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Description

Le tennis : du jeu mondain au phénomène de société

D’origine anglaise, le Lawn Tennis apparaît sous sa forme moderne au début des années 1870. En France, ce sport, importé par les Anglais, connait un succès rapide dans les stations thermales et balnéaires de Normandie, de la Côte Basque et de la Côte d’Azur ainsi que dans les villes les plus exposées à l’influence britannique. Malgré sa position littorale et un climat propice à la pratique, le département de l’Hérault demeure longtemps à l’écart de ce mouvement. Les débuts du tennis y sont timides et, jusqu’à la fin des années 1960, il demeure un sport relativement “ marginal ” dans le département. Cette situation évolue totalement à partir du début des années 1970. Au terme de prés de 40 ans de croissance ininterrompue, le tennis est désormais la deuxième activité sportive du département et, avec 22 000 licenciés officiellement recensés, le sport individuel le plus répandu. En bref, d’un jeu mondain, pratiqué par un groupe restreint de personnes, le tennis est devenu, en un siècle, un véritable “ phénomène de société ” : écrire son histoire, c’est d’abord s’interroger sur les étapes, les ressorts et les acteurs d’une telle mutation.

Il ne faut pas néanmoins minimiser les difficultés et les limites de cette entreprise. Si l’inscription du cas héraultais dans un cadre hexagonal, nécessairement élargi à d’autres champs disciplinaires, ne pose pas problème, la faiblesse de la documentation primaire et de la mémoire locale du tennis constituent des obstacles autrement imposants. Pour les contourner, nous nous sommes appuyés sur les ressources de la presse locale, sur le travail pionnier de François Meuriot, sur quelques dossiers des archives départementales ainsi que sur le dépouillement exhaustif de l’annuaire de la Ligue du Languedoc-Roussillon pour la période 1997­2009. Nous avons aussi pu bénéficier de l’appui de Guy Laurans et de Christian Guiraud qui nous ont dispensé informations, conseils et éclairage. Une part importante des informations recueillies résulte néanmoins de la mobilisation d’un certain nombre d’acteurs locaux du tennis. Certains, avec une grande générosité, nous ont communiqué des documents ou des écrits originaux. D’autres ont sacrifié une partie de leur temps pour répondre à nos questions et éclairer notre démarche.

Le travail sur le corpus ainsi constitué nous a, en tout cas, permis d’individualiser deux grandes phases dans l’histoire du tennis héraultais : une période d’implantation et de développement de la pratique qui – des débuts du tennis à son essor dans l’Entre-deux-guerres et à sa stagnation de 1940 jusqu’aux années 1960 – couvre la période qui s’étend de la fin du XIXème siècle jusqu’au début des années 1970 ; une période de boom qui – du take-off de la pratique jusqu’à la reconfiguration de la scène tennistique locale – correspond à la phase de massification et de démocratisation de l’activité depuis la fin des années 1960 jusqu’à la première décennie du XXIème siècle.

Naissance et développement du tennis dans l’Hérault :
de la fin du XIXème siècle à la fin des années 1960

Du berceau montpelliérain à Lamalou les Bains :
les débuts timides du tennis (fin XIXème à 1914)

Si les premiers clubs sont créés en France au début des années 1870, le tennis n’apparaît dans l’Hérault qu’au début des années 1890. La première mention de ce nouveau sport figure dans le journal mondain la Vie montpelliéraine en décembre 1894. Sous la rubrique « Lawn-tennis », il annonce en effet, sans autre précision, que « la société de tennis qui s’est fondée il y a deux ans à Montpellier et dont les réunions étaient si régulièrement suivies l’année dernière, a repris il y a quelques jours ses activités interrompues pendant la saison d’été ». A la même époque, la pratique du tennis est signalée au lycée de garçons, au sein de l’Université mais aussi à l’intérieur des cercles militaires de la ville, soit dans les milieux – l’armée, les facultés et les lycées – qui fournissent dans toute la France les premiers contingents de tennismen. Sport mondain et citadin, le tennis trouve à Montpellier le terreau social qui va lui permettre d’y prospérer : présence d’une vieille aristocratie, garnison importante, affirmation d’une bourgeoisie négociante et intellectuelle qui bénéficie de l’essor conjoint de la viticulture de masse et de l’université. La sociologie des premiers dirigeants de clubs est à l’unisson : le Cercle militaire, dont l’accès est strictement réservé aux officiers, est présidé par le major de la garnison ; la Société de tennis de Montpellier par le vicomte de Vergnette qui est assisté par Louis Matte, fabricant de chocolat et membre de la Chambre de Commerce. L’acclimatation, dans la préfecture de l’Hérault, de ce sport importé d’Angleterre est­elle facilitée par l’existence dans la ville d’une vieille tradition du tambourin et du jeu de paume (Pézenas) ? Le succès du « Lawn-tennis » y apparaît en tout cas considérable. A la veille de la guerre, le chroniqueur de la Vie montpelliéraine le place en tout cas au firmament du sport montpelliérain : […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

11

Auteur(s)

Philippe LACOMBRADE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf