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Description

Les monuments aux morts de Saint-Mathieu-de-Tréviers

* Médiateur culturel, Domaine départemental Pierresvives – Montpellier

Après la guerre vient le temps de la commémoration et de la mémoire. Les monuments aux morts marquent aujourd’hui encore le paysage et la vie civique de chaque commune héraultaise.

Cet article a vocation à montrer comment à partir de documents manuscrits, tapuscrits et iconographiques, conservés aux Archives départementales et/ou accessibles en ligne, on peut retrouver la trace et retracer l’histoire d’un monument communal et des soldats dont les noms sont inscrits sur ce monument particulier. Il se veut avant tout didactique et pédagogique, destiné à présenter une méthode d’analyse d’un monument aux morts à partir de documents écrits et iconographiques. Cette démarche a d’ailleurs été utilisée dans le cadre d’ateliers scolaires au cours du mois de novembre 2018.

Étudier le dossier d’archives relatif au monument aux morts d’une commune, revient à s’interroger sur la nature, la raison d’être, l’emplacement, le financement et la forme de ce lieu de mémoire, ainsi que sur le symbolisme qui s’y attache. C’est aussi l’occasion de dresser un portrait des mentalités au sortir de la guerre.

Saint-Mathieu-de-Tréviers a la particularité de posséder quatre monuments aux morts et non pas trois, comme le laisseraient supposer les deux articles de Midi Libre (édition de Montpellier et sa région), parus les 7 et 14 novembre 2018 ainsi que l’ouvrage d’Alain Gibaud, paru également en 2018. Aux deux monuments laïcs et au monument religieux, mentionnés par le correspondant local du Midi Libre et par Alain Gibaud, il faut ajouter un quatrième monument, religieux lui aussi. Cette particularité s’explique sans doute et en grande partie par le fait que la commune a longtemps été divisée en deux, avec d’un côté Saint-Mathieu, sur les hauteurs, et de l’autre, Tréviers, dans la plaine. Ce n’est que dans les années 1970, sous l’impulsion du maire Gérard Saumade, que les deux villages sont réunis pour n’en former plus qu’un.

Le premier des deux monuments laïcs, sur lequel porte l’essentiel de cet article, est érigé au début du XXe siècle ; probablement en 1928 et peu probablement, au regard des sources archivistiques, en 1921, comme indiqué dans l’article de Midi Libre-Montpellier et sa région en date du 7 novembre 2018 ou en 1926, comme mentionné au sein de la base Palissy du Ministère de la Culture. Le second, plus récent, est réalisé sur le parvis de la nouvelle mairie, en 1991, où l’on plante un olivier séculaire en provenance d’Andalousie, symbole de paix. Sont rajoutés les noms des soldats morts pendant la Seconde Guerre mondiale et la Guerre d’Algérie.

Les deux monuments religieux sont, quant à eux, plus mystérieux. Le premier est daté de 1920, selon la base Palissy du Ministère de la Culture. Un socle mouluré pyramidal de plan carré supporte un groupe sculpté en pierre, qui pourrait représenter le voyage de Tobie et de l’archange Raphaël. L’accès au monument est protégé par une grille en fer forgé. Le second n’est pas daté. Un socle mouluré pyramidal de plan carré supporte une croix chrétienne.

Comme les communes doivent établir un dossier pour demander à la préfecture l’autorisation d’ériger un monument aux morts, on trouve des documents dans deux fonds distincts : les archives communales d’une part, encore en mairie ou déposées aux Archives départementales, et la sous-série 2. O. des Archives départementales d’autre part, alimentée des données de la préfecture. Avant les travaux, la commune doit rassembler et envoyer au préfet plusieurs documents : la délibération communale actant de l’intention d’élever un monument, un devis ou une convention, voire un contrat de gré à gré entre la commune et l’exécutant du monument et une note précisant le financement du projet. Le monument est généralement décrit avec précision dans le devis, mais il fait aussi souvent l’objet d’un croquis ou d’une référence de catalogue. Le dossier comporte aussi parfois un avis de souscription, une coupure de presse, des correspondances diverses avec la préfecture, l’artiste ou l’entreprise, un mécène, etc. D’autres sources d’archives peuvent être consultées, comme les cartes postales anciennes ou la presse de l’époque.

Pour Saint-Mathieu-de-Tréviers, si les archives communales déposées aux Archives départementales sont lacunaires sur le sujet, le dossier en provenance des services préfectoraux est, quant à lui, plus complet ; même si on peut déplorer, par exemple, l’absence de croquis ou de coupures de presse relatant l’inauguration du monument. Ce dossier ne concerne que le monument laïc érigé en 1928. Le travail de recherche repose essentiellement sur l’étude de textes de loi, de circulaires ministérielles, de correspondances, d’avis, de traités de gré à gré, de délibérations communales, de registres d’état civil, de registres matricules et de cartes postales. Les sous-séries 1. O. (Généralités et affaires intercommunales), 2. O. (Dossiers d’administration communale), 1. R. (Préparation militaire et recrutement de l’armée) et 2. Fi. CP. (Cartes postales de l’Hérault) ; la série PUB (Archives numérisées de complément) sont à consulter en priorité. D’autres fonds peuvent faire l’objet d’investigations supplémentaires, notamment pour en savoir un peu plus sur les soldats dont les noms figurent sur le monument : sous-série 3. E. (État civil) et sous-série 6. M. (Population. Affaires économiques. Statistiques) par exemple. La série DOC. (presse locale : L’Éclair et Le Petit méridional) peut être également interrogée pour mettre la main sur d’éventuelles informations quant à l’inauguration du(des) monument(s) aux morts ; même si ces quotidiens restent difficiles d’accès lorsque l’on n’a pas une date précise à rechercher. Face à la pauvreté des documents iconographiques – une seule carte postale conservée aux Archives départementales et une autre « dénichée » sur Internet – représentant le monument aux morts de la commune au début du XXe siècle, le corpus de vues de ce monument est enrichi par des photographies réalisées au cours de l’été 2018.

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

14

Auteur(s)

Fred CHAUVET

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf