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2.00

Description

Punk, Métal… Rockers extrêmes en Languedoc

* Diplômée d’Ethnologie, musicienne

En 2016, le Centre d’études supérieures de la Renaissance (Université François Rabelais de Tours) lance le projet de recherches PIND : Punk Is Not Dead, consacré à l’histoire de la scène punk en France de 1976 à 2016. Ce projet donne lieu à l’organisation de 2 colloques parisiens en juin et novembre 2016 à la Goutte d’Or et à la Cité de la Musique sur le thème : « la scène punk en France, 40 ans d’histoire (1976-2016) ». En 2013, une exposition itinérante retraçant l’histoire visuelle du mouvement punk, « Europunk », parcourt l’Europe (Rome, Genève, Paris). En mars 2016, sort le film de Lucile Chaufour East Punk Memories sur le mouvement punk en Europe de l’Est.

Un peu partout, le concept de Do It Yourself ressurgit aussi bien dans les clubs underground que dans les pages de magazines féminins. On se souvient également du scandale lié à l’intervention des Pussy Riot dans une église orthodoxe de Russie suivie de leur arrestation en 2012. En 2010, Shaun Jefford signe un documentaire sur le punk rock chinois en période de Jeux Olympiques : Beijing Punk. Sam Dunn réalise également une série de documentaires sur la musique métal, entre 2005 et 2014. En France, à Clisson, c’est le Hell Fest avec son audience de 150 000 personnes sur 3 jours de festival, qui crée la polémique régulièrement depuis 15 ans, avec les nombreuses attaques de ses détracteurs : l’archevêque de Nantes, Philippe de Villiers ou Christine Boutin (présidente du Parti Démocrate-Chrétien), qui considèrent ce festival comme un rassemblement « sataniste ». D’autres festivals de musique rock extrême éclosent ou perdurent depuis longtemps à travers l’Europe (le Wacken festival en Allemagne existe depuis 1990 et accueille en moyenne 80 000 personnes chaque année). A travers le monde, par bribes ou brefs éclats, les punks montrent le bout de leur crête, les hard-rockers ponctuent les faits divers, et il semble que la culture du rock extrême née dans les années 70 perdure depuis lors. De ce fait, elle pique l’intérêt des anthropologues, musicologues et autres chercheurs. Cet article vient s’intéresser à ce mouvement dans son ensemble, mais surtout à sa déclinaison en région. Qu’en est-il de cette « culture de la mort » ? Sous quelle(s) forme(s) a-t-elle évolué ? Comment est-elle représentée dans notre région ? Qui sont les rockers locaux ? De quoi se compose l’underground héraultais ? 

Le point de vue que je poserai sur cet état des lieux est à la fois ethnologique du fait de ma formation universitaire, mais c’est aussi celui d’une musicienne sur d’autres musiciens, et d’un milieu artistique que je pratique (le jazz et le théâtre) sur un milieu musical que je découvre (le metal et le punk).

Au cours des 20 dernières années, j’ai côtoyé de nombreux musiciens, comédiens et artistes de la région. Ayant démarré ma carrière artistique par la musique, je me suis orientée plus tard vers les arts de la rue et le théâtre, alors à la recherche de « collectifs », d’une vie de troupe qui faisait défaut chez les musiciens que je connaissais. A la recherche aussi de relations artistiques durables et de projets ambitieux, dépassant les frontières nationales. La plupart des groupes auxquels je participai jusque-là n’avaient qu’une durée de vie limitée et un champ d’action très local. Seuls les quelques groupes jouissant d’une belle notoriété pouvaient prétendre à de longues tournées.

Dans le théâtre et les arts de la rue, les choses semblaient plus simples : des artistes mieux préparés à mettre les mains dans le cambouis en cas de besoin sur la route, et des réseaux plus solidaires. La notion de collectif était plus courante. Les tournées internationales devenaient possibles. Les compagnies semblaient plus durables.

Ce constat et cette vision ségrégative des disciplines artistiques se sont atténués lorsque je rencontrai les membres d’Anticlockwise, groupe de punk-rock montpelliérain. Ils rentraient d’une tournée de 2 mois à travers l’Europe. Tout avait été autofinancé. Le groupe avait parcouru de nombreuses villes et joué aussi bien dans des bars locaux que de grandes salles de concert ou des lieux autogérés et des squats en Allemagne, Hongrie, Belgique, Suisse… Le public était au rendez-vous. Leur prochaine tournée devait avoir lieu au Québec. Les années précédentes, ils étaient partis jouer en Chine et au Mexique pour des tournées d’un ou deux mois à chaque fois. Parmi les membres du groupe, certains se sont associés avec une dizaine d’amis pour ouvrir un lieu de concert dédié au rock alternatif sur la commune du Crès. Le Kjbi, petit local associatif propose un ou deux concerts par semaine, et se transforme en salle de répétition le reste du temps. Les flyers du printemps 2017 annoncent des groupes locaux, mais aussi 2 groupes du Canada, un groupe de Moscou, un autre du Brésil et enfin un finlandais. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2017

Nombre de pages

20

Auteur(s)

Cécile LAURANS

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf