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Description

Le Comité du Languedoc de l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques

La dynamique de construction de l’institution sportive nous interroge sur les logiques sociales qui la soutiennent. L’observation de la première structure de coordination des sports d’origine anglaise dans le département de l’Hérault, et plus largement la région Languedoc-Roussillon, constitue un objet d’étude particulièrement stimulant pour mieux comprendre la genèse de ce qui deviendra, à partir des années 1980, un centre d’intérêt majeur des politiques publiques départementales ou régionales.

Une structure centrale, l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (USESA) est fondée à Paris, en 1889, sous l’impulsion de Georges de Saint-Clair. C’est une fédération multisports qui, au nom de l’amateurisme, prétend contrôler et organiser tous les sports en France. Les annuaires de cette Union mentionnent l’année 1887 comme année de fondation, mais c’est contestable car il s’agit de la date de la création, par Georges de Saint-Clair, de l’Union des Sociétés Françaises de Courses à Pied (USFCP). Pour la vérité historique, nous retenons que l′USFSA est née dans le berceau de cette première Union. Mais ce qui nous intéresse dans cet article consiste à expliquer comment l’USFSA a mis en place, et avec qui, une organisation déconcentrée au niveau régional. Le projet général avait prévu d’instituer « en France et en Algérie, dans les colonies et protectorats français, des comités régionaux auxquels sont rattachées toutes les sociétés de la région, représentées par des délégués ». Le Languedoc est, à partir de 1897, rattaché à la grande région dite du Sud dont le siège social se situe à Toulouse. Il faut attendre le 19 mars 1906 pour qu’un Comité régional du Languedoc soit enfin en capacité d’assurer une gestion autonome des sports en Languedoc.

L’implantation de ce comité à Sète (Cette) mérite d’être expliquée car cette ville ne semble pas avoir la même « force » symbolique, économique et/ou administrative, que celle des pôles urbains importants en ce début de siècle, Montpellier, Nîmes, Perpignan, ou même Béziers. Est-ce un effet de sa centralité » géographique dans le département, voire la région, ou bien doit-on prendre en compte d’autres facteurs ?

Un premier constat nous permet de relever que ce port constitue une ouverture sur le monde et permet des échanges économiques avec le bassin méditerranéen, voire au-delà vers les colonies d’Afrique ou le Chili. Cette position peut expliquer une écoute plus favorable aux innovations venues de l’extérieur et une plus grande disponibilité des élites locales dans l’adoption de nouveaux styles de vie. La situation géographique de cette ville en fait aussi un nœud ferroviaire qui assure la liaison entre le réseau du Midi (Sud-ouest de la France) et le Paris-Lyon-Méditerranée (vallée du Rhône). Ainsi, les diverses productions agricoles, minières ou industrielles peuvent être acheminées sur les lieux de consommation ou de transformation grâce à cette plate-forme de communication d’un intérêt stratégique essentiel. Cette position est encore renforcée si on y ajoute une interconnexion au réseau fluvial par les canaux du Midi et du Rhône à Sète. Cette situation facilite-t-elle les échanges sportifs en parallèle des échanges économiques ? Existe-t-il des liens significatifs entre ces deux pratiques sociales ? La réponse est affirmative comme nous avons pu le souligner dans un article antérieur qui explique les avantages stratégiques de ce port dans les réseaux de communication modernes.

Un regard sur la situation économique de cette période indique que « les produits élaborés dans les usines et les maisons de commerce sétoises sont pour l’essentiel expédiés vers le marché français, soit par chemin de fer, soit par canaux. La gare du PLM a un trafic supérieur à celui de la gare du Midi de même que le trafic du canal du Rhône à Sète est plus important que celui du canal du Midi ce qui témoigne d’un courant d’échanges plus soutenu avec la vallée du Rhône et le nord de la France qu’avec le sud-ouest ». Ces échanges privilégiés vers l’Est du pays peuvent-ils induire une relation identique au plan des rencontres sportives et privilégier l’implantation de certains sports ? […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

18

Auteur(s)

Christian GUIRAUD

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf