Catégorie : Étiquette :

2.00

Description

La pétanque : une aventure d’amis

Ses origines

S’il est un jeu devenu sport et aujourd’hui emblème de notre Midi, c’est bien ce jeu de  » pieds tanqués « , connu mondialement sous le nom officiel de Pétanque. Toutefois, parmi tous nos jeux de boules, cette pétanque en est la benjamine affichant une solide santé de centenaire qui, comme notre vin, se bonifie avec les ans : pour certains, on annonce sa naissance en 1907, d’autres, plus nombreux, penchent pour 1910.

Ce que l’on peut en retenir c’est que le premier concours se déroula en juin 1910, impliquant huit équipes de deux joueurs, sur le lieu de sa création : le terrain Béraud à La Ciotat, que Joseph Pitiot (grand-père de l’auteure de ce texte) gérait avec son frère Ernest. Les deux frères Pitiot y avaient installé une annexe de leur bar de l’Horloge, proche du port, aux allures de guinguette qu’ils avaient baptisée la Boule Étoilée et où l’on pratiquait avec ferveur et passion le jeu de boules lyonnaises ainsi que ce jeu provençal aux boules moins lourdes.

Or, une ancienne vedette incontestée du jeu de longue, rongée tout autant par des rhumatismes paralysants que par la rage de ne pouvoir se joindre aux autres joueurs, Jules Hugues, dit Le Noir s’empressait de ramasser les boules qui venaient rouler à ses pieds et les jetait comme lorsque l’on joue aux billes. Les frères Pitiot observaient son manège. Ému devant l’attitude de leur ami, Joseph Pitiot lui proposa alors de jouer assis sur sa chaise, en bout de terrain pour « ne pas gêner », limitant ainsi la distance à trois mètres maximum. Il fut aussitôt rejoint par tous ces papés dont l’âge avait réduit la mobilité. Ernest dessina un rond autour de la chaise d’Hugues : il ne serait donc plus nécessaire de courir ni d’effectuer de grands pas ou de se tenir en équilibre sur une jambe. A présent, on pourrait tirer ou lancer sans bouger depuis ce cercle, sur une distance de trois mètres, en gardant les pieds joints, « à pes tanca » comme on disait en provençal pour signifier « à pieds plantés…, arrêtés ».

La pétanque venait donc de naître sans s’imaginer que, peu d’années plus tard, suite aux nombreuses blessures causées par la guerre, elle ferait autant d’adeptes auprès de ceux qui, meurtris dans leur chair, ne pourraient plus pratiquer la longue.

La pétanque ne nécessitant aucune infrastructure spéciale, elle est rapidement exportée par les marins des Chantiers Navals de La Ciotat qui la pratiquaient lors de leurs escales. Elle franchit ainsi les frontières en direction de l’Asie du Sud-Est avant de conquérir la France entière.

A la fin de la guerre de 1914-1918, Joseph Pitiot partit s’installer avec sa famille à Casablanca, dans ce Maroc protectorat français qui regroupait bon nombre de nos compatriotes. C’est ainsi que débutèrent rapidement, au Parc de la Ligue Arabe, les premières parties de coin de rues, d’un jeu libre de toute infrastructure. Bientôt, un coin du parc fut quasiment réservé aux joueurs que ces derniers nommèrent pompeusement le Boulodrome.

Ernest Pitiot resta encore quelques années à La Ciotat, lancé dans son développement du jeu de Piedtanque, jusqu’à ce qu’il vende le Bar de l’Horloge et vienne- s’installer dans l’Hérault où il occupa des fonctions de responsabilité au Casino de Palavas-les-Flots.

Son expansion entre les deux guerres

Avec le vote par le Gouvernement, en juin 1936, de la Loi sur les Congés Payés, elle va se répandre comme une traînée de poudre accentuée par la venue d’estivants. Des flots de gens du Nord, frileux, débarquaient sur les plages du Midi avec pour objectifs la détente et le repos.

Or cette pétanque, accessible à tous, du plus jeune au fort âgé, que l’on pouvait pratiquer sans « s’escagasser » présentait entre autres avantages celui de ne pas être onéreuse. Une paire de boules, ce n’était pas la ruine et les boules acceptaient de rouler partout où il y avait un lopin de terre pour faire un rond et lancer un bouchon. Et, en deux semaines de congés, on pouvait en faire des parties… […]

Informations complémentaires

Année de publication

2010

Nombre de pages

4

Auteur(s)

Martine PILATE

Disponibilité

Produit téléchargeable au format pdf