Saint Guilhem dans le recueil méridional d’exempla dit du frère sachet (XIIIe siècle)
Saint Guilhem dans le recueil méridional
d’exempla dit du frère sachet (XIIIe siècle)
Docteur de l’Université Aix-Marseille I, CNRS, UMR 5648, Lyon
p. 185 à 88
Le recueil anonyme d’exempla, transmis par cinq copies manuscrites au sein des codices 1019 (jadis 425) de la Bibliothèque municipale d’Arras, 161 de l’abbaye bénédictine d’Engelherg, 233.78 de la Bayerische Staatsbibliothek de Munich, 27 (823.223) de l’abbaye des prémontrés de Schlägl et 333 de l’abbaye cistercienne de Zwettl 1, renferme un récit exemplaire sur saint Guilhem de Gellone (avant 741-28 mai 812). L’analyse de cette collection 2 a permis de montrer qu’elle dérivait d’une compilation composée dans le courant du troisième quart du XIIIe siècle par un frère méridional de l’ordre de la Pénitence de Jésus-Christ (ou ordre du Sac), ordre mendiant d’origine provençale apparu un peu avant 1250 et supprimé par le IIe concile de Lyon en 1274 3.
Le compilateur dut exercer son apostolat dans la province de Provence de cet ordre comme le laissent penser les nombreuses références faites à un espace s’étendant, d’ouest en est, de Montpellier à Draguignan et, du nord au sud, d’Orange à Hyères 4.
Telle qu’elle est conservée dans le codex 1019 (jadis 425) d’Arras, manuscrit de base ayant servi de base à l’édition critique, la collection est composée de 257 exempla, regroupés sous 133 rubriques 5. C’est dans l’exemplum n°178 qu’est rapporté un miracle concernant saint Guilhem, survenu à l’abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert, située dans le diocèse de Loclève 6.
Les rares mentions de ce saint dans la littérature exemplaire justifient de sortir de l’ombre cet exemplum et d’en livrer à la fois le texte, les sources et les récits apparentés.
I. Le récit dit miracle livré par l'exemplum n°178
L’exemplum n°178 est le second récit exemplaire d’une rubrique intitulée : Exemplum quod sancti viri in omnibus officiis invenisset dulcedinem [Exemple que les saints hommes trouvent de la douceur dans tous les offices].
Nous livrons ci-après au lecteur le texte latin 7 suivi de sa traduction :
Exemplum ad idem
De beato Vilelmo legitur qui fuit magne nobilitatis et potencie, qui sub rege Francie militans subjugavit terram Arasice et Nemausi et terras alias circumadjacentes. Et tandem hedificato monasterio, qui hodie vocatus est Sanctus Vilelmus de Deserto, humiliter in eodem monasterio conversatus et seipsum vilioribus officiis deputavit. Et quadam die dum fornarii officium excerceret ,fèstinanter volens purgare furnum, diabolus ei omnia instrumenta subtraxit. Et quia panis deficiebat in monasterio, noluit amplius immorari ; et ingrediens furnum ardentem, eum cum suo scapulario emundavit et illesus exivit.
Exemple sur le même sujet :
On lit à propos de saint Guilhem qu’il fut d’une grande noblesse et d’une grande puissance, que, livrant bataille sous le roi de France, il soumit la terre d’Orange et de Nîmes et toutes les terres environnantes. Et enfin, après avoir édifié le monastère qui est appelé aujourd’hui Saint-Guilhem-du-Désert, il embrassa humblement la vie monastique dans ce monastère et s’assigna lui-même aux offices les plus ingrats. Et, un jour, alors qu’il exerçait l’office de fournier, voulant nettoyer le four à la hâte, le diable lui subtilisa tous les instruments. Et parce que le pain manquait dans le monastère, il ne voulut pas attendre davantage ; et, pénétrant dans le four ardent, il le nettoya avec son scapulaire et sortit indemne.
II. Les sources de l'exemplum
Ce récit exemplaire relate donc un miracle concernant saint Guilhem de Gellone. Avant d’aborder la question des sources, rappelons brièvement qui était ce saint 8.
Dit Guillaume au Court Nez, il était le fils de Thierry, comte d’Autun, et d’Aude, le petit-fils de Charles Martel par sa mère et le cousin de Charlemagne. Celui-ci lui accorda le titre de comte de Toulouse en 790. Il fut chargé de défendre la région des Pyrénées où il fut vaincu par les Sarrasins en 793, sur les bords de l’Orbieu (un affluent de l’Aude), aux portes de Carcassonne. Il participa à diverses actions contre Barcelone et prit sa revanche lors de la prise de cette ville autour des années 800. Après une longue vie passée à guerroyer, sous l’influence de saint Benoît d’Aniane (750-821), il se retira dans le monastère qu’il avait fondé dans la vallée de Gellone, dans le diocèse de Lodève 9. L’église fut dédiée au Saint Sauveur et Guilhem y déposa un morceau de la vraie Croix. C’est en 806 qu’il reçut des mains de saint Benoît d’Aniane l’habit monastique. Il mourut à Gellone le 28 mai 812 et fut canonisé en 1066 par Alexandre II (1061-1073). Il est entré dans la légende comme le héros d’un cycle épique sous le nom de Guillaume d’Orange 10.
Saint Guilhem fait partie des saints vénérés dans le diocèse de Lodève 11. Le rayonnement de l’abbaye, même s’il fut important, resta semble-t-il circonscrit à ce diocèse et aux diocèses voisins. Parmi les guides destinés aux pèlerins faisant route pour Saint-Jacques de Compostelle, seul Le guide du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle mentionne l’étape de Saint-Guilhem-le-Désert 12 : « Ceux qui vont à Saint-Jacques par la route de Toulouse doivent rendre visite au corps du bienheureux confesseur Guillaume. Le très saint porte-enseigne Guillaume était un comte de l’entourage du roi Charlemagne et non des moindres, soldat très courageux, expert dans les choses de la guerre ; c’est lui qui par son courage et sa vaillance soumit, dit-on, les villes de Nîmes et d’Orange et bien d’autres encore à la domination chrétienne et apporta le bois de la croix du Sauveur dans la vallée de Gellone, vallée o&ù il mena la vie érémitique et o&ù ce confesseur du Christ, après une fin bienheureuse, repose entouré d’honneurs 13. »
L’anecdote exemplaire n° 178 consignée par le frère sachet a pour source la Vita sancti Willelmi dont il subsiste plusieurs témoins 14. Elle fut composée entre 1122 et 1130 par un moine de l’abbaye de Gellone. Celui-ci paraît s’être inspire du chapitre consacre à saint Guilhem dans la Vita sancti Benedicti d’Ardon Smaragde, moine de l’abbaye d’Aniane 15. Toutefois, il a donné à son récit une dimension hagiographique absente chez Ardon 16 et l’a enrichi des traditions locales de son monastère ainsi que de quelques éléments empruntés aux sources épiques telles que l’invasion sarrasine en Aquitaine, en Septimanie et en Provence, la chute d’Orange et la prise de la ville par Guilhem 17. L’exemplum n°178 présente également cette particularité puisque, avant la narration du miracle, le compilateur note : …De beato Vilelmo legitur qui fuit magne nobilitatis et potencie, qui sub rege Francie militans subjugavit terram Arasice et Nemausi et terras alias circumadjacentes. Par ailleurs, il est intéressant de souligner que ce récit exemplaire mentionne le changement de toponyme de l’abbaye qui intervint au cours du XIIe siècle 18. Le compilateur fait référence à cette modification en ces termes : qui hodie vocatus est Sanctus Vilelmus de Deserto.
En fait, la première partie du récit (De beato… deputavit) reprend des éléments dispersés dans les chapitres I, II et III 19 de la Vita et la seconde partie constitue une adaptation du miracle relate dans un passage bien précis du chapitre III dont nous donnons la traduction ci-après 20 : « Une chose insolite arriva un jour à cet homme de Dieu, absorbé par la prière et la méditation, soit par la malveillance du diable qui ne cesse jamais de s’en prendre aux gens de bien, soit par la volonté de Dieu Tout Puissant qui voulait ouvertement montrer les mérites et la vertu de l’obéissance de son serviteur et, dès lors, le porter à la lumière. Car, ayant comme d’habitude préparé les pains pour les faire cuire, mais n’ayant pas assez de bois pour chauffer le four, comme déjà l’heure de son office semblait tarder, que l’heure du repas des frères semblait approcher et ne pouvait fortement attendre, Guillaume, serviteur du Seigneur, craignant d’être tancé pour [sa] négligence, d’être accusé de désobéissance et d’être gravement puni, accourut rapidement, contourna le parvis, courut de côté et d’autre, rassembla des sarments, ramassa du chaume, et tout ce que sa main trouva ; et ainsi, par ce moyen, il peut grâce à ces combustibles faire chauffer fortement et rapidement le foyer. Celui-ci ayant été soudain bien attise et chauffé comme il fallait, comme le four devait être nécessairement exhalé et vide […], il arriva que tous les outils [réservés à] cet usage manquaient et qu’il ne put trouver absolument aucun instrument servant à ce travail. Et, comme déjà le temps pressait vivement le serviteur de Dieu, qu’il s’inquiétait, que l’heure de nourrir les frères était presque passée, qu’il ne trouvait aucun conseil ni aucune aide de la part des hommes, que devait-il faire ? Il réclame plutôt conseil au Ciel et en appelle à l’aide divine : absolument décide, ayant invoqué le nom du Christ et s’être rassure par la protection de la Sainte Croix, il entre dans le feu du four, éteint les flammes, vient à bout de l’incendie, disperse la fumée, rend le foyer inoffensif ; et ainsi, ayant retiré les braises de ses propres mains et, ayant sorti les cendres à l’aide de son scapulaire, il prépare le foyer et se décide à y introduire les pains ; celui-ci ne sentit aucune blessure sur son corps, ni ne supporta une quelconque brûlure sur son vêtement 21. »
L’exemplum dans la version proposée par le frère sachet n’a pas été repéré, à ce jour, dans des compilations exemplaires antérieures. De ce fait, rien ne permet d’envisager l’utilisation d’un intermédiaire de cette nature. Un autre mode de réception de cette anecdote semble plus vraisemblable. En effet, l’abbaye de Saint-Guilhem fait partie de l’environnement immédiat de notre compilateur qui se présente à plusieurs reprises comme témoin oculaire d’événements localises à Montpellier 22. Son choix de consigner un texte mentionnant le sanctuaire de Saint-Guilhem-le-Désert est sans doute lié à la connaissance qu’il a de son importance, de son rayonnement et du culte dont bénéficiait saint Guilhem dans la région 23. Peut-être a-t-il utilise une copie de la Vita, des légendiers, vraisemblablement produits dans la région 24, ou encore d’autres intermédiaires. Signalons que cet épisode se trouve consigné également dans l’Histoire ecclésiastique d’Ordéric Vital 25, moine de Saint-Evroult (1075-vers 1141). Ce dernier qui composa son œuvre entre 1123 et 1141 y a en effet inséré un résumé de la Vita de saint Guilhem. L’auteur précise qu’il en a eu connaissance grâce à un moine de Winchester, nommé Antoine, de passage à Saint-Evroult et qu’il a pris des notes et copié certains passages.
III. Les récits apparentés
En réalité, le miracle rapporté dans l’exemplum n°178 est un cliché littéraire qui figure dans les Vitae Patrum 26 et fait son apparition pour la première fois en Gaule dans les Dialogi de Sulpice Sévère 27 (v. 360- v. 420). On le retrouve également après l’an 800 dans la Vita de saint Emilion 28 et, au Xe siècle, dans les recensions de la Vita de saint Eusice de Selles-surCher 29.
Par ailleurs, il a été diffusé par quatre recueils d’exempla 30. Il s’agit de L’Alphabetum narrationum, rédigé entre 1297 et 1308 par Arnold de Liège 31, le Ci nous dit 32, écrit vers 1318, la Scala Coeli de Jean Gobi 33, œuvre composée entre 1320 et 1330 et la collection transcrite dans le manuscrit I. F. 115 (vers 1485) de la Königliche und Universitäts-Bibliothek de Breslau 34. Ces récits exemplaires ont pour source soit les Vitae Patrum, soit les Dialogi de Sulpice Sévère et aucun d’entre eux ne fait référence à saint Guilhem.
Ces textes sont apparentés à l’exemplum n°178 par l’épisode du four : pour éprouver l’obéissance d’un homme voulant entrer en religion, un abbé lui ordonne de pénétrer dans un four brûlant. L’homme s’exécute et en ressort sain et sauf.
Le miracle relaté dans la Vita de saint Guilhem et repris par le frère sachet n’a donc pas été localisé dans d’autres compilations exemplaires. En revanche, il est mentionné dans le chapitre consacre à ce saint par Petrus de Natalibus († vers 1400-1406) dans son Catalogus Sanctorum et Gestorum eorum 35.
La recherche des sources dans des collections d’exempla antérieures étant restée infructueuse, on peut émettre l’hypothèse que le frère sachet est l’auteur de l’exemplum n°178. Comme l’analyse de la compilation l’a révélé, celui- ci a eu le souci d’exprimer parfois une proximité géographique, sociale et culturelle avec son public. L’insertion d’anecdotes issues de son expérience sur le terrain en Provence ou mettant en scène des personnages méridionaux, tel saint Guilhem, l’ajout de mentions géographiques méridionales dans quelques exempla tires de compilations antérieures en sont une bonne preuve 36.
Par ailleurs, à la lumière de la prospection des récits apparentés, il semble que l’exemplum n°178 du recueil du frère sachet n’ait pas connu de diffusion dans la littérature exemplaire. La découverte de ce récit exemplaire resté circonscrit à une collection composée en Provence s’avère donc particulièrement précieuse, et ce d’autant plus que saint Guilhem, saint méridional, est peu attesté dans la littérature exemplaire En effet, jusqu’alors on connaissait seulement l’existence d’une anecdote exemplaire dans les Sermones Communes 37 du chanoine de Saint-Augustin Jacques de Vitry (1160/1170-1240). Précisant que saint Guilhem était surnommé « Guillaume au court nez », il relatait comment, après s’être laissé dépouiller par des voleurs jusqu’aux braies, il les frappa violemment lorsqu’ils voulurent les lui ôter et mettre son sexe à nu. En outre, cette découverte vient enrichir les recherches menées sur saint Guilhem de Gellone, ses mentions dans la littérature, et notamment sur l’existence d’anecdotes le concernant. Alice Colby-Hall 38 avait déjà signalé la présence d’un récit narrant un miracle survenu à Beaucaire par l’intercession de saint Guilhem et de saint Bénézet dans « l’ouvrage récréatif et édifiant 39 » de Gervais de Tilbury, les Otia Imperalia 40, écrits vers 1210. Désormais, l’exemplum du frère sachet est à rajouter au dossier de ce saint.
– Notes –
1. Arras, Bibliothèque municipale, ms. 1019 (jadis 425), ff. 77ra-111rb; Engelherg (Suisse), Stiftsbibliothek, ms. 161, ff. 33r à 72v, Munich (Allemagne), Bayerische Staatsbibliothek, fonds de la Bibliothèque royale, ms 233.78, ff. 140va-157vb; Schlägl (Autriche), Stiftsbibliothek, ms. 27 (823.223), ff. 90va-107ra ; Zwettl (Autriche), Stiftsbibliothek, ms. 333, ff. 220rb-243vb. Ces cinq codices ont été transcrits entre la fin du XIIIe siècle et le XIVe siècle.
2. I. Raya-Cordier, Edition critique d’un recueil d’exempla attribué à un sachet provençal du XIIIe siècle et analyse, thèse de doctorat, Aix-Marseille I, 2004, 4 vol.
3. Sur la question de l’attribution du recueil et l’ordre du Sac, cf. ibidem, t. I, p. 79-192.
4. Cf. ibidem, t. I, p. 19-74.
5. Sur le choix du manuscrit de base, le ms. 1019 (jadis 425) de la bibliothèque municipale d’Anas f. 77ra– 111rb), voir I. Raya-Cordier, Edition critique d’un recueil d’exempla attribué à un sachet provençal du XIIIe siècle et analyse, op. cit., t. II, p. 491-495.
6. Départ. Hérault. Cf. Dom L. H. Cottineau, Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés, Turnout, Brepols, 1995, t. II, col. 2723-2724.
7. Arras, Bibliothèque municipale, ms. 1019 (jadis 425), f. 102ra-rb. Pour l’édition du recueil, nous avons choisi, dans la mesure du possible, de respecter les graphies observées dans notre manuscrit de base. Nous avons limité notre intervention aux cas o&ù celles-ci pouvaient nuire à la compréhension de la phrase. Quand il y avait lieu de le faire, le texte a été corrigé, en recourant la plupart du temps aux autres témoins de la tradition manuscrite. Conformément aux usages en vigueur dans l’édition des textes médiévaux, nous avons distingué les i des j et les u des v. Les graphies du manuscrit ont été respectées pour le c et le t. La ponctuation adoptée dans notre édition correspond aux usages modernes.
8. Cf. Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, Paris, Letouzey etAné, 1992, t. 22, col. 910-911.
9. Cartulaire de Gellone, Archives départementales de l’Hérault, 5 H 8, f. 64r-v, édité per P. Alaus, abbé Cassan, E. Meynial, Cartulaires des abbayes d’Aniane et de Gellone, Montpellier, Société archéologique, 1897, charte CLX, p. 144-146.
10. Voir notamment : J. Bédier, Les légendes épiques. Recherches sur la formation des chansons de geste, t. I, Le cycle de Guillaume d’Orange, Paris, Honoré Champion, 1908 ; C. Lachet, « Guillaume d’Orange », in C. Gauvard, A. de Libera, M. Zink, sous la dir. de, Dictionnaire du Moyen Age, Paris, Quadrige/ PUF 2002, p. 634-635 ; J. Wathelet-Willem, « Geste de Guillaume d’Orange », in G. Hasenohr, M. Zink, sous la dir. de, Dictionnaire des lettres françaises, Le Moyen Age, Paris, Fayard, 1992, p. 520-522 [réédition de G. Grente, Dictionnaire des Lettres françaises, Paris, Fayard, 1964]. En outre, un colloque « Entre histoire et épopée, Les Guillaume d’Orange Xe-XIIIe siècles) s’est tenu à l’Université de Toulouse-le-Mirail, les 29 et 30 octobre 2004.
11. Parmi l’abondante bibliographie consacrée à cette abbaye et au culte de saint Guilhem, citons P. Tisset, L’abbaye de Gellone au diocèse de Lodève des origines au XIIIe siècle, Paris, Librairie du Recueil Sirey, 1933, rééd. Québec, éd. du Beffroi, 1992 ; V. Saxer, « Le culte et la légende hagiographique de saint Guillaume de Gellone », in La Chanson de Geste et le mythe carolingien. Mélanges René Louis, Saint-Père-sous-Vézelay, 1982, p. 565-589 ; Saint Guilhem-le-Désert au Moyen Age. Nouvelles contributions à la connaissance de l’abbaye de Gellone, Table ronde, mai 1995, Millau, Les Amis de Saint-Guilhem-le-Désert, 1996 ; C. Amado, X. Barral i Altet, sous la dir. de, Saint-Guilhem-le-Désert dans l’Europe du Haut Moyen Age, Actes de la Table ronde d’août 1998, Montpellier, Les amis de Saint-Guilhem-le-Désert, 2000 ; H. Vidal, Les saints honorés dans le diocèse de Lodève », in Hagiographie et culte des saints en France méridionale (XIIIe-XVe siècle), Cahiers de Fanjeaux n° 37, Toulouse, Privat, 2002, p. 205-235.
12. D’après H. Vidal, dans son article « Les saints honorés dans le diocèse de Lodève », in Hagiographie et culte des saints en France méridionale (XIIIe-XVe siècle)», op. cit., p. 228, n° 109, l’abbaye de Saint-Guilhem n’apparaît pas dans les itinéraires édités par L. Vasquez de Praga, J. M. Laccara, J. Uria, Las peregrinaciones a Santiago de Compostela, Madrid, 1948-1949,3 vol.
13. D’après la traduction de J. Vielliard, Le guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle. Texte latin du XIIe siècle, édité et traduit en français d’après les manuscrits de Compostelle et de Ripoli, Macon, Imprimerie Protat frères, 4e éd. 1969, 5e éd., 1997, p. 47, 49. Nous donnons ci-après le texte latin transcrit par J. Vielliard, ibidem, p. 46, 48 : « Igitur ab his qui per viam Tolosanam ad Sanctum Jacobum tendunt, beati confessoris Guillelmi corpus est visitandum. Sanctissimus namque Guillelmus, signifer egregius, comes Karoli magni regis, extitit non minimum, miles fortissimus, bello doctissimus. Hic urbem Nemausensem ut fertur et Aurasicam aliasque multas xpistiani imperio sua virtute potenti subjugavit, lignumque dominicum apud vallem Gellonem secum detulit, in qua scilicet valle, heremiticam vitam duxit, et beato fine Xpisti confessor in ea honorifice requiescit.»
14. Vita sancti Willelmi, c. III, 29 [A.ASS, maii VI, col. 808 D-F]. Alice Colby-Hall qui prépare une édition de la Vita Sancti Willelmi a eu l’amabilité de nous communiquer la liste des manuscrits recensés à ce jour : Montpellier, Bibliothèque municipale, ms. 16, ff. 189v-205r (fin XIe s. & début XIIe s.). C’est le manuscrit de base de Mabillon et des Bollandistes , Dijon, Bibliothèque municipale, ms. 660 (339), ff. 68r-86v; Paris, B.n.F, fonds latin, ms. 1240, ff. 175r– 181v (XIIe s.) Bourges, Bibliothèque municipale, ms. 97 (87), ff. 189r-202r (XIIIe s.) ; Trèves, Bibliothèque municipale (Stadtbibliothek Trier), ms. 1151, t. II (ancienne cote : 963), ff. 96r-102v (XIIIe s.) ; Turin, Bibliothèque nationale, ms. I.V.28 (Pasini, MXX k.iii.3), ff. 36r-46v; Bruges, Bibliothèque municipale, ms. 55, ff. 103r– 120r (XIVe s.) Avignon, Bibliothèque municipale, ms. 1356 (ancien fonds 251), ff. 41-52 (catalogue, t. XXVII, 578-580. « C’est, avec des variantes nombreuses, la vie qui a été publiée dans les Acta Sanctorum [des Bollandistes], mai, t. VI, p. 801 », XVe s.) ; Münster-Westphalie, Bibliothèque univ., ms. 23, détruit en 1945 (XVe s., il s’agit du grand légendier du monastère de Böddeken) ; Paris, Bibliothèque Mazarine, ms. 1733 (1329), ff. 183v-185v ou 186r (XVe s. ; cette Vita est probablement incomplète) ; Trier, Stadtbibliothek, ms. 1167 (XVe s. ancienne cote 396, ff. 181v-194v) ; Augsbourg, Ordinariatsbibliothek, ms. 79, (voir Benedikt Kraft, Die Handschriften der Bisch. Ordinariatsbibliothek in Augsburg, Augsbourg, 1934, recensé par François Halkin, in Analecta Bollandiana, 1934, t. 52, p. 407-408 (1467-1506).
15. Ardon Smaragde, Vita sancti Benedicti abbatis Anianensis, AASS, febr., V, t. 2, col. 606-620.
16. La Vita de saint Guilhem est considérée par de nombreux historiens comme un démarquage de la Vita d’Ardon mais des travaux en cours tendaient à envisager une autre possibilité. À ce sujet, on pourra se reporter à : J. Bédier, Les légendes épiques. Recherches sur la formation des chansons de geste, t. I, op. cit. ; V. Saxer, « Le culte et la légende hagiographique de saint Guillaume de Gellone », in La Chanson de Geste et le mythe carolingien. Mélanges René Louis, op. cit., p. 565-589 ; H. Vidal, « Les saints honorés dans le diocèse de Lodève », in Hagiographie et culte des saints en France méridionale (XIIIe-XVe siècle), op. cit., p. 205-235.
17. Cf. J. Bédier, Les légendes épiques. Recherches sur la formation des chansons de geste, t. I, Le cycle de Guillaume d’Orange, op. cit., p. 126-128.
18. Cf. Dictionnaire d’histoire et de géographie ecclésiastiques, op. cit., t. 22, col. 910.
19. Vita sancti Willelmi, c. I, II, III [AASS, maii VI, col. 801E- 808D].
20. Ibidem, c. 111,29 [AASS, maii VI, col. 808 D-F] : Igitur quadam die viro Dei, intento orationi et sanctae meditationi, res insolita contigit ei, sive per invidiam diaboli, qui bonis omnibus numquam cessat adversari ; seu per dispensationem omnipotentis Dei, qui merita servi sui et virtutem obedientiae volebat palam fieri, jamque in lucem haberi. Nam panibus ad coquendum ex more praeparatis, sed lignis ad clibanum calefaciendum minus praesto ; cum jam hora officii sui tardare, hora vero refectionis Fratrum videretur propinquare ac fortiter festinare ; Willelmus servus Domini, timens de negligentia argui, de inobendentia accusari et graviter judicari, concitus accurrit, atrium circuit, huc illucque discurrit, sarmenta congerit, stipulam colligit, et quidquid manus invenit : sicque quocumque modo, quibus que potest fomentis, caminum fortiter ac vélociter calefacit. Quo repente bene conflato et ad opus calefacto, cum jam necessario fornax evaporandus, […] ; item contigit cuncta usui huic armamenta minus adesse, nullumque penitus hujusmodi instrumentum ad id operis explendum illic reperiri posse. Cumque jam servum Dei tempus vehementer urgeret, cura argueret, hora Fratres reficiendi paulo minus praeteriret, nil consilii, auxilii nichil ab homine inveniret ; quid faceret ? De coelo citius requirit consilium, et ad divinum recurrit auxilium : nihilque cunctatus, invocato Christi nomine, factusque tutissimus sanctae Crucis munimine, fornacis intrat incendium, flammas extinguit, exuperat incendium, vaporem mitigat, rogum reddit innocuum : sicque propriis manibus extra factis carbonibus, et scapulari illaeso expositis cineribus, lares aptat et temperat intromittendis panibus ; ipse quidem in copore neque ullam sentiens laesionem, neque etiam in vestimento aliquam qualemcumque sustinens adustionem.
21. Signalons qu’une traduction de ce passage a été établie au XVIIIe siècle par le père Bonaventure de Sisteron, Histoire de la ville et principauté d’Orange divisée en 5 dissertations historiques, chronologiques et critiques sur leur état ancien et moderne, Avignon, Imprimerie Marc Chave, 1741, p. 290-296.
22. Cf. I. Raya-Cordier, Edition critique d’un recueil d’exempla attribué à un sachet provençal du XIIIe siècle et analyse, op. cit., t. III, exempla n° 206, 211, 222.
23. Cf. J.-L. Lemaître, Martyrologues et cultes des saints en Languedoc, in Hagiographie et culte des saints en France méridionale (XIIIe-XVe siècle), op. cit., p. 63-111 et H. Vidal, « Les saints honorés dans le diocèse de Lodève », in Hagiographie et culte des saints en France méridionale (XIIIe-XVe siècle), op. cit., p. 205-235.
24. G. Philippart, Les légendiers latins et autres manuscrits hagiographiques, Turnhout, Brepols, 1977 (Typologie des sources du Moyen Age occidental, fasc. 24-25).
25. Ordéric Vital, Historia ecclesiastica, pars II, lib. VI, c. II [PL 188, col. 454B-454D].
26. Vitae Patrum, lib. IV, c. 11 [PL 73, col. 823B-C].
27. Sulpice Sévère, Dialogi, I, 18 [PL 20, col. 195B-195D].
28. E. Allain, « Une vie inédite de S. Emilion », in Analecta Bollandiana, 1894, t. 13, p. 436.
29. Vita de saint Eusice de Selles-sur-Cher : Rome, Vatican, Reg. lat., ms. 621, ff. 12r-19v; Paris, B.n.F., ms. lat. 5340, ff. 130r-139r; Bourges, Bibliothèque municipale, ms. 28, ff. 350v-351r [BHL 27541 Nova bibliotheca mss., II, p. 372-376.
30. Cf. F. C. Tubach, Index exemplorum. A Handbook of medieval religious Tales, Helsinki, Academia Scientiarum Fennica, 1969 (Folklore fellows Communications, 204), rééd. 1981, n° 3545.
31. Arnold de Liège, Alphabetum narrationum, n°578, éd. C. Ribaucourt, L’Alphabetum narrationum, un recueil d’exempla compilé au début du XIVe siècle, Thèse de 3e cycle dactylographiée, Nanterre, Université de Paris X, décembre 1985, p. 424-425.
32. Ci nous dit, chap. 274, éd. G. Blangez, Ci nous dit, recueil d’exemples moraux, Paris, Société des anciens textes français, Picard, 1979, t. I, p. 232.
33. Johannes Gobi Junior, Scala Coeli, n°761, éd. M-A. Polo de Beaulieu, La Scala Coeli de Jean Gobi, Paris, CNRS, 1991, p. 490.
34. Cette collection a été publiée par : J. Klapper, Erztählungen des Mittelalters in deutscher Ubersetzung und lateinischem Urtext, Breslau, Verlag von M. & H. Marcus, 1914, n° 126, p. 331-332.
35. Petrus de Natalibus, Catalogus Sanctorum et Gestorum eorum, lib. quintus, cap. LXI, Venise, Henricus de Sancto Urso [non paginé]. Parmi les sources utilisées par Petrus de Natalibus et citées dans son introduction figure le légendier de Pierre Calo. M. Poncelet a procédé au dépouillement de cette œuvre et livré l’incipit de chaque chapitre. Il apparaît que. Pierre Calo a consacré un chapitre à saint Guilhem. L’incipit est le même que celui figurant dans le Catalogus de Petrus de Natalibus. Toutefois, en l’absence d’une édition du légendier de Pierre Calo, il est difficile d’affirmer que le miracle y est bien consigné : cf. M. Poncelet, « Le légendier de Pierre Calo », in Analecta Bollandiana (Bruxelles), 1910, p 73.
36. Cf. I. Raya-Cordier, « La proximité comme élément de persuasion : les références géographiques, sociales et culturelles dans les exempla d’un sachet provençal au XIIIe siècle », in La prédication en Pays d’Oc (XIIe-début XVe siècle), Cahiers de Fanjeaux n° 32, Toulouse, Privat, 1997, p. 225-248 ; idem, Edition critique d’un recueil d d’exempla attribué à un sachet provençal du XIIIe siècle et analyse, op. cit., t. I, p. 19-78.
37. Cf. Jacques de Vitry, Sermones feniales et communes vel quotidiani, exempla, n°74, éd. G. Frenken, Die Exempla des Jacob von Vitry. Ein Reitrag zur Geschichte der enzählungsliteratur des Mittelalters, München, C. H. Becksche Verlagsbuchhandlung Oskar Beck, 1914, p. 135 (cf. F. C. Tubach, Index exemplorum. A Handbook of medieval religious Tales, op. cit., n° 3585).
38. Cf. Alice Colby-Hall, « Saint Guillaume de Gellone et saint Bénézet : le témoignage de Gervais de Tilbury », in Mémoires de l’Académie de Vaucluse, 7e série, t. VII, 1986-1987, p. 61-70.
39. Cf. ibidem, p. 66.
40. Gervais de Tilbury, Otia Imperialia, III, n° 103, trad. A. Duchesne, Gervais de Tilbury, Le Livre des Merveilles. Divertissement pour un Empereur (troisième partie), Paris, Les Belles Lettres, 1992, p. 123-124.
