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Description

La Société Archéologique de Montpellier
Un demi-siècle de membres résidants (1842-1896)

* Professeur honoraire d’histoire contemporaine, Université Paul Valéry, Montpellier

Née en 1833, la plus ancienne des sociétés savantes montpelliéraines subsistantes a eu une activité continue du XIXe au XXIe siècle. Parmi ses trois catégories de membres, celle des résidants est seule appelée à prendre les décisions, d’où l’intérêt dans la perspective d’une histoire de l’institution, d’entreprendre d’en étudier l’évolution de la composition, tant par origine socioprofessionnelle et géographique que par âge.

Un peu plus de 53 ans entre la mort de Philippe d’Imbert de Saint-Paul, premier décès d’un résidant le 6 octobre 1841, et celle d’Ulysse Cros le 21 novembre 1894, le délai correspond à l’effacement progressif de la génération des fondateurs. Élu dès le 30 septembre 1833, temporairement éloigné en 1848 par une mutation, Cros, redevenu résidant le 17 novembre 1849, restait le dernier des sociétaires à avoir connu Saint-Paul. En donnant le 2 avril 1842, un successeur à ce dernier, la compagnie rétablissait l’effectif statutaire de 25, ce qu’elle n’avait fait auparavant que pour répondre à des démissions, imposées ou non par un départ de Montpellier. Jusqu’à Bourely, le 11 janvier 1896, il allait falloir procéder en moins de 54 ans, à 65 cooptations qui ne tenaient pas toutes non plus à la mortalité. Le retard à combler les vides contribuait à une répartition inégale dans le temps : 14 entrées seulement de 1842 à 1860, mais 5 en 1864, 6 en 1868, 3 en 1872, 4 en 1876, une en 1874 comme en 1879. Le rythme s’accélérait ensuite : 31 soit un peu moins de la moitié, de 1881 à 1896. Parfois très réduite, par une mort prématurée, ou une mutation pour les fonctionnaires et militaires, la durée du séjour influe sur les participations aux bureaux successifs, ou aux Mémoires de la Société archéologique, mais non nécessairement sur les apports à l’enrichissement et à la conservation des collections, objectif premier du règlement approuvé le 29 novembre 1834 par le ministre de l’Intérieur.

Des juristes aux activités diverses

Maintenu à sept par le successeur de Saint-Paul, le juge Vionnois, un Dijonnais qui ne quitte le tribunal que pour la retraite sur place, l’effectif des magistrats monte à huit le 4 mars 1843 avec Massot, avocat général à Montpellier depuis 1839. En 1849, la reprise d’une carrière ouverte par la révolution de 1830 et interrompue par la chute de Louis-Philippe, réduit à l’état de correspondant, le successeur du marbrier Grimes, terminant premier président à la cour de Rouen pour se retirer dans le Perpignan natal. D’abord conservé avec l’un des trois élus du 7 avril 1849, le niveau tombe à deux le 30 octobre 1871, à la disparition du conseiller Capelle, retraité et maire de la petite commune de Siran dans l’Ouest du département, les pertes de Lunaret, Castelnau, Marcel de Serres, Alicot, puis le 8 juin 1868, de Vionnois, n’ayant pas été compensées. Il remonte à trois avec Besset, président du tribunal de première instance, le 22 juin 1872, puis après la mort de Pégat en 1879, Victor Aragon le 14 mai 1881. Au premier, né en 1814 et décédé en 1882, succède le 10 mars 1883, le président de chambre Émile Cauvet. De deux ans moins âgé, ce membre de la Commission archéologique de Narbonne, depuis 1846, parvient après les trépas de Grasset en 1884 et du quasi octogénaire premier président honoraire Aragon en 1886, à assurer seul la représentation du corps jusqu’en 1898.

Pareil recul affecte-t-il les avocats ? Outre ceux qui sont devenus magistrats, sept des résidants de 1842 ont porté ce titre, attestation d’études de droit plus que de pratique effective. C’est encore le cas du quadragénaire Frédéric Roque, marié l’année précédente agent des convois militaires, et successeur le 7 décembre 1844 de Bascou, décédé professeur à la faculté des lettres en 1843 mais auparavant inscrit au barreau. Fidèle à la ville natale jusqu’à la fin de ses jours en 1883, Roque-Ferrier, appellation courante par adjonction du patronyme maternel, devient pourtant correspondant après le 25 janvier 1868 : la poésie occitane l’intéresse plus que les vestiges lapidaires ou métalliques. Les disparitions de Daudé de Lavalette, Jamme, et Jules Renouvier ont depuis 1860, réduit l’effectif à quatre, niveau retrouvé le 14 mars 1868 avec Frédéric Fabrège, au tableau de l’ordre comme le seul Ricard. Propriétaire foncier, conseiller général d’Aniane, Albert d’Albenas qui rejoint le 2 mai, l’inlassable artisan du sauvetage de la cathédrale de Maguelone, arbore le doctorat en droit, sans se réclamer d’une profession que la fortune familiale dispense d’aborder, mais est d’abord ici le neveu de Jules Renouvier. Élu le 14 janvier 1882, Léon Gaudin, lui aussi docteur, a abandonné le barreau pour devenir à la bibliothèque municipale, en 1863 l’adjoint, et en 1876 le successeur de Paulin Blanc, et comme ce dernier décédé en 1880, représente l’établissement bien plus que les juristes. […]

Informations complémentaires

Année de publication

2019

Nombre de pages

11

Auteur(s)

Roland ANDRÉANI

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf