant gratifiés de deux ou plusieurs sobriquets différents se trouvent décomptés dans chacune des rubriques correspondantes).

On remarque immédiatement l’importance des sobriquets motivés par les comportements, les traits péjoratifs et les habitudes alimentaires, celles-ci pouvant se rattacher à la première catégorie. Mais ce classement – si on y ajoute les allusions aux traits physiques – induit aussitôt quelques interrogations. Qualifier les gens de Carlencas de « teigneux », ceux de La Vacquerie de « vauriens » ou ceux de L’Hospitalet de « tordus » paraît découler d’une généralisation discutable. Tous les habitants de Lauroux seraient-ils « bossus » et ceux d’Hérépian « obèses » ? Sans doute la malice populaire va-t-elle vite de quelques cas particuliers à une assimilation hâtive, comme si toute la communauté était symbolisée par ses éléments les plus disgraciés et c’est là l’un des mécanismes propres de la formation des escaïs-noums.

Il en est de même lorsqu’il s’agit des traits de comportement. Tous les habitants du Fayet ouvriraient-ils leurs bras à tout venant (« Les Embrasseurs ») et ceux de Saint-Pierrede-la-Fage se retrouveraient-ils, avec ceux de Saint-Privat, plus volontiers au Tribunal de Lodève que sur la place de leur village (« Les Plaideurs ») ? L’assimilation par exagération et extension du champ, du particulier au général, est évidente dans de nombreux cas, au service d’intentions simplement ironiques ou railleuses ou carrément malignes. L’outrance s’atténue un peu dès qu’il s’agit des occupations et des habitudes alimentaires, dans la mesure où celles-ci sont plus dépendantes du milieu et où certaines activités mobilisent une fraction notable de la communauté. On comprend ainsi « Les Mange-châtaignes » de Soumont ou « Les Mange-cerises » de Bélarga ; mais que penser des « Mange-cèbes » de Lézignan qui, ce faisant, se priveraient d’un poids notable d’oignons plus intéressant à vendre qu’à consommer ? Ou des « Mange-écrevisses » de Nant et des « Mange-truites » de Navacelles, voués à des mets délectables et insensibles à la satiété ?…

De même, quant aux occupations, lorsqu’il s’agit des « Charbonniers » de Coulet, vivant sans doute de la fabrication du charbon de bois ou des « Fondeurs de cloches » de Vauquières. Mais, imaginons-nous « Les arrache-clous » de Vendémian ou « Les Cure-fossés » de Poussan travaillant sans relâche, tels Sisyphe, aux mêmes besognes répétitives ?

Il faut évoquer maintenant les trois séries les moins nombreuses : 5 % de sobriquets sont liés à une situation géographique (ou topographique) déterminée en acception directe ou quelquefois par antiphrase : « Ceux d’en dessous » (de debas) pour La Couvertoirade (dans une acception possible), ou « Les Noyés » de Saint-Félix-de-l’Héras la Lergue n’en est pas loin, certes, mais il faudrait beaucoup d’eau dans ce paysage pour noyer ne serait-ce que les basses-cours. A moins qu’il n’y pleuve comme il peut pleuvoir quelquefois sur les bords du Causse, sans que pour autant la nature en profite beaucoup. A moins encore qu’il n’y ait quelque part une confusion avec Saint-Félix-de-Lodez, certainement plus exposé aux caprices de l’Hérault… D’autres expressions sont certainement plus proches de la réalité, comme « Les Enfangés » de Sièges ou de Tioulas.

Parmi les allusions anecdotiques ou historiques, si l’une est inquiétante « Les sacripants meurtriers » de Lunas, l’autre à connotation historique réelle n’est guère plus rassurante. « Les Miquelets » furent d’anciens bandits à tout faire, puis des membres de formations armées légères, agissant en francs-tireurs, enfin des sortes de corps-francs employés par Napoléon durant la guerre d’Espagne. Y aurait-il eu beaucoup de jeunes de Saint-Jean, de Nébian, de Lézignan et de Saint-Félix enrôlés dans ces troupes ? Ou faut-il seulement voir dans ce sobriquet un souvenir des partisans royalistes de 1815 dont nous parle Mistral et une évocation de certaines attitudes politiques plus récentes. C’est enfin dans les « escaïs-noums » relatifs aux traits moraux ou de caractère que l’on trouverait peut-être les caractérisations collectives (anciennes bien sûr !) les plus typiques ; sans oublier les traces laissées par les Guerres de religion : lous porcs négrés désignait les protestants qui, dans l’imaginaire populaire, passaient pour avoir la bouche noire !

Finissons cependant la revue sur une note plus gaie avec les habitants de Campagnan, « Lous Répélins », tout habillés de neuf (ressuscités en quelque sorte) pour aller à la fête L..

Généralisation intentionnelle, exagération : à ces deux caractères typiques des sobriquets, il faut en ajouter un troisième, celui de l’ambiguïté et du double-sens. Il est sans doute moins perceptible que dans les proverbes et dictons, mais certains « escaï-noums », au-delà de la mise en cause moqueuse ou humoristique, cachent une allusion à des attitudes morales ou sociales communes à une large part de la communauté visée.

Il faut dire un mot maintenant de la forme des sobriquets : ils sont tous qualifiants mais en usant de trois formes syntaxiques différentes : caractérisation par un groupe verbal, par un substantif ou par un adjectif qualificatif très généralement substantivé.

Les groupes verbe-nom constituent presque le tiers de l’ensemble (30 %) et sont évidemment les plus abondants dans le thème des habitudes alimentaires avec « manja ». Dans leur traduction, on a le choix entre conserver le tiret (les pousse-chèvres, les saute-rocs) ou remplacer le verbe par le substantif dérivé en employant alors obligatoirement la préposition : les mangeurs de châtaignes, les planteurs de choux. La première forme est certainement plus légère, plus évocatrice mais, parfois, la seconde seule permet d’éviter l’équivoque : les lanceurs de pierres ne sont pas des lance-pierres ! Il n’y a guère que les « Coumpissairés dé pourtanéls » qui ont exigé un raccourci approximatif (les pisse-partout) car, littéralement, il faudrait dire : ceux qui pissent contre les « pourtanéls », ce dernier terme, intraduisible, désignant les portails en deux parties, haute et basse, fréquents dans les fermes…

La caractérisation par substantifs représente les 20 % de l’ensemble environ. C’est là que nous trouvons les allusions aux occupations ou métiers dominants, licites ou moins licites puisque les charbonniers voisinent avec les voleurs; aux habitudes et traits moraux soit anodins, soit peu engageants, soit quelquefois même répréhensibles : les badauds y sont en compagnie des ivrognes, les flâneurs accompagnent les faux-témoins (à moins que ce ne soit les plaideurs…) et les acheteurs de lune se font rouler par les banqueroutiers !

Enfin, les adjectifs qualificatifs substantivés (50 %) : ils sont évidemment les plus nombreux puisque les plus aptes à décrire les multiples aspects de ce petit panorama de la nature humaine : les ladres, les crasseux, les déguenillés et autres « pesolhoses » tiennent compagnie aux éclopés, aux négligents, aux écervelés et aux embrasseurs…

Oublions ces considérations sur la forme pour goûter encore « ces fleurs de rhétorique collective » dont A. Rey nous dit « qu’elles sont immortelles, toujours prêtes à revivre et à prendre de nouvelles et imprévisibles couleurs »

Est-ce encore possible avec le développement des zones « rurbaines » dévorant nos campagnes, et le délaissement de tant de fermes et de hameaux ?