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Description

Les monnaies mérovingiennes de la collection Calixte Cavalier (1820-1888)

*Historien et numismate, ancien conservateur de la collection nationale de numismatique des Pays-Bas,
actuellement chercheur à l’Université de Leyde, a.pol@arch.leidenuniv.nl
où il s’occupe de l’inventaire et de l’interprétation (production et circulation) des monnaies d’or des VI-VIIèmes siècles
en bâtissant la base de données Corpus des Monnaies Mérovingiennes (CMM).

[En 2010, une équipe de numismates : G. Gentric, A. Geiser-Margarot, S. Nieto-Pelletier, J.-C. Richard Ralite a publié le Catalogue des 183 monnaies antiques, ibériques et gauloises, de la collection Calixte Cavalier léguée a la Ville de Montpellier en 1888. Le professeur et médecin Calixte Cavalier (1820-1888) avait acquis la collection du montpelliérain Fortuné Marie Sauvadet (1812-1869), contrôleur des contributions directes et membre de la Société archéologique de Montpellier. Cette collection est souvent citée par F. Poey d’Avant dans ses Monnaies féodales de France parues en 1858-1862. Cavalier continua d’augmenter la collection originelle par de nombreuses acquisitions avec une prédilection pour les monnaies françaises. La collection venait d’être publiée par l’avocat Émile Bonnet en 1898, et le chapitre « Monnaies françaises » de ce catalogue présentait dix-huit monnaies mérovingiennes (sans illustrations) sous les numéros 372 à 389, accrues pour l’occasion de deux pièces burgondes antérieurement décrites parmi les monnaies byzantines (nos 316-317). M. Michel Dhénin, conservateur en chef au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale, fut sollicité pour en rédiger l’étude mais, apres une première reconnaissance, décida de confier la publication définitive a M. Arent Pol, spécialiste de ces monnayages. Ainsi cet ensemble se trouvera-t-il à la disposition de tous les chercheurs et permettra-t-il aux monographies d’ateliers de disposer de nouveaux exemplaires. N.D.L.R.]

L’autorité centrale de l’Empire romain a disparu dans les provinces occidentales au cours du Ve siècle, mais pas son système monétaire. Les monnaies anciennes et récentes restaient en circulation et de nouveaux exemplaires continuaient d’être importés dans les nouveaux royaumes germaniques de l’Europe occidentale. Les Ostrogoths et plus tard les Lombards qui trouvaient place en Italie, les Suèves en Espagne, les Burgondes et Visigoths en France, les Francs en Belgique et Nord de la France, tous ces nouveaux arrivants formaient une couche superficielle qui transforme la société peu a peu, comme eux-mêmes étaient transformés par la société romaine ou romanisée dans laquelle ils sont tombés (après les influences de l’Empire déjà reçues dans les siècles passés). Des les environs de 500, ces « peuples barbares » – et quelques uns déjà bien avant – s’occupaient de produire des imitations de monnaies plus ou moins fiables selon des critères externes ou internes (dans une première phase, la qualité du métal était conservée pour frapper des monnaies presque d’or pur comme les Byzantins), et les inscrire aux noms des empereurs actuels. Mais après une certaine période – nous parlons maintenant de la situation dans la sphère d’influence des Francs (qui ont succédé aux Burgondes et Visigoths en France) – le titre d’or devint lentement plus faible : le style des dessins et la lisibilité des légendes ont dégénéré jusqu’à un niveau inférieur. Des le commencement du dernier quart du Ve siècle, on observe des changements et des signes de restauration. On pourrait appliquer le terme de « réforme monétaire », mais il ne s’agit pas d’une occasion unique et ultime mais, plutôt, d’un rassemblement de mesures séparées grosso modo effectuées en même temps. Aucun de ces changements n’a laissé de trace dans les sources écrites (conservées en petit nombre), mais on pourrait trouver une évidence de leur existence historique par la cohérence présente dans La production monétaire, c’est à dire des aspects tels que métal, valeur ou dénomination, type et légendes, poids et titre. Le roi est presqu’invisible – seulement environ 5 % des monnaies portent son nom. Mais sans doute peut-on accepter sa « presence » en raison de cette cohérence parmi les monnaies frappées dans au moins 800 ateliers différents et par au moins 1200 monétaires identifies au cours du siècle entre environ 575 et 675. Vers cette dernière date la production des monnaies d’or est terminée en faveur de l’argent, après la diminution systématique et continuelle de la proportion de l’or pendant une période de cent ans. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2017

Nombre de pages

9

Auteur(s)

Arent POL

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf