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Description

Le tambourin : L’histoire singulière d’un sport de tradition régionale

Le jeu de balle au tambourin fait partie de la richesse patrimoniale des jeux « sportifs » du département de l’Hérault, et il serait tentant d’en relever quelques traits spécifiques à la culture méridionale afin de poser définitivement les traces d’une origine indiscutable. Mais la réflexion nous engage à nous préserver des évidences et à rechercher, au-delà de la mémoire des hommes d’aujourd’hui, quelques éléments plus significatifs. En effet, il importe de mieux saisir les fondements d’une activité qui participe de la construction identitaire d’une population.

La naissance du tambourin

Nous savons que ce jeu, ce sport devrions nous écrire, car il est officiellement reconnu comme tel par les instances nationales du Comité Olympique Français depuis 1953, s’implante dans le département de l’Hérault au cours de la seconde moitié du XIXème siècle. Edmond Roques, auteur en 1923 d’un Manuel du jeu de ballon au tambourin , nous rapporte qu’en 1861 « l’équipe des tonneliers de Mèze vint jouer à Pézenas avec des tambourins composés d’un assemblage de cercles de bois mince (…) sur (lesquels) était tendue, d’un seul côté, une peau de porc tannée ».

L’usage d’un nouvel instrument de jeu, l’innovation technique que représente le tambourin, ne peut se comprendre que par l’utilisation de balles adaptées très différentes du… « ballon » utilisé jusqu’alors dans le jeu… de ballon dont nous donnons un bref aperçu ci-dessous. En effet, la technique de fabrication de la balle et les rebonds qu’elle autorise grâce à son élasticité ne peuvent être dissociés de l’analyse du jeu. Dans les premiers temps du tambourin, on peut raisonnablement penser que c’est la balle de la longue paume qui est utilisée, car elle est immédiatement disponible. La mémoire des anciens fait état de l’apparition d’une balle en caoutchouc après la guerre de 1870. Cette indication est à rapprocher de la meilleure maîtrise de ce matériau par sa vulcanisation et sa rapide diffusion, à cette époque, en Europe. Cette technologie, qui va permettre de fabriquer des balles performantes en caoutchouc creux, a toutefois été précédée de balles constituées de fines bandes de caoutchouc découpées directement sur les « poires en latex coagulé ». Ces bandes étaient enroulées autour d’une âme de liège ou de bois et recouvertes d’un fil de laine pour constituer une pelote protégée par une enveloppe de cuir.

Il est étonnant que les historiens de ce jeu aient oublié de décrire la texture de la balle des premiers temps pour ne parler que de l’instrument qui permet de la frapper pour la propulser dans les airs. Pourtant, l’un, le tambourin, ne peut aller sans l’autre, la balle. En effet, les balles employées dans la région, appelées précédemment ballons, étaient dures, relativement grosses et ne pouvaient être renvoyées qu’à l’aide d’un instrument particulièrement résistant : le brassard. Ce dernier était en bois et ressemblait à un manchon à l’intérieur duquel on glissait la main pour saisir une tige transversale. La surface de l’objet était sculptée en pointes de diamant afin de permettre un meilleur effet sur le ballon au moment de la frappe. Ce jeu avec brassard, dont la trace subsiste dans l’appellation de rues ou de places de nos villages sous le nom de jeu de ballon, appliquait les règles de l’antique jeu de longue paume, tout au moins en ce qui concerne le décompte des points et la délimitation de l’espace du jeu. Ce sont ces règles que reprend le jeu de balle au tambourin. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

11

Auteur(s)

Christian GUIRAUD

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf