2.00

Description

Les monnaies de la grotte de Mounios
(Le Gros, Hérault) sur le plateau de Larzac

Jean-Claude RICHARD RALITE *,
avec la collaboration de
Michel DHENIN **, Gisèle GENTRIC *** et Gérard MAREAU ****

* Directeur de recherche (er) CNRS, Centre Camille Jullian. Université d’Aix-en-Provence.
** Conservateur général (er), Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale.
*** professeure agrégée d’histoire (er).
**** président du Groupe Archéologique du Lodévois.

« Et devant une grotte profonde qui, surplombée de roches, se creuse dans la montagne, cœur des forces naturelles où l’homme n’est pour rien, ton âme palpitera pressentant le divin »

(Sénèque, Lettres, IV ; La citation de Sénèque est empruntée à Vidal 2000, p. 65)

La grotte de Mounios (Le Cros, Hérault) qui s’ouvre sur le flan d’un petit relief, à 690 m d’altitude, a son entrée défendue par un bâtiment de plan carré (4m. de côté environ) qui marque une occupation historique probablement liée à une cave d’affinage de fromages de brebis. Une vaste galerie descend sur une soixantaine de mètres avant de connaître deux autres départs, l’un de 25 m environ, l’autre de plus de 100 m. Le matériel archéologique observé en surface ou dans des sondages permettrait de distinguer des utilisations différentes selon les périodes : utilisation sépulcrale au Néolithique final et récupération et stockage d’eau, sanctuaire (avec de nombreuses offrandes) et citerne (nombreuses amphores). Elle est située sur la bordure méridionale du plateau de Larzac et à proximité des voies, connues surtout pour la période romaine mais qui ont pu succéder à des voies plus anciennes, qui liaient la plaine méditerranéenne au Rouergue et, d’autre part, la région nîmoise à Millau (SCHAAD 2011, 25, 27).

Cette grotte a connu depuis le dix-neuvième siècle (MAZAURIC 1906, 67-68) de nombreux visiteurs (promeneurs, spéléologues, archéologues) dont les passages ont bouleversé les sols et qui n’ont pas hésité à prélever, de façon officielle ou non, des vestiges archéologiques bien souvent dispersés aujourd’hui. En 1964,1980, 1989 et 1995 ce site a fait l’objet de notices qui ont été synthétisées en 1998, dans la Carte Archéologique de la Gaule, Le Lodévois (SCHNEIDER-GARCIA 1998, 191).

Notre but, aujourd’hui, est de faire connaître, de façon précise les monnaies qui furent mises au jour. Les découvertes anciennes sont seulement signalées sans description complète et sans reproduction. En 1906, F. Mazauric parle de « cinq petites monnaies en bronze dont quatre appartiennent au monnayage de Marseille avec tête de Diane et revers du taureau cornupète. La cinquième représente le type connu des Volques Arécomiques au revers du démos debout tenant une palme » il s’agit donc de petits bronzes au taureau cornupète – sans pouvoir en donner le classement – et d’un bronze des Arécomiques, type BN 2677. C’est aussi le cas d’un as de Nîmes au crocodile de la collection de l’abbé Perez, signalé par le chanoine J. Giry.

En 1980 (RICHARD 1980) nous avons publié les quinze monnaies découvertes dans les fouilles Bousquet (BOUSQUET 1980) et nous avons eu connaissance de trois monnaies réunies par le Groupe Archéologique du Lodévois.

Le lot le plus conséquent est celui qui a été acquis, en 1990, auprès d’un numismate professionnel, par le Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale de France, et qui a été inventorié sous les numéros 1990-420 à 1990-578, soit 157 monnaies et deux rouelles.

Ce sont donc ces quatre ensembles, soit 182 documents, de provenance certaine que nous réunissons en un seul ensemble qui est donc représentatif du site même si nous ne connaissons pas la totalité des monnaies déposées en offrandes dans cette « grotte-sanctuaire ». Le catalogue détaillé se trouve en Annexe présenté selon les rubriques traditionnelles.

Nous présentons un tableau général (Fig. 1) avec les catégories suivantes : Monnaies de Marseille, Monnaies gauloises préimpériales, Monnaies des colonies de la Gaule (Nîmes, Vienne), Monnaies romaines (Haut et Bas Empire).

Les monnaies d’origine romaine (ateliers coloniaux ou ateliers de Rome), au nombre de 12 ne sont pas réellement significatives par rapport aux 168 autres (7 %). Par contre les 53 petits bronzes de Marseille qui constituent le tiers des séries pré-augustéennes, constituent un élément d’autant plus important que ces séries sont surtout présentes en nombre sur les sites de la plaine du bas-Languedoc et deviennent de plus en plus rares lorsqu’on s’en éloigne vers l’Ouest et vers le Nord. Un pourcentage comparable mais nettement moins élevé, se rencontre à La Graufesenque avec 32 exemplaires ce qui y représente 17 % (SCHAAD 2007, 277). […]

Informations complémentaires

Année de publication

2013

Nombre de pages

29

Auteur(s)

Gérard MAREAU, Gisèle GENTRIC, Jean-Claude RICHARD RALITE, Michel DHENIN

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf