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Description

Le volley-ball

Contrairement à beaucoup de sports dont l’origine indécise permet d’imaginer toutes les filiations depuis l’antiquité, voire la préhistoire, les rares historiens du volley-ball se sentent tenus de lui assigner une origine précise, et un acte de naissance clairement repérable. Il serait pourtant possible, comme pour le football ou le tennis, de trouver au volley quelque antécédent formel, prestigieux parce qu’ancien, tel ce jeu de ballon pratiqué en Italie, dans le Trentin, qui lui aussi se base sur la présence d’un filet identique ou d’une corde (rete ou cordino). Mais non, le volley-ball tient à sa modernité, peut-être parce qu’elle est américaine.

Il fait partie du petit nombre de sports que les États-unis ont réussi à largement diffuser de par le monde, au même titre que le basket-ball, dont il est un cousin. En effet, ils émanent tous deux des innovations pédagogiques menées à la fin du XIXe siècle dans les collèges relevant de l’YMCAYoung Men Christian Association – organisation protestante très active internationalement.

Invention et diffusion d’un nouveau sport

En 1895, William Morgan, jeune professeur d’éducation physique à Holyoke, dans le Massachusetts, imagine ce qu’il nomme la  » Mintonette  » : c’est une sorte de mixte entre le tennis (le principe d’un filet séparant deux équipes) et le basket, qu’il à découvert lorsque il était étudiant au collège voisin de Springfield, où il rencontra James Naismith, créateur du basket-ball en 1891.

Nommé en 1894 directeur de l’éducation physique à l’YMCA de Holyoke, Morgan eut l’opportunité d’établir, de développer et de diriger un vaste programme d’exercices et des classes de sport pour les adultes masculins. Ayant implanté le basket dans son école, il constata que ce sport ne convenait pas à tous les étudiants et particulièrement aux businessmen qui fréquentaient l’école le matin. Il chercha donc un jeu davantage récréatif, un jeu où les contacts avec l’adversaire seraient exclus (moins de risque de blessure) mais qui demanderait un engagement physique suffisamment intense : « A la recherche d’un jeu approprié, le tennis se présenta à moi, mais cela nécessitait des raquettes, des balles, un filet et autre équipement. Il fut alors éliminé mais l’idée du filet semblait être bonne. Nous le hissions à une hauteur d’environ 6 pieds, 6 pouces (1 m 98) du sol, juste au-dessus de la tête d’un homme de taille moyenne. Puis nous fûmes amenés à faire fabriquer un ballon en cuir avec vessie en caoutchouc, pesant entre 9 et 12 onces (de 255,15 grammes à 340, 20 grammes) ».

Grâce à ses directeurs de l’éducation physique, l’YMCA adopta la pratique de ce nouveau sport dans toutes ses associations à travers les États-unis et, en 1897, sur la proposition du professeur Halsted, la mintonette devait être rebaptisée volley-ball, un nom qui rappelait le lien de parenté avec le basket et faisait davantage référence à la trajectoire de la balle durant la phase active du jeu.

L’YMCA véhicule alors le volley-ball dans le monde – Canada (1900), Cuba (1905), Chine-Japon (1908), Porto Rico (1909), Philippines (1910) Uruguay et Inde (1912), Brésil, Mexique, Europe, plus certains pays d’Afrique (1917). Cette expansion originelle fait d’ailleurs qu’aujourd’hui, le volley-ball est l’un des sports les plus pratiqués dans le monde.

Il n’est pas sans intérêt de noter que cette diffusion du volley-ball s’accompagne de nombreuses hésitations et variantes dans la structure et les règles du jeu, pendant une longue période. A l’origine, Morgan avait prévu de le faire jouer par des équipes de 9, sur trois lignes distinctes, et sur un terrain qui pouvait mesurer jusqu’à 11 mètres de large sur 22 de long. Le nombre de passes entre partenaires, les règles admises au filet, tant dans l’attaque que dans le contre, fluctuèrent longtemps, et donnèrent lieu à des règles occidentales qui se distinguèrent jusque dans les années 50, de celles adoptées en Asie. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

9

Auteur(s)

Guy LAURANS, Jacques SHAW

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf