Il faut rappeler que le handball est l’un des rares sports collectifs majeurs qui ne soit pas d’origine anglo-saxonne. Malgré de possibles antécédents dans la dernière décennie du XIXe siècle, en Tchécoslovaquie – sous le nom de ceska hazena, ou au Danemark, avec le haandbold , le jeu que nous connaissons peut être considéré comme la création d’un Allemand, un professeur d’éducation physique de Berlin, Cari Schellenz, qui propose en 1919 une adaptation du Torball, sorte de « balle au but » pratiqué par les femmes allemandes. Ce hand se joue à onze, sur un grand terrain en plein air. Les pays scandinaves élaborent une version à sept, qui permet de pratiquer en salle pendant l’hiver. Dans l’entre-deux-guerres, le handball ne sort que difficilement de sa zone géographique d’origine. Malgré la création en 1928 d’une première Fédération internationale, et d’une apparition aux Jeux d’Anvers comme sport de démonstration, les premiers championnats du monde avant 1939 ne regroupent, outre l’Allemagne, que l’Autriche, le Danemark et la Suède. Mais déjà en ces occasions, la compétition par équipes de 11 se double d’une autre jouée à 7.

L’installation du handball en France

C’est à partir de 1925 que le handball s’est infiltré en France, plus particulièrement en Alsace, puis au début des années 30 en Lorraine et Franche-Comté, dans sa version de plein air à 11, et semble-t-il surtout au sein du sport « travailliste ». Une première tentative de fédération est même esquissée en 1935 à Metz. A la fin des années 30, le hand apparaît dans les écoles à Paris, et une équipe de France est formée pour participer aux Jeux Mondiaux Universitaires de 1938, à base de joueurs alsaciens et de rugbymen ou de basketteurs.

La période d’occupation allemande va donner un coup de fouet au handball français.

Après quelques péripéties, la premiere FFHB est créée en juillet 1941, avec l’aval du Commissariat aux sports de Jean Borotra. Celui-ci désigne comme président de la nouvelle Fédération René Bouet, alors dirigeant de la Fédération de Tennis de Table. Le premier championnat masculin est organisé dans les deux zones, Nord et Sud, l’occupation allemande ayant évidemment favorisé ce lancement. L’année suivante, en 1942, débutait le premier championnat féminin.

Mais à la Libération, la FFHB qui avait été créée par le régime de Vichy, fut déclarée illégale. Et ce n’est qu’en 1952 que la FFHB, telle que nous la connaissons, est officialisée.

Le premier championnat à sept fut féminin en 1950/1951.

Le championnat masculin à sept débuta en 1952/1953, et le premier match international eut lieu en février 1952 à Bâle, la France étant battue par la Suisse 4 – 14 (joué en trois tiers temps de 20 minutes !). En 1958, la France participe à ses premiers mondiaux à sept en RDA Après trois rencontres et deux défaites, la France n’est pas classée.

C’est en 1972 que le handball devient sport olympique pour les Jeux de Munich. En 1985, sous l’impulsion du Président Jean-Pierre Lacoux, ancien entraîneur national, la FFHB décida de se donner les moyens techniques et financiers afin d’accéder au plus haut niveau mondial.

La hiérarchie des compétitions après de multiples ajustements, permet de distinguer divisions professionnelles et championnats amateurs. Le système actuel (D1 – D2 professionnels – N1, N2 et N3 amateurs) est en fonction depuis 1995.

Depuis le début des années 1990, le handball français est installé au plus haut niveau mondial et accumule les titres. Les hommes ont enlevé le titre olympique à Pékin en 2008, après une médaille de bronze à Barcelone en 1992. Aux championnats du monde, ils sont médaillés à 7 reprises depuis 1993, dont trois fois en or, et aux championnats d’Europe, ils remportent 3 médailles dont 2 titres. Quant aux femmes, elles cumulent 4 podiums, dont un titre mondial en 2003. Ce palmarès impressionnant fait du handball le premier sport collectif français le plus titré.

Les débuts du handball languedocien

La Ligue du Languedoc fut créée en 1957 et déclarée en Préfecture du Gard le 18/01/1958.

Il n’y avait alors que trois clubs, la Jeunesse Athlétique Nîmoise (qui n’existe plus), le Mende Gévaudan Club et le Montpellier Université Club. Ils « s’entrebattaient », jusqu’à quatre confrontations entre les mêmes équipes… pas d’arbitre officiel (c’étaient les joueurs qui arbitraient à tour de rôle, une mi-temps chacun) et les rencontres se jouaient en plein air !

Le MUC, seul club de l’Hérault, fondé par Henri Fialkin, qui avait lancé le hand dans notre région dès 1954, était à cette époque plutôt cosmopolite un Allemand Walter, un Danois Outzen, un Algérien Taleb.

Le Comité de l’Hérault de handball, qui compte actuellement 29 clubs, et 3 800 licenciés dont 35 % de féminines, fut, quant à lui, créé le 22 juin 1962 par le même Henri Fialkin, qui en fut le premier président. Il était également président de la Ligue régionale, transférée à Montpellier, et président du MUC.

Cette année là arriva en tant que Conseiller Technique Régional, Hubert Grillat qui se chargea de développer le hand dans la Ligue et en particulier dans l’Hérault. Les premiers clubs créés outre le MUC, furent ceux de Lodève et de Clermont-l’Hérault.

Comme dans bien d’autres sports, le handball bénéficia à cette époque de l’arrivée des rapatriés d’Algérie, et ainsi de nombreux clubs virent le jour : Plusieurs étaient à vocation corporative, ou simplement de quartier. Parmi les premiers, l’AS Ponts et Chaussées de Montpellier, de Jean-Pierre Lacombe, futur créateur et président du MHB, le Pharmacie Athlétique Club (club de la faculté de pharmacie) le club de la Cité Saint Roch de Montpellier (Président : M. Cabanel), ou encore IBM. Puis vinrent les clubs de Lattes, Frontignan, et même un club de village à Saint Guiraud (les matchs avaient lieu sur la place du village, devant le monument aux morts).

Les principaux Clubs du Comité

Il s’agit des clubs ayant évolué dans les diverses divisions des championnats nationaux:

Le MUC Section Hand Ball

Le MUC fut créé en 1957, sous l’impulsion de M. Fialkin. Il y eut d’abord la section masculine, puis quelques années plus tard fut créée, à partir des athlètes du MUC Athlétisme et des pensionnaires du CREPS, une section féminine.

Accédant rapidement en Championnat de France Excellence, deuxième division nationale de l’époque, l’équipe masculine s’y maintint jusqu’en 1965. Parallèlement, la section féminine créée un an après, s’illustre dans la Coupe Universitaire.

La saison 1968/1969, (le Pharmacie Athlétique Club étant champion du Languedoc en garçons) vit se créer l’Entente PAC-MUC qui allait évoluer en championnat de France Excellence Nationale (l’actuelle N III). Les rencontres se déroulaient au gymnase du Lycée du Mas de Tesse, actuel Gymnase Ostermeyer. L’Entente PAC-MUC vit l’arrivée de plusieurs joueurs : Jean Férignac, gardien de but de l’Équipe de France, qui venait d’être muté au CREPS de Montpellier, Gérard Portes, et Cantagrel de l’ASEA Toulouse. Faisaient également partie de l’équipe Huriez, Jarrousse, Boronad, Rey, Gounard…

En septembre 1968, l’Equipe de France, qui préparait les Mondiaux de 70, était en stage dans la région et faisait deux matchs de démonstration à Frontignan (dans la cour de l’école de filles) et à Mèze (sur le terrain de tambourin). En plein air ! C’étaient les premiers matchs de haut niveau de handball dans notre département.

L'équipe du MUC en 1972
Fig. 1 L'équipe du MUC en 1972. Debout : Vigeau, Martin, Kjellevold, Houet, Ferignac. Accroupis : Gounard, Portes, Aspas, Huriez, Blanquart. Collection : MUC Handball

L’année suivante, le Pharmacie Athlétique Club étant dissous, c’était donc le MUC qui continuait sous son seul nom l’aventure du championnat national, en bénéficiant de l’arrivée de Maurice Portes, international A, Michel Decaix, international d’Athlétisme de lancer du javelot, Michel Bellot, international espoir, et Pierre Houet.

Le MUC retrouvait dans sa poule de championnat Clermont l’Hérault et l’USAM Nîmes.

Lors de la saison 1971/72, le MUC se qualifiait pour les barrages d’accession en Nationale 1, en battant l’équipe du Laetitia de Nantes lors d’un match retour mémorable joué dans un gymnase du Stade Universitaire (actuellement Gymnase Achille) archi-plein, et après avoir remonté ses sept buts de retard (16 à 8) grâce à une défense individuelle de M Portes et du norvégien Daniel Kjellevold sur Magne et J-L Bourasseau. Malheureusement, l’équipe perdait ensuite lors des demi-finales de justesse contre les Alsaciens d’Altkirch.

C’est durant l’intersaison que décédait M. Fialkin, président et mécène du MUC. Décédé également, à la suite d’un malaise cardiaque sur un terrain de football, le gardien de but du MUC Jean-Luc Martin. Le club perdait également B. Bellot qui quittait la région et Jean Férignac arrêtait par la suite la compétition. Ce fut la seule saison en Nationale 1 Masculine du MUC, les rencontres se déroulant sous la halle sportive du stade de football du CREPS, halle qui allait devenir le Gymnase Alain Achille. Pour atteindre les vestiaires, sans eau chaude et non chauffés, il fallait traverser tout le stade de foot, ce qui ne manquait pas d’étonner les équipes parisiennes, et les tribunes étaient des démontables en bois.

Quant aux féminines du MUC, c’est en 1975 qu’elles montaient en N 2, ayant terminé premières du championnat Excellence Régionale, avec à leur tête Louisette Aspas-Prouvoyeur. Après trois saisons à ce niveau, le MUC accédait à la Nationale 1, le plus haut niveau, après avoir terminé devant Vallauris et battu pour la dernière journée l’équipe d’Aix-les-Bains. L’équipe comptait deux internationales, Louisette Aspas, joueuse et entraîneur et la gardienne Marie-Thérèse Bourasseau, qui venait de Nantes, ainsi que les sœurs Mouton, Lapeyrouse, Laperche, Orbay, Cassou, Eyraud, Haumont, Rigal. Le MUC restait deux saisons en Nationale 1 et redescendait les trois suivantes en N 2, Louisette Aspas étant mutée dans le Nord, à Seclin, où elle fit les beaux-jours de cette équipe.

C’est lors de la saison 1982/1983, L. Aspas étant revenue à Montpellier, que le MUC se qualifie pour les barrages d’accession en N 1. Si la première rencontre contre Aix-les- Bains à Montpellier voyait la victoire des mucistes 20 à 18 (les six premiers buts étant l’œuvre de L. Aspas), le second match à Paris contre l’ASPTT, Paris tournait à l’avantage des joueuses de la capitale (25/17). Le MUC devait donc rencontrer sur match aller-retour l’équipe de la J.S Villersexel pour espérer monter en division supérieure. Le premier match avait lieu au Gymnase des Escholiers de la Mosson à La Paillade. Le MUC s’imposait 21 à 14 (8 à 8 à la mi-temps), grâce à son jeu collectif, devant une équipe accrocheuse, pratiquant une défense individuelle très stricte sur la capitaine du MUC, et devant des supporters enchantés. Le match retour, à Viller-sexel fut d’une intensité mémorable. Le MUC, sans sa 2ème buteuse Laure Bonbonnelle, blessée à l’entraînement, et sans Poveda ni Guitteny retenues par des examens, résista bien la première mi-temps (9 à 6), mais les Franc-comtoises rattrapaient leur retard (plus 8 buts à 3 minutes de la fin). Pourtant, grâce encore à L. Aspas auteur d’un but de l’arrière et d’un penalty à 30 secondes de la fin du match, le MUC se qualifiait donc (17 à 23) dans une ambiance surchauffée et devant un public survolté, pour la première division nationale, qu’elle retrouvait donc trois ans après.

L’équipe était composée d’Edith Moreau et Dany Hatier (gardiennes de but), L. Aspas, capitaine entraîneur, L. Bonbonnelle, C. Ousset, Bilger, Canavette, Bouldoire, Vincent, Tortin, Sicard, Poveda et Guitteny. Leur aventure l’année suivante en N 1 ne dura qu’une année, car la modification des championnats les renvoya en 1984/1985 en N 1 B, puis encore en N 2. Le MUC a joué dans les différents championnats nationaux jusqu’en 2006.

Le club de Clermont l'Hérault-Salagou Handball

A l’automne 1963, la rencontre de deux hommes sur un terrain de football est à l’origine d’un club de handball à Clermont-l’Hérault. Bernard Antoine, le Clermontois, joue au football en équipe réserve de Canet avec Christian Lecou, lequel a joué au hand à Ivry et au MUC. En discutant, ils décident de créer un club de hand et contactent H. Grillat, le CTR.

Le club voit le jour en décembre 1963, les premiers joueurs étaient C. Lecou, B. Rouaud, B. Manzanares, Th. Couzine, J. Garcia, L. Villaret, R. Martin, F. Turino, R. Sanchez. Le siège du club se trouvait au bar Le Glacier ; Claude Rouaud, le patron du bar, devint le premier président du club. Après quelques rencontres amicales, la Section handball de La Clermontaise s’affilie à la FFHB en 1964, et participe à sa première compétition officielle, directement en Honneur Régionale. Il n’y avait pas assez de clubs dans l’Hérault pour un championnat départemental. Les premiers matchs se jouent sur le terrain de football, puis sur un terrain tracé sur la place de la gare le dimanche matin, jusqu’à la fin de la saison 1968/1969. Une salle au café Le Glacier sert de vestiaires.

On vit même l’équipe de France et le FC Barcelone en exhibition sur cette place.

Puis Emile Chappert devint président en 1966 (jusqu’en 1975), et en 1967, La Clermontaise accède en Excellence Régionale, gagne la Coupe du Languedoc en 1968 après un match homérique et monte en Excellence Nationale en 1969. Ne possédant pas encore de gymnase, les Clermontois sont contraints de jouer à Montpellier au gymnase du Mas de Tesse, qu’ils partagent avec le MUC. Ils réussissent à se maintenir dans cette compétition jusqu’en 1973:1974 date à laquelle La Clermontaise est rétrogradée en série régionale. Dès la saison 1974/1975, La Clermontaise est sacrée championne d’Excellence Régionale et retrouve la Nationale. Rétrogradée en 1979, l’équipe retrouve en 1985 le Championnat National, qu’elle n’a plus quitté jusqu’à ce jour.

En 1986, Jean-Pierre Meraud, sous-directeur du Centre d’Education Surveillée d’Aniane, arrive en tant qu’entraîneur au club. Ce qui va être bénéfique pour la Clermontaise.

Dès 1987, l’équipe de Clermont-l’Hérault termine première de sa poule après un duel acharné contre Nousty et dispute la phase finale du Championnat de France à Sedan contre Bois-Colombes, La Seyne et l’ASPTT de Paris : terminant à la 3ème place, elle accède ainsi à la Nationale 2.

C’est à ce moment là que naît l’Entente Clermont-l’Hérault – Lodève, qui va fonctionner durant quatre ans. Et en 1995, l’Entente, terminant 2ème de sa poule, se qualifie pour la Nationale 1, le plus haut niveau amateur.

La Clermontaise reprenant son autonomie, devient le HBC Clermont-Salagou et va évoluer à ce niveau durant trois saisons jusqu’en 1998. Entraînée la première année par Michel Vidal, l’équipe est composée des Faustin, Rebichon, Diaz, Rey, Lameyre, Castan, Montoya, Georgel, Meaux, Balmossière et parvient à se maintenir grâce à ses victoires à domicile. La seconde saison (1997/1998) avec les recrues Dadi, Boudiaf, fut aussi dure et le maintien difficilement assuré grâce à un goal average favorable et une magnifique victoire contre Mougins (32/18), l’entraîneur étant Eric Lameyre. La troisième saison fut la dernière à ce niveau, malgré quelques belles victoires, comme contre Billère, et l’équipe rétrograda, faute de moyens, malgré les arrivées de Yann Lefayer, Pierre Pham Abri Sébastien Durremeyer. Le HBC Clermont-Salagou a évolué en Nationale 3 jusqu’en 2008 et opère actuellement en championnat régional.

Le Club de Frontignan-Thau Handball

Le Thau Handball fut créé en 1991. Il est né de la fusion de trois clubs de l’étang de Thau, sous l’impulsion de Michel Hachacq (président du Frontignan AC), de Jeannot Laurent (Président de l’Olympique Sétois Jolio-Curie) et d’Elie Pelegrin (Président de l’Olympique de Mèze). Dès la saison 1992/1993, le Thau Handball devenait champion d’Excellence Régionale et accédait à la Nationale 3.

Arrivait alors au club Brako Karabatic, ex-gardien de but de l’équipe nationale yougoslave, en qualité d’entraîneur. Le président est Bernard Canerie qui, grâce à un partenariat avec le Montpellier Handball, attira des joueurs de niveau supérieur (Bons Rozelet, Fred Silly, Jean-Pierre Fichera, Fréderic Grasset…). C’est la saison 1994/1995 qui vit l’aboutissement de cette politique ambitieuse, grâce au titre de Champion de France de Nationale 3 gagné de haute lutte. L’arrivée au club de joueurs ayant évolué en 1ère division (le gardien Fathi Belkhir, Yann Quintin et le Yougoslave Davor Bratzljacic) fit que le Thau Handball termina premier de sa poule de Nationale 3, laissant à 5 points derrière lui son principal adversaire, et se qualifia pour la phase finale métropolitaine. Lors de cette finale, le Thau Handball battit successivement les joueurs du Val de Rueil-Louviers, puis en finale ceux de Strasbourg. Ne lui restait donc qu’à se rendre en Martinique pour tenter de ravir le titre réunifié de Champion de France et d’Outre-Mer. Ce qui fut fait de façon magistrale en battant, sous une chaleur étouffante, les Martiniquais de l’Étoile de Gondo (27-24), puis les Guadeloupéens des Cygnes Noirs de Basse Terre (30-28 et grâce à 10 buts de D. Bratzljacic) et enfin l’AJSE de Guyane. Le retour à Frontignan, on s’en doute, fut triomphal.

Après plusieurs saisons en Nationale 2, le Thau Handball châtait en Nationale 3 en 2000, puis en Pré-nationale régionale en 2001. C’est lors de la saison 2002/2003, avec l’arrivée à la tête du club du président Jean Garait et de l’entraîneur Jean-Paul Martinet (ex entraîneur de l’équipe de France féminine) que le Thau Handball remontait en Nationale 3 et en 2005/2006 en Nationale 2, après avoir éliminé lors des barrages d’accession l’équipe de Saint Etienne (29-26 et 22-21).

Le club évolue actuellement en Nationale 3 pour les équipes masculines et féminines.

Le Montpellier Handball

Au début était le Cosmos… En effet, c’est en 1982 que Jean-Pierre Lacombe, quittant l’ASBAM, créait le Cosmos, petit club de quartier qui allait devenir le premier club français et un des plus grands d’Europe ! Il débutait au niveau le plus bas, et après avoir remporté les titres successivement de champion départemental et régional, le Cosmos accédait à la Nationale III en 1986 et terminait 3ème dès sa première saison à ce niveau. Cette équipe était entraînée par Lucien Courdesse et Bernard Eugster.

En 1987, J.-P. Lacombe contacte Louis Nicollin et le Cosmos devient le Montpellier Paillade Sport Club. Arrivent au club des moyens financiers et Philippe Medard, le gardien de but de l’équipe de France. Cette année-là, le MPSC devient champion de N III et accède à la N II. La finale contre le champion des DOM-TOM, l’équipe de Saint Pierre, se déroule à La Réunion, dans un gymnase plein comme un œuf (4 000 spectateurs), dans une ambiance indescriptible et festive, en direct à la télévision et sur les radios locales. En face, un jeune joueur de 18 ans, un certain Jackson Richardson, survole la rencontre qui, pleine de rebondissements, est perdue d’un seul but par le MPSC.

La saison suivante, 1988/1989, le MPSC, avec Stéphane Stoecklin, devient champion de N II et accède à la N 1 B tout en remportant le Challenge de France.

C’est en 1989/1990 que le MPSC devient le Montpellier Handball. L’entraîneur est Jean-Luc Pagès, entraîneur-adjoint de l’équipe de France, et les nouvelles recrues se nomment Frédéric et Grégory Anquetil, et Abelkrim Bendjemil, un international algérien. Le MHB termine 3ème pour sa première saison en N 1 B.

La saison suivante, 1990/1991 le MHB ne termine que 4ème malgré l’arrivée de Laurent Puigsegur. 1991/1992 voit l’arrivée d’un nouvel entraîneur, Guy Petitgirard, et malgré une première partie de championnat difficile, le MHB termine premier et accède à l’élite du handball français, la N 1 A, grâce à un match déterminant contre Livry-Gargan (23/20) le leader. Pour sa première saison dans l’élite, le MHB, qui voit l’arrivée de Andrei Golic, Pascal Mahé, Yann Quintin, va terminer 5ème et se qualifier pour la Coupe d’Europe EHF (il sera éliminé en 1/8ème de finale). La saison suivante, le MHB, qui enregistre l’arrivée de Marc Wiltberger, second buteur de Nationale 1 A, termine troisième et se qualifie à nouveau pour la Coupe d’Europe EHF.

Pour la saison 1994/1995, J.-P Lacombe recrute un jeune entraîneur, plein d’avenir, Patrice Canayer. Le MHB sera champion de France à la suite d’un match mémorable contre l’OM-Vitrolles de Frédéric Volle et J. Richarson, titre arraché dans les dernières secondes, grâce à un match nul (19/19) et une dernière attaque des Marseillais qui échoue !

1995/1996 sera une saison de transition, le MHB terminant 4ème et atteignant encore les 1/8ème de finale de la coupe d’Europe des Clubs Champions.

1996/1997, le MHB, avec les recrues Rabah Gherbi, Gabriel Toacsen et Laurent Busselier, joue en Coupe d’Europe contre Lisbonne et perd à l’extérieur 22/16. Au match retour, au gymnase Bougnol, le MHB, en fin de rencontre, réalise un exploit en réalisant le même score qu’à l’aller : ce sera donc aux penalties, grâce à Daouda Karaboué auteur de trois arrêts. Le MHB est donc qualifié pour un 1/8ème de finale contre le CSKA Moscou, qui perd 24/18 à Montpellier (grâce à 9 buts de Patrick Casal) et un match nul en Russie (17/17). Les Montpelliérains sont malheureusement éliminés en 1/4 de finale par Granollers catalans (21/20 à l’aller pour le MHB mais 26/24 au retour malgré 6 buts d’avance à la mi-temps).

La saison 1997/1998 voit la disparition du Président fondateur du MHB Jean-Paul Lacombe. Malgré cette épreuve, le MHB remporte le championnat de France pour la deuxième fois, après un mano a mano avec Chambéry. 1998/1999, le MHB est encore Champion de France et vainqueur de la Coupe de France en battant Toulouse en finale. Il termine 2ème de sa poule en Coupe d’Europe. 1999/2000, Cédric Burdet quitte le club et Jérome Fernandez est recruté. Et le MHB remporte le doublé Championnat de France / Coupe de France, et est à nouveau 2ème de sa poule en Coupe d’Europe des Champions. 2000/2001, ce sont Thierry Omeyer et Bruno Martini, les deux gardiens de but de l’équipe de France, qui signent à Montpellier, ainsi que le Suédois Martin Frandesjo et l’Egyptien Ashrad Awad. C’est l’année des Championnats du Monde, une poule se déroulant à Montpellier. La France remporte le titre mondial avec sept internationaux montpelliérains : F. Anquetil, A. Golic, L. Puigsegur, J. Fernandez, D. Dinard, B. Martini et T. Omeyer, lesquels seront reçus triomphalement sur la Comédie au milieu d’une foule considérable. Le MHB ne sera pas champion de France, mais se qualifiera pour les quart de finales de la Coupe d’Europe des Champions. Il gagnera quand même la Coupe de France.

Pour ses vingt ans, le MHB va faire une exceptionnelle saison 2001/2002. Il sera encore pour la 5ème fois Champion de France, vainqueur pour la 4ème fois de la Coupe de France et quart de finaliste de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe, avec les jeunes Frank Junillon, Mickael Guigou, Nikola Karabatic et l’international tunisien Sobhi Sioud.

Saison 2002/2003, l’année du sacre ! Le MHB remporte non seulement le doublé Championnat de France et Coupe de France, mais aussi et surtout la Ligue des Champions à la suite de la finale mémorable du samedi 3 mai 2003 contre l’équipe de Pampelune de J. Richardson. En effet, après s’être effondré en fin de match aller en Espagne, perdu 27/19, le MHB, avec ses « guerriers » Dinard, Kabenguélé, Karaboué, Burdet, Bojinovic, F. Anquetil, T. Omeyer… remonte son handicap grâce à un tir de l’aile en suspension et dans le dos de Guigou ! Si le Palais des Sports était plein à craquer et en folie (tout le monde est debout et applaudit, tandis que Dinard et Kabenguélé en fin de match dansent sur le rythme des applaudissements), que dire des 5 000 personnes sur la Place de la Comédie qui assistaient à la rencontre retransmise sur un écran géant ? Et c’est sur le score de 31 à 19 que le MHB est donc sacré CHAMPION d’EUROPE ! La réception qui suivit sur la Place de la Comédie et à l’Opéra fut grandiose, le trophée fut brandi par Anquetil depuis le balcon de l’Opéra sous les acclamations de la foule !

C’est huit jours plus tard que le MHB, dans sa salle, remporte son 6ème titre de Champion de France en battant Créteil 28 à 22, devant Chambéry, dans une explosion de joie du public montpelliérain et après avoir mené 17/5 à la 33ème minute ! La Coupe de France était gagnée, à la suite d’une saison éprouvante (46 matchs effectués) à Nîmes contre Créteil, qui cette fois ci, s’accrocha (21/20). Mais que faire contre la meilleure équipe d’Europe ?

2010 - Match de la Ligue des Champions
Fig. 2 2010 - Match de la Ligue des Champions MAHB/CONSTANTA (roumain) :
Passe de W. Accambray (7) à Vid Kavticnik (23). Collection : MAHB
2010 - Match de la Ligue des Champions
Fig. 3 2010 - Match de la Ligue des Champions MAHBISZEGED (Hongrois).
Collection : MAHB

En 2003/2004, le MHB était encore Champion de France, toujours devant Créteil et Chambéry, et remportait la Coupe de la Ligue, pour la première fois de son histoire, 26 à 23 contre encore Créteil. En coupe d’Europe, le MHB ne passait pas les 1/8ème de finale, Dinard, B. Martini, C. Burdet étant partis sous d’autres cieux.

2004/2005 fut l’année du triplé Championnat de France (devant Paris), Coupe de France (Chambéry battu en finale 31 à 22) et Coupe de la Ligue.

Le Montpellier Handball (MHB), devenu entre-temps le Montpellier-Agglomération Handball (MAHB) est de loin le club le plus titré de France (1er club français champion d’Europe, 12 titres de Champion de France, 10 Coupes de France, 6 Coupes de la Ligue).

Dans cette présentation du handball héraultais sont cités les clubs ayant évolué au niveau national, sans oublier Jacou qui, en 2006, pour sa troisième saison en Nationale III termine première de sa poule, accède à la Nationale II et termine troisième du tournoi final derrière la Martinique et Fleury-les-Aubais. Jacou n’a pas quitté ce niveau depuis et, ayant été entrainé durant une saison par Laurent Puigsegur, champion du Monde, vise la Nationale 1 et plus peut-être ?

Il ne faut pas oublier tous les petits clubs qui ont formé le vivier du handball départemental. C’est grâce aux nombreux bénévoles qui ont offert de leur temps que cette discipline continue de véhiculer des valeurs éducatives essentielles, telles que le respect, le partage, la solidarité, l’effort.

2010 - Match de la Ligue des Champions
Fig. 4 2010 - Match de la Ligue des Champions MAHB/SZEGED (Hongrois) :
N. Karabatic en attaque au prise avec les Hongrois. Collection : MAHB
2010 - Match de la Ligue des Champions
Fig. 5 2010 - Match de la Ligue des Champions MAHB/SZEGED (Hongrois).
Collection : MAHB

Bibliographie

Jean-Pierre LACOUX, Histoire et histoires du Handball Français, 1932-1996, FFHB, 1998

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