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2.00

Description

L’hôpital Saint-Charles de Sète de 1778 à 1786 :
l’aboutissement d’une politique hospitalière ?

*Assistant de Conservation du Patrimoine aux Archives Départementales de l’Hérault.

Introduction : Une collecte tardive

Le hasard fait souvent bien les choses. Et les hasards apportent plus d’une surprise dans la vie quotidienne de l’archiviste. Dans le cadre des versements de documents n’ayant plus aucune utilité administrative, il est amené à entrer en contact avec maints producteurs. C’est ainsi qu’en 2006, les agents des Archives départementales ont pu faire le tour des différents services hospitaliers de la ville de Montpellier, afin de faire le point sur les éventuels documents qu’ils pourraient conserver pour la recherche historique.

À l’occasion de l’un des ces entretiens, le responsable de la pharmacie de l’Hôpital Suburbain Saint-Eloi nous confia, au cours de la conversation préalable à notre enquête, qu’il avait en ses mains un document pouvant nous intéresser. Il avait travaillé auparavant à l’hôpital de Sète, où œuvraient alors les dernières sœurs de la Charité en charge du soin des malades. À son départ pour Montpellier, celles-ci voulurent lui faire un cadeau. Étant donné qu’il s’intéressait à l’histoire (selon leurs propres mots), elles lui offrirent un vieux registre qui pourrait l’intéresser. Un vieux registre de délibérations et de comptes de l’ancien hôpital de la ville. Ce médecin conservait ce document chez lui, et souhaitait pouvoir prendre le temps de le lire à sa retraite prochaine. Nous lui avons bien souligné l’importance historique éventuelle de ce document et il nous a promis de nous contacter pour nous le confier, une fois qu’il en aurait terminé.

Les années passèrent. Et nous eûmes l’agréable surprise d’être contactés par ce pharmacien l’année dernière. Comme promis, il nous proposait de récupérer le registre en question. Rendez-vous fut pris à Pierres Vives, et c’est ainsi que le plus ancien registre des délibérations de l’hôpital Saint-Charles de Sète a pu rejoindre les archives de cet établissement dans la sous-série 11 HDT des archives hospitalières. Sous la côte 11 HDT E1 figurait jusque-là l’unique registre de ce genre, couvrant les années 1784 à 1789, soit les dernières années de l’Ancien régime. Or le nouveau venu, qui porte désormais la cote 11 HDT E3, couvre les années 1778 à 1784. Il s’agit bien d’un document complètement inédit pour la recherche historique.

Nous souhaitons ici en présenter le contenu, et le recontextualiser dans l’histoire hospitalière de la ville de Sète. Durant notre travail d’analyse, nous avons en effet pu relever plusieurs données sur le fonctionnement, le personnel, l’architecture, voire la place qu’occupait cet hôpital dans la société du port languedocien. Mais nous ne serons pas exhaustifs : nous terminerons par des pistes de recherches et quelques réflexions qu’étudiants ou chercheurs pourront exploiter à leur tour, grâce à ce document, afin de finaliser l’histoire de cet établissement hospitalier, somme toute assez peu connu.

Aujourd’hui, les Sétois ont pour habitude, lorsqu’ils parlent de l’ancien hôpital de Sète, de désigner l’imposant édifice qui abrite actuellement la médiathèque municipale. Il faut dire que ce bâtiment a longtemps aussi porté le nom de Saint-Charles. Il a également fait fonction d’hôpital depuis 1847, date de sa construction. Mais il fut bâti à cet endroit, pour prendre la suite d’un premier établissement situé ailleurs, et dès lors vétuste. Celui-ci a fait l’objet d’une première recherche en 1980.

En utilisant principalement les registres municipaux, A. Degage a pu faire le point sur les « balbutiements », les débuts de la politique hospitalière de la ville, dans un article qui demeure une référence. En 1693, suite aux réformes hospitalières initiées par Louis XIV autour des Hôpitaux généraux à faire édifier dans toutes les grandes villes pour prendre en charge les nécessiteux et marginaux du royaume, les consuls estiment qu’une telle dépense semble inutile pour le port vieux d’à peine vingt ans. Le procureur des Pauvres, officier municipal, conserve la charge de percevoir les sommes nécessaire à l’assistance locale.

Ce ne sera qu’en octobre 1713 que l’évêque d’Agde, à l’occasion d’une visite pastorale, note la volonté des habitants de procéder à la construction d’un hôpital. Le premier registre de délibération, conservé aux archives municipales de Sète, rapporte les ordonnance et statuts alors attribués. Le bureau sera composé des curés des deux paroisses (Saint-Louis et Saint-Joseph), de six conseillers urbains, un syndic, et un trésorier. Ce conseil sera renouvelé par moitié le 30 juin de chaque année, soit le lendemain de chaque élection consulaire.

Les données municipales décrivent un bâtiment situé place de l’Hospitalet, dans le quartier haut de la ville. Il se composait d’une salle unique, à laquelle furent ajoutées deux maisons mitoyennes en 1719 et 1720, formant ainsi un bâtiment tripartite, auquel est adjoint une chapelle en 1737, inaugurée en 1754. Tenu à l’origine par des veuves et femmes pieuses, il est finalement décidé de faire appel aux sœurs grises en 1777. C’est à ce moment-là que débute notre nouveau registre. (18 pages et 7 illustrations)

Informations complémentaires

Année de publication

2020

Nombre de pages

18

Auteur(s)

Rafaël HYACINTHE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf