Le Comité du Languedoc de l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques
Le Comité du Languedoc de l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques
* Professeur agrégé. Docteur en sociologie.
La dynamique de construction de l’institution sportive 1 nous interroge sur les logiques sociales qui la soutiennent. L’observation de la première structure de coordination des sports d’origine anglaise 2 dans le département de l’Hérault, et plus largement la région Languedoc-Roussillon, constitue un objet d’étude particulièrement stimulant pour mieux comprendre la genèse de ce qui deviendra, à partir des années 1980, un centre d’intérêt majeur des politiques publiques départementales ou régionales 3.
Une structure centrale, l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USESA) est fondée à Paris, en 1889, sous l’impulsion de Georges de Saint-Clair 4. C’est une fédération multisports qui, au nom de l’amateurisme, prétend contrôler et organiser tous les sports 5 en France. Les annuaires de cette Union mentionnent l’année 1887 comme année de fondation, mais c’est contestable car il s’agit de la date de la création, par Georges de Saint-Clair, de l’Union des Sociétés Françaises de Courses à Pied (USFCP). Pour la vérité historique, nous retenons que 1′USFSA est née dans le berceau de cette première Union. Mais ce qui nous intéresse dans cet article consiste à expliquer comment l’USFSA a mis en place, et avec qui, une organisation déconcentrée au niveau régional. Le projet général avait prévu d’instituer « en France et en Algérie, dans les colonies et protectorats français, des comités régionaux auxquels sont rattachées toutes les sociétés de la région, représentées par des délégués. » 6 Le Languedoc est, à partir de 1897, rattaché à la grande région dite du Sud dont le siège social se situe à Toulouse. Il faut attendre le 19 mars 1906 pour qu’un Comité régional du Languedoc soit enfin en capacité d’assurer une gestion autonome des sports en Languedoc 7.
L’implantation de ce comité à Sète (Cette 8) mérite d’être expliquée car cette ville ne semble pas avoir la même « force » symbolique, économique et/ou administrative, que celle des pôles urbains importants en ce début de siècle, Montpellier, Nîmes, Perpignan, ou même Béziers. Est-ce un effet de sa « centralité » géographique dans le département, voire la région, ou bien doit-on prendre en compte d’autres facteurs 9 ?
Un premier constat nous permet de relever que ce port constitue une ouverture sur le monde et permet des échanges économiques avec le bassin méditerranéen, voire au-delà vers les colonies d’Afrique ou le Chili. Cette position peut expliquer une écoute plus favorable aux innovations venues de l’extérieur et une plus grande disponibilité des élites locales dans l’adoption de nouveaux styles de vie. La situation géographique de cette ville en fait aussi un nœud ferroviaire qui assure la liaison entre le réseau du Midi (Sud-ouest de la France) et le Paris-Lyon-Méditerranée (vallée du Rhône). Ainsi, les diverses productions agricoles, minières ou industrielles peuvent être acheminées sur les lieux de consommation ou de transformation grâce à cette plate-forme de communication d’un intérêt stratégique essentiel. Cette position est encore renforcée si on y ajoute une interconnexion au réseau fluvial par les canaux du Midi et du Rhône à Sète. Cette situation facilite-t-elle les échanges sportifs en parallèle des échanges économiques ? Existe-t-il des liens significatifs entre ces deux pratiques sociales ? La réponse est affirmative comme nous avons pu le souligner dans un article antérieur 10 qui explique les avantages stratégiques de ce port dans les réseaux de communication modernes.
Un regard sur la situation économique de cette période indique que « les produits élaborés dans les usines et les maisons de commerce sétoises sont pour l’essentiel expédiés vers le marché français, soit par chemin de fer, soit par canaux. La gare du PLM a un trafic supérieur à celui de la gare du Midi de même que le trafic du canal du Rhône à Sète est plus important que celui du canal du Midi ce qui témoigne d’un courant d’échanges plus soutenu avec la vallée du Rhône et le nord de la France qu’avec le sud-ouest 11 ». Ces échanges privilégiés vers l’Est du pays peuvent-ils induire une relation identique au plan des rencontres sportives et privilégier l’implantation de certains sports ?
Sur un plan plus général, les sociétés sportives qui se créent à la fin du XIXe siècle et au début du XXe dans le département de l’Hérault sont, pour la plupart, éclectiques 12 et pratiquent, en fonction des aléas du calendrier ou des défis, aussi bien le football (dit football-association) que le rugby (dit football-rugby) et complètent leurs activités par la pratique de l’athlétisme, voire plus rarement la natation. Les clubs de tennis, autre pratique sportive importée d’Angleterre, semblent parfois échapper à cette polyvalence en se confinant à une sociabilité plus élitiste. Au fil du temps, le niveau de la pratique sportive et le nombre de rencontres augmentant, une spécialisation 13 s’impose et détermine des choix. Si l’on doit choisir entre le football et le rugby, il semble que la proximité spatiale d’un pôle important dans un de ces sports constitue un facteur déterminant. En effet, avant la Grande Guerre, l’Olympique de Cette constitue très certainement ce pôle de référence par ses succès au plan national en football-association. Mais cette interprétation ne peut relever d’un « effet mécanique » comme en témoigne le peu d’emprise du rugby en région montpelliéraine après les succès du Stade Montpelliérain, de l’Union Sportive des Étudiants de Montpellier ou du Montpellier Sportif 14 au début du siècle, alors que cet … « accrochage » central est bien affirmé et vérifié dans le Biterrois.
Dans le champ de la concurrence sportive, il existe également d’autres sociétés qui pratiquent des activités déjà bien inscrites dans la culture corporelle régionale comme la gymnastique, le tir ou l’escrime 15. Nous n’oublions pas non plus les usages festifs corporels traditionnels comme les joutes languedociennes, la course camarguaise ou la balle au tambourin. Enfin, il est souhaitable de retenir l’impact très important du cyclisme qui s’est implanté dès 1881 au sein de nombreuses localités du département de l’Hérault et du Languedoc. Toutefois ces pratiques n’entrent pas dans le cadre des activités coordonnées par le comité du Languedoc de l’USFSA, car seulement cinq commissions sportives y sont organisées : le rugby, le football, l’athlétisme, le tennis et la natation 16. Pour l’ensemble des activités sportives, il faudra attendre l’après guerre 14-18 pour construire les structures nationales spécialisées 17, puis les structures déconcentrées sous la forme de ligues ou comités régionaux, enfin, dans les années 70-80 leur extension aux comités départementaux ou délégations départementales.
L’historien Pierre Arnaud 18 considère que la finalité commune de ces groupements de personnes est entièrement ordonnée à la promotion des pratiques d’exercices :
« Sociétés de Gymnastique, de tir, de joutes (…) d’escrime, de régates, de sports athlétiques, etc., ont en commun de placer au centre de leurs préoccupations leur propre développement, indissociablement lié à la diffusion d’un idéal ou d’un système de valeurs (…) – indice de – transformation des attitudes et des mentalités. L’avènement du mouvement sport associatif est contemporain des mutations sociales, politiques, économiques, industrielles ou, plus globalement, culturelles de la société française à partir des années 1850. Mais il est, plus vraisemblablement encore, lié aux mutations sociodémographiques qui ont présidé aux mouvements d’industrialisation et d’urbanisation. »
Ceci étant posé, comment expliquer la plus grande densité héraultaise du rugby biterrois et celle du football dans le Montpelliérais ? Est-ce lié à une forme de prosélytisme sportif spécifique au sein du Comité du Languedoc de l’USFSA ? Qui sont les hommes qui prennent en main la destinée du sport héraultais en ce début de siècle et dont les principaux responsables sont d’origine sétoise ? Quelles sont leurs initiatives et les raisons des choix effectués ? Quels en sont les enjeux sportifs, voire économiques et politiques 19 ?
La spécificité du lieu implique d’en comprendre la genèse démographique faite d’une très importante immigration d’origine étrangère. Les travaux de Jean Sagnes 20 soulignent cet apport dans la construction de la « sociabilité sétoise »
« … Ces emprunts ne préservent jamais les nouveaux arrivants d’une certaine hostilité que seul le temps fait disparaître. Aucune communauté étrangère ou réputée telle ne fut et n’est épargnée : Allemands et autres ressortissants de l’Europe du Nord, Italiens, Espagnols et aujourd’hui Maghrébins (…) Le milieu socioculturel d’origine de ces étrangers est essentiel pour la rapidité de leur insertion : les Nordiques d’origine bourgeoise sont vite adoptés mais, les Méditerranéens exerçant des métiers manuels se heurtent (…) à des difficultés plus grandes. A cet égard, les Églises, les partis, les syndicats, les sociétés sportives fonctionnent comme des structures d’accueil privilégiées pour les étrangers ou les descendants d’étrangers. Malgré ces difficultés, le brassage de plusieurs cultures a incontestablement contribué à façonner la sociabilité sétoise à tous les niveaux aussi bien celui de l’expression littéraire et artistique que celui du comportement le plus quotidien… »
Cette analyse se retrouve-t-elle dans la fondation du Comité du Languedoc de l’USFSA ? Les premiers dirigeants sont-ils des migrants d’origine étrangère ou originaires d’autres départements français ? Doit-on y ajouter l’interprétation suivante ?
« Une des caractéristiques de la sociabilité sétoise est la place réduite accordée pendant longtemps aux femmes et qu’illustre parfaitement, outre les sports d’hommes déjà signalés, la pratique de la sortie dominicale aux « baraquettes ». La baraquette (…) est un lieu de rencontre exclusivement masculin le dimanche et les jours de fête (…). Ce n’est que durant l’entre deux guerres que les femmes et les enfants ont été progressivement admis (…). On sait comment une trop stricte séparation entre les sexes facilite le développement de la prostitution, que suscite à Sète la présence d’une importante population de marins, avec son corollaire, le milieu (…) » 21
La main mise sur l’organisation du sport vise-t-elle, en outre, son instrumentalisation comme outil d’intégration et de paix sociale dans un contexte où la classe ouvrière est « particulièrement remuante » 22 permettant en outre d’asseoir des préoccupations hygiénistes, éducatives et distractives 23 ?
La création du Comité du Languedoc de l'USFSA
Ce comité, qui fonctionne depuis 1906, est déclaré à la préfecture de l’Hérault le 2 août 1909 24 et semble répondre au désir d’autonomie de ses fondateurs face à l’omniprésence des Toulousains dans la gestion du Comité du Sud, organe central des sports du Midi depuis 1897. Le nouveau siège social est implanté au Café du Grand Balcon 25 situé au n° 12, quai de Bosc, au bord du canal reliant le port à l’étang de Thau. Les réunions y sont organisées dans un des nombreux salons ouverts à la bourgeoisie locale. Sur la photographie ci-dessus, on aperçoit, outre ce café, un aspect du « réseau de tramways électriques qui se met en place à partir de 1901 26 ». Ce moyen de transport favorise les échanges au sein de la ville et en direction de sa périphérie où se situent les espaces nouvellement conquis par les sportifs.
1906-1909 : Une première « équipe » de dirigeants qui tend à construire une forme de neutralité idéologique 27 par l'accueil de toutes les « tendances politico-sportives » du moment...
Dans les faits, cette équipe s’organise rapidement autour de l’ossature du club sétois dominant, l’Olympique de Cette, avec un accueil de différents délégués de clubs régionaux au sein des commissions sportives. Ce constat nous invite à mieux cerner le profil social et sportif de ces pionniers afin d’en relever les éléments communs.., et les divergences. Plus précisément, il s’agit de savoir quelles sont les propriétés que devaient posséder ces personnes pour accéder à des positions dirigeantes, compte tenu de l’état du champ sportif 28 entre 1900 et 1920. En voici une approche biographique succincte :
- Le président-fondateur, Louis, Diederichs, Lienau, Koester Bencker, est né à Sète en 1867 et décède à Fès (Maroc) en 1947. Il est le fils d’Heinrich Koester, négociant, protestant 29 d’origine prussienne (Hanovre 30) installé dans ce port méditerranéen pour s’y consacrer au commerce. Il épouse Henriette, née en 1867 à Sète, fille du négociant protestant Gustave Bencker. Il est copropriétaire de la société des mines d’Avène, Vinas et Saint-Barthélemy 31, propriétaire terrien et négociant en vins. Il est également connu comme peintre amateur de talent. Son surnom stumpy, c’est à dire le courtaud en raison de sa taille ramassée, ne l’empêche point d’être un sportif accompli au travers de ses nombreuses victoires dans les courses de yoles 32 ou par sa participation remarquée à de nombreux concours de tir ou de joutes. Il est un animateur particulièrement actif de nombreuses sociétés sportives 33 dont l’Olympique de Cette 34, ancêtre du fameux Football Club de Sète, plusieurs fois vainqueur de la Coupe de France de football et Champion de France en 1934. Il occupe la fonction de président du comité du Languedoc de l’USFSA jusqu’en 1910, date de sa succession par Jules Falgueirettes. Toutefois, il ne quittera pas la structure en acceptant le titre de Président d’honneur.
En janvier 1895, il est membre-fondateur du conseil d’administration de la société sportive l’Aviron Cettois 35 dont l’objet est de « donner des régates particulières et des régates générales ». Cette société organise une ou plusieurs régates par an et n’a pas de calendrier annuel des épreuves. Ces dernières sont annoncées, selon les statuts, au moins 15 jours à l’avance, ce qui donne à la pratique un aspect de « loisir » au sens étymologique premier. La société « adhère à l’Union… et en applique les règlements » et témoigne de ce fait d’un souci de se fondre dans le cadre d’une organisation plus générale et extérieure à la communauté sétoise. Mais, à cette date, nous ne sommes pas encore entrés dans la logique du sport qui implique une programmation des rencontres au sein d’un calendrier organisé sur un temps long dans le cadre d’un championnat ou d’une coupe. Louis Koester Bencker y côtoie l’élite sociale sétoise qui a déjà, par ailleurs, largement investi la Société Nautique de Cette (Yachting) fondée en 1862 36.
Sa richesse personnelle en fait un des personnages les plus importants de la ville. Il accentue cette domination d’une manière symbolique en dotant, en 1908, le Championnat du Languedoc de football-association d’un challenge (œuvre d’art) auquel il donne son nom. Il a déjà offert, en 1903, un challenge d’une grande valeur symbolique au tournoi de joutes dit « Challenge du Pavois d’or », un des futurs fleurons de l’identité sportive sétoise 37.
Au recensement de la population française, en 1921, il se déclare « agriculteur ». Sa position économique d’après guerre semble moins favorable, à moins qu’il ne fasse preuve d’une extrême modestie en raison d’un contexte moins ouvert aux ressortissants d’origine allemande. En effet, il est toujours copropriétaire de mines d’argent et d’or à Avène. Dans le domaine du sport, il semble ne pas avoir cherché à s’investir dans les nouvelles structures d’après guerre. Ne faut-il pas en rechercher les raisons dans son comportement controversé au cours de la guerre ? En effet, bien que Français de souche allemande, il subit les effets de l’attitude de son père, Allemand naturalisé français, qui a fui en Espagne au moment de la mobilisation après avoir vendu tout ce qu’il possédait en France. Ce comportement a effacé le fait qu’il a un fils mobilisé dans l’armée française. En 1915 38, Louis Koester Bencker est le père fondateur d’une section locale des Éclaireurs de France qui regroupe les enfants des familles aisées de la ville. Le rapport du commissaire de police, diligenté par le préfet comme suite à une demande d’agrément (SAG), apporte l’observation suivante :
« … Je dois faire remarquer que le sieur Koester qui a été le promoteur de cette organisation de boys scouts a été la cause des créations dissidentes 39, sa personnalité étant très discutée. On s’étonne généralement que ce fils d’étrangers affiche un patriotisme exubérant alors que ses proches parents servent dans l’armée allemande et on ne peut oublier qu’au début de la mobilisation… (cf. le comportement de son père) » 40
L’image du généreux donateur de challenges sportifs s’est ternie et doit laisser la place à d’autres personnalités, au profil différent, plus adaptées aux exigences du contexte social d’après guerre.
- Le premier vice-président, en 1907, est le docteur Henri, Jean Dollard, catholique, médecin à Sète, né le 5 octobre 1878 à Villeveyrac (34). Il a effectué ses études de médecine à Toulouse et y a soutenu, en 1902, une thèse intitulée l’Adrénaline et ses applications thérapeutiques 41. Il épouse Adeline Pin vers 1905. C’est un médecin très connu sur la ville où il installe son cabinet médical en 1903. Il est « spécialiste des maladies du larynx, du nez et des oreilles et (…) il a été l’élève des professeurs, Etienne Escat 42 de Toulouse, Sébileau, Castex 43 et Emile Menière de Paris 44». Responsable de la Clinique Sainte Thérèse, il s’est particulièrement investi dans la lutte contre les maladies vénériennes 45. En effet le port de Sète connaît au début du siècle une importante immigration masculine, facteur du développement de la prostitution et d’une extension des maladies sexuellement transmissibles.
Henri Dollard est un ami du docteur Marius Bordes fondateur du Stade Olympien des Étudiants Toulousains et ancien secrétaire général du Comité du Sud 46 de l’USFSA à Toulouse. Il a incité ce dernier à installer son cabinet à Balaruc-les-Bains au cours d’une de leurs rencontres à Sète 47. Cette amitié est à rapprocher de leurs thèses médicales respectives qui abordent, à la marge de leur problématique centrale de recherche, les thérapies à mettre en œuvre à propos des maladies vénériennes. Il est le président fondateur de la commission du football-association au sein du nouveau comité. Serait-il un des pionniers non identifiés de l’implantation du football à Sète ?
- Le docteur Louis, Marius, Bordes, est né le 24 mai 1877 à Toulouse, et décède le 24 mai 1947 à Balaruc-les-Bains. Il soutient une thèse pour le doctorat en médecine en décembre 1908 48 à Toulouse. Au cours de la même année, il est élu maire 49 radical socialiste de la ville de Balaruc-les-Bains et conserve ce mandat jusqu’en 1925. Franc-maçon 50, il appartient à la loge du Grand Orient de France à Toulouse. En août 1909, il remplace Henri Dollard en tant que vice-président du comité et est élu président de l’Union Sportive Balarucoise, fondée en 1908 par Emile Pagès, négociant en grains.
Il fut « un des premiers capitaines des équipes de rugby qui virent le jour à Toulouse au sein de la ligue athlétique du lycée de Toulouse » 51. C’est un athlète de très bon niveau, champion des Pyrénées du 1500 m en 1901 et excellent trois-quart centre en rugby.
En 1908, avant son élection à la mairie et la soutenance de sa thèse, Marius Bordes est médecin consultant à la Compagnie des Eaux thermo-minérales de Balaruc-les-Bains dont le siège social se trouve à Narbonne.
Il crée, en 1908, sous les auspices du Comité du Languedoc et de la municipalité de Balaruc-les-Bains, le Challenge de l’Étang de Thau, épreuve de natation disputée par équipes de 3 nageurs sur les 4 000 m d’un parcours balisé sur l’étang 52. Il s’agit d’une initiative qui est dans l’air du temps car elle illustre l’intérêt porté aux bains de mer par les élites sociales, mais aussi aux « traversées » à la nage. Cette petite ville est une station balnéaire déjà réputée et l’aspect touristique de cette compétition sportive retient l’attention de ses promoteurs. En 1921, il est le vice-président du comité du Sud de la récente Fédération Française de Natation.
- Jules, Simon, Eugène, Marie Falgueirettes, catholique, fils de Marius négociant en vins, est né à Sète le 12 septembre 1878 et y décède le 24 septembre 1945. Il est également négociant en vins. Il assure les fonctions de secrétaire-adjoint, puis de second vice-président, et enfin de président du comité du Languedoc de l’USFSA de 1910 à 1913. Il est un des fondateurs de l’Olympique de Cette, club de football association fondé en 1901. C’est un modèle de sportsman car il excelle dans de nombreux domaines :
« Il s’adonna dans sa jeunesse aux divers sports nautiques et triompha successivement dans les championnats de natation, de joutes à la lance, de périssoire et de yoles à un, deux et quatre rameurs 53 ». Il possède un yacht, le Maroussia, et dispute des régates internationales. A l’occasion d’une épreuve, il donne une illustration de son « esprit sportif » :
« …(le 3 août 1902) Pendant les régates du sport nautique de l’étang de Thau, le Maroussia monté par son propriétaire abandonnait la course pour se porter au secours du yacht Magali appartenant à Monsieur Armand de Mèze qui venait de sombrer sous une rafale. Après avoir sauvé l’équipage, le Maroussia reprenait la course et, malgré le retard occasionné par ce sauvetage, gagnait le prix d’ensemble et le premier prix de sa série » 54.
Il démissionne de sa fonction de Président du Comité du Languedoc, le 5 mai 1913 et laisse la place à Georges Bayrou. Dès lors, il se consacre à la fonction de secrétaire général de ce comité.
- Félix Cortade, est né 25 juin 1880 à Port-Vendres (P.O.) et décède à Sète le 24 juillet 1957. C’est un catholique libéral, négociant en grains et caroubes, puis plus tard, également négociant en vins en association avec Jules Falgueirettes. Il s’installe à Sète vers 1900 pour y implanter une succursale de l’entreprise familiale. Il est l’âme organisatrice du comité en assurant, dès sa fondation, la fonction de secrétaire général. Il est également membre fondateur de l’Olympique de Cette après avoir côtoyé, dès 1901, les promoteurs du football local.
« …il a pratiqué l’athlétisme avec Georges Bayrou et ne s’est jamais intéressé au rugby 55 ». Cet athlète participe volontiers, avec ses amis du « salon 56 », aux tournois de joutes traditionnels de la ville. Un document manuscrit de 1901 57 nous permet de mieux connaître les noms des membres de ce groupe et les sobriquets qui leurs sont attribués. C’est ainsi que Félix Cortade est surnommé « l’énuque » ou « caraï de deus », peut être en raison d’un mode de vie très sage pour un jeune homme de l’époque. Ses amis sont Jean Lemaresquier dit « Lou raboussié » ou « Mestre roundin », André Fabre dit « la gnasse », Henri Guirauden, « revenu depuis peu de Londres », dit « Joli brun » ou « Ventrou », Lucien Domerc, dit « Titolle », Sylvain Mossé, dit « La torpille », Louis Simmonot, dit « Mal Blanchi » ou « brasse carrée », Augustin Chevallier, dit « Granda Rossa » ou « En Pagaye », Brouillonnet, maréchal de Frontignan, dit « Piousel » ou « le Don Juan de Province » 58. Cette inscription dans les traditions masculines locales témoigne du profond désir d’appartenance à une communauté au sein de laquelle on se connaît et on se reconnaît.
C’est un redoutable gestionnaire comme en témoigne sa biographie :
« Sa compétence exacte et diverse s’étend de la formation des équipes jusqu’au choix de la couleur du maillot qu’elles doivent revêtir (…) c’est lui qui distribue à ses onze 59 avec une sollicitude toute maternelle non exempte de fermeté, les citrons de la mi-temps (…). Trouvant que son cher club lui laissait encore quelques rares instants de loisir, a bien voulu accepter le poste délicat de trésorier du Comité du Languedoc de l’USFSA 60 »
Félix Cortade est décoré, en 1919, de la médaille de bronze de l’USFSA. Il est également décoré, au cours du XXème congrès de l’USFSA, de la médaille d’honneur de la Société Nationale d’Encouragement au Bien en 1907. Il démissionne de sa fonction de trésorier au cours de la dernière assemblée générale du comité d’avant guerre en prétextant qu’il ne pouvait occuper une fonction pour laquelle il n’avait obtenu que 38 votes favorables par rapport aux autres membres du bureau qui en ont obtenu 41 sur 41 – sauf G. Bayrou qui obtient 40 suffrages Cette attitude paraît dérisoire si l’on considère la large majorité dont il bénéficie, mais c’est oublier la très grande rigueur morale de cet homme qui respecte dans tous les Secteurs de sa vie un comportement strict, « au point de ne plus inviter chez lui un de ses amis qui vient de divorcer ! » 61. Le nom de Félix Cortade n’apparaît plus comme trésorier dans les comptes rendus suivants. Cette attitude cache-t-elle un désaccord plus profond avec l’équipe dirigeante ? Les membres du bureau vont s’attacher à faire changer d’avis leur collègue.., qui restera tout de même membre du comité.
- Nicolas, Théodore Barber, est né à Carpentras le 18 janvier 1850, Directeur de l’agence de la Société Générale à Montpellier 62. Il parle espagnol, catalan et provençal. Il est membre fondateur du Comité du Languedoc de l’USFSA et président de la section montpelliéraine du Club Athlétique de la Société Générale fondé à Paris en 1903 (9ème section).
Il poursuit la stratégie d’implantation de la banque en lui donnant une plus grande visibilité sociale au travers des exploits de champions qu’elle attire en leur fournissant un emploi 63 à l’image du célèbre athlète Jean Boum. Mais Nicolas Barber est en mauvaise santé et décède prématurément en 1911.
- Le docteur Jean-Jacques, Louis, Ernest, Scheydt, est né à Cette le 10 décembre 1858 et y décède en 1929. C’est un protestant, radical modéré, ancien maire de Sète et ancien conseiller général 64 (1892-1895). La famille Scheydt est d’origine allemande 65 (Land de Hesse). Son père est Charles, Louis, Pierre, négociant et consul du Brésil, sa mère est Élise, Caroline, Claire, Virginie, Vassas. Il épouse le 12 juillet 1905 Anne Boudet. Docteur en médecine, il soutient une thèse de doctorat sur le thème de « La Scrofule et les bains de mer» 66 et exerce les fonctions de médecin adjoint de l’hôpital et de médecin en chef du sanatorium de la ville de Sète à partir de 1886. Il est également médecin de l’administration des douanes, des chemins de fer PLM, de la société de secours mutuels des commis et employés de commerce et de l’industrie, inspecteur de la protection des enfants en bas âge… Il a en effet de très nombreuses responsabilités sociales et médicales. Cet engagement social le conduit à être, en 1888, le médecin-major du bataillon scolaire de Sète 67.
Il exerce également de très nombreuses fonctions électives :
- Président de la Société mixte de gymnastique et de tir 68, dont les pères fondateurs sont Emile Auloy, ingénieur, les docteurs Cathala et Tichy, le pharmacien L. Noëll et l’ingénieur Pierre Paul 69 ;
- Président de la section Cettoise des vétérans des armées de terre et de mer (Guerre de 70-71) ;
- Président de la section Cettoise de la dotation de la Jeunesse de France ;
- Président de la Société de secours mutuels des dames de la halle…
En 1907, il organise la XVIe fête-concours de l’association la Cettoise, fondée en 1885. La correspondance retrouvée aux Archives départementales de 1’Hérault 70 indique que cette manifestation se déroule sous l’égide de la Fédération des Sociétés de Gymnastique du Rhône et du Sud- Est 71 dont il est le Président. En 1908, il est le président de l’Association des Sociétés de Gymnastique et de tir du Midi. En 1915, il fait partie du Comité Permanent de l’Union des Sociétés de Gymnastique de France présidée par Charles Cazalet. Cette union a son siège social à Bordeaux.
Cette boulimie de responsabilités mériterait une étude approfondie qu’il nous est impossible de réaliser dans cette première approche. Mais nous soulignons que ce dirigeant n’exerce plus de responsabilités politiques à dater de 1896, suite à sa démission de maire de la ville.
- Le Docteur Isidore Crémieux, né le 12 octobre 1878 à Cette, docteur en médecine 72 et pharmacien de 1re Il a soutenu une thèse de doctorat à la faculté de médecine de Montpellier, le 28 juin 1905, sur le thème de « la lipomatose 73 multiple symétrique». Adjoint au maire de Sète de 1919 à 1931, il a un engagement politique qui se situe dans le droit fil des idéaux de son père (radical), Il est membre du conseil d’administration de la société de gymnastique la Cettoise à partir de 1912 et président du concours de la Fédération des Sociétés de Gymnastique du Sud-Est. Il est le fils de Napoléon Crémieux, commerçant aisé de la ville, qui tient un magasin de tissus et nouveautés. Cette famille est originaire d’Avignon. C’est un proche du docteur Scheydt, médecin à l’hôpital de Cette, auquel il s’adresse dans la dédicace de sa thèse : « …Qui m’a initié à la pratique médicale, et qui m’a toujours honoré de sa confiance et de son affectueuse amitié ». Il se spécialise dans l’étude de l’obésité en considérant que : « Si l’obésité est assez bien connue, du moins dans ses grandes lignes, il n’en est pas de même d’une de ses variétés – la lipomatose multiple symétrique – sur laquelle on n’a qu’un nombre relativement restreint de documents parfois même contradictoires. »
Membre de la Loge des vrais amis fidèles appartenant au Grand Orient de France, il en devient rapidement le Vénérable. Pour mieux cerner le sens de cet engagement, nous faisons appel à l’interprétation qu’en donne Jean Sagnes, à propos de la ville de Sète
« Positivistes, ces francs maçons croient au progrès de l’humanité qui passe pour eux par le système politique républicain, par la laïcité de l’école et de l’État et par les réformes sociales. La politique laïque bénéficie ici d’un fort soutien populaire… l’influence de la loge est considérable à la fin du XIXe siècle : plusieurs maires, des élus radicaux, républicains-socialistes ou socialistes SFIO en sont membres. Le recrutement de la loge intéresse la bourgeoisie du négoce ou des professions libérales, touche à l’artisanat et aux professions intellectuelles mais fort peu à la classe ouvrière… L’engagement des francs maçons est surtout vif dans les années 1876-1905 au moment des luttes pour la consolidation de la République, du vote des lois laïques, puis de l’affaire Dreyfus et de la séparation de l’Église et de l’État ».
- Paul Sabatier, né en 1874 à Cette, catholique, négociant en engrais chimiques et charbons, est le président du Tennis Club de Cette. Il épouse le mode de vie de l’aristocratie anglaise au point de se faire servir quotidiennement le thé à 17 h 74 ! Paul Sabatier est président de la Société Nautique de Cette après la Grande Guerre.
- Antoine, Ernest Conge, né le 5 avril 1871, catholique, négociant fils de Jean Antoine Adolphe, voyageur de commerce et de Claire Fiat. Après la Grande Guerre, il succède à Paul Sabatier à la présidence du Tennis Club de Cette. Cette famille est apparentée avec le maire de Sète, Maurice Laurent.
- Paul Morange, sous-lieutenant au 24e Régiment colonial à Sète. Il est né le 28 juin 1882 à Arcis sur Aube (10). Fils de Jacques, tailleur d’habits et de Pauline, Marguerite Robert. Après avoir fondé, en 1906, le Groupe Sportif Colonial Cettois, il est nommé, à l’unanimité des membres, président de la commission d’athlétisme du Comité du Languedoc. Son expertise est reconnue au travers des résultats obtenus par ses athlètes aux championnats de cross country de la 16ème région militaire, vainqueurs en 1908 et 1910. Il a également mis en place une équipe de rugby qui rencontre le 80ème Régiment d’infanterie à Narbonne dans le cadre du championnat de cette 16ème région militaire.
- Albert Léo, pasteur de l’Église Réformée, est né le 14 février 1880 à Cannes (Alpes-Maritimes) et décède le 13 mars 1972 à Grasse (A.-M). Il est secrétaire général de l’association protestante la Gerbe à Montpellier – de 1908 à 1911 – au sein de laquelle une équipe de football a été fondée dès l’année 1906, le Football Association de la Gerbe. Il soutient une thèse à la faculté de théologie de Montauban en 1905 après avoir suivi au cours des cinq années précédentes un enseignement de théologie et de philosophie « pour obtenir le grade de bachelier en théologie» 75. On retiendra, pour sa biographie, qu’il s’agit d’une thèse de psychologie : « Étude psychologique sur la prière d’après deux enquêtes américaines ». Diplômé de l’université d’Harvard (Bachelier en théologie) et bachelier ès lettres, il développe dans sa recherche une problématique sur la philosophie de l’effort en s’appuyant, en particulier, sur les travaux d’Armand Sabatier, dont nous retenons un extrait qui pourrait expliquer le rôle pédagogique qu’il attribue au sport au sein de la Gerbe : « Il faut louer M. Sabatier d’avoir insisté sur la valeur de l’effort dans le progrès humain et d’avoir reconnu dans la prière le plus noble et le plus complet de ces efforts si l’effort est le levier de l’évolution écrit-il, la prière est certes le plus grand des efforts de l’homme qui répond à sa fin, qui se conforme aux desseins du créateur, cherche à gravir par l’effort la longue distance qui le sépare de la stature divine » 76.
Albert Léo réalise concrètement cette philosophie de l’effort comme en témoigne l’exploit qu’il réalise en 1902 en compagnie de son frère et de son ami Charles Cadier, étudiant comme lui à la Faculté de théologie de Montauban. Il réalise, au cours des vacances d’été, l’ascension du Mont-Blanc par la voie normale de la cabane/refuge du Goûter, sans guide, et redescend par une voie différente. La performance des alpinistes est saluée, comme c’est la coutume au début du siècle, par un coup de canon tiré depuis Chamonix ! Il faut préciser que Charles Cadier est un éminent montagnard, auteur avec ses frères de plusieurs ouvrages sur les Pyrénées 77. Mais Albert Léo n’est pas en reste, également excellent skieur, il sera le précurseur de séjours de ski, en organisant pour les jeunes adhérents de la Gerbe « un camp » en 1911 au lac de Wallenstadt en Suisse.
L’association La Gerbe a été déclarée en 1906 par le Pasteur Alfred, dit Freddy, Dürrleman, né le 7 septembre 1881 et décédé en 1944. C’est un compagnon d’études d’Albert Léo qui partage le même désir d’encadrer la jeunesse comme en témoigne le titre de sa thèse, Volonté-Moralité-Évangile – Essai de pédagogie chrétienne, soutenue le 19 juillet 1905 à Montauban. Cette action pédagogique est à mettre en relation avec celle d’un autre Pasteur, William Shackleton, né le 9 mai 1874 à Marseille, aumônier au collège, qui déclare le Racing Club Lunellois, association scolaire de football association, en 1904. La Gerbe a pour objectif de lutter contre « l’alcoolisme, l’immoralité, l’impureté, la mauvaise littérature, les jeux d’argent… ». C’est le moralisme protestant de cette époque 78. Cette association aura un rôle précurseur dans l’implantation du Basket-ball et du Volley-ball dans le département de l’Hérault et cela dès 1923 ! Cet éminent pasteur a un comportement exemplaire à la guerre de 14-18 au cours de laquelle il exerce un service de brancardier comme simple soldat. Albert Léo a vécu jusqu’à l’âge de 92 ans et a exercé son activité pastorale à Arcachon où, très à l’aise au plan financier 79, il a fait construire une grande maison. Après son pastorat, il se retire à Pau, puis à Grasse.
- Hippolyte, Marie, Eusèbe Bras né à Montpellier le 13 août 1868 fils de Pierre, Louis, Paul, Marie Bras, commis et de Félicie Marguerite Domergue. Marié le 3 septembre 1904 à Montpellier avec Rose Marie Louise Joséphine Pierre. Il est félibre, membre du Félibrige Latin 80 et exerce le métier de photographe. Président-fondateur du Montpellier Sportif déclaré en 1907, mais fondé en 1898, il est un sportif accompli et excelle dans de nombreux sports.
Il va à la salle de culture physique Réant à Montpellier pour y pratiquer l’escrime, la gymnastique et la boxe 81.
- René Pons, Président du Sporting club de Béziers.
- Gabriel Caffarel, courtier, « forte personnalité Sétoise». Fils de Paul Caffarel Négociant-commissionnaire à Cette, agent de la Cie des Messageries maritimes.
- Henri, Auguste Beaux, né le 28 juillet 1888 à Béziers, fils de Simon Beaux, plâtrier, et de Julie, Mathilde Maraval. Secrétaire de l’Olympique Biterrois. Il est « tué à l’ennemi» 82 le 10 septembre 1916 à Maurepas dans la Somme. Un challenge Henri Beaux est créé par l’ASB au début des années 20.
- Louis Castel, né en 1852 à Cucuron (84160), principal au collège de Lunel, époux d’Anna Roudier née en 1860 à Marseille. Il exerce en début de carrière au collège de Menton (AM) où il enseigne les mathématiques. Il exerce la fonction de principal au collège de Lunel à partir de 1906.
- Maurice Roux, né en 1884 à Sète, président fondateur de l’Union Sportive de Sète en 1903. Il est le fils d’Adrien Roux, négociant en vins.
- Henri Roux, né en 1883 à Sète, frère du précédent, employé de commerce.
- Fouard, président-fondateur du Stade Montpelliérain en 1908. Il est rapidement remplacé par Henri Diffre, étudiant en médecine à Montpellier 83.
- Henri Diffre préside la première commission de « lawn-tennis» du comité du Languedoc de l’USFSA, tout en étant un des meilleurs joueurs régionaux. Sportif accompli, il excelle également au football (gardien de but de l’Olympique de Cette). Il sera l’auteur, au cours des années 30, de nombreux ouvrages sur l’éducation physique.
« Henri Diffre est né à Montpellier le 30 juillet 1887, fils de Léon, médecin, et de Thérèse Mallet. Marié le 27 décembre 1911 à Mlle Adèle Forgue. Études au collège des Dominicains d’Arcachon, collège de Captier à Saint Sébastien (Espagne). Faculté de médecine à Montpellier. Éducation physique et médecine des enfants et des sportifs (depuis 1921) Organisateur du contrôle médical scolaire en France. Créateur des Parcs d’enfants à la Bourboule, Vichy, etc. Créateur d’un cours de culture physique par radiodiffusion. Auteur de nombreux ouvrages sur l’éducation physique et les sports. Président fondateur en 1925 du Syndicat des maisons médicales d’enfants. Officier de la légion d’honneur. Croix de guerre 14-18. Médaille d’or de l’éducation physique. » 84
- Rodéric, Etienne Egal, Président du Racing Club de Montpellier, fondé en 1907. Ce club fusionnera, en 1910, avec le Montpellier Sportif.
- Joseph, Séraphin, Pierre, Gustave Durand né le 11 juillet 1875 à Caux, propriétaire exploitant à Caux, Président-fondateur du Tennis club de Caux fondé en 1907. Il est le fils de Gustave Durand, propriétaire et de Julie, Marie, Mathilde Cals.
- Auguste, Célestin, Marie Fabregat, est né le 10 avril 1878 à la Gualhague sur la commune de Colombiers (34440) et y décède le 30 avril 1947. Il est le fils d’Aldebert Fabregat, propriétaire et de Marie-Claire Pastourel. Il obtient son baccalauréat Lettres et Philosophie le 24 juillet 1899 à Montpellier. Inscrit à la faculté de Médecine de Montpellier, il y poursuit régulièrement ses études jusqu’en 1907. Il continue ses études à la faculté de médecine de Toulouse à dater du 8 novembre 1907. Il y soutient sa thèse de doctorat en 1909. Docteur en médecine 85, finaliste du championnat de France de rugby USFSA avec le SOET en 1903 face au Stade Français, et le Stade Toulousain en 1909, face à Bordeaux. En 1906, il est le Président de l’Union Sportive des Étudiants de Montpellier et vice-président du Comité du Languedoc de l’USFSA.
- Henri, François Amadou né le 21 novembre 1884, fils d’Ernest Charles Antoine Amadou, négociant et Jeanne, Zélie, Eugénie Marigo. Délégué du comité du Languedoc au Conseil de l’Union, il est un des membres les plus actifs de la Commission Centrale de Football-Association de l’USFSA à Paris. Membre-fondateur de l’Olympique de Cette vers 1904 (Président de 1906 à 1908).
- Henry Monnier, né en 1880 à Nîmes, Président fondateur du Sporting Club de Nîmes, éphémère vice-président (1906) et un temps président de la commission sportive de football dont le siège est fixé, stratégiquement, à Nîmes. Les travaux de Pierre Lanfranchi nous permettent de mieux connaître ce personnage singulier, un des pères fondateurs du sport languedocien :
« En 1901, Henri Monnier qui vient de passer deux ans en Angleterre et une année en Suisse, fonde le Sporting Club de Nîmes. C’est au cours d’un séjour dans une école de commerce près de Liverpool qu’il a appris à jouer au football, et, revenu au pays, décide de faire connaître cette pratique (…). H. Monnier n’est ni un aristocrate, ni un ouvrier, mais l’un de ces jeunes banquiers aux dents longues qui, par un style très anglo-saxon, tente de s’imposer et d’imposer sa façon de concevoir la profession. Outre son engagement pour le football (…) il est membre actif de la communauté protestante, adhère au Club Alpin, (pratique le) cyclisme et le tennis, il s’occupe aussi de plusieurs œuvres caritatives (…) Monnier conçoit le football comme un moyen de matérialiser les qualités de l’enseignement qu’il a reçu en Suisse et en Angleterre (…) – signe – de toutes les composantes de la culture entrepreneuriale 86 ».
Un autre trait de personnalité, recueilli dans un journal local, est à retenir : « Il parle la langue Mistralienne, est membre de la Nacioun Gardiano et Gardian lui-même. Son intérieur est une sorte de musée de vieux meubles provençaux ». Cet aspect régionaliste l’insère dans une démarche qui correspond bien aux tendances félibréennes de l’époque, comme le font d’autres acteurs cités dans ce texte.
- George, Joseph, Jean Maderon est né le 19 juillet 1881 87 à Perpignan et décède le 21 mars 1971 à Port-Vendres (PO). Secrétaire de l’Association Sportive Perpignanaise (en 1906), il est employé de Préfecture. Son père, Jacques, Germain, Louis, Joseph Maderon, est né en 1850 à Port Vendres, professeur d’histoire attaché au collège de Perpignan et sa mère est Anne, Joséphine Durgueill. Il est le vice-président fondateur de la Société Sportive Perpignanaise en 1902 (Président Jérôme Moli). Il emploie une domestique, ce qui situe son aisance financière.
- Emile Génie, éphémère vice-président, « membre fondateur de l’Union sportive de Carcassonne et capitaine d’équipe en 1901 88 ». Il est courtier en vins et président fondateur de la Fédération des Sociétés Sportives Audoises (FSSA) qui organise un championnat de l’Aude entre 1904 et 1906. Il crée un challenge qui porte son nom et l’ouvre aux départements de l’Aude et des Pyrénées Orientales.
- Paul Gautier, premier Trésorier du comité (1906). Fils de Jules Gautier, Président de la Société nautique de Sète en 1904. Il sera remplacé par Félix Cortade en 1910.
1909-1914 Une deuxième vague de dirigeants, plus perméable aux impératifs d'une organisation moderne de rencontres ouvertes à un plus large éventail de catégories sociales, vient remplacer certains « pères fondateurs » au bureau directeur du Comité Régional.
Ces dirigeants seront des éléments marquants de la reprise des activités d’après guerre. Nous les classons dans une « deuxième vague » en raison du puissant rôle moteur qu’ils jouent dans la fondation de nouveaux clubs ou la réactivation de sociétés sportives en sommeil, dans un contexte de « renaissance nationale » et de préparation militaire des jeunes Français.
- Emmanuel, Bonaventure Gambardella, né le 3 juillet 1888 à Sète et décédé le 31 juillet 1953, fils de Gérard, négociant d’origine italienne. Il est le secrétaire général adjoint du comité en 1909 et 1910 89, secondé par Maurice Roux, son partenaire co-fondateur, en 1903, de l’Union Sportive Cettoise. Il termine sa carrière sportive en étant élu Président de la Fédération Française de Football Association (FFFA) de Juillet 1949 à Juillet 1953.
Les efforts communs (Emmanuel Gambardella, Georges Bayrou et Gabriel Hanot) furent consacrés officiellement par la naissance du professionnalisme, le 16 janvier 1932. Le 23 octobre de la même année, « L’amicale des clubs amateurs utilisant des joueurs professionnels » voyait le jour. Après-guerre, la FFF confiait la gestion du football professionnel à un organisme qui préfigurait l’actuelle Ligue Nationale du Football et alors baptisé « Groupement des clubs autorisés à utiliser des joueurs professionnels ». Emmanuel Gambardella s’en voyait confier la direction. 90
Une biographie détaillée, et très élogieuse, de ce grand journaliste sportif et auteur de pièces de théâtre figure dans l’ouvrage d’Yves Dupont. Nous y relevons cette appréciation :
« Ce peintre étonnant, qui la plume à la main, rend avec vérité la plus spirituelle, les scènes les plus fugitives et les moins attendues, n’est-ce pas un peu l’orgueil de notre Languedoc puisque dans la France tout entière du football, ses écrits sont lus, ses préceptes écoutés, ses conseils suivis ?….
Son regard sur le sport en fait un véritable humaniste :
« … Il n’y a pas en sport de vaincus et de vainqueurs, mais seulement des camarades qui, stimulés par une noble et féconde émulation, essaient de se perfectionner au triple point de vue physique, moral et social ». 91
En 1919, il est membre du bureau fondateur du Football club de Sète.
- Georges, Victor, Paul, Eugène Bayrou, courtier en vins chez Louis Koester Bencker, est né à Sète le 21 décembre 1883 et y décède en 1953. Il est le fils de Guillaume Bayrou, négociant. Il part à Paris pour y poursuivre ses études au lycée Louis Le Grand. Secrétaire général, puis président du Gallia Club de Paris de 1903 à 1909. Il est membre du Conseil de l’USFSA de 1906 à 1920 et participe, au cours de cette période aux Commissions Centrales de football-association, de cricket et du sport scolaire. Pour cette dernière, il est coopté par Pierre Roy, président de la commission scolaire, censeur du lycée Louis Le Grand. Officiellement délégué du Comité du Languedoc à partir de 1906, il devient vice-président de l’USFSA en 1914 92.
Classé au service auxiliaire de l’armée en 1915 en raison de problèmes au genou droit, il sera démobilisé en 1919 avec le grade de sergent. Les services rendus lui permettront d’obtenir la médaille commémorative de la Grande Guerre et la médaille militaire de la Victoire ! Il a été exempté du service militaire en 1905 pour raison médicale, ce qui ne l’empêche pas d’être sélectionné aux J.O. de 1908 dans deux disciplines 93 !
Vice-président de l’Olympique de Cette de 1909 à 1919. Président du Football Club de Sète et membre du bureau national de la FFFA à partir de 1930, il est secrétaire général du Comité du Languedoc de l’USFSA de 1912 à 1920 avec une brève interruption au cours de la Grande Guerre.
Il est également le président du Comité Régional, dit « Région 9-Sud », de la Fédération Française de Natation en 1921. Ce comité comprend l’Ariège, l’Aude, l’Aveyron, le Gard, la Haute-Garonne, l’Hérault, la Lozère, les Pyrénées Orientales et la Tarn et son siège social est situé à Sète. Il est également arbitre de water-polo ! 94
C’est un homme sensible aux honneurs. Cette légitime recherche de reconnaissance sociale nous permet de mieux le connaître au travers de deux dossiers détaillés :
- En 1912, il reçoit la médaille de bronze de l’USFSA. Il est le premier dirigeant Languedocien récompensé par l’Union !
- Le 26 novembre 1927 95, le directeur de l’Éducation Physique au Ministère de la Guerre lui remet la Légion d’Honneur, et il obtient la médaille d’or de l’Éducation Physique en 1929, distinction nouvellement créée.
Toutefois ces récompenses ne peuvent occulter les critiques relatives à son comportement, parfois ambigu, au sein du Comité Régional, en raison de ses responsabilités à l’Olympique de Cette puis au Football Club de Sète. En effet, dans ses mémoires 96, Henry Monnier, président fondateur du Sporting Club de Nîmes, ancien vice-président du Comité du Languedoc et Président de la Commission Sportive régionale de Football-Association de l’USFSA avant 1909, écrit :
« Je ne puis m’empêcher encore aujourd’hui, malgré sa disparition récente, de reprocher au vieux camarade de lutte Georges Bayrou d’avoir racolé, moyennant 5 francs par dimanche et 2 francs duvoyage Nîmes-Sète, les meilleurs éléments de mon équipe. Et, en cela on peut dire qu’il a été le premier et le plus grand racoleur de footballeurs de France, honneur que je ne lui ai jamais envié ».
- Fernand, Antoine, Marius Bouys, né le 6 juin 1889 à Montpellier, fils de Bathélemy, Léon Bouys, commis et de Anne, Joséphine, Caroline Lapessonnié. Décédé à Montpellier le 28 septembre 1966. Marié à Montpellier le 21 mars 1919 avec Gabrielle, Henriette, Lucie, Singla. Secrétaire du Montpellier Sportif de 1907 à 1910 et membre du comité du Languedoc de 1907 à 1912. Plusieurs fois champion du Languedoc d’athlétisme (par Club et en individuel, pour le saut en hauteur avec élan et le 110 m haies). Il est un des fondateurs des Sports Olympiques Montpelliérains (SOM) en 1919 et de l’Union Sportive Montpelliéraine (USM) en 1923 dont il est le secrétaire de 1923 à 1926. C’est un des principaux promoteurs du rugby montpelliérain d’après guerre.
- Alphonse Vigneron, né en 1880 à Limoges, membre fondateur du Sporting Club de Nîmes, section rugby, il est le président du Rugby Club de Cette (RCC) en 1913. Élu à la Commission Sportive du Rugby du Comité régional de l’USFSA le 2 février 1912, il en est le président en 1913. Il est un ardent défenseur du rugby au sein d’un comité dominé par les footballeurs… En 1920, il occupe le poste de directeur des Pêcheries Nouvelles à Cette.
- Hans Rettmeyer, un des membres fondateurs de l’AS Carcassonn Vice-président du Comité à partir de 1913. C’est un important commissionnaire en vins de la capitale audoise.
Une présentation des « histoires de vie » détaillées de ces dirigeants sportifs n’expliquerait pas à elle seule les raisons de leur collaboration à la tête du sport héraultais ou, plus largement, languedocien. Cela nous permet simplement de mieux comprendre les rapports qu’entretiennent certains groupes sociaux avec les sports et de comparer des trajectoires sociales. Comme le souligne Norbert Elias 97 en parlant du sport, il s’agit avant tout d’un phénomène lié à « l’évolution sociale » qui entraîne les hommes dans des interactions nouvelles.
Une analyse comparative des trajectoires des personnes présentées ci-dessus permet de souligner quelques points forts au sujet de leurs « conditions partagées » :
- Ils appartiennent au milieu des négociants et sont majoritairement impliqués dans le négoce des vins, des grains ou des bois merrains. Une approche généalogique de leurs ascendances indique qu’ils sont en ascension sociale et qu’ils appartiennent à la nouvelle bourgeoisie ;
- Ils sont majoritairement étrangers à la ville de Sète par leurs racines familiales, mais ils sont nés dans cette ville ou en Languedoc ;
- Ils font passer, dans l’apparence de leurs comportements, leurs intérêts religieux ou/et politiques au second plan et se conforment aux principes associatifs édictés par la loi de 1901 ;
- Ce sont en général des « libéraux » en rupture avec les modes de vie de leurs parents.
La mise en place d'une organisation complexe très hiérarchisée
Le sport participe à la transformation des structures sociales de ce début de siècle et instaure une dynamique organisationnelle favorable au changement des mentalités :
« Nul doute que le sport n’ait participé du vaste processus de complication sociale qui a saisi la société française à l’aurore de l’âge des masses (…). Le phénomène sportif est donc contemporain (…) d’un bouleversement que traduisent pêle-mêle, la naissance des partis politiques (le parti radical- socialiste en 1901, le parti socialiste en 1905), la légalisation de vingt années de foisonnement associatif par la loi de 1901, la profusion des ligues et l’émergence d’une culture de masse ». 98
La spécificité du sport tient en premier lieu à son organisation qui le différencie fondamentalement des modalités des jeux corporels festifs du XIXe siècle. Les règlements mis en place tendent à s’uniformiser et engendrent des techniques du corps nouvelles, plus adaptées aux contraintes imposées par la succession des rencontres et à la diversité des adversaires. De ce fait, il y a un réel enjeu de pouvoir dans la définition des règles d’usage au sein de chaque de discipline sportive. Cela engage les représentants des structures sportives dominantes à se réunir pour affirmer leur expertise dans l’énoncé des enjeux sportifs et les règles permettant de s’en approprier les biens symboliques et matériels 99, tout en se soumettant aux impératifs édictés par le Conseil de l’Union. En effet, si les épreuves régionales sont bien de leur initiative et de leur responsabilité, il n’en est pas de même pour les règlements sportifs qui doivent respecter la même norme pour tous les acteurs nationaux, voire internationaux.
Cette visée sociale doit s’inscrire, pour en percevoir les fondements, dans le contexte de l’époque qui porte sur la scène publique les revendications ouvrières pour la réduction du temps de travail et l’instauration du repos dominical. Ce dernier sera obtenu par la loi de 1906. Pour la ville de Sète nous devons également rappeler l’impact important de cette revendication sur la mentalité des acteurs sétois suite la grande grève des charretiers du port. 100
Les commissions sportives
Des commissions sportives spécialisées sont mises en place pour régler les différends pouvant exister au cours des championnats, mais elles jouent surtout un rôle fondamental dans l’uniformisation et la coordination des épreuves. Nous reprenons à notre compte une interprétation de Georges Vigarello 101 qui souligne combien le sport impose progressivement un programme et une temporalité profane. Il crée une temporalité indépendante des fêtes et des réjouissances locales. La programmation mise en place « hiérarchise et ordonne ». Il y a création d’un « temps spécial » qui donne aux rencontres « plus de sens les unes par rapport aux autres ». Dans ce contexte, la notion de « calendrier sportif » prend une importance primordiale dans la représentation sociale des temps de vie des principaux acteurs car « il ne distribue pas seulement les actes de jeu, mais il distribue aussi les actes qui y préparent 102 ».
C’est ainsi que le siège de ces commissions devient un enjeu de pouvoir territorial qui fait l’objet de longs débats au sein de chaque discipline sportive et qui se termine parfois, comme en rugby, par la reconnaissance de lieux porteurs d’une symbolique provisoirement partagée, comme nous pourrons le constater plus tard.
Le comité est structuré en cinq grandes commissions sportives. Au fil du temps, la composition de chacune d’elles varie considérablement au point de souligner notre choix de ne pas citer tous les participants, afin de faciliter la lecture de ce texte. Nous connaissons leur configuration précise pour l’exercice 1906-1907 103. Mais, s’il est difficile de suivre la fluctuation permanente de leur composition, nous retiendrons seulement quelques moments de « rupture » lorsqu’ils ont un sens précis
football-association : Henri Bergeyron (O. Cette), Ain (U.C. Vergèzoise) Charles Cassan (FC Lézignan), Jules Falgueirettes (O.C.), Félix Cortade (O.C.), Iburg Lowemberg (USE Montpellier) 104, P. Bazy ( USEM) 105, Darolles (O.C.)
Par la décision prise en Comité du 31 mars 1908, le siège de la commission est fixé à Nîmes et Henri Monnier en est le nouveau président. Plusieurs personnalités gardoises en font l’ossature (M. Bagnols du Football Union de Nîmes et Fernand Castanet de l’Union Sportive Alaisienne 106). Ce transfert permet de constater que l’hégémonie de l’Olympique de Cette est fortement contestée !
Cette commission a des liens privilégiés avec la Commission Centrale de football à Paris dont le président est l’avocat Henri Jevain. En effet, en 1917 ce dernier est élu délégué du Comité du Languedoc USFSA au Conseil de l’Union. Henri Jevain 107 est un ami de G. Bayrou. Le secrétaire adjoint de cette même commission est Henri Amadou également délégué du CL USFSA. Ces délégués possèdent un logement à Paris. Est-ce seulement un souci d’économie de la part des dirigeants languedocien qui les conduit à désigner des représentants « parisiens » ? Il semble bien que cette stratégie soit partagée par d’autres comités régionaux, car un regard sur la liste des membres du conseil de l’USFSA confirme que la plupart des délégués des comités régionaux au conseil de l’Union ont un domicile à Paris, ce qui fait dire à un éditorialiste du Journal des Sports toulousain que l’USFSA est « parisienne » et que ses décisions pénalisent la province. 108
A cette époque, G. Bayrou, qui réside à Paris, est membre des Commissions Centrales de Cricket, de Football-association et participe activement au Conseil de l’Union.
Le football-rugby : Marius Bordes (US Balaruc les Bains), Jules Falgueirettes (O. Cette), Félix Cortade (O.C.), Fages (USE Montpellier), Aïn (O.C.), Gustave Gayraud (FC Lézignan), Amouroux, Auguste Fabregat (USEM).
En dehors des trois premiers nommés, cette commission a une composition qui témoigne de la labilité représentative des clubs. Les délégués changent au fil des réunions. En assemblée générale du 3 juin 1911, il est décidé de faciliter son fonctionnement, dans l’intérêt des clubs de première série, en la rapprochant des espaces dominés par les rugbymen. Les réunions sont donc organisées alternativement, « par tirage au sort », à Carcassonne, Perpignan, Lézignan, Narbonne et Béziers. C’est un changement important par rapport à la décision du 2 décembre 1909 qui fixait le siège de la Commission Sportive à Narbonne. Toujours en 1909, c’est le lieutenant Sausse du 80ème d’infanterie cantonné à Narbonne qui assure la présidence de la commission et J. Faune du Racing Club de Narbonne (RCN) qui prend eu charge le secrétariat. Les membres sont Jean Payra 109 (AS Perpignan), Albert Bausil (ASP), Gustave Gayraud (FC Lézignan), Reverdy (FCL), Fernand Bouys du Stade Montpelliérain (SM), Devaux (USEM), Davenel, Alphonse Vigneron du Sporting Club de Nîmes (SCN), Combéléran de l’Association Sportive de Carcassonne (ASC) et le docteur Pierre Nicolau (US Perpignan). Cette modification est révélatrice des luttes de pouvoir qui opposent les clubs de rugby, majoritairement situés à l’Ouest de la région, au bureau du Comité du Languedoc puisque les membres de ce dernier disparaissent de la composition de la commission Le mandat donné porte sur l’assurance de « la vitalité et l’extension de ce sport », sur l’organisation des « matches de championnat », la nomination des arbitres et sur le règlement des « différends qui pourraient diviser les clubs ». Cette délégation enlève la plupart de ses prérogatives au bureau du comité régional !
Le championnat de rugby se déroule, en 1910 110, entre clubs classés en 2e série et 3e série selon la norme nationale pour mieux équilibrer les rencontres et donner à l’enjeu sportif toute l’incertitude qui fait son attrait. Il n’y a pas de club en 1re série nationale. Les clubs de la 2e série sont, au premier chef, l’AS Perpignanaise, puis le FC Lézignanais, l’AS Carcassonne, le RC de Narbonnais et le Montpellier Sportif. Les clubs de 3e série sont le Sporting Club Biterrois, le Stade Biterrois, l’Etoile Sportive Montpelliéraine et le Sporting Club de Nîmes. Les équipes secondes de chaque club jouent dans la série de l’équipe 1, mais seulement contre les autres équipes secondes. Le championnat se déroule sur seulement trois journées pour chaque série et permet de croiser les rencontres en utilisant les terrains disponibles par les déplacements de chaque club : l’équipe 1 qui se déplace, l’équipe 2 qui reçoit… ainsi il n’y a pas de pénurie d’espaces sportifs
La finale de la deuxième série oppose le vainqueur de la poule (ASC, MS, FCL, RCN) à l’AS Perpignanaise et désigne le champion du Languedoc, tandis que le vainqueur de la 3e série rencontre, en poule de classement, le dernier de la 2e série sur un « aller-retour ».
L’athlétisme : Marius Bordes (USBB), Amouroux, Henri Bergeyron (OC), Aïn (OC), Mouleyre, Félix Cortade (OC), Auguste Fabregat (USEM), Henri Meyrueis (MS).
La natation : Jules Falgueirettes (OC) est le président, Félix Cortade, Marcel Figaret, Darolle (O Cette), Constantin Pappas (MS), Louis Labuze (USEM), Dr Marius Bordes (US Balaruc-les-Bains).
Le tennis (dit lawn-tennis) : Ernest Conge, Tennis Club de Cette (TCC), Gabriel Caffarel (TCC), Marcel Figaret, (TCC), Jules Falgueirettes (OC), Henri Bergeyron (OC), J. Rouché (SM), Maleville (USEM). Henri Diffre (SM), membre de cette commission en 1908 est élu, en 1911, à la commission centrale de classement du tennis.
Cette commission sportive a un fonctionnement très aléatoire si bien que les membres du bureau décident de la dissoudre en 1911 et d’en assurer directement le fonctionnement. En 1912 Jean Roussy, membre du bureau, organise « tout seul » le championnat du Languedoc Il est félicité par le Conseil de l’Union qui demande à G. Bayrou de fournir un rapport au plus vite sur cet événement.
D’autre part, une commission des arbitres (rugby), créée à l’initiative de Georges Bayrou le 22 mai 1911, est chargée de nommer les arbitres officiels de chaque match. Cette mesure est appliquée à partir du mois d’octobre suivant. Cette décision est liée à la forte augmentation du nombre de clubs inscrits dans les divers championnats et à la nécessité de mettre en place un corps de spécialistes reconnus.
La fondation d'un organe d'information et de promotion : « Languedoc-Sport » et ses rapports avec le Comité du Languedoc de l'USFSA
Ce journal a son siège social dans un local de la Chambre de Commerce de Sète. Par la suite, il sera transféré dans un bâtiment qui héberge le siège social du Comité, au n° 45 Quai de Bosc. Son directeur est Jean Falgueirettes, né en 1890, fils d’Eugène, négociant, Vice-président de la Société Nautique de Cette.
Malheureusement, à notre connaissance, aucun centre d’archives n’en a conservé d’exemplaire 111. A la suite de la publication des premiers numéros, les critiques fusent au cours des mois de septembre et octobre 1912 de la part de nombreux responsables associatifs qui lui reprochent une position ambiguë. En effet, l’USFSA diffuse déjà un journal officiel, Tous les Sports, auprès de toutes les sociétés sportives affiliées. Ce qui semble choquant est la présence éditoriale de plusieurs membres du comité qui s’y expriment en toute liberté. Les opinions et les analyses sont parfois divergentes de la ligne de l’Union et cela trouble l’éthique des lecteurs attentifs. Face à ces critiques qui entament la crédibilité du Comité et la cohérence du discours officiel, G. Bayrou est contraint de s’expliquer publiquement et fait paraître le communiqué suivant :
« A la suite de certaines polémiques engagées dans un journal sportif édité à Cette, le Languedoc-Sport, il a paru se créer dans l’esprit de certains clubs l’idée que le Comité du Languedoc pouvait être pour quelque chose dans la publication de cet organe.
En conséquence le Comité du Languedoc déclare :
« 1° – Que la direction, l’Administration et la publication sont complètement étrangères au Comité du Languedoc ; 2° – Que monsieur Jules Falgueirettes, président du Languedoc, n’a rien de commun avec Jean Falgueirettes, directeur de ce journal ; 3° – Que seule la partie officielle : réunions, décisions du Comité, est communiquée au « Languedoc-Sport » ; 4° – Que tous les articles qui pourraient émaner d’un quelconque des membres du comité sont publiés sous sa responsabilité personnelle et n’engagent en rien le Comité du Languedoc ». 112
La parution de ce journal est à mettre en parallèle avec la publication, en 1908, à Toulouse, du « Journal des Sports, organe de propagande et de défense sportives » qui devient « l’organe officiel des sociétés sportives du Midi de la France » à l’automne 1909. En effet, il n’est pas neutre de le sous-titrer « Journal de Tous les Sports », car c’est ce qui le rend proche du titre de la publication officielle de l’USFSA. Enfin, pour ces deux publications, le fait d’indiquer qu’il s’agit de l’organe officiel du Comité du Languedoc ou du Comité des Pyrénées de l’USFSA, renforce la confusion. Pour l’anecdote il faut noter que Le Journal des Sports toulousain publie en 1909 la liste de ses collaborateurs.., dont un certain Georges Bayrou, spécialiste des articles sur le Football-Association !
Une analyse de quelques signatures d’articles 113 publiés dans Languedoc-Sport témoigne de la difficulté à distinguer le discours du comité de celui de la rédaction du journal, car deux personnages, responsables de la commission sportive du football y exercent leur plume : Henri Bergeyron et Jean Caussy. Malheureusement, le seul exemplaire disponible ne permet pas de développer un regard critique sur le contenu du journal.
La parution de cette publication s’est-elle réalisée à l’insu du secrétaire général du comité ? Nous ne le pensons pas. En septembre 1913, devenu Président du Comité, Georges Bayrou incite, dans une note d’information, tous les clubs du Languedoc à lire cet hebdomadaire !
« Le bureau prie les clubs de prendre connaissance chaque semaine du journal officiel du Comité du Languedoc-Sport, contenant ses décisions, avis et comptes-rendus des diverses réunions ».
Nous conclurons ce chapitre par une remarque de fond. Le directeur du journal est Jean Falgueirettes, cousin germain de Jules Falgueirettes !… et Henri Bergeyron, le rédacteur en chef, est le neveu de Louis Koester-Bencker… Le doute n’est plus permis !
Nous formulons l’hypothèse que G. Bayrou a souhaité, par ce journal, mieux maîtriser et développer la pratique sportive en Languedoc en diffusant un discours plus accessible et plus motivant pour la population du Languedoc. Nous en sommes d’autant plus convaincus qu’il est également à l’origine de l’organe de presse du Football club de Cette 114 avec son ami, le publiciste Emmanuel Gambardella. Ce dernier sera, après la Grande Guerre, le rédacteur en chef du journal le Languedocien Sportif qui prend le relais du Languedoc-Sport. La spécialisation des pratiques au sein de fédérations autonomes en fera le journal officiel du District de football du Sud-est (FFFA).
L’intérêt de cette publication est de donner de la vie au récit sportif et de solliciter l’imaginaire du lecteur, contrairement au journal officiel de l’Union qui ne donne que des résultats ou qui précise des contraintes réglementaires et organisationnelles. Par ses commentaires parfois partisans sur les prouesses des équipes régionales, voire locales, elle développe les éléments d’une identité d’appartenance territoriale et permet un processus d’individuation pour les jeunes générations en glorifiant et modélisant les héros sportifs du lieu.
Conclusion
Au terme de cette présentation de la première institution de coordination des sports d’origine anglaise en Languedoc, il semble nécessaire de poursuivre notre propos par une interrogation sur les véritables enjeux de la « normalisation sportive » en cours. En effet, la justification de l’action de ce comité s’ancre sur une notion assez vague, bien quelle soit partagée par tous. C’est celle de « l’intérêt sportif ». Qu’en est-il exactement du point de vue des différents acteurs de ce champ social ? Quelles sont les grandes étapes de l’évolution de ce concept au cours de l’histoire du sport et des sports ? Ce questionnement a toute sa pertinence lorsqu’on observe que ce comité régional de l’USFSA est remplacé, à partir de 1920, par des comités régionaux, puis départementaux, dans chacun des sports pratiqués et/ou regardés comme spectacles par l’ensemble des couches sociales. Mais l’analyse historique de cette rupture institutionnelle après la Grande-Guerre dépasse les limites de cet article et fera l’objet d’une prochaine publication.
Notes
1. William GASPARINI, Sociologie de l’organisation sportive, Repères, La Découverte, Paris, 2000 : « L’institution sportive doit être comprise au sens de l’organisation administrative et technique du sport… Ce premier état de l’organisation sportive non marchande se caractérise par une faible bureaucratisation, un moindre coût de la pratique personnelle, des équipements sportifs relativement sommaires, un recrutement essentiellement bourgeois et un encadrement technique et administratif restreint et bénévole ».
2. Il existe déjà une structure de coordination pour le cyclisme (Union Vélocipédique de France) avec une délégation départementale (« Consul » en 1908 : Paul Causse, Vélo Club de l’Hérault, Montpellier) et une (plusieurs ?) structure (s) régionale (s) pour la gymnastique (l’Association des Sociétés de Gymnastique du Midi, fondée à Toulouse le 12 mai 1894, affiliée à l’Union des Sociétés de Gymnastique de France, fondée le 28 septembre 1873, dont le siège social est à Bordeaux sous la présidence de Charles Cazalet, et la Fédération des Sociétés de Gymnastique du Rhône et du Sud-est fondée en 1893), une autre pour le tir (Union des Sociétés de tir de France, fondée en 1886. Le délégué départemental, Jules Herber, est négociant à Sète). Pour la biographie de Charles Cazalet, voir : Jean Paul CALLEDE, « Une figure bordelaise: Charles Cazalet… », in: Jean-Michel DELAPLACE, L’Histoire du sport, l’Histoire des sportifs. Le sportif, l’entraîneur, le dirigeant 19e et 20e siècles, Paris, L’Harmattan, 1999, pp. 161-183.
3. Par exemple, pour le département de l’Hérault, création de la Maison des Sports et de l’Office Départemental des Sports de l’Hérault, sous l’égide du Conseil Général.
4. Le baron Pierre de COUBERTIN fait partie de l’équipe qui préside à cette fondation.
5. Pierre ARNAUD, L’Union des sociétés de sports athlétiques ou la construction de l’espace sportif dans la France métropolitaine (1887-1897), Aix-en-Provence, 120ème Congrès national SHS, 1995, p. 287-312.
6. Annuaire de l’USFSA, 1906-1907, « Les comités régionaux ont pour attributions de seconder l’Union dans son œuvre de propagation de l’éducation athlétique ; de provoquer dans ce but l’adhésion à l’Union des sociétés sportives de leur région de provoquer la création de sociétés nouvelles ; d’aider par leurs conseils et leur influence à la constitution et la bonne marche des associations scolaires, et régimentaires et maritimes de leur ressort ; d’organiser les différents championnats et challenges régionaux prévus par les règlements ; de faciliter, en ce qui les concerne, aux commissions centrales, l’organisation des championnats de France ; d’administrer leur région d’une façon générale, respectant et faisant respecter les statuts et règlements de l’Union et les principes de l’amateurisme ».
7. Dans le respect des règles de l’USFSA.
8. Cette ville adoptera définitivement le nom de Sète en 1928 à la place de celui de Cette et autres variantes.
9. Christian GUIRAUD, Guy LAURANS, « Sète et l’organisation du sport moderne en Languedoc (1906-1920) », Revue d’Archéologie et d’Histoire de Sète et de sa Région, XXIX à XXXIII, Sète, 2008, pp.131-151.
10. Christian GUIRAUD, Guy LAURANS, op. cit., p. 135.
11. Jean SAGNES, Histoire de Sète, Coll. Pays et villes de France, Privat, Toulouse, 1987, p. 220.
12. Guy LAURANS, « Football et rugby en Languedoc : Éléments de géographie sportive », dans Jeux, sports et fêtes. De l’antiquité à nos jours en Languedoc Roussillon, Actes du 65e Congrès de la Fédération Historique du Languedoc Méditerranéen et du Roussillon, Montpellier, Arceaux 49, 1995.
13. Guy LAURANS, op. cit., p. 176 : « C’est qu’en effet la proximité originelle entre les deux sports fait place assez rapidement à une situation plus conflictuelle, de rivalité, dont on ne sait trop si elle est le produit ou le moteur de la spécialisation des joueurs et de l’obligation de choisir une pratique privilégiée ».
14. Christian GUIRAUD, « Au soleil d’Ovalie. Histoire de l’émergence et de l’enracinement du rugby en Hérault », in Germain BARCELO, De la cuvette de Sapiac au quartier d’Ovalie. Chronique du rugby Montpelliérain, Montpellier, Les éditions du Midi, 2007.
15. Qui ne sont pas organisées sous la forme de compétitions au sens des pratiques d’origine anglaise.
16. En l’état de la documentation disponible à ce jour.
17. A partir des années 1920.
18. Pierre ARNAUD, « Pratiques et pratiquants : les transformations de la sociabilité sportive. L’exemple de Lyon et du département du Rhône entre 1850 et 1914 », in : Pierre ARNAUD et Jean CAMY, La Naissance du Mouvement sportif associatif en France, sociabilités et formes de pratiques sportives, PUL, Lyon, 1986.
19. William GASPARINT, op.cit., « L’objectif est double : occuper les travailleurs pendant leur temps de liberté et assurer une meilleure identification à l’entreprise par un système de valeurs et de conduites, un esprit de corps et de compétition rendant plus efficaces les gestes du travail (Chartier, Vigarello, 1982) ».
20. Jean SAGNES, et coll, Histoire de Sète, Toulouse, Privat, 1987, p. 274.
21. Jean SAGNES, op. cit. p. 281.
22. Jean-Jacques TAILLADE, La vie politique à Sète, de la crise du boulangisme au premier conflit mondial, 1889-1914, maîtrise d’histoire, Université Paul Valéry, Montpellier, 1992, p. 73 : « … la lutte qui oppose incessamment les ouvriers à un milieu du négoce hostile à trop d’agitation, soucieux de préserver le trafic qui a fait la prospérité de cette ville jeune qui semble déjà avoir ses plus beaux jours derrière elle ».
23. Arme-Marie THIESSE, « Organisation des loisirs des travailleurs et temps dérobés (1880-1930) », in : Alain CORBIN, L’avènement des loisirs, 1850-1960, Paris, Flammarion, 1995, p. 317 : « l’argumentaire patronal met aussi en avant l’éternel thème du loisir sain détournant du cabaret. L’encouragement des sociétés sportives est censé produire la régression de l’alcoolisme, le relèvement de la moralité, la bonne tenue, l’entretien de l’esprit de discipline et de camaraderie ».
24. La réunion plénière du comité du 16 mai 1909 décide, après l’étude de la circulaire de l’Union annonçant l’intérêt qu’il y a pour les clubs à faire la déclaration prévue par la loi du 1er juillet et à devenir Société agréée par le Gouvernement (SAG), subventionnable par l’État en respectant certaines formalités, que le Comité du Languedoc va « en conséquence » se déclarer conformément à la loi. Félix Cortade, secrétaire général, est chargé de toutes les démarches à ce sujet.
25. Le propriétaire est Théodore Calmels, originaire de l’Aveyron. Ce café est établi sur l’emplacement de l’ancien Cercle de la Renaissance (dont l’administrateur est J. Tresfons, huissier demeurant au 6 bis Quai du Sud). Cet établissement est devenu, en 2006, l’hôtel des Mouettes. Le siège social du comité sera transféré le 8 novembre 1909 au n° 45, quai de Bosc à Sète.
26. Jean SAGNES, op.cit. p. 224.
27. Nous empruntons cette expression à Alfred WAHL, « Football et idéologie au début du XXe siècle », in : Pierre ARNAUD et Jean CAMY, La Naissance du Mouvement sportif associatif en France, sociabilités et formes de pratiques sportives, PUL, Lyon, 1986.
28. Jacques DEFRANCE, « Histoires de vie et socio-histoire du champ sportif, la trajectoire sportive et politique d’Henri Paté (entre 1918 et 1942) », in : Jean-Michel DELAPLACE, L’Histoire du sport, l’Histoire des sportifs. Le sportif, l’entraîneur, le dirigeant 19e et 20e siècles, Paris, L’Harmattan, 1999, p. 78.
29. La famille Koester a de nombreuses responsabilités au sein de la communauté protestante de Sète. La mention de l’appartenance religieuse nous semble un élément important en cette période de séparation des biens de l’Église et de l’État. La cohabitation, voire la collaboration, constatée à Sète entre les Francs-Maçons, Protestants, Catholiques et Juifs nous semble porteuse de sens. Ce qui prime semble aller au-delà des considérations d’appartenance religieuse. Le père de Louis, Henrich Koester, est né en octobre 1833 à Hanovre, époux de Sarah Adeline dite Addy Dietrich Lienau, née à New-York vers 1843. Henrich est négociant en vins à Cette (Maison fondée en 1828 par son ancêtre Louis Koester) – Membre de la chambre syndicale de Cette, du conseil presbytéral de Cette, membre fondateur et membre du conseil d’administration de l’établissement protestant des bains de mer du Lazaret.
30. Norbert ELIAS, Eric DUNNING, Sport et civilisation. La violence maîtrisée, Paris, Fayard, 1986, p. 174 : « Le premier club de football allemand jouant selon les règles anglaises fut fondé, de manière assez caractéristique, à Hanovre en 1878 ». Ce constat explique-t-il en partie l’implantation du football à Sète… par des originaires de cette ville ?
31. Dans l’arrondissement de Lodève. Ces mines produisent de l’argent, du plomb et du cuivre. La concession a été accordée en 1904 à Paul Coste, Louis Koester Bencker, Hippolyte Guerre et Félix Finiels (ADH – 8 S 147). L’histoire de la famille Coste, co-fondatrice de la banque CATRIX-COSTE en 1845 à Cette, croise celle de la famille d’Amédée Bencker « Conseiller municipal royaliste et même légitimiste, dont la fortune est l’une des plus importantes de la région, et qui accepte de lui avancer les 65 000 francs qui lui manquent moyennant naturellement intérêt et participation aux bénéfices… Paul Coste, le fils aîné, a épousé Marie Amadou, héritière d’une riche famille de négociants cettois et qui a fait construire la plupart des immeubles haussmanniens de la ville… La sœur de Paul, Marie Coste, a elle même épousé Gustave Amadou, l’un des deux principaux dirigeants de la maison de commerce Amadou-Hérail… Tous vont bientôt entrer dans la banque dont le Conseil de Gérance et la Direction sont entièrement familiaux » (source : Patrick de GEMELINE, Dupuy de Parseval, Quatre Familles, une Région, Un Groupe une banque ouverte sur le Monde, 2005).
32. Il est membre du conseil d’administration du club d’aviron local en 1895.
33. Dont il est le président. Il crée, en 1908, un challenge « Louis Koester-Bencker » en football-association, attribué au vainqueur du Championnat du Languedoc. Le trophée est remporté la première année par le Sporting Club de Nîmes (Source Yves DUPONT, La Mecque du football, imp. Bène, Nîmes, 1973.). Il est également le président du Véloce Club Cettois et le président fondateur du tournois de joutes le « Pavois d’or » fondé en 1903 – il offre un pavois décoré de lettres d’or On doit noter, comme le souligne P. Lanfranchi, que le Sporting Club de Nîmes recrute, sous l’égide d’Henry Monnier, parmi les jeunes protestants de l’Union Chrétienne : « L’axe Sète-Nîmes formant la charnière du football en Languedoc avant guerre ».
34. Yves DUPONT, op. cit. Il en est le président d’honneur en 1911-1912. L’Olympique de Cette remportera le premier championnat du Languedoc de football, organisé par le Comité du Languedoc de l’USFSA, en 1907. Dans le Guide Administratif de l’Hérault, en 1912, l’Olympique de Sète est présidé par Louis Koester-Bencker, les vice-présidents sont Jules Falgueirettes et Georges Bayrou. Le terrain de football est situé boulevard des Casernes. Toujours en 1912, le docteur Scheydt est président d’honneur du club de football Union Sportive Cettoise dont le président actif est Abel Doumet. En 1914, Scheydt est président de l’O.C. et Koester Bencker président d’honneur. Bayrou et Falgueirettes en sont vice-présidents et Félix Cortade, le secrétaire.
35. Déclaré le 9 février 1895. Président : J. Dejean, 28 ans, négociant ; Vice-président : Jean Prats, 30 ans, négociant, vermouthier, futur président de la Chambre de Commerce de Sète ; Trésorier : A. Isenberg, 26 ans, commis banquier ; Secrétaire : J. Verriès, 30 ans, négociant ; Secrétaire-adjoint : Louis Dussol, 23 ans, droguiste ; Trésorier-adjoint : J. Gauthier, 28 ans, négociant. Membres du conseil d’administration : R. Archbold-Aspol, 27 ans, courtier ; Gabriel Chevallier, 28 ans, négociant ; Victor Dugrip, 25 ans, employé ; Louis Koester, 32 ans, négociant ; G. Minard, 28 ans ; E. Raynaud, 26 ans, caissier au Comptoir d’Escompte ; Paul Suchard, 30 ans, négociant ; François Roux, 40 ans, avocat ; Marius Falgueirettes, 50 ans, négociant. Officiers de garage : L. Chanoine, 32 ans, ostréiculteur ; J. Didier, 32 ans, tailleur ; Eugène Cadilhac, 28 ans, employé ; H. Cayla, 28 ans ; C. Lamouroux, 30 ans.
36. Une des premières en France.
37. Ce « pavois d’or » est présenté dans la salle réservée aux joutes du musée Paul Valéry à Sète.
38. ADH, 4 M 922, Section des Éclaireurs de France déclarée le 17 mars 1915.
39. L’association des Éclaireurs de Jeanne d’Arc par l’abbé Fonbelle qui s’adresse aux enfants catholiques militants, et les Éclaireurs Unionistes par le pasteur Brun qui s’adresse à la jeunesse protestante.
40. Rapport du commissaire de police de Cette du 28 décembre 1915.
41. L’adrénaline est une hormone secrétée par les glandes surrénales. Cette molécule porte également le nom d’épinéphrine. L’adrénaline accélère le rythme cardiaque, augmente la pression artérielle, freine la digestion et dilate les bronches. Elle répond à un besoin d’énergie en situation de stress. Elle contribue à la régulation de la glycémie. Sa découverte est récente (Jokichi Takamine, janvier 1901) et les premiers travaux français ont été publiés en décembre 1901 (Moure et Brindel). Henri Dollard est donc un précurseur dans ce domaine. Il a soutenu sa thèse en décembre 1902.
42. Etienne ESCAT, Technique Oto-Rhino-Laryngologique – Sémiotique et thérapeutique, 1908.
43. CASTEX, Traité des maladies du larynx, du nez et des oreilles, 1898.
44. Dictionnaire des biographies héraultaises, Flammarion, 1904. Cette présence dans le dictionnaire témoigne de son impact sur la société du moment.
45. Ses travaux sur l’adrénaline démontrent l’usage possible de cette hormone dans la lutte contre les blennorragies. Son action dans la lutte contre les maladies vénériennes nous a été signalée par son fils Henri au cours de notre entretien du 17 mai 2006.
46. Paul VOIVENEL, Mon beau Rugby, Toulouse, Héraclès, 1942, p 72. « Ce comité a été fondé le 2 janvier 1897. Le Sport-Athlétique Toulousain et le Stade Olympien des étudiants de Toulouse constituèrent le comité du Sud… Le premier bureau (était constitué de) Président : Cazalot ; Vice-présidents : Leygues, Bruguères ; secrétaire : (Marius) Bordes ; Trésorier : Desvals. ». Marius Bordes cite, dans sa thèse, les travaux universitaires du docteur Voivenel, futur vice-président de la FFR.
47. Entretien avec Marie-Alix BORDES, sa fille, au mois de mai 2006. « Marius Bordes est venu arbitrer un match de rugby à Béziers et a rendu visite à son ami… ». Mais, on doit relever également que Marius Bordes épouse, en premières noces, le 21 avril 1908 Juliette, Eugénie Cavallier, née en 1890, fille d’un négociant Mézois.
48. Marius BORDES, Considérations sur les troubles psychiques dans le Tabes, dans la Sclérose en plaques et dans la Sclérose latérale amyotrophique, Thèse pour le doctorat en médecine, faculté mixte de médecine et de pharmacie, Toulouse, Gimet-Pisseau, 1908. Il a effectué une partie de ses recherches de terrain à l’asile d’aliénés de la Roche-sur-Yon sous la direction du docteur Cullere. Le tabes est une affection due à la syphilis qui concerne le système nerveux.
49. Maire de 1908 à 1925.
50. Il y a le surnom de Ténacité, ce qui témoigne d’un trait pertinent de son caractère.
51. L’Équipe, Juin 1947.
52. Le premier vainqueur est le Cettois Louis Vayre, membre de l’Olympique de Cette.
53. La Vie au Grand Air, 6 décembre 1902, « Un yacht de sportsman ».
54. Anne-Marie WASER, « La diffusion du tennis en France », in : Thierry TERRET, Histoire des Sports, Paris, l’Harmattan, 1996, p. 107 : « Cette manière d’être et de faire, style, fair-play, etc. s’oppose en tout point à la recherche de la victoire à tout prix qui réduit la pratique sportive à une activité professionnelle et mercantile ».
55. Entretien avec Robert Cortade, son fils (90 ans), en juin 2006.
56. Lieu où se réunissent les jeunes bourgeois de la bonne société sétoise (probablement, dès le début du siècle, au café du Grand Balcon).
57. Collection Robert Cortade.
58. Chacun d’entre eux a plusieurs surnoms.
59. Il est le secrétaire général de l’Olympique de Cette, club de football association.
60. Languedoc-Sport, janvier 1914.
61. Robert CORTADE, entretien du vendredi 11 août 2006.
62. Doc. Archives Historiques de la Société Générale « M. Barber est entré à la Société Générale le 1er mai 1880, en tant que directeur de l’agence d’Agen. Il poursuit sa carrière à la tête de l’agence de Perpignan où il est nommé le 2 juin 1885. Il devient directeur de l’agence de Montpellier le 19 août 1890, et occupe ce poste jusqu’au 30 septembre 1911, date à laquelle il démissionne pour raisons de santé. Nommé directeur d’agence honoraire par le Conseil d’administration au cours de sa séance du 10 août 1911, M. Barber décède quelques mois après, le 26 décembre 1911 ».
63. Ce qui semble en contradiction avec les règles très strictes qui définissent l’amateurisme selon l’USFSA.
64. Alain DEGAGE, Les rues de Sète, Mairie de Sète, 1988 : « Sa carrière politique fut brève et mouvementée. Élu conseiller Général avec l’étiquette de radical le 8 mars 1891 (Réélu le 31 juillet 1892), Scheydt conduit la liste des républicains aux élections municipales du 8 mai 1892. Bénéficiant du retrait de la liste libérale, il l’emporte sur les socialistes et, le 15 mai, est élu maire. Or des dissensions apparaissent au sein du conseil : Scheydt retire à L. Noell (son premier adjoint) ses délégations de juin 1893, plusieurs conseillers démissionnent, aux élections complémentaires du 19 août 1894 huit socialistes sont élus mais démissionnent, entraînant un retour aux urnes les 27 janvier et 3 février 1895. La liste socialiste remporte les neuf sièges mis en compétition. Or ces neuf élus démissionnent encore afin d’amener Scheydt à démissionner lui-même. L’occasion se présente lors des élections au Conseil d’arrondissement le maire soutient son premier adjoint Roche patronné par « la Croix Méridionale », mais le docteur Peyrussan, socialiste, est élu. Scheydt démissionne non seulement de ses fonctions de maire, remplacé par Honoré Euzet, mais également de celles de conseiller général le 5 février 1896 pour ne plus solliciter de mandat… Il décède le 24 février 1929 ».
65. Son père est commis négociant, vice-consul du Brésil. Sa mère est Montpelliéraine, fille de négociant.
66. 18 janvier 1886 à la faculté de médecine de Montpellier (ancien interne de l’hôpital de Cette). La scrofule est une tuberculose ganglionnaire particulièrement développée au XIXe siècle.
67. F. MASSABIAU, « Le bataillon scolaire de Sète », in : Bulletin de la société d’étude scientifique de Sète et sa région.
68. Dans la thèse soutenue en 1885 à Montpellier : « Le Mont Saint Clair que n’ont qu’à gravir ceux qui veulent se retremper dans une atmosphère plus vive, fait de Cette la station préférée, et ajuste titre, des baigneurs de toutes les classes de la société qui fréquentent le littoral méditerranéen, maintenant surtout que la création toute récente, et sous les meilleurs auspices, d’une société de gymnastique et de tir qui pourra occuper les loisirs de ceux qui préfèrent aux charmes de la promenade les exercices utiles et salutaires du tir, de l’escrime et de la gymnastique… Depuis 1865, la plage dite d’Agde, voit régulièrement des baigneurs ».
69. Dictionnaire de biographies héraultaises, Flammarion, 1904.
70. ADH, Série 4 M.
71. Archives départementales de l’Hérault, 4 M 920.
72. Isidore CREMIEUX, Contribution à l’étude de la lipomatose multiple symétrique, thèse pour obtenir le grade de docteur en médecine, Faculté de médecine de Montpellier, imprimerie Gustave Firmin, Montane et Sicardi, 1905. Isidore Crémieux est licencié es-sciences physiques, pharmacien de première classe, lauréat de l’École supérieure de Pharmacie (1er prix, médaille d’argent, concours 1900), Membre de la Société chimique de Paris, Ancien interne des hôpitaux d’Albi.
73. État pathologique caractérisé par l’existence dans l’organisme d’une quantité considérable de graisse disséminée sous forme de lipomes.
74. Entretien avec Robert Cortade du vendredi 11 août 2006.
75. Léo ALBERT, Étude psychologique sur la prière, Faculté de théologie protestante de Montauban, Cahors, A. Coueslant, 1905.
76. Armand SABATIER, La philosophie de l’effort, Paris, Alcan, 1903.
77. Entretien du 13 octobre 2006 avec Pierre Cadier, fils de Charles.
78. Valdo PELLEGRIN (dir), Une jeune centenaire : La Gerbe, histoire d’une association protestante de Montpellier, 1906-2006, Montpellier, Les Presses du Languedoc, 2006.
79. Il possédait une automobile dans les années 30… Sa fortune lui vient de sa mère dont la famille détient des parts importantes dans la banque VERNES et Cie.
80. Cf. liste des membres de l’association des félibres de Montpellier, AD34.
81. Entretien avec sa fille Mme Moutet-Bras.
82. Site internet : « Mémoire des Hommes ».
83. Il soutient sa thèse pour le doctorat en médecine à la faculté de Montpellier en 1911. Le titre de celle-ci est : « De l’anesthésie chirurgicale et plus particulièrement de l’anesthésie générale par l’éther goutte à goutte ».
84. Dictionnaire des biographies héraultaises, Paris, Flammarion, 1904.
85. Thèse pour le doctorat de médecine soutenue au mois de juillet 1909 à l’Université de Toulouse : « Études sur le cor ».
86. Pierre LANFRANCHI, « Éléments pour une analyse comparée sur l’implantation et la popularisation du football en France et en Allemagne », in : JM. DELAPLACE, G. TREUTLEIN, G. SPITZER, Le sport et l’éducation physique en France et en Allemagne. Contribution à une approche socio-historique des relations entre les deux pays, Éditions AFRAPS, Marseille, 1994.
87. Un des témoins de sa naissance est le Capitaine (en retraite) Stanislas Rouget, commandant le 100e Régiment territorial.
88. Jean-François SAISSET, Les rugbys dans l’Aude, des origines à 1980, Archives Départementales de l’Aude, Carcassonne, 1998.
89. Date de son départ au service militaire au 38e Régiment d’Artillerie à Nîmes.
90. Source FFFA.
91. Yves DUPONT, op. cit., pp. 300 et 302.
92. Conseil de l’Union du 26 juin 1914. Il est élu par 63 voix, ce qui le place en seconde position derrière Pierre ROY (il y a 6 élus).
93. Football et cricket.
94. Henri GEVAUDAN, Sète ville de sport, éditions Alan Sutton, Saint-Cyr-sur-Loire, 2005.
95. Nommé chevalier de la légion d’honneur (J.O. du 27 novembre 1927).
96. Pierre LANFRANCHI, op. cit.
97. Norbert ELIAS, Éric DUNNIING, Sport et civilisation, la violence maîtrisée, Paris, Fayard, 1986.
98. Pierre ARNAUD, op. cit.
99. Les règles venues d’outre Manche ne sont pas acceptées d’emblée.
100. 1905.
101. Georges VIGARELLO, « Le temps du sport », in : Alain CORBIN, L’avènement des loisirs, 1850-1960, Flammarion, Paris, 1995.
102. En particulier l’émergence d’une plus grande prise en compte des temps d’entraînement dont on comprend de mieux en mieux la nécessité.
103. Annuaire de l’USFSA, 1906-1907.
104. Guide de l’Hérault, 1908, Iburg Lozemberg (sic) est répétiteur au Petit Lycée, rue Lakanal à Montpellier.
105. Guide de l’Hérault, 1908,… P. Bazy, employé au Comptoir d’escompte, 28 bd du Jeu de Paume. Mtp.
106. Aujourd’hui, la ville se dénomme Alès.
107. Président du comité de Paris en 1919 et Président de la FFFA sous le gouvernement de Vichy entre 1942 et 1944.
108. Maurice Martin.
109. Futur candidat à la présidence de la Fédération Française de Rugby lors de sa fondation en 1920.
110. Tous les Sports, op. cit, Réunion de la commission de rugby du 8 décembre 1909.
111. Archives de R. Cortade qui a fait don de son unique exemplaire aux archives départementales en 2009.
112. Tous les Sports, numéro du 25 octobre 1912.
113. Il n’est pas toujours facile d’identifier le signataire qui abuse parfois de plusieurs pseudonymes comme c’est l’usage dans la presse de ce début de siècle.
114. Journal Les Dauphins.
